‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 2)Chapitre 47 sur 98 · Quatre hectolitres · texte numérisé non relu

Quatre hectolitres

citoyen Cousin auquel la municipalité donne pouvoir de requérir tous et tels ouvriers de cette ville qu'il jugera propres à l'exécution et faute à eux d'obéir sur-le-champ, il est nommé de droit commissaire pour les faire punir en les dénonçant de suite au comité de surveillance comme réfractaires aux lois constitutionnelles.

24 nivôse (13 janvier). — Le citoyen agent national ayant remarqué qu'il y avait encore aux croix des clochers des églises de cette ville des fleurs de lys, qu'il convient d'ôter cette marque du royalisme, même de descendre les croix pour faire couper ces fleurs de lys, qu'il est également convenable de faire placer le drapeau tricolore soit sur l'autel de la commune ou sur la nef de la principale église, ou plutôt d'en faire placer un sur l'un et sur l'autre.

... La municipalité arrête de requérir des citoyens pour faire disparaître radicalement toutes marques rappelant le despotisme qui pourraient se trouver sur les maisons et édifices de cette ville, arrête de plus que toutes les croix se trouvant sur les temples et dans l'intérieur de la ville seront enlevées.

Du 8 pluviôse an II (27 janvier). — A arrêté que tous les fers et plombs des bâtiments nationaux et églises supprimées de Dol seront enlevés cette semaine et transportés à Port-Malo ; mais, considérant que l'enlèvement de ces matières pourrait endommager l'édifice ou temple de la Raison, ci-devant dit cathédrale, le conseil a député vers le directoire les citoyens Cousin et Lair, officiers municipaux, pour savoir si ce monument devait comme les autres être dégarni des fers et plombs; les commissaires, de retour, ont fait rapport que le directoire, informé de la prochaine arrivée en cette commune du représentant du peuple, se réservait de lui exposer la marche que la municipalité doit tenir en ce qui concerne les fers et plombs de la ci-devant cathédrale ; qu'elle devait tarder à les faire enlever jusqu'à ce que le représentant ne lui en eût donné l'ordre; et quant aux fers et plombs des autres églises et bâtiments nationaux, l'on pouvait toujours les enle-

ver, ainsi que les croix en fer, pierre et bois, partout où il s'en trouve dans cette commune, qu'on devra en dresser procèsverbal et les faire déposer en la cour de la maison commune, de faire également descendre les quatre cloches qui se trouvent en la tour de la ci-devant cathédrale par des gens de l'art.

Directoire du district.

S pluviôse an II {27 janvier). — Vu l'arrêté des représentants du peuple dans les départements maritimes de la République en date du 17 nivôse, MM. les administrateurs, après avoir entendu l'agent national, considérant qu'une nation libre doit user de tous les moyens pour assurer sa liberté, arrêtent d'enjoindre à toutes les municipalités de leur arrondissement de faire sur-le-champ descendre et apporter à Dol les cloches qui se trouvent dans leurs communes respectives et de plus qu'elles seront ensuite transportées aux lieux indiqués par le susdit arrêté.

Registre de la municipalité.

24 pluviôse an II (12 février). — Lecture faite- d'une dépêche du citoyen Lecarpentier, adressée aux officiers municipaux de cette commune en date du 21 pluviôse, renfermant un arrêté du même citoyen représentant, portant qu'informé que dans la commune de Dol il existait des ci-devant Sœurs de Saint- Thomas ou de la Charité, employées encore dans l'hôpital de cette ville, que la conduite de ces filles peut avoir une influence dangereuse sur les esprits des personnes faibles et crédules, que le refus de prêter le serment civique et leur attachement à leur costume réprouvé, manifeste évidemment leurs sentiment inciviques: en conséquence, il arrête qu'elles seront surle-champ mises en état d'arrestation et que leurs papiers et effets seront visités, que la citoyenne Marescal, veuve Quesnel. fera les fonctions de supérieure de l'hôpital et qu'elle choisira de concert avec cette municipalité des femmes qui y seront

nécessaires et qu'elles jouiront les unes et les autres du traitement attribué à ces places, et qu'enfin la municipalité de Dol est chargée de l'exécution des dispositions dudit arrêté.

Le conseil, délibérant sur les moyens à prendre pour exécuter à la lettre ledit arrêté du représentant du peuple, a été d'avis de nommer deux commissaires pour se transporter à la maison de l'hôpital de cette ville et de notifier auxdites Sœurs, se disant de Saint-Thomas, le même arrêté et de les faire mettre en état d'arrestation et préalablement faire inventaire visé de leurs effets et papiers et rapporter procès-verbal du tout. Comme cet inventaire et ce procès-verbal ne peut se faire et rapporter cette nuit les commissaires qui vont être nommés se transporteront dès ce soir pour y apposer des scellés et établiront dans cette maison deux gardes pour y passer la nuit, et procédant à la nomination, le conseil a nommé, après avoir entendu l'agent national sur le tout, les citoyens Lair et Jouquan.

2.i pluviôse, IIe année (13 février 1794). — Aux huit heures du soir, le gardien de la maison d'arrêt de cette commune est chargé des citoyennes Anne Jouquan, Perrine Blondeau, Marie Bellechère, Françoise Cocherel, Françoise Sorre et Marie Josse, ci-devant Sœurs de Saint-Thomas et employées à l'hôpital de Dol. mises en état d'arrestation dans la maison nationale qu'occupait la veuve Gaudrion Champmellet en cette commune, en vertu d'ordres et l'arrêté du citoyen Jean- Baptiste Lecnrpentier. représentant du peuple à Port-Malo. en date du 21 de ce mois, ce dit jour et an *.

• Jouquan, Laik.

Du 17 floréal (6 mai). — Concierge, tu es déchargé des personnes mentionnées ci-contre en vertu d'ordres du citoven Le-

1. Ce même jour, le district, pris au dépourvu, décrétait maison d'arrêt le couvent des Bénédictines, attendu l'encombrement des logements servant de prison.

carpentier, représentant du peuple, en date dudit jour, 17 floréal.

Dkloy.

25 pluviôse (13 février). — Les citoyens Lair et Jouquan ont fait rapport qu'ils ont mis en état d'arrestation les nommées Anne Jouquan. ci-devant supérieure, Perrine Blondeau, Marie Bellechère et autres, dont ils demandent acte. Ont de plus, les mêmes commissaires, déclaré que la maison de l'hôpital est alors dépourvue de personnes qui puissent veiller à la manutention de cet hospice, qu'il est nécessaire d'y pourvoir sur-lechamp et sans retard et d'y faire transporter dès ce soir la citoyenne veuve Quesnel.

Le directoire du district à la municipalité de Dol.

Dol, 28 pluviôse an II (16 février 1794).

Nous sommes tous, citoyens, animés de l'amour des lois, travaillons donc de concert pour leur prompte exécution Elle veut, cette loi, qu'aucun culte ne domine sur un autre; elle veut, cette loi, que tous adorent à leur manière la divinité, sans trouble, sans (si nous pouvons nous exprimer ainsi) paraître dans l'ordre social; des croix sont cependant encore sur les routes, dans le sein même de votre commune: nous vous invitons, citoyens, à les faire disparaître. Des cloches se font encore entendre, on dirait que la loi a des préférences ; invitez donc le curé à célébrer sans bruit, à ne plus paraître dans les rues à la suite d'un pauvre cadavre qui ne cherche qu'à disparaître à nos yeux.

Le matin, midi et le soir, huit heures, s'il est bon que ces trois moments soient annoncés, il est utile aussi que la manière de sonner soit changée; donnez donc, citoyens, à ce sujet les ordres que vous croyez le plus à propos.

184 FÉVRIKR t7<>4

Registre de la municipalité.

Séance du 28 pluviôse. — Huit heures du matin s'est présenté le citoyen François Penault, curé de cette commune, qui a déposé par écrit l'abdication de ses fonctions curiales et de prêtrise en date de ce jour, pour être remise aux archives de la municipalité et a signé : Penault.

Dol, 30 pluviôse an II (18 février 1794).

Le directoire du district au président de la Convention nationale.

Nous avons, citoyen président, adressé à la Trésorerie nationale 266 marcs 7 onces 3 gros d'argent, provenant des églises de notre district sans y comprendre une montre, boîtier d'or, une pièce d'or de 24 livres et 7 écus de 6 livres provenant d'un abandon d'un prêtre faisant partie de l'armée des scélérats de la Vendée, saisis par le citoyen Portai, l'un de nous, ainsi qu'il te l'avait écrit.

Nous ne tarderons pas à faire un second envoi peut-être plus considérable encore; nous ne pouvons que nous louer de l'empressement de nos concitoyens à se défaire de ces ustensiles inutiles pour le culte et offrant de grandes ressources à la République qui veut entièrement couper toutes les têtes de l'hydre de la royauté.

La scélératesse des prêtres insermentés et l'intolérance odieuse des assermentés ont enfin dessillé les yeux de nos concitoyens sur les momeries religieuses dans lesquelles on les avait bercés depuis si longtemps. Rendus à eux-mêmes, ils ne veulent plus rendre d'autre culte qu'à la Raison, seule divinité digne d'un peuple libre.

Nos cloches sont déjà en partie rendues à l'arsenal de Rennes et les autres ne tarderont pas d'y être portées sans que tous les voituriers de notre district sont requis en ce moment pour transporter nos frères d'armes qui se rendent à Brest.

Registre de la municipalité.

6 ventôse an If (24 février). — Le citoyen Juhel, agent national, requiert que sur lavis donné à la municipalité, que dans l'église des Carmes où les bouchers de l'armée ont tué leurs bestiaux et où ils ont laissé le sang et les entrailles de ces animaux, il soit nommé des commissaires pour visiter les lieux et qu'ils soient autorisés à requérir trois ou quatre personnes pour faire des caves et y mettre tous les débris de cette boucherie ; comme aussi requiert que définitivement les matelas et autres effets déposés en la maison de la ci-devant retraite de Dol et remplis de sang et autres matières infectes, occasionnés par le passage et le dépôt en cette maison des blessés des brigands, soient lavés et nettoyés et que l'administration soit invitée d'y pourvoir dans la semaine.

10 ventôse (28 février). — L'agent national requiert que la municipalité s'occupe de l'enseignement public et qu'elle fasse proclamer et donner un avertissement aux citoyens et citoyennes qui voudront se dévouer à l'éducation de se présenter en municipalité pour y déclarer leur intention et l'espèce de science qu'ils se proposent de professer.

Le citoyen agent national près cette commune représente que les brigands ont découvert l'église de la ci-devant cathédrale en voulant abattre le bonnet de la liberté placé sur le dôme ou la lanterne de ce temple; qu'il est nécessaire pour conserver ce monument de structure antique de faire réparer la couverture...

Requiert également qu'il soit alloué au citoyen Pierre Aubert, sonneur, une somme par mois proportionnée à la peine qu'il a de monter tous les jours et trois fois dans la tour fort élevée pour sonner la cloche aux heures de matin, midi et soir, servant à annoncer au public les heures de travail, de repos et de retraite.

11 ventôse an //(Ler mars). — A sept heures du matin, en

maison commune, s'est présenté le citoyen Louis-François Pitel, prêtre assermenté, lequel a déclaré abdiquer ses fonctions et a signé : Pitel.

[En marge est écrit :]

J'ai déclaré ce jour en présence de la municipalité de la commune de Dol assemblée, que je me repens d'avoir abdiqué mes fonctions, que j'y ai été contraint par violence et que je rétracte cette abdication.

A Dol, ce 29 messidor an IVe de la République une et indivisible (17 juillet 1796).

Pitel.

15 ventôse an II (5 mars 1794).

Circulaire du directoire du district aux 42 municipalités.

Nous vous engageons, citoyens, à faire disparaître de suite les vestiges de la superstition qui se trouvent encore dans votre commune, tels que croix, statues, ci-devant saints ; la vue de pareils objets ne peut que choquer l'œil ; faites-nous passer aussi votre argenterie, le besoin de l'Etat vous le commande impérieusement.

21 ventôse (il mars). — Le ciloyen Stévan, professeur au collège, prévient la municipalité que la garde qui monte au collège brûle le reste des bancs et des chaises qui existent encore.

Les Sœurs de l'hôpital avaient adressé le 5 ventôse courant une pétition à la municipalité, pour savoir si elles resteraient audit hôpital ou en quitteraient. La municipalité avait répondu qu'elles resteraient, pourvu toutefois qu'elles se conforment aux lois décrétées jusqu'à ce jour.

Ce 11 mars les Sœurs ci-devant de Saint-Thomas préviennent le citoyen Lefort. administrateur des hôpitaux, qu'elles comptent abandonner dans la fin de la semaine l'administration de cette maison. Le citoyen procureur et la municipalité décident d'écrire sur-le-champ à l'administration du département pour l'avertir de la sortie prochaine des ci-devant Sœurs

de l'hôpital de cette ville et de la prier de donner des ordres nécessaires à ces tilles de rester audit hôpital jusqu'à ce qu'on ait pu pourvoir à leur remplacement *.

Le 1er germinal an II (21 mars 1794). — [Mariage de Hené- Michel Gilbert, vicaire de Dol, avec Charlotte Clouet, de Rennes.]

Le 3 germinal. — [Mariage de François Penault, curé de Dol, avec Mlle Louise Petit, du Mont Saint-Michel.]

25 ventôse (15 mars). — L'agent national requiert que le conseil nomme un receveur des biens de la fabrique aux lieu et place des citoyens Fristel et Poulet qui ont refusé cette recette, vu leurs occupations ; que le receveur sera invité à faire rendre les comptes des anciens trésoriers marguilliers et fabriqueurs, que l'argent provenant de cette recette et des comptes serve à payer les gages dûs au sonneur et gardien du temple de la Raison, à l'entretien de l'horloge, cloche, couverture du temple, etc., et aux appointements des instituteurs des premiers éléments.

26 ventôse. — Pierre Vadet se propose pour instruire la jeunesse.

lk germinal (3 avril). — [Le citoyen Penault est nommé administrateur de l'hospice.]

A l'unanimité le conseil refuse un certificat de civisme au sieur Vadet.

Rennes, 7e jour de la première décade de l'an II (26 avril).

Les administrateurs du département d'Ille-et-Vilaine aux administrateurs du district de Bol 2 .

Conformément au décret du 2 frimaire 3, les ci-devant curés

1. Bien qu'en détention elles continuaient donc de desservir l'hôpital?

Page 1