LA PUISSANCE DE LA PAROLE
van he^ on commande à la nature : les royaumes sont :M)nquis au nom (VÂdonài, et les forces occultes qui composent l'empire d'Hermès sont toutes obéissantes à celui )ui sait prononcer suivant la science le nom incommunicable A'Agla.
Pour prononcer suivant la science les grandes paroles de la Kabbale, il faut les prononcer avec une intelligence entière, avec une volonté (|ue rien n'arrête, avec une activité (|ue rien ne rebute. En magie, avoir dit c'est avoir bit; le verbe se commence avcîc des lettres, il s'acliève »vec des actes. On ne veut réellement une chose que lorsqu'on la veut de tout son cœur, au point de briser pour elle ses affections les plus chères; de tout(*s ses forces, au point d'exposer sa santé, sa fortune et sa vie.
C'est par le dévouement absolu que se prouve et que se constitue la foi. Mais l'homme armé d'une foi pareille pourra transporter les montagnes.
Le plus fatal ennemi de nos âmes, c'est la pareîAe. L^inertie a une ivresse qui nous endort ; mais le sommeil de l'inertie, c'est la corruption et la mort. Les facultés de r2me humaine sont comme les flots de l'Océan : il leur but, pour les conserver, le sel et l'amertume des larmes; 3 leur faut les tourmentes du ciel et l'agitation des tempêtes.
Lorsque, au lieu de marcher dans la carrière du progrès, nous voulons nous faire porter, nous dormons dans les bras de la mort ; c'est à nlnis qu'il est dit, conmie au paralytique de l'Évangile : Emportez voire lit et mardiez ! C'est à nous d'emporter la mort pour la précipiter dans la vie.
262 MYSTKBES MAGIQOeS.
Suivant la magnifique et terrible expression de saint Jean, Tenfer est un feu qui dort. C'est une vie sans activité et sans progrès ; c*est du soufre en stagnatioD : stagnum ignis et sulphuris.
La vie qui dort est analogue a la parole .oisive, et c'est de cela que les hommes auront à rendre compte au jour du jugement dernier.
I/intelligencc parie et la matière s*agite ; elle ne se reposera cpf apK's avoir pris la forme donnée par la [ttrôle. Voyez le verbe (chrétien mettant depuis dix-neuf siècles le monde en travail!* Quels combats de géants! ComhiiMi d erreurs essayées et repoussées! Que de christianisme dc<;u et irrité au fond de la protestation, depuis le seizième siècle jusqu'au dix huitième! I/égoïsme humain, désespéré de ses défaites, a ameuté tour à tour toutes ses stupidités. On a revêtu le Sauveur du monde de tous les haillons et de toutes les pourpres dérisoires: ap»ès Jésus Tinquisiteur, on a fait le sam-culotie Jésus. Mesurez si vous le pouvez tout ce qui a coulé de larmes et (Je sang, osez prévoir tout ce qu'on en ré|)andra encore avant (rarriver au règne messianicpie de T Homme-Dieu. qui soumet à la fois toutes les passions aux pouvoirs et tous les pouvoirs à la justice!
Advkniat regmm titm! Voilà ce que sc[)t cent millions de voix répètent soir et matin sur toute la surface de b terre, depuis bientôt dix-neuf cents ans, pendant quête Israélites attendent toujours le Messie. Il a parlé, et il viendra ; il est venu pour mourir, et il a promis de revenir pour vivre.
Le cncL kst l'harmonie des sentiments GÉNialsui.
là puissance de la parolb. 26s
L'enfer est le conflit des instincts lâches.
Qnand rhumanilé, A force d'expériences sanglantes el
ioulonreuses, aura bien compris celte double vérité, elle
ibjureni Tenfer de l'égoïsme pour entrer dans le ciel du
dévouement et de la charité chrétienne.
La lyre d'Orphée a défriché la Grèce sauvage, et la lyre i'Amphyon a bâti la mystérieuse Thèbes. C'est que l'harmonie est la vérité. La nature entière est harmonie, mais TÉvangilc n est pas une lyre : c'est le livre des principes étemels ([ui doivent régler et qui régleront toutes
les Ivres et toutes les harmonies vivantes de Funivers.
Tant que le monde ne (comprendra pas ces trois paroles: vérité^ raison y justice^ et celles-ci : devoir^ hiernr^ îWe, société, la devise révolutionnaire liberté, égalité, fraiemité, ne sera qu'un triple mensonge.