‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 2)Chapitre 67 sur 98 · Arch. dép., L. 2, V · texte numérisé non relu

Arch. dép., L. 2, V

signatures des citoyens Loysel, Rimasson, Delaitre, Glouet et Pottier. Demandé à l'interrogé si ce n'est pas lui-même qui se trouve ainsi inscrit sur cette liste.

Répond qu'il a tout lieu de croire que ce n'est pas lui, 1° puisqu'il n'y voit ni prénom ni surnom; 2° parce que la qualité d'ex-curé portée sur cette liste ne peut lui convenir puisqu'il n'est point ex-curé, mais ex-chanoine; 3° parce qu'à l'époque de l'arrêté de cette liste il ne possédait plus aucun bien, ni à Georges de Greliaigne, ni ailleurs, ayant vendu dès le commencement de 1793 tous ses biens au citoyen Charles Toullier, son frère, qui en a présenté le contrat à la municipalité de Saint-Georges-de-Grehaigne, où ils étaient en partie situés, au district de Dol et au département d'Ille-et-Vilaine; 4° enfin, parce qu'à différentes époques il a justifié de sa résidence, tant au district de Bain et de Dol qu'au département d'Ille-et-Vilaine, par la représentation de certificats qui y ont été visés et qu'il a obtenu du même département, en germinal dernier, un certificat de non-inscription sur aucune liste générale ou supplémentaire d'émigrés; qu'il en conclut qu'il est impossible que ce soit lui qui ait été inscrit sur la liste lui représentée, ajoute que cette liste n'a point été publiée, affichée, ni imprimée, et qu'elle n'a été trouvée par le citoyen Michel qu'avec beaucoup de peine parmi les papiers de l'administration municipale ainsi que le citoyen Michel vient de le déclarer.

Demandé à l'interrogé si avant d'être chanoine il n'avait pas été vicaire à Saint-Marcan. dans le temps où l'on donnait aux vicaires le nom de curés? Répond qu'oui, mais qu'il y a longtemps qu'il ne l'était plus, puisqu'il fut nommé chanoine en 1784 ou 1785.

Demandé à l'interrogé s'il connaît quelqu'ex-prêtre nommé Toullier, qui ait eu son domicile en la commune de Dol, qui ait possédé des biens dans la commune de Saint-Georges-de- Grehaigne et qui ait été ou non ex-curé ?

Répond qu'il n'en connaît pas d'autre que lui, mais qu'il n'en résulte pas que ce soit lui qui ait été inscrit sur la liste lui représentée.

Demandé à l'interrogé s'il s'est conformé à la loi du 7 vendémiaire an IVP sur la police extérieure des cultes, titre trois?

Répond que non ; mais que s'il a exercé le culte sans s'y être conformé, c'était dans le temps où une tolérance universelle semblait l'y autoriser, qu'au surplus le directeur du jury de l'arrondissement de Saint-Servan auquel nous l'avions renvoyé l'année dernière ne fit aucune difficulté de le mettre en liberté.

Demandé à l'interrogé où il a résidé depuis cette mise en liberté ?

Répond avoir constamment résidé depuis dans cette commune de Dol, tantôt en ville, tantôt à Carfantain comme il la dit précédemment.

Demandé à l'interrogé si depuis cette mise en liberté il n'a pas continué à exercer le ministère du culte et d'appeler à ses cérémonies jusqu'à cinquante personnes et plus?

Répond qu'il ne veut pas répondre.

Demandé à l'interrogé où il avait résidé avant son arrestation de l'année dernière ?

Répond avoir résidé à Paris depuis le 4 mai 1792, jusqu'au mois de septembre même année ; à Rennes chez son frère depuis le 20 du même mois jusqu'au mois de mars 1793 ; dans la même commune de Bruz, district de Bain, à la campagne de son frère, depuis le 28 du même mois jusqu'en thermidor an III; qu'à cette dernière époque, il vint à Dol, où il resta jusque vers le commencement de brumaire an IV. qu'il retourna à Rennes chez son frère où il demeura jusqu'au mois de brumaire an V, qu'il revint à Dol où il a résidé jusqu'à ce jour, comme il y avait constamment résidé depuis le commencement de la Révolution jusqu'au 4 mai 1792. Qu'au surplus sa résisidence est bien constatée par des pièces qui vont être servies au département, ajoute qu'il alla à Paris en 1792 pour étudier la botanique comme le constate un certificat du citoyen Desfontaines, professeur démonstrateur au jardin national des plantes.

Telles sont ses réponses, confessions et dénégations dont la

lecture lui faite il les a déclarées sincères et véritables, y persister n'y vouloir augmenter ni diminuer et a signé

Toullier.

Sur quoi, nous, juge de paix, officier de police judiciaire susdit, considérant que d'après la notoriété publique et l'aveu de l'interrogé lui-même, il n'a existé dans la commune de Dol depuis la révolution française ni même de mémoire d'homme aucun prêtre nommé Toullier, auquel on puisse appliquer l'inscription de l'individu porté sur la liste d'émigrés du district de Dol représentée par le citoyen Macé, agent municipal, sous le nom de Toullier, ex-curé, ayant eu son dernier domicile en la commune de Dol et possédant des biens dans la commune de Georges de Gréhaigne, que de son aveu l'interrogé a possédé des biens dans cette dernière commune et qu'il a habité celle de Dol jusqu'au mois de mai 1792, qu'il paraît en résulter que c'est lui-même qui se trouve inscrit sur la liste dont est cas, puisque ce n'en peut être un autre ; que la qualité d'ex-curé dénommée par cette liste à l'individu y inscrit ne laisse pas de convenir à l'interrogé puisqu'il a été vicaire à Saint-Marcan, dans un temps où les vicaires étaient généralement connus dans le pays sous le nom de curés, avons en vertu de l'art. 70 du code des délits et des peines délivré un mandat d'arrêt à l'effet de faire conduire ledit Joseph-Gaspard-Hyacinthe Toullier à la maison d'arrêt de la commune de Rennes comme prévenu d'émigration et ordonné que notre présente décision provisoire sera sur-le-champ transmise au président de la Commission militaire séante à Rennes, chargée par l'art. 16 de la loi du 19 fructidor dernier déjuger les prévenus d'émigration, de l'exécution de tout quoi nous avons chargé le citoyen Richer, gendarme à la résidence à Dol.

Fait et arrêté à Dol, ce 28 prairial, sixième année de la République française une et indivisible (16 juin 1798).

De ME AUX.

Attendu qu'il n'existe point de Commission militaire permanente, cette procédure doit être remise à l'administration centrale du département d'Ille-et-Vilaine pour recevoir d'elle son avis sur l'individu dont il est question.

A Rennes, le 1er messidor l'an VI (19 juin) de la République française une et indivisible.

Le général de brigade. Smith.

Registre d'écrou de la prison de Dol.

De par la loi Malo-Anne Demeaux, etc., de conduire à la maison d'arrêt de Rennes Joseph-Gaspard-Hyacinthe Toullier, ex-prêtre, demeurant en la commune de Dol, prévenu d'émigration et d'être inscrit sur la liste générale des émigrés déportés et reclus du ci-devant district de Dol, visée et arrêtée le 12 thermidor an II par les administrateurs du département d'llle-et-Vilaine. mandons, etc..

Dol, 28 prairial an VI (16 juin 1798), déchargé le 22? «

Le 6 messidor an VI (27 juin). — Nous, etc.. nous sommes transportés en la maison qu'occupe la citoyenne Reine Gicquel, épouse du citoyen Delespine, absent, au côté vers Midi de la rue de l'Unité, à l'effet de constater, 1° etc.. avons remarqué que le plus grand nombre de ces livres était d'une composition antérieure à la Révolution, que quelques-uns appartenaient au gouvernement républicain, mais que tous en général étaient assez bien choisis et propres à donner des idées saines.

A elle demandé, etc.. a répondu qu'elle donnait congé à ses élèves les jours de décadis et de fêtes républicaines et que les qualifications de citoyens et citoyenne étaient plus en usage chez elle que chez toute autre ; s'est engagée à venir à la pro-

1. Un arrêté du département en date du \*d thermidor an VI (16 août) le condamne à la déportation dans l'île de lié.

chaine assemblée de l'administration y prêter le serment de haine à la royauté et d'attachement à la République et a signé : Jicquel, femme Delespine.

De là nous nous sommes transporté à la maison qu'habite le citoyen Fiacre Martin, rue des Ponts, pour y faire les mêmes vérifications et y prendre les mêmes renseignements...

Entrés dans une salle basse de laquelle on monte dans une chambre où ce citoyen tient une école particulière, nous l'avons trouvé avec deux petits jeunes gens qu'il nous a dit faire partie de ses élèves qui, son école étant finie, sont partis chez leurs parents. Examen fait des livres de ces deux enfants et de quelques autres que nous avons aperçus sur une table, nous n'avons trouvé dans le nombre ni les droits de l'homme ni la Constitution, ni aucun des livres élémentaires dont parle l'arrêté du directoire exécutif du 17 pluviôse.

A lui demandé s'il n'avait aucun de ces ouvrages : nous a répondu d'un air très froid et très indifférent que non. Demandé s'il ne savait pas que ces livres étaient la base de la première instruction et s'il n'était pas disposé après cela à les mettre entre les mains de ses élèves. Nous a répondu qu'il n'en savait rien, mais que si les pères et mères de ses élèves voulaient les donner à leurs enfants, il leur montrerait aussi bien à lire dans ceux-là que dans d'autres. Lui représenté que cela n'était point égal, qu'il fallait de nécessité que le livre de la Constitution, précédé de la déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen, marchât avant tous les autres, et que nous ne souffririons point qu'il enseignât si nous ne le trouvions pas chez lui la première fois que nous y reviendrions, a dit qu'il tâcherait de se le procurer. Nous a également dit qu'il donnait congé à ses élèves les jours de décadi sans leur avoir recommandé de célébrer les fêtes républicaines ni les en avoir détournés et se servir indistinctement des mots de monsieur et de citoyen ; a balancé longtemps avant de prendre l'engagement de venir à l'administration prêter le serment et a signé : Fiacre Martin.

Ensuite nous sommes revenus dans l'intérieur de la ville et

entrés chez le citoyen Jean-Gilles Bienvenu, autre maître particulier, demeurant au côté vers Midi de la rue de l'Egalité, nous l'avons trouvé seul, sa classe étant finie et ses écoliers partis.

Invité de nous dire ce qu'il enseigne à ses élèves, et quels sont les livres qu'il met entre leurs mains, il nous a représenté un alphabet républicain pour les commençants, la Constitution précédée de la déclaration des droits de l'homme, des éléments de morale républicaine de plus d'un maître, et quantité d'autres livres élémentaires tous propres à nourrir, élever et fortifier l'âme ; il nous a déclaré que ne voulant rien apprendre de futile à ses écoliers, c'étaient là les livres qu'il mettait entre leurs mains et les principes qu'il se proposait de leur inculquer. Il s'est engagé à se présenter à notre première séance pour prêter le serment et a signé : Bienvenu.

Rennes, 2 fructidor an VI (19 août 1798) ».

L'administration centrale du département d'ille-et- Vilaine à V administration ?nunicipale de Dol.

Nous vous remettons, citoyens, une expédition de l'arrêté que nous venons de prendre pour renvoyer de votre commune les trois filles dites de la Sagesse. Nous vous invitons à vous assurer de leur destination, et à faire connaître aux communes où elles se retireront les motifs de cet arrêté qui doivent les engager à surveiller leur conduite avec la plus grande attention.

Salut et fraternité.

Delatouche, Angek.

Du 29 thermidor (16 août), sixième année républicaine.

Vu la pétition d'un grand nombre de citoyens delà commune de Dol tendante à ce que les filles dites de la Sagesse, qui ont fait fermer leur école parce qu'elles ne voulaient pas recon-

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