Dossier Robidou
l'Assemblée nationale avait donné un délai, se sont présentés à leur municipalité pour l'obtenir y
Ce ne sont pas là de bons citoyens, mais ils ne sont pas détestables; ils attendent à voir venir les choses et dans le fait l'Assemblée nationale semble favoriser leur système : elle fait entendre que le délai n'est pas celui qui s'est borné à s'abstenir. Vous, Monsieur, qui savez tout et qui n'avez pas épargné quelques-uns de nos administrateurs, vous savez sans doute que M. de Hercé, ex-évêque de Dol, faisait circuler une lettre pour les municipalités. Klle a été lue le deux en chaire et peutêtre l'a-t-elle été de préférence à la loi nationale. Cette lettre m'est tombée dans les mains avec quelques autres faits qui se sont réunis autour de moi comme malgré moi. J'en ai rendu compte au département. Le prélat est en celles de l'accusateur public, en conséquence d'un arrêté du département du huit courant qui sera imprimé, lu et affiché dans toutes les municipalités de son ressort. M. de Hercé ne permet pas l'usage de la viande pendant le carême, mais par son mandement du 5 janvier dernier, il autorise celui des œufs. Récemment il a reçu 42 livres 15 sous d'Etienne Sorre, de la Fresnaye. dont M. Roquet, son secrétaire, est curé, pour les dispenses de sa parenté avec Marie Sorre, sa parente issue de germain. Vous voyez, Monsieur, comme on tient aux choses d'habitude. Le mandement des œufs et la dispense de parenté sont des circonstances qui ne sont pas indifférentes. La poste part, je ne puis vous en dire plus long.
Ce n'est pour plaire ni nuire à personne que je vous adresse cette lettre et la liste qui y est jointe ; j'ai cru que je devais saisir avidement toutes les occasions de faire connaître les bons et les mauvais citoyens. Si j'ai fait une bonne action ne me nommez pas, si j'en ai fait une mauvaise faites-moi connaître. Une erreur même de l'esprit est l'équivalent d'une faute grave pour un homme qui doit savoir faire la différence du bien et du mal.
Vous ne pouvez pas me consacrer un numéro en entier'.
1. Il s'agit là du Bulletin de la Correspondance ou Journal des dé-
J'ai pourtant bien envie de vous faire une querelle : vous avez loué mon patriotisme et vous avez attaqué celui de mes collègues, vous les avez surtout accusé de despotisme et de tyrannie. Ce que vous leur reprochiez me semblait y être absolument opposé. Ils n'ont pas besoin de ma défense, mais mon estime pour eux ne m'a pas permis de me taire, ils ne sont ni despotes ni tyrans, ils sont honnêtes et modérés, incapables de bassesse. Si de ma lettre vous faites quelque cas, faites-moi le plaisir, Monsieur, de rendre cette partie publique. On ne doit pas aimer un éloge qu'on ne partage pas avec ceux qu'on doit estimer.
Au sentiment de respect que je vous dois déjà, je serais bien aise d'y ajouter celui de la reconnaissance.
Gautier, ci-devant de Rontaunay,
Procureur syndic de Dol.
Procès-verbal de V Assemblée électorale du département de la Manche pour l'élection de Vévêque du même département i.
Du dimanche 20 février 1791
Le 21. .le scrutin déclaré clos, les billets dépouillés, 415 votants, 415 billets, personne n'a réuni la majorité absolue. La séance recommencée à 3 heures 1/2, 415 votants, 415 bulletins. M. Bécherel, curé de Saint-Loup, député à l'Assemblée nationale, 186 suffrages; M. Hercé, prêtre,- ci-devant évêque de Dol, 161 ; — pas de majorité absolue.
Le mardi 22, 8 heures du matin... Votants, 440; bulletins comptés, 438; M. Bécherel, curé de Saint-Loup, 282 suffrages; son concurrent, 149; sept bulletins déclarés nuls. M. Bécherel est élu.
partements, qui se publiait à Rennes sous la direction des autorités départementales. — Pour comprendre le dernier paragraphe de cette lettre, se reporter aux numéros du susdit journal des 4, 11 et 18 février, qui se trouvent à la bibliothèque publique de Rennes. 1. Mairie de Pontorson (Manche).
Directoire du district.
21 février. — Le procureur syndic est d'avis de faire passer au département l'état des fonctionnaires ecclésiastiques qui ont prêté le serment requis dans l'arrondissement du district depuis le dernier envoi en lui observant que la grande considération que les prêtres voisins ont pour l'ancien évêque de Dol est le principal motif de leur lenteur à se soumettre à la loi.
Dol, le 21 février 1791.
Le directoire du district à celui du département.
Messieurs, vous avez ci-joint l'état des fonctionnaires ecclésiastiques qui ont prêté le serment depuis le dernier envoi que nous avons fait de ceux qui s'étaient conformés à la loi. Le nombre en est petit, vous en savez le motif; aucun prêtre n'ose contredire son ancien évêque, ils ont pour lui beaucoup plus de considération qu'il n'en mérite, ils le craignent surtout parce qu'ils espèrent ou craignent qu'il ne soit rétabli.
Les Administrateurs, etc.
Registre de la municipalité.
22 février. — [Pierre Oger est déclaré adjudicataire de la viande pendant le carême pour une somme de 149 livres qu'il payera à la municipalité.
11 ne devra manquer d'aucune viande et ne vendre le bœuf que 10 sols la livre, la vache et la génisse 6 sols, le mouton et le veau 5 sols.]
Dol, le 22 février 1791.
Le directoire de Bol à M. Bouvais, administrateur du département de la Loire- Inférieure, à Nantes.
Dans l'état général des biens du ci-devant chapitre de Dol, M. votre frère s*y trouve employé pour un canonicat estimé 2.083 1. 14 s. 6 d. et pour un bénéfice de la Cavelais et Saint- Saturnin, portés ensemble 1,400 livres.
Nous avons reçu, avec vos deux lettres des 5 et 8 décembre, létat détaillé de ces deux bénéfices.
Le ci-devant chapitre de Dol nous atteste que M. Bouvais s'est borné à la seule prise de possession de son canonicat et qu'il n'a jamais ni assisté à l'office ni fait un instant de rigoureuse, il ajoute que la résidence était de rigueur. Il lui applique en conséquence le décret du 10 décembre, qui dispose que « dans les chapitres et autres corps dans lesquels la résidence était de rigueur et dans lesquels quand on ne résidait pas les absents ne participaient en aucune manière aux revenus... »
Nous vous informons, Monsieur, de cette prétention pour que vous examiniez si elle est fondée.
Nous vous prions, etc..
[L'obligation du serment paraît avoir modifié entièrement les sentiments de Mer de Hercé et de son grand-vicaire; M. des Vauxpons donna sa démission d'évêque de Laval le 22 février et le 25 il recevait la réponse du Pape, qui ne pouvait que l'engager à persister dans cette voie nouvelle. Ce bref daté du 4 février fut, imprimé en France avec le texte français en regard du texte latin. On y lit : « ... Nous avons été ravis des témoignages de religion et d'attachement à la discipline de l'Eglise, dont est remplie la lettre que vous nous avez écrite le 26 du mois de décembre dernier... Nous avons examiné sérieusement toutes les parties de votre lettre... Nous avons
donné aussi une grande attention aux circonstancs qui ont fait impression sur l'esprit de votre évêque, prélat que nous aimons d'une charité vraiment fraternelle et dont le jugement est à nos yeux d'un grand poids, mais nous vous avertissons que vous ne devez en aucune manière vous départir de votre premier refus. — En attendant, nous vous dirons que nous nous souvenons de vous avoir vu autrefois avec bien du plaisir dans cette ville, et nous donnons une entière approbation à vos travaux et à vos études, dirigés depuis longtemps vers la défense de la religion. Pendant que vous travaillez à y mettre la dernière main, comme vous nous l'annoncez dans votre lettre, le Seigneur vous fera connaître, ainsi qu'à votre évêque, quelle part il veut vous assigner dans la culture de sa vigne l. »
Dol, le 25 février 1791.
Le directoire de Bol à celai du département.
Les ci-devant Carmes de cette ville nous ont présenté leur compte de 1790 que nous joignons à la présente. La bonne réputation du religieux qui nous l'a rendu ne permet pas de douter de l'exactitude de ce compte. Par le résultat nous voyons que cette communauté a subsisté sur 1,225 liv. 10 s. 9 d. pendant l'année 1790; il lui revient donc 364 liv. 9 s. 3 d. pour le complément du traitement de deux Carmes et 400 liv. pour les trois premiers mois de 1791, total : 764 liv. 9 s. 3 d. Nous leur avons adressé un mandat de cette somme et nous vous prions de l'ordonnancer le plus tôt possible. Ils méritent la célérité que nous sollicitons pour eux. Ils nous ont remis un état de reste montant en argent à 1,720 liv. 14 s. 5 d., et à 59 boisseaux de blé froment; ils nous ont remis leurs journaux avec les titres qui en sont la justification; ils nous proposent la remise de tout ce qu'ils doivent aux termes de l'art. 9 du titre 3 de la loi du 5 décembre 1790 sur la désignation et administra-
1. Texte communiqué par un de nos amis, qui en a pris copie sur l'un des exemplaires imprimés.
tion des biens nationaux. Incessamment et à notre retour de Hennés nous nous occuperons de cet inventaire.
Registre de la municipalité.
5 mars. — Le procureur de la commune a dit qu'il vient de recevoir sur-le-champ un billet dans lequel le sieur Desrieux, prêtre obitier de la paroisse Notre-Dame de Dol et aumônier de l'hôpital, exprime son intention de prêter demain à l'issue de la grand'messe le serment décrété par l'Assemblée Nationale du 27 novembre dernier, pourquoi il a requis que le conseil général de la commune soit convoqué pour recevoir ce serment et en dresser acte, ce que l'Assemblée a agréé.
Le procureur de la commune a encore dit que le sieur Guillot, curé de Notre-Dame de cette ville, a écrit une lettre à la municipalité par laquelle le sieur Guillot exprime sa soumission à la loi et son contentement de lui rendre encore son nouvel hommage, à laquelle lettre est joint un certificat de chirurgien justifiant que le sieur Guillot est indisposé, pourquoi il a requis que ce certificat en date du 23 février dernier et la lettre du 26 du même mois soient inscrits à la suite de la présente et demeureront déposés aux archives, ce qui a été ainsi agréé par l'Assemblée.
Billet de M. Desrieucc, prêtre.
Je n'ai point prévenu ces Messieurs concernant la municipalité dans le temps prescrit par le décret du 27 novembre 1790; cependant, s'il est encore temps de prêter le serment de fidélité qu'on demande, je me dispose demain de le prêter à la grandemesse purement et simplement. Veuillez, Monsieur, vouloir bien en prévenir vos messieurs, c'est de la part de votre très
humble et très obéissant serviteur.
Deskieux, prêtre.
SU MAKS 1791
Lettre écrite de Paris par M. Guillot, recteur de Dol.
Messieurs.
Je m'étais ilatté que mes affaires m'auraient permis de me rendre beaucoup plus tôt au lieu de ma résidence, malheureusement le mauvais temps humide, réchauffement et le travail ont extrêmement altéré ma santé; j'ai l'honneur de vous adresser ci-joint un certificat qui constate l'impossibilité où je me trouve de partir en ce moment.
Mes intentions sont, je crois, Messieurs, suffisamment connues; ami de mes devoirs et surtout ami de la paix, voilà mon caractère; j'ai déjà plus d'une fois donné l'exemple de la soumission à la loi et je suis charmé de lui rendre encore ce nouvel hommage, je vais hâter mon retour et j'espère bien avant un mois être rendu dans le lieu où mon devoir et mon cœur m'appellent.
Je suis avec respect. Messieurs, votre très humble et très
obéissant serviteur,
F. Guillot, recteur de Dol.
Paris, 26 février 1791.
Je soussigné, maître en chirurgie et chirurgien ordinaire de M. d'Artois, frère du roi, je certifie que M. Guillot, recteur de la ville de Dol, est détenu dans la capitale à la suite d'un dépôt fistuleux qui le dispense de pouvoir partir en ce qu'il lui serait impossible de pouvoir supporter la voiture, en foi de quoi, etc.
Paris, 25 février 1791.
Jarhy.
Le dimanche 6 mars 1791, aux onze heures et quart du matin, en l'église de la commune et paroisse de Notre-Dame de Dol, à l'issue de la grande-messe et en présence du conseil général de la commune et des iidèles assemblés, le sieur Pierre-François Desrieux, prêtre aumônier des hôpitaux de Dol, s'est présenté pour prêter le serment civique en exécution du décret du 27 novembre 1790, sanctionné par le roi le 26 dé-
cembre et publié en cette municipalité le 23 janvier dernier, et d'effet ledit sieur Desrieux. après un discours rempli de civisme et de patriotisme, a prononcé à haute et intelligible voix, et la main levée, le serment solennel de remplir ses fonctions avec exactitude, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout son pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi.
Directoire du district.
12 mars. — Réception de l'arrêté du département du 25 février, relativement à la translation provisoire de l'édifice paroissial à la ci-devant cathédrale de Dol. Sur quoi, ouï le procureur syndic, le directoire est d'avis d'annoncer la réception de l'arrêté dont est cas et d'en faire passer une expédition au général de la paroisse de Notre-Dame de Dol, à la municipalité et au curé de Dol, en les invitant à vouloir bien se réunir à lui pour que l'ouverture de la cathédrale et la translation de l'office paroissial ne manquent pas de s'effectuer le dimanche 22 courant et de prier le curé d'en faire demain l'annonce au prône de la grand'messe qui sera célébrée.
Registre de la municipalité.
15 mars. — A été remontré par M. le maire qu'il avait écrit à Mesdames les religieuses bénédictines de cette ville pour les inviter à chanter ou à faire chanter dimanche dernier en leur église le Te Deuin au son de leurs cloches en actions de grâces à Dieu de l'élévation de M. Le Coz à Tévêché métropolitain du Nord-Ouest, que cet acte religieux a été fait dans les autres églises de Dol et qu'il n'y a que lesdites dames qui ont refusé de rendre hommage aux vertus et talents de M. Le Coz, pourquoi ledit sieur maire a donné sur-le-champ lecture au conseil dune seconde lettre qu'il destine pour lesdites dames, pourvu que l'assemblée en agrée le contenu patriotique, de laquelle lettre
lecture ayant été donnée à l'Assemblée, celle-ci a ordonné qu'elle soit à l'instant mise sous enveloppe par le secrétairegreffier et remise au valet de ville pour la porter tout de suite à la communauté des religieuses bénédictines de Dol, ce qui a été sur-le-champ exécuté.
Ensuite a été donné lecture par M. le maire d'une ampliation de la délibération du directoire du département d'Ille-et- Vilaine du 25 février dernier, par laquelle il est arrêté que provisoirement l'office divin à Dol sera célébré dans l'église servant ci-devant de cathédrale ; à laquelle ampliation est jointe une lettre du directoire du district de Dol par laquelle il est appris que pour parvenir à l'ouverture de ladite cathédrale et à la translation de l'office paroissial, il est des préalables à remplir; que pour y parvenir, MM. du directoire prient de vouloir bien se réunir à eux pour que cet établissement ne manque pas à cette époque, sur quoi il a requis que l'Assemblée délibère.
Ce que faisant elle a nommé MM. Talion et Delouche, notables, pour commissaires, à l'effet de se retirer au directoire du district de Dol, y remercier d'abord MM. les membres d'iceluy et de s'aviser avec MM. les commissaires députés du général de cette paroisse et MM. les administrateurs du district, et se concerter ensemble sur les mesures les plus sages qu'ils prendront tous ensemble pour l'intérêt du public, la sûreté et conservation des vases, ornements et objets dépendant de l'église de Notre-Dame dans la translation qui pourrait en être fait dans l'église ci-devant cathédrale, et au surplus agir avec union et de concert avec MM. les députés du général de Notre-Dame : l'Assemblée, désirant au surplus que le Saint-Sacrement de Notre-Dame soit transporté processionnellement, dimanche prochain, sous le dais, dans l'église de la cathédrale avant d'y célébrer la grand'messe à laquelle procession assisteront MM. du conseil général en corps politique ; à l'effet de quoi M. Poullet, colonel de la garde nationale, sera prévenu et invité de commander la garde nationale de cette ville pour assister à la cérémonie entière, en armes, vers les neuf heures du matin.
[Collé au registre la lettre originale, dont copie :] Ne pouvant me soumettre en personne à la loi du serment exigé de tous les fonctionnaires publics, je promets et m'engage à m*y soumettre aussitôt que le rétablissement de ma santé me permettra de me rendre au lieu de ma résidence et de réitérer de vive voix en présence de MM. du conseil général de la commune de Dol le serment que je fais de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui m'est confiée, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le roi et notamment la constitution civile du clergé.
Fait à Paris, le 15 mars 1791.
Pierre-François Guillot, curé de la ville de Dol.
Dol, 18 mars 1791.
Le procureur syndic à la municipalité de Dol.
Je rendis compte sur-le-champ au département des procédés de M. Lacroix, principal du collège, et du silence des professeurs x , il me répondit le 2 février dernier qu'il fallait s'occuper de leur remplacement. J'en ai parlé à quelques-uns de vous, Messieurs, et je m'en suis entretenu avec plusieurs citoyens de cette ville, mais je n'avais pas cru qu'il fut convenable de s'occuper à ce remplacement avant d'avoir jeté ses vues sur ceux qui devaient y être appelés. Votre ville2 vous offre à cet égard des ressources; ce que vous n'y trouveriez pas vous le trouveriez peut-être dans ses environs.
On parle avantageusement de M. Caron, prêtre à Antrain, pour un principal, il ne serait pas éloigné d'accepter cette place ; je ne connais pas le régime existant du collège de Dol.