LA ME ET LA MORT. — LA VEILLE ET LE SOMMEIL
Adonis revenant à lu vie pour écouter les plaintes de Vénus et se ranimant eouuue une (leur sous la rosée brillante lie si*s larmes; ('.astor et Pollux rpie la mort n'a pu désunir et qui s'aiment tour à tour dans les enfers et sur la terre... Puis il appelle doucement Eurydice, sa chère Eurydice, son Eurjdice tant aimée :
Ah ! miseram Eurydicen anima fu(^ente vorabat, Eurydiccn ! toto refcrcbant flumine ripa?.
Pendant qu'il chante, celte pâle statue (|ue la mort a faite, se (M)lore des premières nuances de la vie, ses lèvn's Manches commenivnt à rougir comme Taube du matin... Orphée la voit, il trend)le, il haihutie, l'hymne va expiivr sur sa bouche, mais ell(^ |)àlit de nouveau ; alors h» trrand hiéro|»hanle tire de sa lyre des chants déchirants et sublimes, il ne rej^ardi^ plus <|ue le ciel, il pleure, il prie, et Kurydi(*e ouvre les yeux... Malheureux! ne la i'e}i:ardiî pas, chante encore, n'elTarouchc pas le papillon de Psyché, (pii veut se fixer siir cette fleur!... Mais rinsensé a vu le rejrard de la ressuscitée, le frnuid hiérophante cède à Tivresse de l'amant, sa \\ve tombe de ses mains, il regarde Eurydice, il s'élance vers elle... Il la presse dans ses bras et il ^li^-trouve encore glacée, ses yeux se s<tj(i;ofèfMlHcs lèvres sont plus pales et plus Troides que jamais, la sensitive a tressailli, et le lien délicat de l'àme s'est rompu de nouveau et pour to jours. . . Eur\dice est morte et les hymnes d'Orplk la ra[i[M*lleront plus a la vie.
Dans notre Dogme et rituel de la haute mi avons osé dire que la Résurrection des morti il
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phénomène impossible dans Tordre même de la nature, et en cela nous n'avons nié ni contredit en aucune manière la loi fatale de la mort. Une mort qui peut cesser n'est qu^une léthargie et un sommeil, mais c'est par la léthargie et le sommeil que la mort commence toujours. L'étal de quiétude profonde qui succède alors aux aj^U* tionsdela vie emporte alors Tàme détendue et en<lorniîe, on ne peut la (aire revenir, la forcer à plonger de nouveau qu'en excitant violemment toutes ses affections et tous ses désirs. Quand Jésus, le Sauveur du monde, étnit sur la terre, la terre était plus belle et plus désirable que le ciel, el cependant il a fallu à Jésus un cri et une secousse pour réveiller la iille de Jaïrc. C'est à force de frémissements et de larmes qu'il a rapjîelé du tombeau son ami Lazare, tant il est difllcile d'interrompre une âme faliguée qui dort de son premier sommeil!
Toutefois le visage de la mort n*a ]:ias la même ménilé pour toutes les âmes qui le contemplent, lorsqu oo a manqué le but de sa vie, lorsqu'on emporte avec soi des convoitises effrénées ou des haines inassouvies, l'éternité apparaît à l'ame ignorante ou coupable avec des formidables proportions de douleurs qu'elle tente quelquefois de se rcjeten-4}ans la vie mortelle. Combîei d'amcs agitées ainsi par le cSMNÉto4|]||^enfer m aoit réfugiées dans leiu^ corps glacés et couverts <M|L il marbre de la tombe ! On a retrouvé des squelettes ntxmt^ nés, convulsés, tordus, et l'on a dit : Voici àm hommes (jui ont été enterrés vivants. On se trompait :iouvenltet ce pouvait être toujours des épaves de k laori suscités de la sépulture qui, pour è'é