‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 102 sur 130 · Dossier Robidou · texte numérisé non relu

Dossier Robidou

recteur prêche el dit que les affaires de l'Etat sont conduites par des hérétiques et que c'était péché que daller à la messe des jureurs; 2° que ses principes et son exemple ont rendu la municipalité de Noyai aristocrate et surtout le maire qui se laisse conduire par lui de manière qu'il n'est plus possible d'y faire exécuter les lois; 3° que le renouvellement du pacte fédératif n'a point eu lieu le 14 juillet : 4° que les armes du seigneur sont encore existantes ; 5° enfin on expose par cette requête que le recteur est tellement perturbateur du repos public qu'il est instant de le remplacer.

Ce n'est pas la première fois que nous avons reçu des plaintes de cette espèce contre le clergé de votre paroisse. Nous vous en avons écrit et vous nous avez répondu favorablement sur leur compte, nous n'en avions pas une mauvaise idée mais il semble que les faits sur leur conduite augmentent et se fortifient. D'ailleurs voila une requête au département, il faut que nous lui donnions notre avis, donnez nous donc vos observations, s'il faut punir les coupables il faut défendre et protéger l'innocence.

Le directoire de Dol au département.

Dol, 2G août 1791.

Nous communiquâmes à la municipalité de Noyai la requête que vous avait présentée, contre les prêtres de cette paroisse. le procureur de la commune de la même paroisse, que vous nous aviez renvoyée pour avoir notre avis: avant de vous le donner il fallut demander et obtenir celui de la municipalité du lieu, elle vient de nous le faire passer et nous vous en adressons sur le champ une copie.

Vous verrez. Mrs, que les inculpations faites contre les prêtres de Noyai sont formellement démenties par la municipalité. S'il est possible, il n'est pas vraisemblable que tant de citoyens soutiendraient leur conduite et leurs déclamations contre les lois nouvelles, les plaintes du procureur devaient vous paraître suspectes par cela même qu'il y mettait du mystère : il vous prie de lui adresser à part votre réponse. Ce

n'est pas la première fois que lui et d'autres nous ont porte des plaintes contre le clergé de Noyai ; nous en reçûmes au mois de juillet dernier, nous en écrivîmes sur le champ à la municipalité, elle nous répondit le 20 juillet comme elle nous a répondu le 15 courant que les prêtres de Noyai n'avaient rien dit ni rien fait contre la constitution.

Les districts comme les départements sont, souvent obligés de voir par les yeux des autres, i's ne peuvent surtout juger les faits qui se passent loin d'eux. Ils doivent s'en rapporter aux municipalités, la calomnie lancée par un seul homme contre deux prêtres se trouve non seulement désavouée par la municipalité de Noyai mais encore par un certain nombre de citoyens qui se sont empressés d'y concourir.

Si ces prêtres avaient été coupables la municipalité le devenait par son silence et son inaction, l'innocence des premiers conduit a la justification de cette municipalité. Vous devez répondre au procureur de la commune et lui faire sentir l'indécence et l'injustice d'une dénonciation qui ne se trouve pas l'ondée, le zèle le mieux entendu doit avoir des bornes et il ne doit se manifester au dépend de la vérité.

Le pacte fédératif n'a pas été renouvelé à Noyai, la municipalité de Noyai en convient, le maire et plusieurs citoyens se rendirent au chef lieu de canton ou cette cérémonie eut lieu. Il est un article sur lequel la municipalité ne s'explique pas. c'est celui des armes du ci-devant seigneur de Noyai, si elles existent encore le procureur de la commune doit les faire enlever.

Extrait du registre de la municipalité <l<- Noyai soifs Bazouges '.

Du 20 mai 1792.

Nous maire et offrs mx de la paroisse de Noyai près Bazouges. assemblés avons reçu le serment prescrit par la loi du royaume, du sieur Georges Antoine Coupé dûment pourvu de son institution canonique en date du 19 du présent mois,

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