Mairie de Dol
naître la Constitution et qui prêchent leurs principes contrerévolutionnaires soient renvoyées dans leurs communes respectives,
Le soit communiqué à l'administration municipale de Dol et sa délibération, en date de messidor, par laquelle elle regarde leur éloignement non seulement comme utile, mais même nécessaire, à cause des funestes effets que produit leur fanatisme dans un pays voisin des côtes et où la guerre civile avait porté ses ravages.
Vu le procès-verbal rapporté le 21 prairial an VI par les citoyens Macé, agent municipal, et Lepoitevin, commissaire de Dol, qui se sont transportés dans l'école particulière de ces trois femmes pour exercer la surveillance prescrite par l'arrêté du directoire exécutif du 17 pluviôse,
La délibération prise en conséquence par la municipalité de Dol le 23 prairial pour fermer leur école approuvée par la lettre du département du 2 messidor;
Vu la loi du 26 août 1792, dont l'exécution est réclamée par les pétitionnaires;
L'administration centrale du département d'Ille-et-Vilaine, après avoir entendu le commissaire du directoire exécutif,
Considérant que ces filles, suivant leur déclaration consignée dans ledit procès-verbal du 21 prairial, ne veulent point célébrer les fêtes républicaines, qu'elles ne connaissent point la Constitution ;
Considérant que la pétition, signée par un grand nombre de citoyens et l'avis de l'administration municipale prouvent qu'elles soufflent le poison du fanatisme et, qu'elles ne cherchent qu'à former des ennemis au gouvernement et des rebelles aux lois;
Considérant que leur présence est infiniment dangereuse dans un pays où elles avaient acquis de l'influence sur les âmes faibles et sur les enfants et où l'on doit exercer une surveillance particulière à cause du voisinage des côtes sur lesquelles les Anglais cherchent à vomir des émigrés et de nouveaux chefs de chouans ;
Considérant quelles étaient attachées à une congrégation
religieuse et que n'ayant prêté aucun serment, elles sont d'après l'article 6 de la loi du 26 août 1792 soumises aux dispositions précédentes de cette loi; qu'elles pourraient donc encourir une peine plus forte parce que leur éloignement est demandé par plus de six citoyens domiciliés dans ce département,
Arrêtent que les nommées Françoise Dupuy de Tessonneau, Marie-Thérèse Séjourné et Françoise Bouaissière, ci-devant connues sous la dénomination de filles de la Sagesse, seront tenues de s'éloigner de la commune de Dol dans le délai de dix jours à dater de celle de la notification qui leur sera faite et de se retirer dans les communes respectives de leur naissance pour y rester sous la surveillance spéciale de leur municipalité, à l'effet de quoi il leur sera délivré des passeports par la municipalité de Dol qui demeure chargée de l'exécution du présent.
Notifiée la présente le 7 fructidor an VI, par le citoyen Rebourg, brigadier des gendarmes.
Chemin que tiendra la citoyenne Marie-Thérèse Séjourné, ci-devant sœur de la Sagesse, âgée de trente-six ans, taille de quatre pieds dix pouces, cheveux et sourcils châtains, yeux bruns, nez et bouche moyens, menton rond, front ordinaire, visage oval, pour se rendre dans la commune d'Orléans (département du Loiret), lieu de sa naissance, et y rester sous la surveillance spéciale de l'administration municipale de ladite commune en conformité de l'arrêté ci-dessous transcrit. Partant de Dol le se rendra à Orléans en passant par Antrain,
Fougères, Ernée, Mayenne, Le Mans, etc.. Elle sera tenue de suivre exactement la route directe et ne pourra s'en écarter sous peine d'être arrêtée et punie conformément aux lois; les administrations qui se trouvent sur son passage sont invitées d'exercer à cet égard la surveillance la plus rigide.
La présente sera visée régulièrement, etc., et sera déposée à l'administration d'Orléans qui est invitée de certifier l'administration de Dol du jour de l'arrivée de ladite citoyenne Séjourné.
Fait en maison commune, à Dol, le
[Une feuille de route semblable fut délivrée aux deux autres compagnes de Marie-Thérèse Séjourné, la citoyenue Françoise Dupuy de Tessonneau, native de Limoges, âgée de quarante-six ans, et la citoyenne Bouaissière, native de Pleslin (Côtes-du-Nord), âgée de quarante-quatre ans, pour se rendre à leur lieu de naissance.]
Pleslin, 15 fructidor an VI (1er septembre 1798).
L'agent municipal de la commune de Pleslin, canton de Ploiebalay, département des Côtes-du-Nord, à l'administration municipale de Dol.
Citoyens,
Je vous préviens que la citoyenne Françoise Bouaissière. ei-devant Sœur de la Sagesse, et originaire de la commune de Pleslin, est arrivée hier soir, 14 du présent mois, chez son frère, dans ladite commune.
Je vous préviens aussi qu'elle y demeurait auparavant d'aller
habiter la commune de Dol ; ainsi toutes recherches de votre
part deviendraient inutiles.
Salut et fraternité.
Sauvage.
[De 1794 à 1800, il ne paraît pas y avoir eu d'exercice public du culte à Dol, malgré les tentatives faites par M. Le Coz pour le rétablir, ainsi qu'en témoigne sa lettre de vendémiaire an VII au sieur Talion, chirurgien, dans laquelle on remarque le passage suivant : « Vous pouvez communiquer ma lettre à vos concitoyens, spécialement aux citoyens membres de l'administration municipale de Dol. S'ils se prêtent pour rétablir le culte au milieu de vous, comme il l'est dans presque toutes les villes de France, je me ferai un plaisir comme un devoir d'aller moi-même en sceller avec eux les premiers fondements '. »J