‹ Le citoyen [microforme]Chapitre 49 sur 51 · UE · texte numérisé non relu

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à eu sa répercussion chez tous les peuples, tous ont aussi puisé à profusion dans le droit romain, et Sparte, Thèbes, Athènes, donnent le parfait exemple du gouvernement du peuple par le peuple, tel qu'en Angleterre, aux États-Unis, au Canada, partout où il y a une constitution. Les jeunes générations recueillent la sagesse des lèvres du vieillard, elles s'élèvent par les enseignements de l'histoie.

L'étude des constitutions et des lois anciennes et de leur adaptation moderne, et des principes qui doivent guider tout législateur, n'appartient pas à toute école, seule l'université en a la maîtrise. Le peuple confirme cet enseignement exclusif en confiant ses destinées à ceux qui en portent la marque distinctive.

Or, l'Église, qui avait comme mission, avec la propagation de l'Évangile, de policer les peuples, d'en unir les individus et les groupes par des liens d'intérêts communs, et d'établir l'harmonie du haut en bas de l'échelle sociale, s'appliqua fortement à l'éducation politique de ceux qui avaient été choisis par la divine Providence pour la chose publique, la res publica de Cicéron. D'où est venue cette élite d'esprits dominant leur siècle, lui imprimant le mouvement, l'animant, pour ainsi dire, de leur vie ? L'histoire mentionne peu de véritables hommes d'État qui ne se soient assis au pied de ses chaires. Les plus illustres universités de l'Europe, d'où tant d'autres ont rayonné, lui doivent leur fondation, soit directement, soit indirectement, c'est-à-dire par ses inspirations à des princes chrétiens. Mentionnons Cambridge et Oxford. « C’est à des prêtres français, Grimalde et quelques autres, que le roi

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d'Angleterre, Alfred le Grand, confia la tâche de relever dans ses États les études tombées et d'établir l'académie d'Oxford, berceau, semble-t-il, de l'Université de ce nom (1). » — « Ce sont d'autres moines, Joffride et ses compagnons, qui jetérent les bases de l'Université de Cambridge. » Il en est ainsi de l'Université de Paris. « L'histoire des origines de l'Université de Paris, qui fut le principal centre d'études supérieures au moyen âge, fait suffisamment voir de quelle sollicitude l'Église entourait ces nobles asiles des lettres et des sciences. Innocent III lui donna des règlements, Honorius III lui fit des faveurs, Grégoire IX ent assez de prudence et de bienveillance pour la sauver d'une crise qui faillit l'anéantir. Sous cette haute protection, de nombreux collèges prirent naissance. L'Université pouvait se dire la fille des rois par les secours qu'elle en recevait; mais, en réalité, elle était la fille de l'Église (2). »

De même celles de Toulouse, Montpellier, Vienne, Boulogne, Turin, Rome, Salamanque, Séville, Louvain. Nous en omettons. « Une seule comptait plus de dix mille élèves, nombre inconnu dans nos temps modernes, et cela longtemps avant que Luther eût soulevé la révolte contre l'Église (3). »

C'est grâce à l'Église s'il est sur ce continent une université française, la seule existante. Nos cousins de France devraient le savoir pour reconnaître au

() Mgr. L. A. PAQUET : L'Education et l'Église, voir « La Nouvelle-France », avûül 1907.

(2) Ibid.

(5) Rev. J. À. Zaux : What the church has done for science.

moins qu'elle fait « quelque chose de bon ». Nous avons nommé Laval. « Si notre Université porte ce nom, ce n'est pas seulement pour rappeler un souvenir historique, mais bien pour perpétuer la mémoire de celui à qui elle doit l'existence, Qui donc a érigé cette institution, qui l’a soutenue jusqu'ici, si ce n'est le séminaire de Québec 2. Partout ailleurs, c'est la générosité des gouvernements et des riches de la terre qui rend possible la fondation des universités. Ici, c'est le legs d'un évêque missionnaire qui a permis d'ériger et de maintenir la seule université catholique et française d'Amérique (1). »

Rendons-lui hommage, en citant les paroles de Lord Grey, gouverneur général du Canada, au dévoilement de la statue du premier évêque de ce pays. « Honneur au Séminaire de Québec, berceau de l'Université Laval, d'où sont sortis tant d'hommés distingués qui ont contribué de leur large part au progrès du Canada ! »

O vous, dont l'âme jeune, inexpérimentée, presque naïve, brûle de servir la patrie en un champ plus vaste que celui du commun des citoyens: à vous, que de fortes et plus mâles aspirations poussent à la dignité de rois de la démocratie, de conducteurs de peuples; vous qui, dans vos rêves et vos illusions, vous voyez dans l'avenir, un avenir qui vous paraît facile et doux, assis aux conseils de la nation ou au tribunal de la magistrature, ou maitres des foules tumultueuses, et facteurs de majorités, disposez-vous au bien que vos compa-

@) M. A. Rivanp : Discours prononcé le 21 juin 1901.

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triotes auront droit d'attendre de votre civisme façonné à bonne école, Allez boire aux sources d'eau pure que sont les universités catholiques. Ne trempez pas vos lèvres aux sources glacées de l'indifférence religieuse, ou brouillées, empoisonnées d'impiété, de matérialisme. Et l'état chrétien revient à ses âges d'or, et vous en êtes les sauveurs. Quelle gloire ! Un beau nom livré à la postérité est immortel. Il vaut mieux que « les trésors consumés par la rouille » d'un patriotisme à basse température, ou « dévorés par le ver » de l'égoïsme. Peu importe que vous ne léguiez à vos descendants des richesses périssables, s'il est dit de vous : Il fut un citoyen chrétien !

Jusqu'ici, l'élément canadien aux États-Unis, ou franco-américain, n’a eu que de rares occasions de manifester son civisme par des actes ressortissants. Cela s'explique, il y est comme à l'époque de formation, ses deux millions d’âmes éparses en ce vaste pays ne pourraient se mettre beaucoup en relief parmi tant de peugles plus nombreux et plus puissants. IL faut une circonstance plus qu'ordinaire pour que l’un des siens monte sinon au pinacle de quelque capitole, du moins à quelque nosition tant soit peu en évidence.

Cependant, l'arbuste promet : dans l'Est où il est devenu plus compact, on l'estime comme un facteur important. Au Boston City Ciub (1), le sénateur

(1) Le mars 1908.

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