Arch. dép., 3 L
naguère on recommandait les prières pour le Saint-Père le Pape, pour le seigneur évêque, pour le roi Louis XVIII, la reine et toute la famille royale; à Baguer-Morvan, à Epiniac on demandait si on reconnaissait le Pape pour le chef de l'Eglise, les anciens recteurs et l'ancien évêque; à Roz-Landrieux un ci-devant capucin y réfugié administrait des mariages en vertu des pouvoirs spirituels qui lui ont été donnés par ses chefs ecclésiastiques pendant la révolution.
Ce nest, citoyens, qu'une esquisse des maux que font ces messieurs, si malgré cela vous jugez à propos de les rendre à la liberté, nous vous invitons à nous faire connaître votre volonté le plus promptement possible et nous nous y soumettrons en plaignant notre malheureux pays. Votre arrêté comprendra sans doute cinq autres insermentés qui sont à la maison d'arrêt de Dol. ce sont Porcher, Toullier, Oloron, Faligant et Boissel; déjà Faligant avait été renvoyé d' Epiniac par un jugement de la justice de paix.
Signé : Morault, Corbinais, Plainfossé, Lepoitevin.
P. -S. — Nous vous adressons copie d'un registre saisi chez le capucin Oloron, à Roz-Landrieux, en date du 15 juillet 119b(sic). tous ses confrères en faisaient autant sans doute; ils agissaient pendant le temps de la révolution en vertu des pouvoirs communiqués par les supérieurs ecclésiastiques qui sans doute ne sont pas du citoyen Goz, évêque d'Illeet-Vilaine. Nous joignons copie du procès-verbal de la garde nationale de Dol du 27 fructidor {.
Le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795). — [Insur-
1. Tous ces ecclésiastiques furent mis en liberté par un arrêté du directoire du département en date du 21 septembre ; seuls furent retenus provisoirement MM. Lambert et Huay. — Voir au supplément : commune de Tremblay.
rection royaliste dont la répression impitoyable fut suivie d'arrestations nombreuses des chefs du parti modéré.]
21 vendémiaire an IV (13 octobre). — [La municipalité de Dol réquisitionne les confessionnaux de la ci-devant église de Baguer-Morvan pour remplacer les guérites qui sont brisées et détruites.]
lk brumaire (5 novembre). — [Le temple de la Raison étant le local le plus vaste et le plus sûr comme le plus commode est désigné comme magasin pour recevoir les grains des contribuables.]
Pendant le Directoire, 26 octobre 1195 (6 brumaire ai IV) 19 novembre 1199 (18 brnmaire an VIII).
15 pluviôse an IV [k février 1796). — Le directoire, considérant que dans l'église de la ci-devant communauté des Carmes servant de parc pour les bouchers de l'armée, il existe une tribune qui menace bêtes et gens.... charge la municipalité d'en faire faire la démolition.
10 ventôse (29 février). — [On met en adjudication les sonneries de la cloche.] La cloche sera sonnée tous les jours à l'heure de midi, pour avertir les ouvriers de cesser leurs travaux et de prendre leur repas. Elle sera sonnée également tous les soirs, 1° à sept heures et demie, pour prévenir les citoyens de la fermeture des barrières; 2° à dix heures, pour annoncer la retraite des citoyens.
Elle sera aussi sonnée tous les décadis, par trois fois, depuis neuf jusqu'à dix heures, pour l'annonce de la célébration des décades.
[L'administration cantonale, instituée par la loi du 5 fructidor an III (22 août 1795), n'a pu se constituer à Dol que le 9 prairial an IV (29 mai 1796), à cause des excursions et menaces des chouans dans les communes rurales.]
Dol, 12 ventôse an IV (2 mars 1796;.
Le commissaire, etc., au commissaire général près le département.
J'ai reçu, citoyen, votre lettre du 29 pluviôse dernier, rela-
tive à l'exécution de l'art. 10 de la loi du 3 brumaire, concernant les prêtres réfractaires '. Je désirerais bien sincèrement, citoyen, qu'il fut dans mon pouvoir de faire arrêter tous ceux qui peuvent exister sur le territoire de ce canton ; mais ces êtres malfaisants savent si bien cacher leurs marches que jusqu'à présent il a été impossible à l'administration de découvrir le lieu de la retraite d'aucun de ces scélérats ; plusieurs détachements ont été envoyés à leur recherche, mais il n'ont pu en découvrir. 11 serait bien à désirer que ces monstres qui ont organisé la chouannerie fussent enlevés de leurs repaires et déportés ou reclus, alors ils ne seraient plus à lieu de tromper aussi cruellement les habitants des campagnes et ne fomenteraient plus parmi eux les brandons de la guerre civile. Mais c'est chose impossible, ne pouvant obtenir aucun renseignement sur leur marche ni le lieu de leur séjour.
Salut et fraternité.
Blainfossé.
Do], 17 prairial an V (5 juin 1797;.
L'administration municipale du canton de Dol aux administrateurs du département a.
Nous sommes instruits, citoyens, que des prêtres réfractaires viennent de s'emparer de plusieurs églises dans ce canton et qu'ils y célèbrent le culte sans avoir préalablement rempli les formalités prescrites par la loi du 7 vendémiaire an IV. Pouvons-nous tolérer cette infraction à la loi? Ne devons-nous pas au contraire faire clore ces églises jusqu'à ce que les ministres aient fait la déclaration que leur impose la loi.
Vous, citoyens administrateurs, qui mieux que nous connaissez l'intention du gouvernement à ce sujet, faites-nous le plaisir de nous prescrire au plus tôt la marche que nous devons suivre.
Salut et fraternité.
FlEURY. CORBINAIS. MâCÉ.