‹ Le clef des grands mystèresChapitre 24 sur 123 · LA KKLIGION PROUVÉE PAR LES OBJECTIONS QU^ON LUI OPPOSE · texte numérisé non relu

LA KKLIGION PROUVÉE PAR LES OBJECTIONS QU^ON LUI OPPOSE

Les objections qu'on peut faire contre la religion peuvi»nf elre laites, soit an nom de la seienec, soit an nom d(* hi raison, soit au nom de la foi.

La seien(*e ne peut nier les faits de Texistenee de la relitrion, de sou élablisseuienl et de sou influence sur les évéuenients de Thisloire.

Il lui est défendu de toucher audojruK»; le dogme appartient tout entier à la foi.

La s(Mencc s'arme ordinairement contre la religion d'mie série de faits qu'elle a le droit d'apprécier, qu'elle ap|>récie en eflel sévèrcMucMif, mais que la religion condamne plus énergiqu(Mn(Mit (»U(M)re qu<» la scitMice.

Kn faisant cela, la s(Menc(* doimr raison à la religion el se donne tort \\ i^llt» imMue; cll(* manque d(» logi(pie, accuse l(» désordn* qu(* Inuh* passion haineuse iniroduil dans Tesprit <ies hommes, et le hesoiii (pTil a sans cesse d'étn* nMln»ss(' et diriiré |)ar l'cspril de cliMrih'.

!^ raison, de sf>n cot<*, examine liMiogmc» et le trouve at»surdc.

Mais s'il ne Tétait pas, la raison le comprendrait; si die le comprenait, ce ne serait plus la formule de rincoDOu.

Ce serait une démonstration mathématique de rinfini.

Ce serait Tintini fîni, Finconnu connu, rincommensarable mesuré, l'indicible nommé.

C'est-à-dire que le dogme ne cesserait d'être absurde devant la raison que pour devenir devant la foi, la science, la raison elle bon sens réunis, la plus monstrueuse el h plus impossible de toutes les absurdités.

Restent les objections de la foi dissidente.

Les israélites, nos pères en religion, nous reprochent d'avoir attente alunite de Dieu, d'avoir changé une loi immuable et éternelle, d'adorer la créature au lieu du créateur.

Ces reproches si graves sont fondés sur une notion imrfaitement fausse du christianisme.

Notre Dieu est le Dieu de Moïse, Dieu unique, immatériel, infini, seul adorable et toujours le même.

Comme les juifs, nous le croyons présent partout, mais comme ils devraient faire, nous le croyons vivant, pensant et aimant dans l'humanité, et nous l'adorons dans ses œuvres.

Nous n'avons pas changé sa loi, car le décaloguedes israélites est aussi la loi des chrétiens.

La loi est immuable parce qu'elle est fondée sur tes principes éternels de la nature ; mais le culte nécessîlé par les besoins des hommes peut changer et se modifier avec les hommes.

Ce que signifie le culte est immuable, mais le culte se modifie comme les langues.

SOLUTION W OUATRIÈMB PEOBLÈIIK. 80

Le culte est un enseignement, c*est une langue, il ftinl le traduiroquand les nations ne le eomprennent pins.

Nous avons traduit et non détruit le eulte de Moïse ot des prophètes.

En adorant Dieu dans la création, nous n'adonnis pns la création elle-même.

En adorant Dieu en Jé8us-( christ, rVsl Dieu stMiJ que nous adorons, mais Dieu imi à rhumanité.

En rendant Thumanité divine, le christianisme a révélé la divinité humaine.

I^ Dieu des juifs était inhumain, parce cprils ne le comprenaient pas dans ses fpuvrcs.

Nous sommes donc plus israélit(^ que les israélites eux-mêmes. Ce qu'ils croient nous le croyons avec eux et mieux qu'eux. Ils nous accusent de nous être séparés d>ux, et ce sont eux au cx)ntraire qui veulent rester séparés de nous.

Nous les attendons à C(eur et à bras ouverts.

Nous sommes comme eux les disciples de Moïse.

f>)mmeeux, noua venons de T Egypte et nons en détestiins la servitude. .Mais nous sommes entrés dans la terre promise, et eux ils s obstinent à demeurer et a moifrir daas le désert.

Les musulmans sont les bâtards rilsraëi on phitM ils en sont les frères déshérités, comme Ksaii.

Leur l'royance est illo^riqnc , car ils admeftenf qu*» Jésus est un grand prophète, H ils traitrnf 1rs rbréfi^ns d'inAdHes.

IIh rei'onnaissent l'inspiration divine «Ip Mnïs#> f»r ils nr regardent pas les jirifs comme des frères.

Ils croient aveuglément à leur aveugle prophète, lelitaliste Mahomet, rennemi du progrès et de la liberté.

N'ôlons pas pourtant à Mahomet la gloire d'avoir proclamé l'unité do Dieu parmi les Arabes idolâtres.

On trouve dans le Coran des jmges pures et sublimes.

C'est en lisant ces pages qu'on peut dire avec les enfants d'Ismaël : 11 n'y a pas d'autre Dieu que Dieu,el Mahomet est son prophète.

Il y a trois trônes dans le ciel pour les trois prophètes des nations; mais, à la fin des temps, Mahomet sm remplacé par Elie.

Les musulmans ne reprochent rien aux chrétiens, ils les injurient.

Ils les appellent infidèles et giaours, (î'est-à-dire chiens. Nous n'avons rien à leur ré[)ondre.

11 ne faut pas réfuter les Turcs et les Arabes, il faut les instruire et les civiliser.

Restent les chrétiens dissidents, c'est-à-dire ceux qui, ayant ix)mpu le lien de Tunilé, se déclarent étrangers à la charité de l'Église.

L'orthodoxie grecrpie, ce jumeau de l'Église romaine, qui n'a pas grandi depuis sa séparation, qui ne compte plus dans les (listes religieux, qui, depuis Pholius, n'a pas inspiré une seule éloquence; Église devenue toute temporelle et dont le sa(^erdoce n est plus qu'une fonction réglée par la politique impériale du czar de toutes lesRussies; momie curieuse de la primitive Église eofch née eni^oi'c et dorée» de toutes ses légendes et de tous ses rites que les popes ne comprennent plus ; ombre d une Église vivante, mais qui a voulu s'arrêter quand ceik

église marchait, et qui n'en esl plus que la silhouette ef- «ciV cl sans tête.

Puis les protestants, ces étemels régulateurs de Tanarîhie, (pii ont hrisé le dogme et qui essayent toujours de e remplir de raisonnements conime le tonneau des l)alaTdes ; ces lantaisistcs religieiLx dont toutes les innovaîons sont négatives, (|ui ont formulé à leur usage un in- X)nnu, soi-disîHit mieux connu, des mystères mieux expliqués, un infini plus défini, une immensité plusresrcinte, une foi plus douteuse, qui ont (juintessencié Fabwrde, îjcindé la charité et |)ris des actes d'anarcliie pour es principes d'une hiérarchie à jamais impossible; ces lommes qui veulent réaliser le salut par la foi seule, [Mirée que la charité leur échappe, et qui ne peuvent plus pîen réaliser, même sur la terre, car leurs sacrements inrétendus ne sont plus que des momeries allégorifjues, h ne donnent plus la grâce, ils ne font plus voir Dieu et mirher Dieu, ce ne sont plus, en un mot, les signes de B toute-puissance de la foi, mais les témoignages forcés le l'impuissance éternelle du doute.

C'est donc contre la foi même que la réforme a proesté. Les protestants ont eu raison seulement contre le zèle inconsidéré et persécuteur (]ui voulait forcer les coniriences. Ils ont réclamé le droit de douter, le droit d'avoir moins de religion ou même de n'en avoir pas du tout; ils ont versé leur sang pour ve triste privilège ; ils r(»nl conquis, ils le possèdent, nuiis ils ne nous otcront pas celui de les plaindre et de les aimer. Quand le besoin de eroire les reprendra, quand leur <^œur se n*volteni à ton tour contre la tyrannie d'une raison faussée, quand

ils se lasseront des froides abstractions de leur dogme ar* bitraire, des vaines observances de leur culte sans elM, quand leur communion sans présence réelle, leurs églises sans divinité et leur morale sans pardon les épouvante* ront enfm, lorsqu'ils seront malades de la nostalgie de Dieu, ne se lèveront-ils pas comme Tenfant prodiguée! ne viendront-ils pas se jeter aux pieds du successeur è Pierre en lui disant : Père, nous avons péché contre le ciel et contre vous, déjà nous ne sommes plus dignes d'être appelés vos fils, mais comptez-nous du moiK parmi les plus humbles de vos serviteurs.

Nous ne parlerons pas de la critique de Voltaire. Ce grand esprit était dominé par un ardent amour de la vérité et de la justice, mais il lui manquait cette droiture du coeur qui donne rintelligencc de la foi. Voltaire ne pouvait pas admettre la foi, parce qu'il ne savait pas ai mer. L'esprit de charité ne s'est pas révélé à cette âm sans tendresse, et il a critiqué amèrement un foyer doi il ne sentait pas la chaleur, et une lampe dont il ne voyait pas la lumière. Si la religion était telle qu'il l'a vue,i aurait eu mille fois raison de Tattaquer, et il faudrait être à genoux devant l'héroïsme de son courage. Voltaire g^ rait le messie du bon sens, THerculc destructeur du &• natisme... Riais cet homme riait trop pour coniprendit celui qui a dit : Heureux ceux qui pleurent, et la philosophie du rire n'aura jamais rien de commua avec h rt* ligion des larmes.

Voltaire a parodié la Bible, le dogme, le culte, puisi a persifle, bafoué, vilipendé sa parodie.

Ceux-là seuls peuvent s'en offenser, qui voient lareK-

-ft

Le culte est un enseignement, c'est une langue, il faut le traduirequand les nations ne le comprennent plus.

Nous avons traduit et non détruit le culte de Moïse et des prophètes.

En adorant Dieu dans la création, nous n'adorons pas la création elle-même.

En adorant Dieu en Jésus-Christ, c'est Dieu seul que nous adorons, mais Dieu uni à l'humanité.

En rendant l'humanité divine, le christianisme a révélé la divinité humaine.

Le Dieu des juifs était inhumain, parce qu'ils ne le comprenaient pas dans ses œuvres.

Nous sommes donc plus israélites que les israélites eux-mêmes. Ce qu'ils croient nous le croyons avec eux et mieux qu'eux. Ils nous accusent de nous être séparés d*eux, et ce sont eux au contraire qui veulent rester séparés de nous.

Nous les attendons à cœur et à bras ouverts.

Nous sommes comme eux les disciples de Moïse.

Comme eux, nous venons de rÉgjple et nous en détestons la servitude. Mais nous sommes entrés dans la terre promise, et eux ils s'obstinent à demeurer et à mourir dans le désert.

Les musulmans sont les bâtards d'Israël ou plutôt ils en senties frères déshérités, comme Ésaii.

Leur croyance est illogique, car ils admettent que Jésus est un grand prophète, et ils traitent les chrétiens dMnfidèles.

Ils reconnaissent l'inspiration divine de Moïse et ils ne regardent pas les juifs comme des frères.

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