INTRODUCTION
Les hautes scienees de la Kabbale et de la magie promettent à rtiomme une puissance exceptionnelle, réelle, effective, réalisatrice, et on doit les regarder comme vaines et mensongères si elles ne la lui donnent pas.
Vous jugerez les docteurs à leurs œuvres, disait le maître suprême, et cette règle de jugement est infaillible.
Si vous voulez que je croie à ce que vous savez, montrez-moi ce que vous faites ?
Dieu, pour élever l'homme àFémancipation morale, se cache de lui et lui abandonne en quelque sorte le gouvernement du monde. Il se laisse deviner par les grandeui'S et les harmonies de la nature, afin que Thomme se perfectionne progressivement en agrandissant toujours Tidée qu il se fait de son auteur.
L'homme ne (H)niKiil Dieu que par les noms qu*il donne à cet Èlre des êtres et ne le distingue que \m les images qu'il essaye! d'en Iraeer. Il est en quelque manière ainsi le créateur de celui qui Ta créé. Il se croit le miroir de Dieu et, en agrandissant indcfmiment son propre mirage, il croit [)ouvoir estjuisser dans l'espace intini loinbre de celui <|ui est sans corps, sans ombre et sans espace.
Créku Diku, se créer soi-même, se rem»re i>dépe.v UANT, IMPASSIBLE ET IMMORTEL : voilà ccrlcs uii prograïuDie plus téméraire que le rcve de Prométbée. L'exjnessio» en est hardie juscpi'à rimpiclé, la [>ensée ambitieuse jib- (pi'à la démence. Kli bien, ce [)rogramine n'est paradoxal que dans la rorinc ipii [uvle à une tausse et sacrilège inlerprélation. Dans un sens il est iiarfaitemeiit raisonnable et la science des adeples promet de le réaliser ei de lui donner un |)arlait accomplissement.
I/homiiKS en elTet, se créi; un Dieu conforme à sa pro[)re inU'IligtMice et ù sa propre bonté, il ne peut élever son idéal plus haut que ne le lui permet son dévelop|««*ment moral. Le Dieu qu'il adore est toujours son pri)pre reflet agrandi. Concevoir ce que c'est que Tabsolii on biMité et en justice c'est être soi-même très juste et très bon.
Les <pialitrs di* Tt^spiit, b»s qualités morales sont îles richesses l't l«*s plus grandes de toutes les riclu^sses. U tant les acquérir par la lutte et par le travail. On nous objectera rinégîdilé des aptitudes et les enfants qui naissent avec unr or^îuiisation plus pariaite. Mais nous (levons croire que de telles organisations sont les résulUI» d'un tmvail |>lus a\ancé de la naluroetque les enfuitt
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qui en sont doués les ont acquist'S, sinon [lar ieui*s pi opri's etToiis, au moins |mr les tcuvrcs solidaire:^ dos èlres humains auxquels leur oxisicnre est liée. (]*esl un soci^et de la natui*e qui ne fait rien au lias;ird ; lu propriété des facultés inlelleetuelles plus développées eonune celle de Tangent et des terres eonstitue un droit iniprosrriptible de transmission et dliéritage.
Oui, riiomme est api»eié si aelievei l'œuvre de son Créateur, et rliaeun de ses instants enqiloyé par lui à se rendre meilleur ou à se |>enln\ est déoisif pour toute une éternité, (l'est par la eonquète d'une intelligeni^e à jamais di*oi(e et d'une volonté à jamais juste qu'il se eonstiiue vivant pour la vie éternelle, [uiisquerien ne survit à rinjustiee et à l'erreur que la peiiu^ de leiu^ désordre. Comprendre le hien e'est le vouloir, et dans Tordre de la justice, vouloir c'est faire. Voilà pourquoi rKvaufrile nous dît que les honunes semnl jugés selon leurs oeuvres.
Nos u*uv)vs nous font tellement ce tpie nous sommes que noin! corps même nM;oit, conune nous Tavons dit, de nos lialiitudes, la nuHlification vi quelquefois le changement entier de sa forme.
Une forme conquise ou suhie devient pour rexistcnee entière une [irovideniM* ou nue fatalité. Os ligures étranges que les Kgyptieus doiniaiciit aux >yml)oles humains de la diviniU'* reprcsrntcnl 1rs loruM's fatales. Typhon, par sa gueule de croeodilc est eondainiH'' À devenir s;ms cesse pour nMii|)lir son ventre d'lH|i|M)|M)|;one. Aus.si est-il voué, par sa voraeitrrl sa laideur, -À h <lestrurtion éternelle.
L'homme peut tuer ou vivilu*r ses faeulii's |iar la né-
gligence ou par l'abus. Il peut se créer des facultés nouvelles par le bon usage de celles qu'il a reçues de la nature. On dit souvent que les affections ne se commandent pas, que la foi n'est pas possible à tous, qu'on lïe refait pas son caractère, et toutes ces assertions ne sont vraies que pour les paresseux ou les pervers. On peut se faire croyant, pieux, aimant, dévoue, lorsqu'on veut sincèrement l'être. On peut donner à son esprit le calme de la justesse conmie à sa volonté la foute-puissance de la justice. On peut régner dans le ciel par la foi, et sur U terre par la science. L'homme qui sait commandera soimême est roi de toute la nature.
Nous allons montrer, dans ce dernier livre par quels moyens les vrais initiés se sont rendus les maîtres de b vie en commandant à la douleur et à la mort ; comnienl ils opèrent sur eux-mêmes et sur les autres les transformations de Prothée ; comment ils exercent la divination d'Apollonius; comment ils font lor de Raymond Luile et de Flamel ; couiment ils possèdent pour renouvefcf leur jeunesse les secrets de Postel le Ressuscité et du fabuleux Cafrlioslro. Nous allons dire enfin le dernier nwl de la magie.