‹ Le citoyen [microforme]Chapitre 46 sur 51 · CHARLEVOIX · texte numérisé non relu

CHARLEVOIX

6) « Il était, dit Garneau, convaineu que sa politique était la meilleure. »

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lacs et de rivières, au fondateur de hameaux, qui devaient disparaître sous des villes, il adjoignait le missionnaire, Tout dans ses conceptions et ses actes tendait à établir sur cette terre une Nouvelle-France eLUune nouvelle chrétienté pour la conversion des païens et l: persévérance des fidèles.

La dernic:. page de Ferland à son sujet rappelle, comme si meilleur éloge ne pouvait être fait de lui, « qu'il avait toujours été très favorable aux Récollets..., qu'il leur avait donné une partie du terrain où fut bâtie leur maison, et avait sans cesse veillé à leurs intérêts », que ce fut lui qui présida aux conditions de vente par lesquelles ceux-ci cédaient à Ms de Laval leur couvent de Notre-Dame-des-Anges pour en faire un hôpital (1). Que d'institutions il a fondées, dévelqppées et bien dotées! Elles sont aujourd'hui florissantes, vraies bénédictions pourun pays dont le gouvernement ne saurait trouver les ressources suffisantes pour toutes les nécessités. Où irions-nous, si elles n'étaient là pour soigner nos malades, ensevelir nos morts délaissés, recueillir nos orphelins et nos vieillards, nourrir nos pauvres"? Où irions-nous pour procurer à nos enfants cette éducation forte, sérieuse, distinguée, en mème temps que chrétienne, qui prépare une génération capable de nous faire honneur ? Par la formation au civisme, elles impriment à plus d'un ces « marques publiques », dont parle Charlevoix, à propos de Frontenac : Q Il paraissait avoir un grand fond de relision, et il en donna jusqu'à sa mort des marques publiques. » Bel exemple pour ceux dont le chris-

QG) FERLAND, 1, 319.

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tianisme est « sous le boisseau », qui se contentent de bonnes intentions, seraient prêts à transiger avec l'esprit du siècle, laïciseraient nos hôpitaux, nos orphelinats, nos collèges, nos couvents, s'ils en avaient les moyens.

Cette foi, qui n'était pas € sans les œuvres », où Frontenac la retrempait-il? Dans la solitude et l'oraison. « Chaque année, il faisait une retraite au monastère des Récollets (1) », dont ii était, comme « syndic apostolique, le père et protecteur spirituel (2) ».

L'Église, si sage et si prudente, x loué cette grande foi qui, si elle ne transporta pas les montagnes, les gravit pour y planter une croix ; qui, si celle n'arrêta pas le cours des eaux. s'y confia pour publier l'Évangile, qui, en reuversant les arbres des forêts, jeta autour de leurs débris la semence d'où devait sortir la civilisation chrétienne, qui fit surgir d'une terre encore inculte, comme par miracle, les religieuses plantes dont les fruits, par leur douceur, calmeraient les douleurs, par leur substance nourriraient les esprits, par leur vertu formeraient aux bonnes mœurs, qui, en un mot, devait établir un état chrétien là où régnait la barbarie. Après avoir muni le comte Frontenac de ses forces de sanclification, les derniers sacrements qu'il reçut «dans des sentiments chrétiens, ayant eu l'esprit présent et le jugement sain jusqu'à sa mort (3) », du haut de la chaire sacrée, elle lui rendit l'hom-

(1) M. Ernest GAGNox : Le fort et Le château Saint-Louis. So, |

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