Mairie de Sens
s'introduire dans 1rs communes de notre canton; nous vous invitons et enjoignons même, au nom de la sûreté publique et particulière de voire commune a défendre toute assemblée nocturne la nuit de Noël et a ordonner au ministre du culte catholique de remettre sa cérémonie au jour. Nous le croyons trop ami de son pays et de la tranquillité publique qui est presque toujours troublée a cette occasion pour se refuser a le l'aire.
Sons 19 vend, an VII (10 octobre 1798,.
Vadion du Ca<m de Sens aux Admrs du département.
Nous nous réunissons les jours de décadis au chef lieu de notre canton dans le temple pour y donner lecture des lois et actes de l'autorité publique. S'il ne nous est pas donné d'apporter à la célébration des fêtes décadaires toute la pompe qui les accompagne dans les grandes cités, nous sommes du moins jaloux de faire apercevoir à nos concitoyens qu'elles n'ont rien de commun avec les cérémonies d'aucun culte qui peuvent servir au gré de la pensée de chaque individu sur les rapports dont sa religion se compose, que l'objet de ces réunions touchantes est de rappeler les préceptes de la morale universelle, de rendre hommage a des vertus précieuses a L'humanité, de retracer des événements produits par le patriotisme des citoyens qui ont établi le même pacte social, et de resserer les doux liens de la fraternité.
4 frimaire an 7 (24 novembre 1798).
Le <()/>/"' du (\irecre exécutif près Vadon muale du Caon de Sensa a département.
J'ai reçu votre circulaire du 5 brum. dernier relative a l'observance du calendrier républicain.
Vous avez raison citoyen, les fêtes décadaires sont entièrement négligées... cependant les habitants de mon canton sont moins fanatiques que dans bien d'autres cantons patriotes, mais ils tiennent encore du plus ou du moins aux préjugés
religieux, et je regarde comme impossible encore de les empêcher de garder le dimanche.
Un des meilleurs moyens à mon avis de faire prendre la décade dans les cantons ruraux serait de tacher d'y attirer les habitants par l'attrait du plaisir... la danse surtout y attirerait les femmes qui jusqu'ici n'y ont paru qu'en petit nombre et leur présence ne manquerait pas de produire un excellent effet.
Pour remplir autant que possible le bût de votre circulaire j'en adresse une aux agents municipaux des cinq communes de ce canton.
Salut et fraternité.
RlMASSON.
[Suit la copie de la dite circulaire aux agents des communes du caon de Sens.]
Par sa circulaire du 5 brumaire dernier le commissaire du directoire exécutif près l'administration centrale me marque qu'il est instruit que dans différents cantons de ce département les jours de dimanches et fêtes continuent à être gardés par les habitants, que ces jours méconus. procrits par les lois restent consacrés aux courses de barres, aux danses et autres jeux pendant que la décade est entièrement négligée, il me recommande et me charge personnellement de veiller avec le zèle d'un vrai républicain a la stricte exécution des articles 6, 7 et 8 de la loi du 23 fructidor an VI et de déférer a l'instant même aux tribunaux tout individu qui tenterait de l'enfreindre.
Assez et trop longtemps, citoyen, le hideux fanatisnie et la superstition ont désolé la terre et l'ont inondée de sang humain, il faut que ces monstres disparaissent, qu'ils expirent sous les coups de la philosophie, il faut que le flambeau de la vérité dissipe les ténèbres dont se couvre l'imposture, que les principes succèdent a des usages nuisibles et ridicules; enfin il faut que l'empire de la raison l'emporte sur les préjugés.
Je sens citoyen combien il est difficile encore de parvenir a ce but. Inoculés dès l'enfance chez les hommes, ces préjugés affreux, qui depuis tant de siècles font le malheur du monde,
laisseront toujours chez quelques uns des traces de leur empreinte. Un habitant de campagne surtout, est encore loin du niveau de la révolution, el peut-être que le défaut d'instruction l'empêchera longtemps de l'atteindre, cependant ne désespérons pas pour cela de nos concitoyens et gardons nous de douter un instant des hautes destinées de la république. Déjà un grand nombre de nos administrés ont secoué jusqu'à un certain point le joug humiliant de Terreur et sans doute un plus grand nombre encore n'ont besoin que de voir la vérité pour la chérir, mais pour la leur faire connaître, il est nécessaire encore de la dégager de tous ses nuages, de la rendre bien sensible.
C'est à vous particulièrement, citoyen, qu'ils ont revêtu de leur confiance et chargé de veiller à leurs intérêts qu'il appartient de seconder les efforts des bons citoyens dans cette glorieuse entreprise.
Tachez surtout de faire sentir à vos concitoyens que le Maître de Lumière se plaît a être adoré de mille manières, que dans tous les temps, dans tous les lieux, a toute heure, a tout moment l'homme peut lui adresser ses hommages et qu'une messe entendue par un croyant le décadi vaut bien celle du dimanche. Que ce jour méconnu, proscrit par les lois ne doit plus être gardé, qu'il est maintenant un jour de travail qui doit cesser d'être consacré aux courses des barres, aux danses et autres jeux, que la décade seule est le moment du repos, du délassement des citoyens et que la suppression de tant de fêtes ridicules qui suivant le bon plaisir de nos ci-devant évêques étaient chômées dans un diocèse, ne l'étaient pas dans un autre... enfin tachez de leur faire sentir combien il est important que l'ère républicaine prévale etc.. Je vous recommande de tenir la main a la stricte exécution des articles G, 7 et 8 de la loi du 23 fructidor an VI et de défendre expressément au prêtre qui habite votre commune toute espèce de publication étrangère au culte. Vous voudrez bien lui donner communication de cette lettre *.
Rimasson.