‹ Le citoyen [microforme]Chapitre 20 sur 51 · AE · texte numérisé non relu

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eux, ces illustres conquérants du Nouveau-Monde,

dont l'épée recevait un éclat divin par cet octroi royal de pouvoirs débutant ainsi : « Sa Majesté ayant de tout temps recherché avec zèle les moyens de pousser dans les pays inconnus la gloire de Dieu avec le nom chrétien ». par conséquent de preux à la foi active et toute d'œuvres. Crois à la Providence des nations, et lui recommande la tienne. Prie pour que, dans la paix. elle prospère; dans la guerre, elle triomphe; dans les troubles des révolulions, les cœurs s'unissent ; qu'elle trouve remède au milieu de ses maux, la miséricorde après ses fautes. Toujours demande que, par elle, le règne de Dieu s'étende, qu'elle ne soit ni athée, ni impie, ni même indifférente, mais qu'elle fleurisse sous Île soleil bienfaisant et l'onde si douce de la plus sainte des religions.

Aie le culte de l'honneur à son égard, comme toutes les grandes âmes, comme Pasteur, interrompu dans ses œuvres par les douleurs de la France, en 1851, prononçant ces paroles qui montrent à nu son cœur : J'ai la tête pleine des plus beaux projets de travaux. La guerre à mis mon cerveau en jachère, je suis prèl pour de nouvelles productions. Hélas ! je me fais peut-être illusion. Que vous êtes heureux d'être jeune et bien portant! Oh! que n'ai-je à recommencer une nouvelle vie d'étude et de travail! Pauvre France, chère patrie, que ne puis-je te relever de tes désastres (x)! » et ces autres adressées à son fils, après le congrès de Genève, où il avait recueilli tant de respect et

QG) Lettre datée d'Arbois à M. Duclaux.

ET LE CITOYEN 159 l'admiration : « Tous les honneurs ont été pour la France. C'était là ce que je désirais. » De son propre triomphe pas un mot.

Citoyen, que la gloire de ta patrie soit la passion de ton âme ! Que seule elle t'absorbe, et, s’il le faut, qu'elle te consume ! Fais en sorte que jamais tes compatriotes ne rougissent à cause de toi. Que tous tes actes soient, aux yeux de l'homme d'une autre race qui foule le même sol que toi, ou de l'étranger qui passe où que tu visites chez lui, dignes d'admiration. Aie l'orgueil national, même porté au loin. lmpose le respect par la droiture de ta conduite et la correction de ton langage, sois gentilhomme par ton urbanité, ta délicatesse, en un mot ta sociabilité; sois surtout chrétien dans tes paroles et tes gestes, que tout de toi reflète une âme juste, honnête, sensible, élevée, qu'on y voie l'amour du bien, la grandeur des idées, le mépris de ce qui est bas et vulgaire, le désintéressement, le dévouement à une cause sublime, la marque de ton baptême. Et on loue ta nation, on dit : un peuple qui produit de tels hommes n'est pas le dernier entre tous. Que tu sois à l'avant-poste ou au plus reculé, que l'on sexclame : c'est un Français, c'est un Canadien !

Toi qui as consacré ta vie au service de ton pays, à la politique, pour dire le mot, ton nom est désormais acquis à l'histoire, à la louange de ceux qui te survivront, si tu ne l'as déshonoré. Modeste ouvrier, simple laboureur, colon caché sous les bois ou isolé duns les plaines, vos œuvres n'ont pas l'éclat de ceiles des législateurs ni des ministres de gouvernement: mais, que pourraient-ils sans votre con-

cours? Qu'est-ce que la nature sans ses plus hun:-

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