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(5) Où est à ses yeux le mérite d’Zndiana? « La fable est logique » (Zbid., t. IT, p. 3); d’Auguste Barbier? « Il a été logique dans la diversité». (Jbid., t. Il, p. 77).
(6) « Il s’est complu capricieusement dans une série de tableaux qui pourraient être déplacés sans inconvénients », dit Planche d’une ode de Hugo (Zbid., t. I, p. 121).
(br TA RUE 8) Zbid.
)Thid it. 1l;ps.80.
O)eZbrd: it] p:14190.
1)ALbIdS RL pe TS:
2) bd XP
parle d’ «éditions classiques » (1), tantôt avec le sens de consacré, de coutumier (2), tantôt comme synonyme d’humaniste (3), plus souvent pour désigner le dix-septième siècle (4), ici pour s’opposer à moderne (5) et là pour signifier la pureté de la langue (6) : quelques emplois demeureront irréductibles aux définitions antérieures, chargé de ces richesses vagues et complexes des mots qui vieillissent. Parfois, c’est un des aspects de tel écrivain, je ne sais quoi de fugitif, qui se perd parmi d’autres caractères, chez Mme de Sévigné, chez Mme du Deffand (7); parfois, c’est une sorte de grandeur, un signe d’immortalité, qui fait entrer vivant un Chateaubriand dans la société des génies, « cette espèce de renom classique que l’âge lui a faite » (8). Si la critique restaure, dans la décadence du romantisme, le culte du classique, c’est en lui prêtant un sens multiple et confus. À cette condition, Sainte-Beuve découvre qu'il a toujours eu une nature classique : « Je suis classique en ce sens qu’il y a un degré de déraison, de folie, de ridicule, ou de mauvais goût qui suffit pour me gâter à tout jamais un ouvrage (9)... » Ce mot se charge pour lui d’anciens rêves qui se réveillent : « Voilà les vrais classiques, écrit-il un jour qu'il a relu Théocrite : en les lisant, il semble qu’on retrouve son âme d’autrefois, on se ressouvient (10). » Le classique, pour cette critique qui se souvient d’avoir traversé le romantisme, a gagné avec le siècle des résonances infinies. Elle se garde, quand les préventions ne l’aveuglent pas, d’accorder ce titre aux pseudo-classiques ou à l’école du bon sens. Ponsard n’y à pas droit, ni Casimir Delavigne,
(1) Deux fois au t. I des Lundis (1852), p. 192 et 372.
(2) Quatre fois (zbid., p. 180-187).
(3) Une fois (zbid., p. 306).
(4) Quatre fois (1bid., p. 85, 92, 322, 325).
(5) « M. Joubert n’est pas un classique, mais un moderne » (Zbid., p.197).
(O)bud e p.320:
(2) Ibid., p. 40, 337.
(8) Ibid., p. 345.
(9) SarnTe-Beuve, Mes Poisons, 1926, p. 11.
(10) Zbid.
pour avoir « pris parti contre les poètes qui veulent inventer » (1). En ses jours de justice, quand la critique veut citer un classique vivant, elle nomme un romantique. Sainte-Beuve qui a résolu la question : « Qu'est-ce qu’un classique? » en décrivant un paysage où tous les genres, tous les siècles et tous les génies se rencontrent, s’est aussi interrogé, en 1852, sur ce qu’aurait été Boileau sous l’'Empire : « Il m’a toujours semblé, répond-il, que ceux alors qui étaient les plus ardents à invoquer l’autorité de Boileau n'étaient pas ceux qu’il aurait le plus sûrement reconnus pour siens. L’homme qui a le mieux senti et commenté Boileau au dix-huitième siècle est encore Lebrun, l’ami d'André Chénier, et si accusé d’audace par les rimeurs prosaïques » (2). Qui a enfin retrouvé, se demande-t-il encore, « la nature grande et sincère d’Homère et de Virgile? » Bernardin de Saint-Pierre (3). L'art nouveau rejoienant les maîtres anciens, ce classicisme des romantiques ressort des éternelles comparaisons de la critique. A son insu, elle travaille à réconcilier ce qu’elle prétendait séparer.
Le moment vient, peu à peu, où l’on regarde le romantisme comme une chose du passé, où 1l s’incorpore à la tradition, parce qu’on le voit de plus en plus loin, et que tout ce qui est d’autrefois se fond et s’umifie. Le choix qui commence à s'exercer parmi les poètes et les poèmes de 1830 permet de faire la part du classique, de l’immortel, parmi les fantaisies d’une heure. Aussi les critiques se défendent-ils de rejeter le romantisme en bloc, de renoncer à toutes les amitiés de leur jeunesse. Des tentations de romantisme les ressaisissent, quand ils relisent le Lac, la Tristesse d’'Olympio : « Le souvenir sacré renaît vite en nous, et tout cet ordre de notre laborieuse sagesse d’hier est ébranlé (4)... » Et puis nos « secentisti » qui ne veulent
(1) PLANOKE, loc. cut., t. II, p. 202.
(2) SaIxTE-Beuve, Lundis, t. VI, p. 417.
(3) Zbid:, t. XI, p. 55.
(4) SAINTE-BEUVE, Portraits contemporains, post-scriptum de mai 1846, t. IV.
rien connaître de ce qui a précédé ou suivi Athalie ou le Misanthrope (1), appauvriraient trop le champ de la critique : comme son rôle est de comparer, elle n’abandonne pas aisément tant d’objets de comparaison ; et, comme sa vocation est d’être arbitre, pourquoi sacrifier tant de sujets d’arbitrage? Le dernier refuge de l’éclectisme, suranné chez les philosophes, sera la critique : « J’aime fort l’antiquité grecque, déclare Saint-Mare Girardin, et cette autre antiquité française qu’on appelle le dix-septième siècle ; mais cependant j’admire Shakespeare ; j’ai du goût pour les récits et les romans du moyen âge ; j’aime l’Allemagne et je l’honore.. je ne renie certes pas ma réputation d’orthodoxie et je m’en fais honneur (2)... » Orthodoxes tentés sans cesse par l’hérésie.
Seulement, si l’heure de la justice sonne, en critique, pour le romantisme, c’est que le romantisme est mort : les morts seuls y ont droit. Le jour de 1852, où l’on peut écrire avec Sainte-Beuve, en évoquant les querelles de 1830 : « On n’attend pas que je rentre ici dans des discussions épuisées, et dans lesquelles chacun a eu tort et raison... », — les passions sont apaisées comme autour des très vieilles choses devenues inoffensives. La critique a désarmé le romantisme, et maintenant elle l’embrasse. Vaincu par elle, vaincu au théâtre, il a été aussi vaincu par la vie, et 1848, son éphémère triomphe, l’a discrédité pour longtemps.