LE NOMBRE TREIZE
Le treize est le nombre de la mort et de la naissance ; c'est celui de la propriété et de Théritage, de la société et de la famille, de la guerre et des traités.
La société a pour bases les échanges du droit, du devoir et de la foi mutuelle.
Le droit, c'est la propriété; réchange, c'est la nécessité; la bonne foi, c'est le devoir.
Celui qui veut recevoir plus qu'il ne donne, ou qui veut i*eoevoir sans donner, est un voleur.
La propriété est le droit de dispensation d'une partie de la fortune conmiune; ce n'est ni le droit de destruction ni le droit de séquestration.
Détruire ou séquestrer le bien public, ce n'est pas |K)sséder, c'est voler.
Je dis le bien public, parce que le vrai propriétaire de toutes choses, r'ost Dieu, qui veut que tout soit à tous. Quoi que vous fassiez, vous n'emporterez riea en mourant des biens do ce monde. Or, ce qui doit vous être repris un jour n'est pas réell<Mnent à vous. Cela ne vous a été que prêté.
Quant à l'usulruit, c'est le résultat du travail; mmf$ travail même n'est pas une garantie assurée de possession, et la guerre peut venir, par la dévastation et Tincen déplacer la propriété.
BO MYSTÈRES ftELIGlÉoX.
Faites donc un bon usage de ces choses qui périssent, vous qui périrez avant elles !
Songez que Tégoïsme provoque Tégoïsme et que Timmoralité du riche répondra des crimes des pauvres.
Que veut le pauvre, s'il est honncle ?
Il veut du travail. Usez de vos droits, mais laites votre devoir : le devoir du riche, c'est de répandre la richesse; le bien (jui ne (îircnle pas est mort, ne thésaurisez pas la mort.
Un sophiste a dit : La propriété, c'est le vol. Et il voulait parler sans doute de la propriété absorbée, soustraite a rechange, détournée de l'utilité commune.
Si telle était sa pensée, il pouvait aller plus loin et dire qu'une telle suppression de la vie publique est un véritable assassinat.
C'est le crime d'accaparement que rinslincl publie a toujours regardé conmie un crime de lèse -majesté humaine.
La famille est une association naturelle qui résulta du mariage.
Le mariage, c'est l'union de deux êtres que l'amour réunit et qui se promettent un dévouement mutuel dans l'intérêt des enfants qui peuveiit naître.
Deux é[)oux qui ont un enfant et (jui se sépareiit sont des impies. Veulent-ils donc exécuter li* jugement de Salomon et séparer aussi reniant ?
Se promettre un amour éternel, c'est une puérilité: l'amour sexuel est une émotion divine, sans doute, mais accidentelle, involontaire cl transitoire ; mais la promesse
SOLUTION DU t>tlEMteit PKOBLÈME. 51
du dévouement réciproque est l'essence du mariage et le principe de la famille.
La sanction et la garantie de cette promesse doivent être ime conliance absolue.
Toute jalousie est un soupçon, et tout soupçon est un outrage.
Le véritable adultère, c'est celui de la confiance : la femme qui se plaint de son mari près d'un autre homme ; riionune (jui confie à une autre feannc que la sienne les chagrins ou les espérances de son cœur, ceux-là trahissent véritablement la foi conjugale.
Les surprises des sens ne sont des infidélités qu'à cause dos entraînements du cirur, qui s'abandonne plus ou moins à la reconnaissance du plaisir. Hors de ià, ce sont des fautes humaines, dont il finit rougir et qu'on doit cacher; ce sont des indécences qu'il faut prévenir en écartant les occasions, mais qu'il ne faut jamais (»hercher à surprendre : les mœurs sont la proscription du scandale.
Tout scandale est une turpitude. On n'est pas indécent parce qu'on a des organes que la pudeur ne iioinmc pas ; maison est obscène lorsqu'on les montre.
Maris, cachez les plaies de votre ménage; ne déshabillez pas vos femmes devant la risée pul)li(jii(»!
Femmes, n'afliehez pas les misères du lit conjugal : re serait vous inscrire dans l'opinion |)uhlique ronnne des pn>sti tuées.
Il faut une haute di^nih'* de comu- pour garder hi foi c*oiijugale; c'est un pade d'IuM'oisiue doni les jL:r;Mide> allies seules peuvent eoniprendre toutt» retendue.
Les mariages qui se rompent ne sont pas des mariages : ce sont des accouplements.
Une femme qui abandonne son mari, que peut-elle devenir ? Elle n'est plus épouse, elle n'est pas veuve ; qu*estelle donc ? G*est une apostate de Thonneur, qui est forcée d'être licencieuse, parce qu'elle n'est ni vierge ni libre.
Un mari qui abandonne sa femme la prostitue et mérite le nom iniame qu'on donne aux amants des filles perdues.
Le mariage est donc siicré, indissoluble, lorsqu'il existe réellement.
Mais il ne peut exister réellement que pour des êtres d'une haute intelligence et d'un noble cœur.
Les animaux ne se marient pas, et les hommes qui vivent comme les animaux subissent les fatalités de bûr nature.
Ils font sans cesse des essais malheureux poulr agir raisonnablement. Leurs promesses sont des essais et des semblants de promesses; leurs mariages, des essais et des semblants de mariage; leurs amoui^, des essais et des semblants d'amour. Ils voudraient toujours et ne veulent jamais ; ils entreprennent toujours et n'achèvent jamais. Pour de pareilles gens, les lois ne sont applicables qoe j du côté de la répression.
De pareils êtres peuvent avoir une nichée, mais ils n'oÉJ jamais de famille : le mariage, la famille, sont les drakj de riiommé parfait, de l'homme émancipé, de II intelligent et libre.
Aussi interrogez les annales des tribunaux et liseill toire des parricides.
Soulevez le voile noir de toules ces têtes coupées et demandez -leur ce qu'elles ont pensé du mariage et de la familh» ; quel lait elles ont sucé, quelles caresses les ont ennoblies... Puis frémissez, vous tous qui ne donnez pas à vos enfants le pain de Tintelligence et de Tamour, vous tous qui ne sanctionnez pas l'autorité paternelle par la vertu du bon exemple...
Ces misérables étaient des orpbelins par l'esprit et par le cœur, et ils se sont vengés de leur naissance!...
Nous vivons dans un siècle où plus que jamais la famille est méconnue dans ce qu'elle a d'auguste et de sacré : l'intérêt matériel tue l'intelligence et l'amour; les leçons de l'expérience sont méprisées, l'on marchande les chosi's de Dieu. La chair insulte l'esprit, la fraude rit au nez de la loyauté. Plus d'idéal, plus de justice : la vie humaine s'est rendue orpheline des deux côtés.
Courage et patience ! (]e siècle ira où doivent aller les grands coupables. Voyez comme il est triste ! L'ennui est le voile noir de sa tète... le tombereau roule, et la foule suit en frémissant. . .
Bientôt un siècle de plus sera jugé par l'histoire, et on écrira sur un grand tombeau de ruines :
Ici a fmi le siècle parricide ! le siècle bourreau de son Dieu et de son Christ !
A la guerre on a le droit de tuer poiur ne pas mourir : mais dans la bataille de la vie, le plus sublime des droits c'est celui de mourir pour ne pas tuer.
L'intelligence et l'amour <loivent résister à l'oppression jusqu'à la mort, jamais jus(]u'au meurtre.
5â MYSTKRËS RELIGIKUX.
Honiiiu; de cœur, la vie de celui qui t'a ofTensé est entre les mains, car celui-là est maître de la vie des autres qui ne tient pas à la siemic.... Écrase-le de ta grandeur: fais-lui j^race!
Mais est-il défendu de tuer le tigre (^ui nous menace?
— Si c'est un tigre à face humaine, il est plus beau de se laisser dévor(»r, toutefois ici la morale ne prescrit rien.
— Mais si le tigre menace mes enfants?....
— Que la natunî elle-men)(» vous ré[K)ndc.
Harmodius et Aristogiton avaient des fctcs et de^ statues dans rancienne Grèce. ]a\ Bible a consacré les noins de Judith et d'Âod et Tune des plus sublimes figures du livre saint c'est cqWo de Samson aveugle et enchaîné qui secoue les colonnes du temple en s'écriant : Que je meure avec les Philistins!
Croyez-vous toutefois que si Jésus, avant de mourir, était allé a Rome poignarder Tibère, il eut sauvé le monde comme il Ta fait en paixlonnant à ses bourreaux et ea mourant même |»our Tibère?
Brutus en tuant César a-l-il sauvé h liberté romaiMt En tuant Caligula Cherea n'a fait que dt* la place p(Hjf Claud<» et pour Néron. Prolester contrit la vii^lnu^e par la violence, c'est la justifier et la fori or de se ^f^^nwluil^^
Mais triompher du mal par le bien^ de régafeme [m Talinégation, de la férocité psir le pardon : 4'>sl le ^^ cret du christianisme et c'est celui de la victaîre ^'itrnelle.
J'ai vu la place où la terre saignait encore du memitt dWbel^ et sur cette place passait un mis:
Et des myriades d'hommes s'avaiifni
les sièrles, en laissaul tomber des larmes dans le rnissean.
El réiernifé, ae<TOiipie et morne, eontcmplait les larmes <|ui tombaient, elle les eomptait une à une et il n*y eu avait jamais assez pour laver une laehede sang.
Mais entre deux multitudes et deux âges vint le Clirist, [»rde el nyonnante figure.
Kt dans la terre du sang et des larmes il planta la vign«* <b* la Imternilé, (*l les larmes et le sîuig aspirés par 1(^8 raeines de Tarbre divin devinnMit la sève délicieuse du misin (|ui doit enivrer <ramour les iils de Tavenir.