‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 2)Chapitre 54 sur 98 · Arch. départementales, L. 9 M. G · texte numérisé non relu

Arch. départementales, L. 9 M. G

Vous avez eu raison de ne pas leur accorder l'église dite Notre-Dame puisque l'église cathédrale est la seule qui ait été conservée à l'époque du... mais s'ils s'obstinent à ne pas vouloir exercer leur culte dans cette dernière, vous leur proposerez d'affermer la première conformément à la loi du 5 ventôse ; au surplus, citoyens, c'est en cessant de donner de l'importance à ces prêtres réfractaires que l'on parviendra plus facilement à détruire leur influence sur le peuple.

Le pétitionnaire ex-noble qui a tenu des propos déférés dans votre lettre au procureur syndic s'est rendu coupable d'un délit qui ne doit pas rester impuni. Vous ferez bien, citoyens, de le dénoncer aussitôt au juge à qui la connaissance en appartient.

Salut et fraternité.

Registre de la municipalité.

24 messidor an III (12 juillet). — Le citoyen Fristel, procureur de la commune, a donné lecture et fait le dépôt d'une lettre du procureur syndic du district de Dol à son adresse, datée du 16 messidor, présent mois, et lui remise à l'instant, portant défense de sonner les cloches pour l'exercice d'un culte quelconque sans en abolir l'usage pour les fêtes décadaires, conformément à la lettre du comité de législation;

... L'assemblée arrête que la cloche ne sera sonnée, comme au passé, qu'aux jours de décadi et fêtes nationales pour prévenir les citoyens du moment de la lecture des lois et qu'elle ne sera sonnée pour l'exercice d'aucun culte.

[Ce même jour nouvelle réorganisation de la municipalité par arrêté du représentant du peuple Grenot en date du 14.]

Registre pour servir au greffier du tribunal du district à inscrire les jugements des crimes »,

Audience du 25 messidor. IIIe année républicaine (13 juillet 1795), tenue devant nous Jean-Claude-Mathurin Gautier, juge de paix, entre ledit citoyen agent national, demandeur, par exploit d'assignation du 20 de ce mois, Deboerle, notre huissier, et les citoyens Casimir Blanchard et Julien-Pierre Jouey, défendeurs, et ce dernier n'étant comparu s'est présenté le citoyen François Jouey, son frère et son porteur de procuration par acte sous seing privé du jour d'hier et non passé aux droits d'enregistrement.

Et par le citoyen agent national a été donné lecture tant de l'arrêté du tribunal civil de police municipale du 10 de ce mois que de celui de l'audience du 11, par le premier desquels il est dit que le citoyen Jouey, prêtre, célébra ledit jour 10 messidor, présent mois, la messe chez le citoyen Blanchard, rue de la Raison, en cette commune, ce qui avait occasionné un rassemblement de personnes de différents sexes, à vis la porte de ladite maison; et par le second, que le 9 précédent le citoyen Blanchard se transporta à la municipalité sur les six heures du soir, et en déclarant aux citoyens Lecoindre et Hervoches, seuls membres de la municipalité présents alors, que la messe se dirait chez lui, Blanchard, le lendemain, sans avoir cité l'heure, il dit qu'un prêtre catholique n'exercerait jamais dans la cathédrale, parce qu'il s'y voyait un infâme tableau, attaché à l'obélisque servant d'autel à la patrie, qu'il ne l'avait jamais vu, mais qu'il savait de plusieurs personnes qu'il y existait.

Et par le citoyen Jouey, officier de santé en cette commune, a été représenté qu'il est impossible sans courir les plus grands risques que le citoyen Julien-Pierre Jouey, son frère, ait comparu, attendu que sa résidence habituelle est dans la commune des Pas, district d'Avranches, et attendu que les routes ne sont pas sûres par le grand nombre de chouans qu'on y rencontre chaque jour et qui y commettent à chaque instant des

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