‹ Le clef des grands mystèresChapitre 72 sur 123 · LES CLASSIQUES DE LA KABBALE.— LES TALMUDISTES ET LE TALMUD · texte numérisé non relu

LES CLASSIQUES DE LA KABBALE.— LES TALMUDISTES ET LE TALMUD

L'importance du Taimnd niée avec dérision par Tignorance des chrétiens et aveuglément soutenue par la suptrstition du vulgaire des juifs, re|K)Siî loul enlière sur les grandes et immuables vérités de la sainte Kabbale.

Le Talmud, dont le nom se eouïpose «leTliau saeré et d*un root hébreu qui sigiiilie eiis<Mgnenient, <H)n(ient sept

[laiiies dislincles et que la science doit bien se garder de confondre : la Mischna ou le Talniud de Jérusalem, les deux Ghetnara ou le Tahnud de Babylone, les Thosphaia ou additions, les Bérichta ou api»endices, les Marascliim ou commentaires allégoriques, et les Haggada ou récits traditionnels.

Les Talnindistes, rédacteurs de cette œuvre mélangée, appartenaient à trois classes de rabbins dont Tautorité successive a conservé, inlerpix»té et conunenté les textes primitifs. C'ctaienl les Ténaimes ou initiés, les Amoràimes ou disciples vulgaires des Ténaimes; puis sont venus les Massorètes et les Chachamines , conservateurs aveugles des textes, calculateui^s systématiques des signes dont ils ne savaient pas la valeur absolue, docteurs qui ne voyaient plus la Kabbale que dans quelques jeux mathématiques d une Gématrie mal entendue et d'une insuffisante Témurah,

(]hez les juifs comme chez les chrétiens, les tendances de réglise officielle ou de la synagogue ont toujours été dirigées vers la matérialisation des signes pour substituer la hiérarchie d'inlluencc temporelle à la hiérarchie de science et de vertu. C'est ainsi qu'avant la venue du Christ, la [prophétie, représentant l'initiation et le progrès, avait toujours été en lutte ouverte ou en hostilité sourde avec le sacerdoce; c'est ainsi que le pharisaïsme du temps de Jésus persécuta la nouvelle école essénienne, dont il était le fondateur, et s'opposa plus tard aux larges enseignements des disciples de Hillel et de Chamaï. Plus tard, les Kohanimes furent encore hostiles aux Israélites initiés de l'école d'Alexandrie, et la synagogue

DE LA KABDALE. â&O

de Chachamines et des Massorètes ne laissa en paix les Kohanimes ou excellents maîtres, que grâce à un occultisnie qui fut Siins doulc! une des racines secrètes des institutions maçonniques pendant les omhres du moyen âge. Ce n'est donc pas à la synagogue officielle qu'il faut demander les (îl(»fs de la haute Kabbale et le sens caché du Tahnud; les représentants actuels de l'ancienne théologie biblique vous diront (pic Maïmonides, cette grande lumière d'Israël, non-seulement n'était pas kabbaliste, mais reg;irdait connue inutile ou dangereuse l'clude de la Kahbalah. Maïmonides (^pendant vénérait le Talmud et ressemblait ainsi à (*es utopistes en mysticité (pii rejettent le christianisme tout en adorant TÉvangilc. Jamais, en aucun temps, les inconséquences n'ont fait jHîur a l'esprit humain.

Si le Talmud n'était pas originairement la grande (M kabbalistique du judaïsme, on ne comprendrait ni son existence ni la vénération tnulitionnclle dont il est Tobjet. En effet, nous avons cité le texte du catéchisme Israélite qui doit faire consi<lércr [)ar tous les croyants juifs le TalmiKl comme \i\ recueil classicpie et authentique des lois secn»tcs de Jéhovah réservées par la sîigesse de Moïse à Tenseigiu^ment traditionnel de la tribu sacerdotale. Nous savons d'aillcui's que le corps de (Tttc théologie occulte est positivement n'^ que tous les initiés sérieux ont considéré (*ommc rcnscmble tic la Kabbalah. Aussi la clef de celte science, qui (»uvre seule toutes les j>ortes secrètes et fait i»éuétrcr dans tiMites les profondcMirs de la Bible, doit-elle s'a<la[)tcr également à tons les mystères du Talmud, autre bible de convention imaginée seule-

^50 DE LA RABBALfi.

ment pour l*épreuve des clefs bibliques. C'est pour tk que les taluiudistes, désireux de faire eomprendre an sages le sens allégorique de certains passages évt ment absurdes des livres sacres, eucltérissent sur absurdité mênie et donnent |)our explication à un lak improbable un commentaire imrfaitement imposôbk. Voici un exemple de celte méthode :

L'auteur du livre allégori(|ue de Job i^présente bCom brutale sous reniblème de deux monstres. Tun terrerin et lautre marin, qu'il nomme Tun Béhémoth et Pautn Léviatban. Ce n est pas sans intention kabbalistique, moi doute, qu il enq)loic ici le nombre deux ou le binaire, m la force brutale ;^e fait toujoui^ i^ncurrence à clleHnêon par les lois fatales ou providentielles de réquilibrc,el4i même (juc dans la {réncration étt^rnclle des choses l'h»» monie résulte de lanalogie des conti^aires, ainsi dans ici exc4^s titaniens de la force^ riiarmonie se conserve ou U rétablit par Tantagonisnie des é^'aux. Voilà ce (pi'a vouk dire Tauteur <lu livre de Job, voici maintenant conuMit les tiilmudistcs enchérissent sur celte fiction.

« Ëloïm avait permis a la mer de se donner un maiU visible et à la terre de se donner un roi. »

— Ceci nous rapi>elle la fable des grenouilles et ds la grue.

« I^ mer enfanta Leviathan et la terre fit sortir Béfair moth de ses entrailles boulevers(Ts.

»> Leviathan était le gran<l ser|)ent de la mer.

» Béhémoth était le cherub aux cornes immenses. •

— De là est venu notre diable.

a Mais bientôt Leviathan remplit tellement la mer, qve

DE LA KABBALE. SSl

les eaux crièrent vers Kloïni ne sachant où se réfugier.

» La terre de son ooté si'; lamentait broyée sous les pieds de Béliéinotli et dé|)onillée \mr lui de toute venlure.

» Eloïni eut pitié et il enleva Leviathan de la nier et Béhémoth de la terre.

» Et il les sala |K)ur les conserver jusqu*au banquet du dernier jour.

» Alors les élus mangeront la chair du Leviathan et du Bëhénioth et la trouveront délicieuse, parce que c'est le Seigneur (|ui la conserve et qui la |»répare. »>

— Où est Voltaii'e |K)ur rire de cette monstrueuse salaison, de ee Dieu cuisinier et de ce banquet œnsommateur d'alTreuses momies! Nous conviendrons tout d*âl>ord avec lui que les allégories rabbiniques choquent souvent ce lion goût Iranrais et cette iine tleur dt; |M>liiessc hltéfaire qu'ils ne [louvaient ni connaître ni deviner. Mais que diront les rieurs si, dans la table du Leviathan et du Béhénioth, on leur fait compnMidrr la solution de rcni;:me du niai?Uu*auraient-ils à répondre si on ItMu* disait, |)ar exemple: I^ diable du christianisme rcprés«*nh' les excès aveugles de la l'on**^ vitale, mais la nature <M»ns4*rve et maintient Tà^uilibre, les monstniositt's mémr ont leur raison d*étre et serviront tôt ou tard à ralimcntation de rfaannonie universelle. Ne craignez donc pas les l':uitomes. Tout ce qui est au-dessus <le l'hoiinne doit ê(i'4* plot beau et meilleur que Thounne; au-dessous il y a la héle,etlabèle, quelque démesurée quelle soit, doit être rauTuiiain* un b pâture de rituiiiiiitt! tliiùuas poltmns, ne cmigtk*?. donc plus que le diable ne vous inynge! ^éialiuiMNi«6( e'e^ wus qui mitugerea^ le diable,

puisque le diable, c'est-à-dire Tesprit d'absurdité et d'inintelligence, ne peut s'élever plus haut que la bête. Voilà ce qu'il faut comprendre par le festin final et kabbalistique du Béhémoth et du Leviathan !

Représentez-vous maintenant un commentateur Kohanime ou Massorète, prenant à la lettre rallégorie talmudique des faits, discutant sérieusement la réalité littérale, prouvant l'existence réelle du Leviathan et du Béhémoth, établissant par exemple que la lune est le saloir du Père Éternel, qu'il a pu y transporter le Leviathan et le Béhémoth après l'avoir creusée et remplie de sel, etc., etc., et vous aurez une idée de toute la rédaction du Talmud, de ses lumières voilées et de ses naïves erreurs.

Le premier Talmud, le seul véritablement kabbalislique, la Mischna, fut rédigé pendant le n* siècle Je l'ère chrétienne, par le dernier chef des Ténaïmes, Rabbi-Jehuda-Hakadosch-Hanassi, c'est-à-dire Juda le très saint et le prince. Les noms de kadoseh et de i)rince étaient donnés aux grands initiés de la Kabbale et se sont conservés parmi les adeptes de la maçonnerie occulte et de la rose- croix. Rabbi Jehuda composa son livre suivant toutes les règles de la haute initiation, l'écrivit par dedans et par dehors, comme disaient Ézéchiel et saint Jean, et en indiqua le sens transcendental par les lettres sacrées et les nombres correspondant au Bereschit des six premières Séphiroths. La Mischna se compose de six livres nommés Sédérim^ dont l'ordre et le sujet correspondent aux signes absolus de la philosophie kabbalistique, comiDC nous allons l'expliquer.

Nous avons déjà dit que les kabbalistes ne définisseot

pas Dieu, mais l'adorent dans ses manifestations, qui sont ridée et la forme, Tintelligence et l'amour (1); ils supposent un pouvoir suprême appuyé sur deux lois qui sont la sagesse fixe et Tintelligence active, en d*autres termes, nécessité et liberté. C'est ainsi qu'ils forment un premier triangle ainsi conçu :

Kether la couronne.

Binah V intelligence. Choemah la sagesse.

Puis, comme un mirage de cette conception* suprême dans notre idéal, ils établissent un second triangle en sens inverse. La justice absolue correspondant à la sagesse suprême ou à la nécessité, Tamour absolu correspondant à l'intelligence active ou à la liberté, et la beauté suprême qui résulte des harmonies de la justice et de Tamour correspond au pouvoir divin.

Gédulah Géburah

L amour. La justice.

Tiphéreth La beauté.

Fa\ réunis3ant ces deux triangles et en les entrelaçant^ on en fonne ce qu*on appelle Tétoile flamboyante ou le sceau de Salomon, c*est-à-dire Texpression complète àf

(1) Pourtiuoi pat «tous autres choses T demande nalverotot Ta note ajoutée à notre précédent article. C'est-à-dire pourquoi pif daM la M tiflc et dans la haine, dans l'absence d'idée et dani ralnenee de Jinwa Puis Tannotateur ajoute cet aveu précieux : H est Mm diffcUê ai jNVifV Diêu sans dire des souisês. Je le crois comme lui, et Je Tondrais qaa • belle parole lenrtt désormais d'épigraphe à cette reme.

SS

^4 ofi tk kàkbâu.

la philosophie tbéologique de Bereschù ou de la Genèse

universelle.

C'est sur cette base que Rabbi Jéhuda établit les divisions de son ouvrage. Le premier livre, ou Sédérim, porresppndani à la notion de Kether, a pour titre Zéeiu, les semences, parce que dans l'idée de la couronne sa* prême est contenue la notion de pf inpipe fécondant et de production universelle.

Le second livre correspond à la Scphire de Chochmah; il s'intitule Moed, et traite des choses sacrées auxqudies il ne faut rien changer, parce qu'elles représentent l'ordre éternel.

Le troisième livre relatif a Binah^ la liberté ou la puissance créatrice, traite des femmes, de la famille, et porte jpnomdcNAScHiM.

Le quatrième livre, inspiré par l'idée de Géburah ou de Justice, traite des iniquités et de leur peine : son titre est Nazchim.

Le cinquième livre correspondant à Gédulah, c'està-dire a la miséricorde et à Tamour, a pour titre Kados- CHiM, et traite des croyances consolantes et des choses saintes.

Enfin, le sixième livre, analogue à la Séphire de Tiphérelh, contient les secrets les plus cachés de la \ieet de la morale r[ui la concerne; il traite des purifications, c'est-à-dire de la médecine des âmes, et porte le nom mystérieux de Tharoth ou Tarot, exprimant à lui seul tout le sens caché deî^ roues symboliques d'Ézéchiel et du nom de Thorali, donné encore de nos jours parles rabbins à l'Écriture tout entière.

DE LA KABBALB. ft&5

En tête de la Misihna, Rabl)i Jehuda-Hakadosh-Hanassi a placé la tradition des anciens Siiges du jndaïsine. Ce sont les proverbes et les sentences des sneoesseurs de Salomon dans Tétude de la souveraine sagesse :

a Par trois choses, disait Simon le Juste, subsiste Ib monde :

m Par l'enseignement de la loi,

9 Les devoirs du culte,

Page 1