‹ Le clef des grands mystèresChapitre 104 sur 123 · SUR LES ESPRITS · texte numérisé non relu

SUR LES ESPRITS

Voici l'abrégé de ce que dit M. Holwell de l'origine du Code sacré des bramins. M. Dow, qui n'est pas d'accord avec lui, commence par avertir qu'on appelle Bedas. mot qui veut dire sinence , les quatre livres ou traités qui composent le Code de religion de Tlndostan. Les Bedas ou lois divines furent rcvclcs aux hommes, d'abord après la création, par le ministèi^e de Brimha; ensuite un sage, nommé Beass Muni, ou Beass l'inspiré, les rédigea dans la forme où ils sont à présent , il y a environ Û886 ans, ou 3H 8 avant l'ère chrétienne. Il observe que les mahométans, ainsi (|ue les chrétiens, se sont trompés en prenant Brimha^ cet être allégorique duquel nous avons déjà parlé, pour un philosophe de rindostan, qui n exista jamais, et (ju'on a nommé, en défigurant le premier nom , Bruma et Brahma, L'historien Ferishta dit à la vérité |M)sitivement (pie Brimha vé(»ut sous Krisheriy le premier monarffue de Tlndostan, mais les bramins en nient absolument Texistenee. Les peuples de rindostan suivent ee[>endant deux diflen»iits (]odes ou Shast^rs , mot <|ui signifie aussi un CikIc de floetrine; le premit»rest rommunément désigné en Ku-

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rope sous le nom de Vedam , mais M. Dow prétend qu'on doit dire Bedang^ mot composé de Beda et jing^ c'està-dire corps de doctrine ou de science. C'est ce Gode compilé par Beass Muni (l). Les habitants des côtes de

(1) Comme on a des idées fort différentes du Vedam et que ce no sons toutes sortes de sens dans les ouvrages des voyageurs et des savants,! ne sera pas inntile d'observer ici que Vedam ou Bedang^ selon la définitia de M. Dow, signifie un corps de doctrine qu'on a généralement appelé de ce nom le Code sacrô des bramins Cela n'emiièche pas que cette dénominitioo qui est générale, n'ait été aussi donnée à des traités de théologie, et à des commentaires très différents de l'original, faits en différents temps parles bramins de l'Inde. Quelquefois aussi ils donnent aux diflurentes parties de leur Code ce nom général, auquel ils ajoutent un mot distinclif.

L'abbé Mignot parle de VEsour Vedam, qui est un commentaire sur le Tedam^ dont il a vu une traduction française déposée dans la bibliothèque da roi de France. L'illustre auteur de la Philosophie de V histoire nous appreod, au chapitre de l'Inde, que cet ouvrage a passé dans la bibliothèque du roi par un heureux hasard. Ce qu'il y a de singulier, c'est que la traduction française a été faite dans l'Inde, par un brahmine, qui était attaché à la compagnie des Indes françaises. II faut lire aussi attentivement ce que le même écriniD philosophe nous dit des livres saints des bramins en divers chapitres de sod Essai sur l'histoire générale^ et surtout au chapitre de l'Inde, inséré dans le supplément, où il parle de VEzour Vedam, et ajoute que c'est lui qui en a déposé la copie dans la bibliothèque du roi, ainsi que celle du Comio Vedam, qui est un livre rituel des bramins.

Le P. Bouchet, dont nous avons cité la lettre à l'évéque d'Avranches,dit que le Yedam est composé de quatre parties, dont la première, qui s'appelle Irroucou Yedam, traite de la première cause et de la création. 11 observe même qu'au rapport des bramins il e>t dit dans ce livre qu'au commencement du monde. Dieu était porté sur les eaux , ce qu'il ne manque pas de faire valoir pour établir que les bramins ont connu la Ctenèse. 11 ajoute qu*on appelle Sama Vedam le troisième livre qui traite des préceptes moraux , et jidarana Vedam le quatrième, qui traite des cérémonies religieuses et du rituel. Il ne dit pas quel nom porte le deuxième livre. Mais il leste vrai que le nom Vedam ou bedang, sans adjectif, n'appartient proprement qu'au Code même, que les Indiens disent avoir été dicté par la divinité. Le nom Shaster ou

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Coroniandel, de Malabar e( du Decaii suivent ce Code. On rappelle aussi Bedang Shaster, ce dernier niol, qu'on a ajouté , signifie aussi doctrine ou corps de dodrine. Les habitants du Bengale et ceux qui demeurent sur les bords du Gange, suivent un autre Code qu*ils appellent Neadirsen Shaster. Le mol Neadirsen est composé, dit-il, de Dlea, qui veut dire vrai, juste; et dirsen^ qui signifie expliquer; et le composé, explication de la vérité. Ce Code, dit-il, esl de 9U0 ans plus récent que le Bedang ^ et a été écrit il y a environ l\Oi)0 ans |)ar un sage nommé Gautam. L*un et Tautre de ces Codes sont écrits en langue sanscrite^ qu'il écrit shanscrita.

Voilà ce que dit M. Dow sur Tage et les auteurs des livres sacrés des peuples de Tlndostan.

Quant à la doctrine contenue dans ces (^odes , voici le sommaire que M. Holwell nous donne du Chartab Bhade:

(c Dieu est un , éternel , tout-puissant, omniscient, excepté la prescience des actions des êtres libres. Dieu, par le mouvement de sa bonté et de son amour pour les créatures, créa trois êtres ou esprits célestes d'un ordre supérieur : Birmah , Bistnoo et Sieb. 11 créa ensuite la multitude des anges ou esprits célestes, auxquels il donna Birmah pour chef, ù qui il donna |)Our coadjuteurs

Skastab en langue shanscrita, est également un nom «'uiergique qui signifie ■n Urre divin ; nous verrons plus bas ce que \e^ Anglais en disent. Te nom, •ioti queceluide Vedam,onl été ensuite donnés à plusieurs ouvrages théologi- <|uet écrits par les bramins. On trouve dans le cliapitre cité de VH^sai sur VkisUnrt générale, quelques passages du Vedam, tirés de l'Ezour Vedam qui est, comme on a dit, un commentaire du V^dam même.

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Bistnoo et Sieb; Dieu avait donné a tous ces anges le libre arbitre , et ne leur avait prescrit d'autre loi que celle d'adorer leur Créateur et de lui rendre un hommage religieux, ainsi qu*aux trois esprits ou êtres supérieurs. Après un certain espace de temps, il arriva, par les mauvais conseils et la séduction de Tange Moisasocr et de quelques autres, qu*une grande partie des bandes célestes abandonna robéissanee et le culte de leur Créateur. Dieu les punit, en les bannissant pour jamais des régions célestes et de sa présence, et les condamna a des ténèbres et des afflictions éternelles. iMais , après un autre espace de temps , les trois êtres, Birmah , Bistnoo et Sieb, ayant intercé(lé pour eux, l'Etemel , touché de miséri(*ordc, ordonna que ces anges rebelles, après avoir passé par une certaine période de punition et de pénitence, retourneraient à leur premier état de béatitude. Ensuite Dieu créa dans un instant le monde des êtres visibles et invisibles , pour être la demeure des anges rebelles, ('e monde est composé de quinze globes, dont celui du milieu est le globe terrestre. Les sept inférieure sont destinés au cours de pénitence et de punition, et les sept su[)érieurs a la purification des anges pénitents. Dieu créa ensuite et plaça sur le globe de la terre les corps mortels, pour être animés par ces esprits, qui devaient être assujettis aux maux physiques et moraux, en proporlion du degré de leur désobéissance passée. Dieu créa quatre-vingt-neuf de ces formes mortelles, dont les deux dernières étaient les formes Ghoij et Murd, ou de vache et d'homme. Ceux des esprits célestes qui .sous cette dernière forme auront persévéré dans leur

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désobéissance et auront négligé de se repentir, seront replongés dans le globe le plus bas, pour recommencer une nouvelle carrière de punition. Ceux de ces anges, au contraire, qui auront parcouru tous les quinze globes, en faisant pénitence et obéissant aux préceptes divins, doivent retourner à leur premier état de félicité et à la présence de Dieu. Les anges fidèles obtinrent la permission de descendre dans ces mêmes régions de pénitence, pour servir de guides et de gardiens à leurs frères pénitents, et les garantir des pièges de Moisasoor et des autres chefs de la rébellion. Ce fut alors aussi que Dieu envoya un des anges, qui est appelé Bramah^ dans la partie orientale du globe terrestre; il lui révéla, par le ministère de Brimha , la doctrine de la divinité et du salut, qu'il mit ensuite en langage sanscrit, connu alors parmi les hommes. » L'auteur ajoute ce que les bramins disent des (|uatre âges du monde, dans lesquels Dieu a renfermé tout le cours de la pénitence et de la purification des esprits. Ces âges sont appelés Jogues ou Jvg. Le premier s'appelle SuUee Jogue^ sa durée est de 100,000 ans; le second est le Tirla Jogue^ et comprend 10,000 années. C'est dans le cours du Tirta Jogue que , selon la tradition des bramins, le demi-dieu Rhaam vint au monde, pour protéger et garder les anges |)énitenti( contre les pièges et les attentats de Moisasoor et de ses adhérents. Le troisième, appelé Dunpar Jogue^ a iOOO ans; le dernier est de 100 ans et s'appelle Kolee Jogue^ ce qui veut dire âge de corruplion. Cet âge, disent les bramins, produira un gi^nd nombre do crimes. L'auteur se rappelle d'avoir souvent entendu , pendant qu'il

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