‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 116 sur 130 · Arch. d'Ille-et-Vil., 1 V · texte numérisé non relu

Arch. d'Ille-et-Vil., 1 V

Chargés de l'administration d'un grand peuple, personne ne connaît mieux que vous. Messieurs, combien sont funestes les impressions <|ue peuvent répandre dans son esprit les perfides insinuations des ecclésiastiques réfractaires ; personne n'a mieux que vous [qualité pour] en faire exécuter la loi qui ordonne leur dépossession et leur remplacement, c"est l'exécution de cette loi que sollicitent les habitants de Vieuxvy. Un détail succinct va prouver démonstrativement combien elle y est intéressante au bon ordre.

Deux prêtres, les s'*s Chevalier et Billon, l'un curé l'autre vicaire de cette paroisse, coalisés sans doute avec les autres ennemis du bien public, n'y cessent d'y égarer et tromper le peuple; il n'est point de manœuvres, point de moyens iniques, que ces deux scélérats ne mettent en usage pour le soulever s'ils le pouvaient contre notre belle constitution, pour le maintien de laquelle nous verserions notre sang, et de tous les moyens qu'ils emploient, le prétexte que la religion est attaquée et qu'on veut la détruire a l'entier est celui qui frappe davantage un peuple crédule. Nous avons eu plusieurs fois la douleur de le voir réussir presqu'au delà de leur espérance : presque tous les paroissiens ont été égarés, quelques-uns le sont encore, et si on n'apporte pas un prompt remède le mal va devenir plus dangereux que jamais. A en croire ces deux fanatiques tous ceux qui entendent la messe des prêtres assermentés, tous ceux, qui achètent des biens nationaux sont livrés au démon sans espoir de pardon.

Telles sont les affreuses maximes qu'ils .répandent dans le public et particulièrement au tribunal de la pénitence. Combien d'hommes trop crédules, combien de femmes surtout n'ont-ils pas égarés et engagés a la révolte par leurs odieuses maximes! Une personne se présente-t-elle au tribunal de la pénitence, on commence a lui demander si elle n'a point assisté a la messe d'un assermenté; l'a-t-elle fait? on refuse de l'entendre: l'enfer n'est pas encore plein, lui dit l'abominable ministre qui la renvoie avec indignation. Ils portent l'horreur au point de défendre aux enfants d'accompagner leurs parents aux messes des conformistes. Ce n'est qu'à ce moyen disentils qu'ils pourront se préserver de la damnation! Combien de

fois ces deux individus n'ont-ils pas été solliciter les prêtres de leur voisinage a se refuser au serment exigé par la loi. Leurs désordres avaient été déjà dénoncés a la municipalité de cette paroisse, mais alors (nous ne rougissons pas d'en faire l'aveu) ils avaient tellement égaré les habitants de Vieuxvy qu'il y restait a peine six patriotes qui avaient tout à craindre du grand nombre qu'on avait trompé dans le temps de la Pâque.

Nous offrons la preuve de ces faits si vous la jugez nécessaire. Messieurs ; nous ajouterons même que tous les dimanches et fêtes le curé donne les prières nominales en dépit des décrets, à Monseigneur l'évêque de Rennes, que ça été inutilement que la municipalité l'a interpellé de supprimer cette qualité qui ne doit plus exister pour personne, que même il a déclaré publiquement qu'il ne donnait les prières qu'au seul Bareau et qu'il ne les donnerait jamais à M. Le Coz.

L'espoir flatteur que bientôt la dépossession et le remplacement de ces deux monstres en auraient enfin délivré les habitants de Vieuxvy a jusqu'ici suspendu leurs plaintes. Ils étaient persuadés que les électeurs du district de Dol allaient être convoqués à la Saint Martin prochaine pour remplacer les curés refractaires, déjà ils avaient jeté les yeux sur un sujet dont le mérite, les vertus et le patriotisme sont également à l'épreuve : ils s'étaient rassemblés et en avaient l'ait la pétition qu'ils joignent à la présente. Vaine espérance ! ils ont été instruits qu'il n'y aura pas d'assemblée d'électeurs à Dol comme il y en a dans tous les autres districts. Ainsi les désordres se perpétueraient dans cette paroisse contre le vœu de la loi ; ainsi un peuple trop crédule serait encore en proie aux suggestions perfides de deux scélérats qui placés pour les guider et établir la tranquillité dans son sein, emploient au contraire les moyens les plus vils pour l'égarer et le désunir.

Les habitants de Vieuxvy ne peuvent imaginer le motif qui a pu empêcher leur district de convoquer comme les autres l'ont fait, l'assemblée des électeurs dans le temps que les décrets l'exigent; ils n'auraient même pas la malignité d'en faire un examen sérieux, mais ce qu'ils peuvent assurer, c'est qu'ils connaissent au moins dix ou douze sujets assermentés qui au-

raient pu être placés au moins dans les lieux ou les désordres sont les plus grands, tel que dans cette paroisse: ils vous avoueront même, Messieurs, avec cette franchise qui les caractérise, si leurs ecclésiastiques ne sont pas remplacés incessamment, il n'est point de malheurs auxquels la paroisse ne soit exposée, et il ne faut pas s'attendre que la municipalité puisse en arrêter le cours. Nul patriote ne voudrait accepter la fonction de municipal et ceux qui l'exercent aujourd'hui sont décidés à donner leur démission plutôt que de voir ce qui serait inévitable, une guerre intestine allumée contre eux dans la paroisse par les agents des prêtres fanatiques desquels ils seraient trop exposés.

Enfin Mrs l'article 26 du titre 2 du décret du 12 septembre 1790 porte que l'Assemblée des électeurs se formera tous les ans à l'époque de la formation des assemblées de district, quand même il n'y aurait qu'une cure vacante. Les assemblées pour la formation du district doivent suivant les décrets avoir lieu tous les ans à la Saint Martin ; les citoyens de Vieuxvy réclament l'exécution de ces lois. Il existe dans ce district grand nombre de cures vacantes et plusieurs sujets dignes d'être placés, ils demandent en conséquence ou que vous enjoigniez à Mrs les administrateurs du district de Dol de convoquer dans le plus bref délai les électeurs pour nommer aux cures vacantes par défaut de serment, et si des circonstances particulières qu'on ne pourrait prévoir vous portaient a ne pas accéder à cette demande, du moins sont-ils persuadés que vous porterez du remède aux désordres que commettent les ecclésiastiques de cette paroisse. 11 y a longtemps qu'ils auraient du être remplacés, car nous vous le répétons, Messieurs, on alléguerait en vain le défaut de sujets, il en existe un certain nombre de bien dignes et il n'est pas a présumer qu'il n'en existe dans le district plusieurs autres que les habitants de Vieuxvy ne connaissent pas. Pourquoi ne les substitueraienton pas aux scélérats qui se couvrent du voile de la religion pour égarer le peuple et le porter s'il était possible a une révolte générale.

Tels sont, Messieurs, les maux qui affligent la paroisse de Vieuxvy sur Couesnon, ils sont trop affreux sans doute pour

ne pas autoriser les citoyens, revenus pour un moment de leur erreur, a requérir ce considéré :

Qu'il vous plaise, Messieurs, voir à la présente attachée, la pétition des citoyens actifs de Vieuxvy qu'ils se proposaient de présenter aux électeurs assemblés, a l'effet de leur accorder pour curé au lieu et place du sr Louis Chevalier, le sr Jean Michel Fauvelais vicaire constitutionnel de S' Mard le Blanc, en conséquence, vu la nécessité de pourvoir incessamment au remplacement du dit Chevalier, ordonner aux administrateurs du district de Dol de convoquer sans délai les électeurs du dit district a l'effet de nommer aux cures vacantes par défaut de serment, et notamment à celle de Vieuxvy, et dans le cas ou vous ne vous porteriez pas a prendre ce parti déclarer en votre assemblée la cure dudit Vieuxvy vacante et nommer vous même pour en remplacer le curé actuel la personne du dit Fauvelais vicaire de S1 Mard le Blanc et ferez justice.

Le Maire, offrs mux , notables et citoyens actifs de la paroisse de Vieuxvy qui savent signer :

M. Levannier maire, Pierre Ripot offr, Charles Pahier off1' al, R. David, Julien Ripot, Julien Labbé pr de la corn., Fr. Boudin, Christophe Lochet, Michel Duval, Th. Le Vannier , Ch. Thomas, Michel Lan?

Guillon notable.

No1a. — Renvoyé au directoire du district de Dol pour donner ses observations et son avis.

Rennes, 0 nov. 1791.

Jacques Jan.

Pétition.

Nous omcls municipaux de la paroisse de Vieuxvy sur Couesnon connaissant parfaitement les mœurs, les talents et toutes les bonnes qualités de M. Fauvelais vicaire de S1 Mard le Bland, avons pris le présent arrêté. Que le jour de la nomination aux cures vacantes du district de Dol. nous écririons à

Mrs les électeurs pour les supplier de vouloir bien nous accorder a ce sujet comme étant le seul qui puisse ramener les esprits' qui auraient pu être trompés par des prêtres réfractaires aux lois. Les esprits étant déjà prévenus en sa faveur, nous aurons la douce satisfaction de voir nos concitoyens se réunir à lui pour ne former bientôt quun peuple patriote et animé du civisme, car il faut l'avouer, M'*s, l'aristocratie a causé dans notre paroisse de funestes effets et il ne peut y avoir que l'exemple d'un prêtre vertueux qui puisse ramener les esprits égarés et attachés à certains préjugés.

Nous espérons et nous avons tout lieu de croire, Mrs, que vous écouterez favorablement le vœu non pas de quelques particuliers, mais de tous nos citoyens.

Nous sommes M1' le Président et M1'8 les électeurs avec le plus profond respect vos très humbles et obéissants serviteurs.

Mrs Levannier maire. Julien Barbe ofral, Charles Pahier ofral. François Boudin ofrnl, etc.

| En tout 70 signatures.]

Suite des délibérations de la municipalité.

13 novembre 1791.

Un membre a dit, il est étonnant, Messieurs, qu'après avoir fait la défense verbale à Mr Chevalier curé de cette paroisse, le jour de la Toussaint dernière, de donner le titre inconstitutionnel de Monseigneur pour les prières nominales à M1' l'évêque de Rennes, que malgré voire défense et en désobéissance des décrets de l'assemblée nationale il ait dimanche dernier 6 du présent donné les prières à M. François Bareau de Girac « notre évêque de Rennes » a-t-il dit. C'est...? qui depuis longtemps entretient dans Terreur un peuple simple et crédule, lui assure que c'est encore Bareau de Girac qui est leur évêque et que c'est pour lui qu'il doit adresser ses prières, pour un lâche fanatique qui méprisant le glorieux titre de citoyen français, abandonnant un troupeau qui lui avait été confié, ne consultant jamais qu'un vil intérêt ; n'esl-cè pas, Messieurs, mé-

connaître l'autorité de l'assemblée électorale d'un département et des nominations autorisées par l'assemblée nationale! D'après cela serons nous encore surpris qu'il ne fasse pas cas des délibérations d'une simple municipalité qui fait en vain ses efforts pour arrêter le cours impétueux des désordres que ces fomentations fanatiques ne cessent d'augmenter de jour en

Jour- , ,. r

Julien Labbe.

La municipalité arrête d'envoyer un exemplaire de cette requête au département et un autre au district.

10 décembre 1791.

Pénétrés de respect pour les décrets de l'assemblée nationale, nous venons tous de prêter le serment solennel de maintenir la constitution, nous avons juré d'être fidèles à la loi. ainsi, a moins de nous montrer parjures, nous devons exécuter et faire exécuter de tout notre pouvoir les décrets qui nous sont adressés.

Telle est Messieurs la douce obligation que nous avons contracté en prêtant notre serment. Mais comment pourrons nous la remplir cette tâche flatteuse si les désordres qui régnent dans la paroisse ne sont pas supprimés. Aucun de nous n'ignore jusqu'à quel point le sr Chevalier curé et Billon vicaire y répandent la désolation et mettent le trouble dans les consciences, le 13 du mois dernier, vous avez délibéré et envoyé un autant de votre délibération au district [pour lui faire connaître] que le dit Chevalier donnait au prône à la grand'messe paroissiale les prières à François Bareau de Girac, notre évêque de Rennes disait-il, en dépit même de notre déffense. Vous le savez, Messieurs, à notre assemblée dimanche dernier, un citoyen vous a dit que les papiers incendiaires se multipliaient en abondance dans cette paroisse, qu'on en avait trouvé de semés dans -différentes routes circonvoisines des villages et de plus, qu'il avait connaissance que le nommé Thomas sacristain de cette paroisse en avait remis (que lui avait donné le sr Billon) à Julienne Berthelot femme de Jean Rolland, pour remettre à la Vve Cherel conformément à l'adresse;

que ledit Thomas fut introduit devant notre assemblée pour savoir de lui qui lui avait donné cette lettre a porter, ce qu'il ne dit qu'avec peine, mais cependant avoua qu'il l'avait reçue du sr Billon vicaire de cette paroisse disant qu'elle venait de S' Mard sur Couesnon. En effet, Messieurs, je suis saisi de ce livre intitulé : Catéchisme à V usage des fidèles, avec son adresse, pour M. le curé de S1 Mard sur Couesnon (c'est un prêtre assermenté) pour remettre à la dame Cherel demeurante à la haute ville paroisse de Vieuxvy. Je demande la confrontation de cette écriture avec celle du dit Billon sur les registres de sépultures et mariages que nous pouvons voir, et bientôt vous verrez que l'adresse est de sa main. Je passerai sous silence les moyens infâmes que ce ministre pervers emploie au sacré tribunal de la pénitence pour jeter la terreur et l'effroi dans les consciences timorées. Combien n'en a-t-il pas trompés ! Je ne parlerai pas ici des démarches continuelles qu'il fait chez différents particuliers pour y souffler la discorde avec ses poisons, et se gagner de nouveaux partisans ; je ne vous rapelerai point ici les dissentions et mésintelligences qu'il fomente entre époux et épouse, entre le frère et la sœur. Quels progrès ne font-ils pas en un mot? je ne dirai rien de ces manœuvres, de ces trames et machinations qu'ils ourdissent dans toutes les paroisses voisines de concert avec les prêtres ennemis jurés de la constitution. Un tableau aussi infâme, des faits si horribles sont trop affreux; il en coûterait trop à mon cœur pour vous les rappeler. Je ne puis cependant taire ici la dénonciation qui fut faite par un citoyen patriote de la paroisse de Chauvigné, des démarches que fit l'an dernier le sr Billon auprès du vertueux pasteur de Chauvigné pour le détourner du serment qu'il avait fait, et a signé Dugué.

La municipalité après avoir délibéré sur les représentations démontrées cidessus, ne pouvant se dissimuler la vérité de ces faits, ayant confronté les deux écritures et ayant reconnu qu'elles étaient absolument les mêmes, considérant que les deux ecclésiastiques placés à la tête de la paroisse employaient tous les moyens, même les plus odieux, pour y répandre le trouble, qu'ils n'y réussissent malheureusement que trop bien en allarmant les consciences et que leurs perfides insinuations

tendent a armer le citoyen contre le citoyen, considérant que des désordres ne manqueront pas de se produire plus que jamais dans le carême et a Pàque prochain, et qu'alors les membres de la municipalité, indissolublement attachés aux principes de la constitution, seraient sans cesse exposés a la fureur du grand nombre que lesdits ecclésiastiques ne manqueraient pas de replonger dans l'erreur; par ces considérations la municipalité arrête unanimement de porter elle même en corps la présente délibération à Mrs les administrateurs du district de Dol pour les solliciter a faire droit aux requêtes à eux ci-devant adressées de nommer au remplacement des dits Chevalier et Billon, ont de plus arrêté irrévocablement, que nonobstant les difficultés incroyables qu'ils avaient eu a trouver des citoyens qui voulussent accepter les fonctions municipales jusqu'à ce qu'on ai fait droit a leur requête ', se démetteront absolument de leurs places en présence de Messieurs les administrateurs du district de Dol, fait et arrêté, etc.

Directoire dit district.

Dol 15 décembre 1791.

Vu la requête présentée au département de l'Isle et Vilaine par le conseil général de la commune de Vieuxvy, renvoyée au directoire du district de Dol, le 9 nov. dernier, l'adresse de là municipalité dudit lieu au corps électoral signée d'un grand nombre des membres de la commune et finalement un arrêté pris par le conseil général de la même commune,

L^es administrateurs composant le directoire du district de Dol après avoir entendu Mr Pinson substitut du procureur syndic sur ce qu'il est attesté par la commune de Vieuxvy que les sieurs Chevalier et Billon prêtres, curé et vicaire de cette paroisse y soufflent le feu de la discorde en distribuant des catéchismes incendiaires, mésusent de leur ministère jusqu'au tribunal de la pénitence pour opérer la désunion entre l'époux

1. C'est le 4 décembre que les élections avaient eu lieu, et elles n'avaient abouti qu'après de nombreux tours de scrutin.

et l'épouse et dans les familles, que la présence de ces deux fanatiques ne peuvent que produire dans cette paroisse des effets les plus funestes à l'ordre social, sont d'avis que suivant le vœu de la commune de Vieuxvy, M1' Kauvelais, vicaire à S' Mard le Blanc, soit provisoirement nommé à la cure de la paroisse de Vieuxvy pour en remplir les fonctions à la place des sieurs Chevalier et Billon, que ces derniers soient tenus en conformité de l'arrêté du département du 14 de ce mois, de s'éloigner à trois lieues de distance des limites de la paroisse de Vieuxvy. dans la huitaine du jour qui suivera la notification de la nomination provisoire du sr Fauvelais à leur place.

Pinson. Delabignk, Fiustel.

Le 12 février suivant. Serrisier procureur fiscal et Louis Chevalier remettent à la municipalité les clefs du coffre fort de la fabrique.

Le directoire de Dol à la municipalité de Vieuorvy.

15 mars 1792.

Il est bien surprenant, Messieurs, que vous paraissiez jusqu'ici ignorer les manières honnêtes d'écrire à ceux vers qui les loix vous recommandent l'honnêteté et la bienséance, sans rien dire de plus, dans l'échelle des pouvoirs et de la subordination ; d'après les injures elles menaces que vous nous faites par votre lettre du 11 de Ce mois il ne vous restait plus que de venir au directoire aggraver vos impertinences comme le fait votre commissionnaire.

Le prétendu zèle que vous voulez afficher marque beaucoup plus d'insubordination que l'amour de la paix et la considération que tous les bons citoyens se doivent réciproquement. Quoi, parce que vous n'avez pas un curé constitutionnel et que pai- hasard vous en trouvez un. vous voulez que quatre vingt administrateurs se mettent a vos ordres, en campagne au milieu de la saison la plus dure et la plus rigoureuse ! C'est exiger trop. Quand sans se plaindre on a souffert un curé non

assermenté pendant deux ans. on peut bien l'avoir trois mois de plus.

Suite des séances de la municipalité,

1er avril 1792.

Le procureur de la commune requiert qu'il soit sur le champ délibéré sur la représentation d'une copie de sommation Sauvaget, huissier au tribunal du district de Dol, en date du 19 mars 1792. portant qu'il soit délivré un certificat au sr Louis Chevalier recteur et Joseph Billon curé, afin d'obtenir ce qui leur revient suivant les décrets de l'assemblée nationale, notifiée au dit sr Pallier maire, ce même jour.

Sur quoi l'assemblée délibérant, ont répondu qu'ils ne se sont jamais refusé d'obéir à la loi et aux décrets de l'assemblée nationale, mais que les sieurs Chevalier et Billon n'ont point ou du moins ont omis de donner la date de la loi qui ordonne aux municipalités de donner des certificats aux prêtres réfractaires à la loi. de ce qu'ils soient payés de ce qui leur est accordé par les décrets, au surplus qu'ils ne se refusent point a ce qu'ils ne se fassent payer par le directoire du district et même qu'on avait écrit aux administrateurs du district a ce sujet et qu'ils n'ont reçu aucune réponse.

Ce jour 22 avril Tan quatrième de la liberté, la municipalité de la paroisse de Vieuxvy sur Couesnon réunie en la sacristie lieu ordinaire de nos séances, s'est présenté le sieur Jean Michel Anne Pierre Fauvelais, nommé curé de cette paroisse par l'assemblée des électeurs du district de Dol des 1er et 2 de ce mois, lequel nous a représenté le procès verbal d'institution canonique lui délivré le 14 de ce mois sur papier timbré duement scellé et signé par M1' l'évêque, du deuxième vicaire général et Guillemois vicaire pour le secrétaire, de laquelle représentation nous avons décerné acte, d'après quoi le dit Fauvelais ayant monté en chair a devant nous, devant toute la garde nationale assemblée en armes et devant une grande affluence de peuple, tant de cette paroisse que des paroisses voi-

sines, il a juré de maintenir de tout son pouvoir la constitution du royaume, d'être fidèle à la nation à la loi et au roi et de veiller avec soin sur les fidèles que son élection a confiés à ses soins. Ce serment a été précédé d'un discours plein du civisme qui anime le nouveau curé et après les plus vifs applaudissements tant de nous que de la garde nationale en armes que du reste des citoyens. Le dit sieur Fauvelais a célébré la messe paroissiale et après la messe s'est rendu au presbytère accompagné par nous, par la garde nationale et grand nombre de peuple au son des instruments et au milieu des chants d'allégresse de tous les bons citoyens qui ressentent la plus vive joie de se voir enfin délivrés de ces prêtres réfractaires qui sous le voile de la religion cherchaient sans cessj a les égarer, a les soulever même contre notre auguste constitution qui nous a délivrés de la tyrannie sous laquelle les ci-devant seigneurs et nos prêtres nous faisaient gémir. De tout quoi etc.

Fauvelais prêtre, Pahier maire, etc.

Requête de Billon Joseph datée de Rennes 29 mai 1792. Son traitement était de 700 livres, son remplacement a eu lieu le 22 avril 1792 K

« L'exposant s'est adressé à Mrs les Adrs du directoire du district de Dol pour les prier de vouloir bien ordonner a la municipalité de Vieuxvy de délivrer le certificat requis ou de déduire les motifs de son refus; Messieurs les administrateurs du directoire de Dol ont eh conséquence écrit à la municipalité de Vieuxvy, mais elle a gardé le silence de sorte que l'exposant, sans aucune ressource, obéissant aux ordres du département s'est rendu à Rennes où il manque du nécessaire.

Votre justice, l'équité qui veut que chacun soit récompensé de ses services vous détermineront, messieurs, a vouloir bien ordonner à Mrs les officiers municipaux de Vieuxvy d'adresser au directoire du district de Dol le certificat des services de

1. Cette requête est adressée au directoire du département. — Mairie de Dol.

l'exposant; en tons cas les motifs qui les ont déterminés a lui refuser ce certificat. »

Rennes 1er juin 1792, 4* de la liberté.

Les membres composant le directoire du déparlement à Messieurs du directoire et Procureur syndic du district de bol.

Nous vous adressons. Messieurs, la requête du sieur Billon, ex xicaire de Vieuxvy sur Couesnon, tendante a obtenir de la municipalité de cette paroisse une attestation des services qu'il y a rendus, ou les motifs qui la détermine a la refuser.

Vous voudrez bien, Messieurs, donner connaissance de cette pétition a cette municipalité et nous mettre a lieu d'après votre avis de statuer sur la réclamation de cet ecclésiastique.

Jambin, Bertin, Gaucher, P. V. Varin, Malherbe pr geal syn., Thomas.

Rennes 18 juin 1792.

A M,s les administrateurs composant le directoire du département d'Ille et Vilaine*.

Expose Louis Chevalier ancien recteur de la municipalité de

Vieuxvy disant que suivant un arrêté du district de Dol du

le traitement de l'exposant pour l'année 1790 fut fixé a 1,200 liv. sur la quelle somme ayant eu a sa disposition 930 livres 8 s. 6 d. il lui est du pour ladite année 1790, 269 livres 11 s. 6 d. qu'il n'a pas encore touchés.

Le traitement de l'exposant n'était fixé qu'à 1,200 livres par an, mais la paroisse étant composée de plus de mille âmes, ce traitement a été fixé conformément a l'article cinq du titre trois de la loi du 24 août 1790 a 1,500 livres; cette somme est due en entier a l'exposant. Il lui est également du le premier quartier de 1792 avec le prorata du premier jusqu'au 22 avril dit an, époque de son remplacement, sur le même pied de 1,500 livres.

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