‹ Le clef des grands mystèresChapitre 22 sur 123 · LA VRAIE RELIGION · texte numérisé non relu

LA VRAIE RELIGION

La religion existe dans Thumanité comme dans l'amour.

Elle est unique comme lui.

Comme lui, elle existe ou n'existe pas dans telle ou telle âme ; mais qu'on Taccepte ou qu'on la nie, elle est dans rhumanitéj elle est donc dans la vie, elle est dans la nature, elle est incontestable devant la science et même devant la raison.

La vraie religion, c'est celle (]u\ a toujours existé, qui existe et qui existera toujours.

On peut nous dire que la religion est ceci ou cela ; h religion est ce qu'elle est. La religion, c'est elle, et les fausses religions sont les superstitions imitées d'elle, empruntées à elle, ombres mensongères d'elle-même.

On peut dire de la religion ce qu'on dit de l'art véritable. Les essais barbares de peinture ou de scupture sont des tentatives de l'ignorance pour arriver à la vérité. L'art se prouve par lui-même, il rayonne de sa propre splendeur, il est unique et éternel comme h beauté.

La vrai religion est belle, et c'est par ce caractère di-

MICROPROSOPUS

fagtn

Azilulh Jezirah

Psyché

11 t^uva/uis.^ Jp, H

^ ' Briah

AZIAH

Oti (5)S es IV '

Grand pantacle tire de la vision de SMean.

Aw.'-

vin qu'elle s'impose aux respects de la science et à Tassentiment de la raison.

La science ne saurait sans témérité affirmer ou nier ces hy|K)thèses du dogme qui sont des vérités pour la foi ; mais elle peut reconnaître, à des caractères certains, la religion seule véritable, c'est-à-dire celle qui mérite seule le nom de religion on réunissant tous les caractères qui conviennent à cette grande et universelle aspiration de rame humaine.

Une seule chose évidenunent divine pov tous s'est manifestée dans le monde.

C'est la charité.

l/œuvre de la vraie religion doit être de produire, de l'onscrver et de réi)andfe l'esprit de charité.

Pour parvenir à ce but, il faut qu'elle ait elle-même tous les caractères de la charité, en sorte qu'on puisse la bien définir en la nommant elle-même la charité ar-^ ganisée.

Or, quels sont les caractères de la charité.

C'est saint Paul qui va nous l'apprendre.

\a\ charité est patiente.

Patiente conune Dieu, paive qu'elle est éternelle comme lui. Klle soulTre les persét^utions et ne |>ersécute jamais personne.

Klle est bienveillante et débonnaire, appelant à elle les petits et ne re|H)ussaiit pas les grands.

Klle est s;ms jalousie. De qui et de (juoi serait-elle jalouse, n'a-t-elle |)as cette meilleure part qui ne lui sera jamais ôtée?

Elle n'est ni remuante ni intrigante.

78 HTSTÈAttl flËttGtfetX.

Elle est BAtis orgueil, sans ambition, sans ëgolsme, sans colère.

Elle ne suppose jamais le mal et ne triomphe jamab par rinjustice, car elle met toute sa joie dans la yériié.

Elle endure tout sans jamais tolérer le mal.

Elle croit tout, sa foi est simple, soumise, hiérarchique et universelle.

Elle soutient tout , et n'impose jamais de fardeaia qu'elle ne |)orle la première.

T^ religion est juitiente, c'est la religion des graiMls travailleurs de la [)ensée : c'est la religion des martyr».

Elle est bienveillante comme le Christ et les apôtres comme les Vincent de Paul et les Fénelon,

Elle n'envie ni les dignités ni les biens de la terre, (y est la- religion des pères du désert, de saint FrançoLs d'Assises et de saint Bruno, des sœurs de la charité et des frères de Saint-Jean-de-Dieu.

Elle n'est ni remuante , ni intrigante , elle prie, elle fait le bien et elle attend.

Elle est humble, elle est douce, elle n'inspire que le dévouement et le sacrifice. Elle a enfin tous les carai^ tèresde la charité, parce qu'elle est la charité même.

Les hommes, au contraire, sont impatients, persécuteurs, jaloux, cruels, ambitieux, injustes, et ils se sont montrés tels, même au nom de cette religion qu'ils ont pu calomnier, mais qu'ils ne feront jamais mentir. Les hommes passent et la vérité est éternelle.

Fille de la *charité et créant à son tour la charité, h vraie religion est essentiellement réalisatrice; elle croil aux miracles de la foi, parce qu'elle les accomplit toua les

SOLtTIO!f W rMtÛÊÈ t^ltOBLèME. *t9

jours lorsqu'elle fait la charifë. Or, une religion qui fait la charité peut se flatter de réaliser tous les rêves de Tamour divin. Aussi la foi de l'Église hiérarchique transforme-t-elle le mysticisme en réalisme par Tefficacité de ses sacrements. Plus de signes, plus de figures qui n'aient leur force dans la grâce et qui ne donnent réellement ce qu'elles promettent. La foi anime tout, rend tout en quelque sorte visible et palpable; les paraboles même de Jésus-Christ prennent un corps et une âme. On montre à Jérusalem la maison du mauvais riche. Lessymbolismes épars des religions primitives, délaissés par la science et privés de la vie de la foi, ressemblaient à ces ossements blanchis qui couvraient la campagne d'Ézéchiel. L'esprit du Sauveur, l'esprit de foi, Tesprit de charité a soufflé sur cette poussière, et tout ce qui était mort a repjfis une vie si réelle qu'on ne reconnaît plus dans ces vivants d'aujourd'hui les cadavres d'hier. Et pourquoi les reconnaîtrait-on, puisque le monde est renouvelé, puisque saint Paul a brûlé à Éphèse les livres des hiérophantes. Était-ce donc un barbare que saint Paul, et ne commettait-il pas un attentat contre la science? Non, mais il brûlait les suaires des ressuscites pour leur faire oublier la mort. Pourquoi donc* aujourd'hui rappelons-nous les origines kabbalistiques du dogme ? Pourquoi ratiachonsnous les ligures de la Bible aux allégories d'Hermès? Est-ce pour condamner saint Paul, est-ce pour apporter le doule aux croyants? Non certes, car les croyants n'ont pas besoin de notre livre, ils ne le liront pas, ils ne voudront pas le comprendre. Mais nous voulons montrer à la foule innombrable de ceux qui doutent que la foi se

80 MSTiBES UUeiEUl.

rattache à la raison de tous les siècles, à la science de tous les sages. Nous voulons forcer la liberté humaÎDf i respecter rautorité divine, la raison à reconnaître kl bases de la foi, pour que la foi et rautorité, à leur tour^ ne proscrivent plus à jamais la liberté ni U raison.

Page 1