‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 2)Chapitre 53 sur 98 · Arch. dép., L, 9 M · texte numérisé non relu

Arch. dép., L, 9 M

Le district iit passer son arrêté à la municipalité de Dol, avec invitation d'en donner avis aux pétitionnaires, elle le fait; un de ces pétitionnaires, ci-devant noble, se rend à la municipalité, prend connaissance de l'arrêté du directoire : « Comment, dit-il. un prêtre catholique pourrait-il exercer dans une église où est élevé un obélisque indigne, un infâme tableau (c'est le lieu où se font les fêtes décadaires) ! »

Deux ou trois jours après, ce monsieur, ce grand dévot, fait dire dans sa maison, au centre de la ville, une messe en public, puisque les assistants encombraient la rue au mépris de la loi qui défend l'exercice du culte hors l'enceinte choisie pour cet effet et à ce destinée.

C'est ainsi que la malveillance en impose à la crédulité ; c'est ainsi que se préparent et s'organisent les égorgeurs dans diverses communes de notre district ; les prêtres insermentés, les ci-devant nobles, les chouans, comme bien vous le savez sans doute, ne font qu'un, ce sont les trois personnes de la Trinité. Partout ils menacent, partout ils assassinent, la terreur est générale, l'esprit public est à bas ; il faut le relever. Mais des troupes, la force armée, c'est l'unique moyen de ramener l'énergie des patriotes. Depuis longtemps, nous n'avons cessé d'en demander et toujours nos sollicitations ont été vaines. De grâce, citoyen, faites en sorte que l'administration du département mette à la disposition du district au moins un bataillon pour renforcer le petit nombre de militaires qui sont actuellement disséminés dans l'étendue du district. Les communes d'Antrain et de Rimou, celle-ci surtout, qui ont constamment déployé une énergie incroyable sont fortement menacées des attaques des chouans ; elles ne cessent de demander du secours et nous ne pouvons leur en procurer ; jugez combien est critique leur position et la nôtre l.

La commune de Dol est également au dépourvu : quatrevingts hommes armés font toute sa force, et il est des jours, et cela très souvent, qu'il n'en reste pas un seul à Dol. Cet endroit

1. Voir au sujet des exploits des chouans à cette époque, lre partie, p. 179, 180 et 226.

est petit, mais le service est considérable [envoyez-nous] du secours, je vous en prie, où Dol, comme Antrain et Rimou et les autres communes du district seront en peu dans la possession des chouans et tous les patriotes assassinés.

Vous savez, citoyen, que la loi exige des prêtres la soumission aux lois de la République pour pouvoir exercer le culte, il ne paraît pas que la loi veuille adopter des modifications, des restrictions dans cette soumission : cependant ces messieurs qui ont paru à leurs municipalités respectives ajoutent à leurs déclarations respectives « en ce que toutefois la loi ne sera pas contraire à la religion catholique » comme si les hommes penseront jamais à faire des lois divines ! Mais c'est encore un nouveau moyen d'en imposer à la multitude, à l'ignorance et à la crédulité. Réponse, s'il vous plaît, sur tout cela.

Salut et fraternité.

Corbinais.

Rennes, 23 messidor an III (11 juillet 1795) *.

Le procureur général syndic du département aux administrateurs du district de Dol.

[On ne pourra envoyer des troupes dans le district de Dol qu'après l'expédition de Quiberon terminée; en proscriptum « une lettre reçue à l'instant annonce la défaite des Anglais, des chouans et des émigrés. »]

à l'égard des prêtres insermentés qui troublent votre

district, nous vous conseillons de ne point vous attacher à leur caractère, mais de faire punir comme individus tous ceux qui se rendront coupables de provocation à la royauté, à l'insurrection, au massacre et au mépris des lois. La proclamation du représentant Grenot vous indique la marche à suivre touchant leur soumission aux lois de la République. Peu importe leurs restrictions quant aux opinions religieuses, nous ne désirons et vous ne devez désirer que leur obéissance civile aux lois de la République.

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