EN 187O
A M«« Amélie Ernst.
/uin, le mois des rosiers et des pleines tendresses, Fait le jus des raisins et la pulpe des fruits ; lignerons, prépare* les celliers et les mutas ! Juillet jette aux moissons ses brûlantes caresses.
Le vent d'été qui passe en leurs touffes épaisses, Dans une houle d'or balance les épis ; V alouette, montant dans les airs assoupis, A chanté du soleil V amour et les promesses.
Les fiancés ont vu, comme des yeux muets, Sourire dans les blés l'azur doux des bluets. Ils disent que le ciel fait sa cour à la terre ;
Tandis que les pavots dressent en frémissant, Comme un rouge drapeau, leur tête solitaire, Et que la glèbe attend l'affreux baiser du sang /
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yoici l'heure! L alcôve en silence repose.
Tout s'apprête dans V ombre au drame clandestin. Des parfums capiteux de lavande et de thym Se glissent, étouffants, dans la chambrette close.
La couche a des rideaux aux chatoiements de rose, La dentelle y frémit comme un oiseau câlin Et fond sa blancheur douce avec Vor opalin Qui tombe tristement de la lune morose.
Une enfant de quinze ans, belle et tranquille, y dort : Ange qui rêve au ciel, vierge qui croit à range l Horreur ! pour t enlacer un noir démon se tord !
La mère ouvre à Rolla .: le crime ouvre à la fange !
Musset parle £ amour, puis il ensevelit
Le tout dans un flacon qu'il a mis près du lit!
f 'ai cherché tout au fond de mes douleurs de père ) Et f ai porté le doigt à mon cœur ulcéré, Pour y sonder la plaie où t aspic exécré Souffla sa haine immonde et mit sa bave amère.
Le venin du serpent a tué ma chimère
Et brûlé ta pauvre aile, ô mon rêve inspiré /
La vipère a mordu mon idéal sacré
Et le reptile 'a bu les larmes de ma mère !
Dans mes espoirs naïfs et mes enivrements Le dragon a glissé ses hideux sifflements.
Et la larve a rongé la moelle de mon âme.
Ma première candeur est morte sans retour
Sous les baisers visqueux et froids du ver infâme,
Et la couleuvre louche a souillé mon amour !
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A Alphonse Daudet.
fETTS corbeille gène un large pied d'acanthe Qui pousse et se déploie en corniche élégante : Callimaque a trouvé tout tordre corinthien Dans ce simple ornement du beau style ancien.
Ce matin, absorbé par rare et le sécante, y 'entends mon petit George à la voix éloquente : « Père, un homme qui rit dans V herbe et ne dit rien ! Viens avec moi : ses yeux sont doux comme le tien. »
Fatigué du problème où mon esprit s'irrite.
Je suis V enfant. Que vois-je ? Une tète de mort !
Dans chaque trou fleuri brille une marguerite!
Est-ce que le soleil perce la nuit qui dort ? Qu'on mette sur ma tombe, impassible retraite, Pour corniche ce crâne aux yeux de pâquerette !
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