RAISON DES MYSTÈRES
I^ foi étant Taspiration à Tinconnu, l'objet de la foi est absolument et nécessairement le mystère.
La foi pour fonnulcr ses aspirations est forcée d'emprunter au coimu des comparaisons et des images.
Mais elle spécialise remploi de c^es formes en les assemblant d'une manière impossible dans Tordre connu. Telle est la profonde raison de Tapparente absurdité du symbolisme.
Donnons un exemple :
Si la foi disait que Dieu est impersonnel, on pourrait en conclure que Dieu n'est qu'un mot ou tout au plus une chose.
Si elle disait que Dieu est une personne, on se repréfleoterait rinfiDÎ intelligent sous la forme nécessairement
Kll(* ditç Ilii^ii CHl muni inm [M^rsnnnes^, jRiur exprimer l'on roiH'otl en Dieu l'wiiiié et le nombre.
^«xdul nétTessairement rinirlli-
qu'clle est eni-
[ car si on la coin-
82 MYSTÈRES RELlGIEnk.
VAht aiiparlionrlrail alors à la soieiiee et non plus a la Hi^îioii, c'i'sl-à-ïlin; à la lui-
l/objct <!<• la fol csl 1111 )*roIiI('*iiit* (le înathinnâtJi|Uéi. «lorit r\ «VliapjM' aux pn^miés (k-iiolro alfjrlnt!.
|j*s iiiatliriiiali(|iirs ahsiiliius prùineiit ieulefiieul b m-rr^riii», cl [.îir t'uiisiMinnif rex'mlriire lie eet intouuii ir|)i'<*H*iitr par r\ iiilradiiisililr.
Or, la srinirr aura lifaii ruiiv tlans Sun prnjia^ï's inil^ jini, mais loiijuurs i'rlalivcijnMil iini, i^llc n*i fronverajamais «laiis la laii^:ii(* du liiii I ('N|Mossiun euinplèitide Hj»- Uni. Ir mysh'rt' vA (Idiic rlniii'l,
Kairr rnitrcr dans la lufiiqiit/ du connu les termi^ d'nm* prolcssiuii dr loi, r'rsl lus laire mrWr de la foiiiiii a p<Mir Imsrs p(»siliN«'s rillogismi%«*'i:st-à-dire Timpûs.'^ibilitr d'r\pli<pirr lo^itpKMneiit rijjt'uimu.
Pour 1rs isiîu'lilcs, Dini est sifpîîi c de riiunianité, il iH' vil pas dans 1rs nvalUH'S, f^esl im pgoïsnie infini.
Pour l(s musulmans, Dini t si ini mot devant lequel on se proshM'iie sur la loi de Mahomet.
Pour les rhn'lieiis. Dieu s'est révélé dans llmmaiûté, il se prouve par la cliaiilc*, il rèiioe pai' l'ordre qui ûODstilne, la hiérareliie. , ..
La liii'rareliie est gardienne du dogme, dont t>!li (pion respeelr la lelln^ el Tesjïrit, Les seetaiti;» i|i)i, s nom de leur raison ou plutôt dé leur déraisofi jmlivifiudt ont touelié au ilo^'uie, ont par le fait même pi^ittij Vts^ui de eliarili', ils se sont exiDumumiés niv-niri^H *-
Le do^Miie eallu)lique, e'r^hà-jififcg m eeheau nom en résumant loulef du monde ; il allinue 1'
tiomet, il reconnaît en lui la trinité infinie de la généralion éternelle avec Zoroastre, Hermès et Platon, il con- 3ilie avec le Verbe unique de saint Jean les nombres vivants de P\ thagore, voilà ce que la science et la raison [>euven't constater. C'est donc devant la raison même et levant la science le dogme le plus parfait, c'est-à-dire le plus complet, qui se soit encore produit dans le monde, [jue la scienc43 et la raison nous acx^ordent cela, nous ne leur demandons rien de plus.
Dieu existe, il n'y a qu'un Dieu, et il punit ceux qui font le mal, avait dit Moïse.
Dieu est partout, il est en nous, et ce que nous faisons dt; bien aux hommes, nous le faisons à Dieu, a dit lésus.
Craignez, telle était la conclusion du dogme de Moïse.
Aimez, <! est la conclusion du dogme de Jésus.
L'idéal typi(|ue de la vie de Dieu dansThumanité, c'est l'incarnation.
L'incarnation nécessite la rédemption et Topei^ au nom de la réversibilité de 4a solidarité, en d'autres termes de la communion universelle, principe dogmatique de reflQirit de cbarilé. »
HiilïMilutu' I ui^îîSï^nffmuriîiu des[iotîsme légitime (le la toi, mnin», ni d'aiilrf*fi tmine^ija tjnifinic a In place l'»uli)ril«% cViU rnnivn: de luus les proteslanlîsmes
letciulc^ Iw démtrmHw. l>^|tK^ l*s huriiiuis îipprliti lit»* lUiorité itlogitime,
'plulôl il ^HT" ^^pMioiiné par Tau-
Jean Calvin protestait contre les bûchers de Rome pour se donner le droit de brûler Michel Servet. Tout peuple qui s'affranchit d*un Charles V ou d'un Louis XVI subit un Robespierre ou un Cromwel, et il y a un antipape plus ou moins absurde derrière toutes les protestations contre la papauté légitime.
La divinité de Jésus-Christ n'existe que dans TÉ^se /^atholique à laquelle il transmet hiérarchiquement sa \k et ses pouvoirs divins. Cette divinité est sacerdotale et royale par communion, mais, en dehors de cette communion, toute affirmation de la divinité de Jésus-Christ est idolâ trique, parce que Jésus-Christ ne saurait être un Dieu séparé.
Peu importe à la vérité catholique le nombre des prolestants.
Si tous les hommes étaient aveugles, serait-ce une raison pour nier l'existence du soleil?
La raison, en protestant contre le dogme, prouve assez qu'elle ne Ta pas inventé, mais elle est forcée d'admirer la morale qui résulte de ce dogme. Or, si la morale est une lumière, il faut que le dogme soit un soleil; ladarté ne vient pas des ténèbres.
Entre les deux abiines du polythéisme et d'un dâsme absunle et borné, il n'y a qu'un milieu possible : lenqfi» tère de la très sainte Trinité.
Entre l'athéisme spéculatif et l'anthropomorphisnifti i' n'y a qu'un milieu possible : le mystère de l'ir
Entre la fatalité immorale et la responsabilité nienne qui conclurait à la damnation de tous les Hi
il n'y a qu'un milieu possible : le mystère de la rédemption.
Li trinilé (*'esl la foi.
L'incarnation c'est res|>éi*anee.
La rnleinption c'est la charité.
La trinité c'est la hiéinirchic.
L'incarnation c'est Tautorilé divine de l'Église.
La rédcni|>lion c'est le Siicerdoce nnir|ne, infaillible, inilélei'tible et calliolique.
L'Éfrliî^^ (*allioliqne iM>ssède seule un dogme invariable et se trouve par sa constitution ménxMians l'impossibilité de l'orrompre la njorale ; elle n'iimove pas, elle explique. Ainsi, |)ar ex(Mnple, le dogint^de l'immaculée conception n'est pas nouveau, il était contenu tout entier dans le tlitH>t<»kon du (H)n(»ile d'KpIicse, et le tliéotokon est une conséquem*e rigoureuse du dogme catliolicpie de l'incarnation.
Dt* même l'Église calliolique ne fait pas les excommunications, elle les déclare cl peut seule les déclarer, parce qu'elle est seule ganlicnnc de l'unité.
Hors du vaisseau de Pierre, il n*y a que l'abime. I^s protestants ressemblent à des gens qui, fatigues do langage, se scnuctù jetés u Teau (mur éviter le ma) de mer.
C'est de lacalliolicitc, telle quelle *^t eoni^titoée dam rÉglise romaine, qu il faut dirt^ ce que Vollaire a Jîi de Dieu avec tant de hardiesse.
Si elle n^existait pas, il faudrait lliivenl<*r. Moi homme eut été * apahle d'inventer resjuîi
66 MYSTÈRES RBLIGIBUl.
celui-là aussi aurait inventé Dieu. La charité ne s'invente pas, elle se révèle par ses œuvres, et c'est alors qu'on peut s'écrier avec le Sauveur du monde : Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu!
Comprendre l'esprit de charité, c'est avoirl'intelligence de tous les mystères.