‹ Le clavier d'or: sonnetsChapitre 17 sur 23 · VI · texte numérisé non relu

VI

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A mon ami Henri Ragot.

JlUX pieds du grand aïeul assise chaque soir,, J Elle écoule en pleurant les choses douloureuses De la guerre de France, et t dans les nuits affreuses, Elle craint te retour du fameux Prince Noir,

Devinant les conseils cruels du désespoir t Parfois, vers la hêtrée aux profondeurs ombreuses, Elle a cru voir passer des femmes malheureuses Allant cacher leurs fils dans un lointain manoir -,

Souvent, sous le vieux chêne oh se tient la Madone,

Elle implore celui qui jamais n'abandonne

Les faibles , les vieillards, les vaincus, les enfants,

Et ne veut pas d'Anglais au beau pays de France. Alors sa foi V exalte et calme sa souffrance, Etrses rêves guerriers deviennent triomphants.

— JM

Patria.

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TE ne sa& de quel nom, frère \ te baptiser.

) Enfant du sans-souci dont la verve rimaille, D'espoirs, ainsi qu'un nid, ton cœur naïf s'èmaille, Et tu fleuris ton rêve au doux chant d'un baiser.

Ta chimère poursuit, comme pour s'amuser, La rime et les amours, et si le vent V assaille, La folle voyageuse en souriant tressaille Et vole à l'avenir sans jamais s'épuiser.

Le bourgeois gorgé d?or, à Vesprit lourd et bête, Te salue en passant d'une plate épithète :

Toi, tu trouves l'oubli dans un verre de vin.

Mais dans les sombres jours où la France agonise, Tu t'enivres de poudre et ta main fraternise Avec la mort t ô brave, ô vaillant meurt-de-faim !

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