‹ Le clef des grands mystèresChapitre 21 sur 123 · LE NOMBRE DIX-NEUF · texte numérisé non relu

LE NOMBRE DIX-NEUF

C'est le nombre de la lumière.

C'est l'existence de Dieu prouvée par l'idée mêoM k Dieu.

Ou il faut dire que l'Être immense est un tombeaiu universel ou se meut par un mouvement automatique^ une forme toujours morte et cadavéreuse, ou il faut admedn le principe absolu de l'intelligence et de la vie.

La lumière universelle est-elle morte ou vivante? Rblemeiit vouée à l'œuvre de la destruction ou provtdMr tiellement dirigée pour un enfantement immortel ?

S'il n'y a pas de Dieu, Tintelligence n'est qu'une # ception, car elle manque d'absolu et son idéal est w mensonge.

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Sans Dieu, Tétre esl un ut^nt ijui s'aHinno, <H h \io une mort qui se déguise.

La lumière est une nuit toujours tn>ni|MH^ \mr te miniRf des songes.

Le premier et le plus essentiel dos actes de loi est «loue celui-ei.

L'Être est, et Fêtre de Tétrc, 1a vérité de I etiv, c>§l Dieii.

L'Être est vivant avec intolligonee, et rinlelliKen<^ vivante de TÊIre absolu, c'est Dieu.

La lumière est réelle et vivilianMM or la ré4ililé el la vie de toute lumière, c'est Dieu.

Le Verbe de la raison universelle est une anirnintion et non une négation.

Aveugles ceux qui ne voient pas que la lumière physique n'est que l'instrument de la penH<*e!

La pensée seule voit la lumière et la cnn; en l'employant i ses usages.

LafTirmation de l'athéisme, c'est le do^me de l'éternelle nuit; l'affirmation de Lieu, c'est le do((me de la lumière!

Nous nous arrêtons ici au di.\-neuvit!me nombre, bien 4|iie l'alphabt^t ^^at-ré ait vingt-deux lettres; mais les dixneuf premières r*ônt les «lés «le la rhéolo;rii> occulte. Les autres .s<mt les «:lés de la nature ; nuns y re,viendruns (\m^ b troisième partie «le cet iHivrai^e.

Résumons ce que nous avons dit de Dieu en citant une belle invocation empruntée à la lilhui^ie israélite« C'est une page de Kelher- Malchut, poëme cabalistiqQe de rabin Salomon, fils Gabirol.

« Vous êtes un, le commencement de tous les nombres, et le fondement de tous les édifices ; vous êtes un, et dans le secret de votre unité, les hommes les pins savanls se p(Tdenl, parce (}u'ils ne la connaissent point. Vous êtes un, et votre unité ne diminue jamais, ni n'augmente, ni ne soulTre aucune altération. Vous êtes un, mais non pas comme un en Tait de calcul, car votre unité n'aduiet ni multiplication, ni changement, ni forme. Voœ êtes un, auquel pas une de mes imaginations ne peut fixer une liuiilc et donner une définition; c'est pourquoi, je veillerai sur ma conduite, en me préservant de manquer [)ar ma langue. Vous êtes un enfin, dontlexcellenoe est si élevée, qu'elle ne peut tomber d'aucune façon (pie ce soit, et non pas comme cet un qui peut cesser d'être.

» Vous êtes existant ; cependant l'entendement et h vue des mortels ne peuvent atteindre votre existence, ni placer en vous le où, le comment, et le pourquoi. Vous êtes existant, mais en vous-même, puiscpi'aucun autre ne [)cut exister avec vous. Vous êtes existant, dès avant le temps, et sans lieu. Vous êtes enfin existant, et votre existonc(î est si cachée et si profonde, que personne ne peut en découvrir ni en pénétrer le secret.

» Vous êtes vivant, mais non pas depuis un temps connu et l\\e ; vous êtes vivant, mais non par un esprit ou une âme ; car vous êtes l'âme de toutes les âmes. Voos

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lies vivant; mais non pas comme les vies des mortels qui ^nt comparées à un souille, et dont la fin sera la nour- 4ture des vers. Vous êtes vivant, et celui qui peut ateindre vos mystères jouira des délices éternelles, et nvra à perpétuité.

» Vous êtes grand, et auprès de votre grandeur toutes 3es grandeurs fléchissent, et tout ce qu'il y a de plus excellent devient défectueux. Vous êtes grand au-dessus [Je toute imagination, et vous vous élevez au-dessus de toutes les hiérarchies célestes. Vous êtes grand, au-dessus de toute grandeur, et vous êtes exalté au-dessus de toutes louanges. Vous ères fort, et pas une de toutes vos créatures ne fera les œuvres que vous faites, ni sa force ne pourra être comparée à la vôtre. Vous êtes fort ; et c'est à vous qu'appartient cette force invincible qui ne change ni ne s'altère jamais. Vous êtes fort, et par votre magnanimité vous pardonnez dans le temps de votre plus ardente colère, et vous vous montrez patient envers les pécheurs. Vous êtes fort, et vos miséricordes, qui ont existé de tout temps, s'étendent sur toutes vos créatures. Vous êtes la lumière éternelle, que les âmes pures verront, et que la nuée des péchés cachera aux yeux des pécheurs. Vous êtes la lumière, qui est cachée dans ce monde, et visible dans l'autre, où la gloire du Seigneur se montre. Vous êtes souverain, et les yeux de l'entendement qui désirent de vous voir sont tout étonnés de n'en pouvoir atteindre qu'une partie et jamais le tout. Vous êtes le Dieu des dieux, témoins toutes vos créatures ; et en l'honneur de ce grand nom elles vous doivent toutes rendre leur culte. Vous êtes Dieu, et tous les

7k mrsTÂiuBS religieux.

créés sont vos serviteurs et vos adorateurs ; votre gUnn n'est point ternie quoiqu'on en adore d'autres, parce que leur intention est de s'adresser à vous ; ils sont comme des aveugles, dont le but est de suivre le grand chemin , et ils s'égarent ; Tun se noie dans un puits, el l'autre tombe dans une fosse ; tous en général croient être parvenus a leurs désirs, et cependant ils se sont fatigués en vain. Mais vos serviteurs sont comme des clairvoyants qui marchent dans un chemin assuré, et qui ne s'en écartent jamais ni à droite ni à gauche, jusqu'à ce qu'ils entrent dans le parvis du palais du roi. Vous êtes Dieu, qui soutenez par votre déité tous les êtres et qui assistez par votre unité toutes les créatures. Vous êtes Dieu, et il n'y a point de différence entre votre dcité, votre unité, votre éternité, et votre existence ; car toitf est un même mystère ; et quoique les noms varient totl revient au même. Vous êtes savant, et celte science qu est la source de la vie émane de vous-même ; et en comparaison de votre science tous les hommes les plus savants sont des stupides. Vous êtes savant, et Tapden des anciens, et la science s'est toujours nourrie auprès de vous. Vous êtes savant, et vous n'avez appris k science de personne, ni ne l'avez acquise d'autre que de vous. Vous êtes savant, et vous avez, comme un ouyiwr et un architecte, réservé de votre science upe divine volonté, dans un temps marqué, pour attirer l'être, du rien ; de même que la lumière qui sort des yeu^t Ml attirée de son même centre sans aucun instrumeQt 9 outil. Cette divine volonté a creusé, tracé, purifiait foiidi) j elle a ordonné au rien de s'ouvrir , i Vétin iê

s'enfoncer, et au monde de s'étendre. Elle a mesure les cieux avec le palme, avec sa puissance a assemblé le pavillon des sphères, avec les lacets de son pouvoir a serré les rideaux des créatures de Funivers, et en touchant avec sa force le bord du ridenu de la création, a joint la partie supérieure à Tinférieure. »

{Extrait des prières de Kippour).

Nous avons donné à ces hardies spéculations kabbalisiiques la seule forme qui leur convienne, celle de la poésie ou de l'inspiration du cœur.

Les âmes croyantes n'auront pas besoin des hypothèses rationnelles contenues dans cette explication nouvelle des figures de la Bible, mais les cœurs sincères affligés par le doute, et que la critique du xvui' siècle tourmente, (comprendront, en la lisant, que la raison même sans la foi peut trouver dans le livre sacré autre chose que des écueils; si les voiles dont les textes divins sont couverts projettent une grande ombre, cette ombre est si merveilleusement dessinée par les oppositions de la lumière qu'elle devient la seule image intelligible de ridéal divin.

Idéal incompréhensible comme Tinfini, et indispmsaUe mmme l'essence même du mystère.

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