‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 105 sur 130 · COMMUNE DU SENS · texte numérisé non relu

COMMUNE DU SENS

Population en 1792 1,378 h.

— en 1902 1,783 h.

NOTICE

Frère Jean-Baptiste Jolly, chanoine régulier, originaire de Châlons-sur-Marne, prieur recteur de Sens.depuis le 9 avril 1183 {, et ses vicaires, Gérome-Aiine de Collibeaux et Gilles Lodin, tous les deux de Sens, refusèrent de prêter serment à la constitution ci cite du clergé. M. elolly, obéissant à l'arrêté du département du 15 avril 1192, se rendit à Rennes le 9 mai, et logea d'abord au cale de Bretagne, puis le 23 juin, place Sainte-Anne, maison de Mme Bertiais. Le 1k août il (''lait enfermé à Saint-Melaine, le 8 septembre conduit à Saint-Malo et le 10 embarqué pour Jersey.

Arrivé à Rennes le 7 mai, M. de Collibeaux descendit à l'hôtel de la Fleur de Lys et peu après fut habiter chez Mne Hardy, vis-à-vis le Pin Fleuri. Nous ignorons ce qu'il devint ensuite - . Gilles Lodin se rendit à Hennés le 30 mai, à la Fleur de Lys, et le 28 juin, rue Basse, chez Henry, jardinier. En fer nié à la Trinité, puis reeins au Mont Saint-Michel en octobre 1193.

Pierre Besnard, chapelain à l'hôpital général de Ren-

1. Les revenus rets de la cure de Sens en 1790 s'élevaient à 1,865 1.8 s. id.

Le pourpris vendu le 4 mai 17!)1 produisit 13,100 1.

Les biens de fondations, le 17 août 1701 3,910 1.

Les biens de la fabrique, le 18 ventôse an IV. . . . 493,700 1.

2. Fils d'écuyer Aimes-Gilles de Collibeaux, sieur de l'Etang, et de dame Anne Poussin. Décédé recteur de Saint-Rémy-du-Plain le 27 juin 1821. à l'âsje de 70 ans.

nés, guillotiné en cette ville le 21 janvier l~'.>'i ', était originaire de sens, ainsi que Michel Heuzé, chapelain insermenté de Poligné, qui fut enferme au Mont Sainl-Mie/iei el mon eut reetenr de Brécé en 1812.

Le 29 mai 1191, tes électeurs réunis an chef-lien dn district, (iraient élu curé 'te Sens <>lac<|ues-\oël-GabHcl du Cognet2, curé de Saint-Méloir-des-Bois, gradué de l'université de Caen et âgé de -i0 ans. Ayant abdiqué ses fonctions sacerdotales un district de Dol, te 3 mars L19fi, M. d ii Cognel épousa te 26 avril Noèl-Perrine Ruffet, âgée de 51 ans, fille de Michel Ruffet et de Anne Roussel, originaire de Baillé, domiciliée à Sens. Le 30 juillet, il était arrêté el conduit en prison à Dot. Parait s'être fixé dans celle ville après sa mise en liberté.

Son ricaire, Matliiiriii Guy, qui avait abdiqué ses fonctions sacerdotales à Sens le même jour que M. du Cognet, s'était marié cinq jours auparavant lui. Son acte de mariage sur tes registres de l'état civil de Sens le (fit fils de Julien Guy et de Perrine Josse, âgé de 57 ans, et son épouse, Louise Biard, aussi de 57 ans, cultivatrice, fille de Yvon Biard et de Jeanne Heudes. Louise Biard mourut chez son mari an village de la Sempê, le 4 brumaire an XIII (26 octobre i80k), et l'ancien vicaire de sens le 2 septembre 1811*.

L'ex-curê de Noyal-sous-Bazouges, venu habiter Sens après avoir renoncé an sacerdoce, s'y maria le lendemain des épousailles de du Cogne t, qui fut (Uuilleurs nn île ses lé moins. D'après son acte de mariage, Georges- Antoine Couppé, âgé de 38 ans, était originaire de Quettetot, canton de Bricquebec, et fils de Jacques Couppé et de Generièrc Delacroix, et sa femme Anne-Marie Bourdin, âgée de 25 ans, cultivatrice, née à Sens, était fille de Louis Bour-

1. Voir dans Les Confesseurs de la Foc page 10, l'article que lui a consacré M. Guillotin de Gorson.

2. Xi'1 à Pontorson (Manche) le 10 mars 1784, de Pierre du Gognet et de Marie Lem a reliant.

.*!. Le '.» nivôse" au 3 il avait acheté plusieurs pièces de terre à la vente drs biens de L'émigration Collibeaux, l'ancien vicaire. — Minutes du greffe de la justice de paix.de Sens à Saint- Aubin-d'Aubignè.

din et de Perrine Heuzê. Ils eurent un fils qui mourut à l'âge de 2 ans \} mois le io fructidor an IV, au domicile de ses parents, ,alors cultivateurs à la BassetoucJie. Couppé mourut à sa maison de la Beuschais, le 0 août 183k, et sa femme le 9 septembre 1839.

Recteur concordataire de Sens en 1803, M. «lulieii Polo.

DOCUMENTS

Directoire du district.

Séance du 14 mai 1791. — ... Considérant que la généralité des habitants de la paroisse de Sens peut être gênée par la privation du son de la première cloche qui sert à appeler les fidèles aux offices divins et autres exercices de piété de leur église, les administrateurs, sont d'avis que la dite municipalité soit autorisée a faire refondre la cloche cassée '.

Du 28 juillet. — ... Le directoire est avisé que le sieur Guy vicaire de Sens a prêté serment 2.

Du 19 août.— ... Sur la lettre du 7 de ce mois du sieur Lodin qui demande a toucher le traitement qu'il prétend lui être dû pour 1790 en qualité de vicaire de la paroisse de Sens et a jouir du secours accordé aux ecclésiastiques infirmes et septuagénaires, le directoire décide de communiquer cette demande à la municipalité de Sens pour qu'elle déclare 1° si cette paroisse a comporté et comporte deux vicaires 2° l'époque a laquelle le s1' Lodin a cessé ses fonctions curiales et quels en ont été les motifs 3° l'âge, la fortune et l'état du sieur Lodin pour, sur le tout rapporter et délibérer ce qui sera vu appartenir.

Du 12 nov. 1792. — Le directoire du district décide d'écrire

1. Un arrêté du département du 10 août autorise la municipalité à prendre sur les fonds de la fabrique la somme nécessaire pour la refonte de la grosse cloche.

2. M. Guy avait été adjoint au vicaire Gilles Lodin devenu pour ainsi dire sourd et aveugle,

à la municipalité de Sens pour la prévenir qu'il est impossible quelle puisse conserver une des croix d'argent de son église, la loi n'ayant point mis ces sortes d'effets au nombre des objets qui ne doivent point être envoyés aux hôtels des monnaies.

Dti 27 novembre et 7 décembre 1792. — Le directoire délivrera un mandat aux sieurs du Cognet et Guy recteur et vicaire de Sens qui ont prêté le serment exigé par la loi du 15 août dernier.

l^ens 3 février 1793.

Liste des prêtres non assermentés.

Jean Baptiste Jolly 50 ans. ci-devant prieur de Sens, se disant de Chalons en Champagne, ne possédant aucune propriété foncière.

Gilles Lodin, ci-devant vicaire, 70 ans.

Gérome Colibaut, 40 ans, tous deux natifs de Sens et y ayant des propriétés foncières et tous les trois se sont rendus au département conformément à l'arrêté... sans aucun passeport ».

Rolland, maire, Deslandes, Pierre Poussin.

Joseph Richahd. Mathurin Josset, Jean Thomas, offls muillK,

1. Au village de la Grehignâis en Sens, le prisage les 5, 6 et 7 décembre 1793 des meubles et effets ayant appartenu à J.-B. Jolly s'éleva à 3,019 livres 2 s. et la vente qui eut lieu les 10, 11, 12 et 13 du même mois produisit 6,190 livres.

La vente des effets mobiliers de Gilles Lodin le 23 thermidor an II, s'éleva à 608 livres 2 s. et celle de Jérôme Gollibeaux, au village du Loizou. les 2 et 24 thermidor, à 457 livres 1 s. dont les héritiers présomptifs obtinrent la main-levée et touchèrent le montant.

Enquête devant le juge de paix de Bazouges la Pérouse.

8 mai 1793.

Le citoyen Charles du Cognel curé de Sous dépose, qu'allant un jour de dimanche après les vêpres à Bazouges a rencontré nu homme a lui inconnu avec son domestique qu'il a reconnu pour être Pierre Renault de Saint Hcinv : ayant aperçu le déposant de loin. Pierre Renault mit son habit bas disant : « Voilà un prêtre jureur, il me va rendre raison. » En approchant il continue son discours et dit « ma conscience est tourmentée, les prêtres comme vous disent qu'il n'y a point de péché a aller à la messe, les autres prêtres disent le contraire, tirez moi d'embarras. » Le déposant voyant un homme détermine dit ce qu'il put pour l'apaiser; ensuite Renault passa a Un autre article et voici la question qu'il fit : « j'ai des biens afféagés dans des landes, je vais perdre mes biens, ce sont les prêtres jureurs qui en sont cause et vous allez m'en rendre raison. » A la fin de ce dialogue arriva un jeune homme qui s'appelle Jean Hacquart qui dit au déposant : « je suis pour vous ne tremblez point. » Sur quoi le déposant, pour pacifier voyant ce jeune homme ivre et par conséquent hors d'état de résister prit le parti de la douceur en disant : « ces gens la sont trop honnêtes pour m'attaquer dans le grand chemin, » il fut même dans le cas de l'embrasser pour se tirer d'embarras et après plusieurs parlers respectifs, ils se quittèrent et Hacquart l'accompagna jusqu'à Bazouges où il avait dessein d'aller '.

12 messidor an 2 (30 juin 1794).

Le directoire de Dol donne l'ordre au citoyen Piette administrateur du district de se porter chez Ducognet ci-devant curé de Sens. Julien Lemeunier et Mathurin Joulin au Bois Robin, tous trois dans la commune de Sens, conjointement

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