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LA TERRE NATALE

La définition de la patrie est complexe ; elle a des aspects divers, selon le côté qu'on la regarde.

Cependant, considérée en chacun de ses sens, elle exerce une puissance d'amour. Qu'elle soit la terre ancestrale, le berceau des premiers jours, le foyer familial, le centre des affections, le champ des gloires acquises, la racine d'une langue commune, le patrimoine de la liberté, ou l'autel de la religion. elle tient les àmes à ses entrailles. Celles-ci ne sauraient s'en séparer sans violence, sans douleur. comme l'enfant de sa mère.

Le patriotisme est comme une douce servitude, on en baise les liens, on refuserait de s'en affranchir a «les meins criminelles qui tenteraient de les rompre. € Là où est ton cœur, là est ton trésor ». a dit le Seigneur dans son Évangile (r). Ce trésor est hors de prix pour nous, quand il s'appelle la patrie.

« Pourquoi le nommer, ce nom de la patrie ? … «Il résonne, de loin, dans mon âme attendrie, « Comme les pas connus ou la voix amie (2) »

Elle nous séduit, elle nous captive, elle nous arrête pour la contempler, parce qu’elle a toutes les beautés,

Fixons notre regard sur ce premier charme qui nous attire : elle est la terre natale.

Les Latins ont défini le patriotisme « charitas patrii soli », amour du sol paternel. Cet amour les Yattachait, ils n'en avaient pas de plus fort. Ils aimaient leur Rome avec ses sept collines, son Tibre «aux eaux dorées », comme l'a chanté Horace, avec ses sillons qui nourrissaient « un peuple de dieux», ses troupeaux de « fécondes génisses », sous la garde du pâtre poétisé par Virgile. Selon eux, Énée et ses héroïques compagnons ne pouvaient débarquer sur de « plus fertiles rivages ». Lorsqu'ils s'aventuraient dans le lointain du Latium, lorsqu'ils gra vissatent les hauteurs des Apennins, lorsqu'ils allaient de Brindisium aux Alpes, qui servaient de barrière

(1) Luc, xir, 34:

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