L.-G. Mondrin, recteur de Saint-Broladre
Saint-Bioladre, 30 janvier 1791.
A Monsieur Gautier Botonais, procureur syndic du district
de Dol.
J'ai l'honneur de vous faire passer inclus un autant de la non prestation de serment de notre curé et de notre vicaire certifié par nous et ceux de la municipalité qui étaient présents. Nous attendons vos ordres à ce sujet et soyez persuadé que dans tous les temps nous nous ferons un devoir de les suivre; c'est ce que je puis vous assurer
(1) Arch. dép., dossier Robidou. — Cet historien ;i reproduit ce document dans son Histoire et Panorama d'un beau Pays.
et en attendant le résultat de ce qui pourra arriver concernant notre opération, j'ai l'honneur d'être avec un profond respect, Messieurs,
Votre très humble et obéissant serviteur,
J. Jan, maire.
Nous, maire de la municipalité de Saint-Broladre, donnons avis à M. le procureur syndic de Dol que nonobstant la publication régulièrement faite en cette municipalité dimanche 23 de janvier du décret de l'Assemblée nationale du 27 nov. 1790, sanctionné par le roi le 26 décembre, reçu par ladite municipalité le 22 janvier, Monsieur Mondin, curé de ladite paroisse de Saint-Broladre, non plus que M. Quesnel, son vicaire, n'ont fait en aucune manière le serment prescrit et, au contraire, M. le recteur a déclaré publiquement en chaire pour lui et son vicaire qu'ils ne feraient point le serment civique prescrit par la loi et ce en présence de M. Quesnel, son vicaire, et de la municipalité. Mondit sieur curé a lu en outre une lettre de M. le ci-devant évoque de Dol qui proteste contre les décrets de l'Assemblée Nationale concernant la constitution civile du clergé. Ce que je certifie véritable en tout son contenu.
Saint-Broladre, le 30 janvier 1791.
Arondel, procureur de la commune; J. Jan, maire; Lepinay, Doudé, Denieul (1).
(1) Dossier Robidou.
Le Directoire de Bol à la Municipalité de Saint-Broladre.
1er avril 1791. — Votre greffier nous a fait passer le 28 mars dernier la délibération que vous avez prise le 20 dudit mois, à l'occasion du refus du curé de votre paroisse de lire celle du département du sept et de chanter le Te Deum, même de lire les décrets de la constitution civile du clergé.
La délibération du département ne contient qu'une invitation aux curés de chanter le Te Deum ; ils étaient les maîtres d'y déférer et c'est en cela que diffère l'invitation d'un ordre positif; vous n'avez pas dû, messieurs, être étonnés du refus de votre curé de se rendre à cette invitation, ses principes ne le lui permettaient pas, mais on ne peut le punir. Il n'en est pas [de même] de son refus de lire les décrets à l'issue de son prône, l'art. 4 de la loi du 2 juin 1790 lui en impose l'obligation à peine d'être déclaré incapable de remplir aucune place de citoyen actif. Mais, peut- on croire que cette privation serait, pour un ecclésiastique qui n'adopte pas les nouvelles lois, de quelque prix % D'ailleurs vous ne fixez point l'époque de son refus et comme les décrets sur la constitution civile du clergé ont déjà une ancienneté, il paraît que vous aviez vous-même renoncé à le poursuivre pour cet objet. Dans plusieurs municipalités on n'a pas tiré à la rigueur Là ce sujet], et des officiers municipaux se sont bornés à donner lecture des décrets que les curés refusaient de lire.
Nous vous savons gré, Messieurs, du soin que vous prenez de nous informer de ce qui peut intéresser le bien
public, nous vous serons obligés de rappeler aux prêtres de votre paroisse l'obligation où ils sont de lire au prône les décrets de l'Assemblée Nationale; s'ils s'y refusaient, vous voudriez bien nous en instruire. Ce refus doit être constaté de la manière que vous l'avez fait le 20 mars dernier.
Le 14 avril. — [Le district rend compte au département de sa lettre du premier à la municipalité de Saint- Broladre et termine ainsi cette communication : « Nous avons cru, messieurs, devoir vous rendre compte de notre correspondance avec cette municipalité, il ne sciait pas sans inconvénient que vous lui écrivissiez dans d'autres principes, il conviendrait même de lui faire sentir qu'elle ne devrait pas s'adresser à la fois, pour le même objet, à deux corps administratifs. »
Signé : Garnier, Gauthier, proc. syndic ; Herbert, Pinot.]
Saint-Broladre, 14 mai 1792, 4e de la Liberté.
Messieurs [les administrateurs du district de Dol],
Nous avons l'honneur de vous assurer que grâce au Ciel il n'y a aucun prêtre réfractaire dans notre paroisse, notre canton serait très tranquille si vous pouviez obtenir la réunion provisoire de Saint-Marcan avec notre rjaroisse et avec celle de Eoz-sur-Couesnon; nous n'avons pas absolument à nous plaindre du curé de Saint-Marcan; mais nous nous plaignons de son vicaire, le plus fanatique
que nous connaissions, qui a fait et qui fait tous les jours le plus de mal qu'il peut, et nous nous en plaignons avec d'autant plus de raison que vous accordez un traitement à un homme qui ne le mérite pas. La paroisse de Saint- Marcan ne fournissant point 500 âmes, elle n'avait point de vicaire dans l'ancien régime, ou si elle en avait un, le curé le payait; nous ne croyons pas que la nouvelle Constitution ait autorisé rien de contraire à ce sujet, nous vous prions donc, Messieurs, de ne pas nourrir des sueurs des citoyens un homme qui ne cherche qu'à déchirer sa patrie par ses discours et ses menées perfides. Raoul Goblé, citoyen de Saint-Marcan, a reproché publiquement à ce M. Aufrai qu'il volait son traitement, puisqu'il ne devait point y avoir de vicaire à Saint-Marcan; celui-ci lui a répondu qu'il donnait son traitement aux pauvres. D'après ces renseignements que nous vous attestons être véritables, nous espérons, Messieurs, que guidés par l'intérêt public, vous remédierez à ce mal qui ne vous était pas connu, en privant de son traitement le sieur Aufrai et en le forçant de s'éloigner d'une paroisse où il n'a aucun titre; c'est ce dont vous prient ceux qui ont l'honneur d'être avec respect, Messieurs, le Maire, officiers municipaux de Saint-Broladre.
Lepinay, J. Jan, maire; Denieul, municipal (1).
(l)Arch. dép., IV . 3 H.
juin 1703 59
Dol, 19 juillet 1792.
Le District à la Municipalité de Saint-Broladre.
Nous ne doutions point de votre zèle pour la chose publique; nous ne pouvons qu'approuver les mesures prises et vous engager à continuer votre surveillance contre les ennemis de l'ordre; mais nous devons vous observer qu'il ne faut jamais marcher que la loi à la main, nous ne manquons point d'appuyer votre demande d'armes auprès du département, qui vous en procurera sans doute s'il est en son pouvoir. Nous aviserons au moyen de vous délivrer des prêtres factieux qui vous avoisinent mais cela demande encore quelque temps, pendant lequel vous ne négligerez sûrement point de les surveiller et de prendre des informations exactes sur leur conduite. Il serait bon de vous assurer aussi si le sieur Sebille (1), est encore grabataire, ou s'il est en état de marcher et de nous le faire savoir, ne pouvant le forcer sans cela à se rendre au chef-lieu du département.
Directoire du District.
26 juin 1793. — Vu la pétition d'un citoyen de cette ville en date de ce jour par laquelle il dénonce que la municipalité de Saint-Broladre s'étant constamment refusée à l'exécution de l'art. 2 de la loi du 10 septembre 1792, il fallait en faire cesser l'abus; considérant que non seulement cette municipalité, mais encore celles des com-
(1) Chanoine de Dol retirée Roz-snr-C
ouesnon.
mimes de Boz-sur-Couesnon et de Vildé-Bidon sont en retard d'apporter au directoire du district les effets en or et en argent et qui sont d'ostentation dans leurs églises, ainsi que les inventaires qu'ils en ont dû rapporter, malgré les différents avertissements que l'administration leur a fait passer en exécution de la loi. Considérant que l'administration du district a été informée de la grande infidélité commise par la municipalité de Pleine-Fougères dans l'inventaire qu'elle fit des effets d'ostentation en argent de son église en n'y comprenant pas une lampe et une vierge d'argent qui en dépendent; que d'ailleurs, quoique l'administration ait prévenu la municipalité de faire l'apport au directoire de ces deux effets, elle s'y est constamment refusée, elle paraît même décidée à se soustraire à l'envoi qu'exige la loi.
Les administrateurs susdits, après avoir entendu le procureur syndic, ont nommé le citoyen Portai, leur collègue, commissaire pour, avec deux gendarmes qu'il requérera dans le plus bref délai, se transporter dans les paroisses de Saint-Broladre, Koz-sur-Couesnon, Pleine- Fougères, Saint-Marcan et Vildé-Bidon et rapporter au directoire les effets d'ornementation en or et en argent qui existent dans les églises de ces paroisses, etc....
Je soussigné, Louis-Augustin Pissis, prêtre, ex-bénédictin, vicaire de la paroisse de Saint-Broladre, déclare et certifie qu'il appartiendra que le citoyen Jean Briand, chez qui j'ai été conduit par les Brigands et où j'ai demeuré 24 heures, n'a eu aucun mauvais traitement pour
mars 1794 61
moi, qu'au contraire il a cherché à apaiser les mauvais Brigands à mon égard.
A Saint -Broladro, ce 27 décembre 1793.
De plus, je certifie que les Brigands ont forcé ledit Briand à ouvrir la porte de sa maison pour les loger et qu'il n'est pas en ma connaissance qu'il ait rien emporté du presbytère.