L.-A. Pissis, vicaire
10 ventôse (28 février 1794). — Sur l'avis donné à cette administration que la municipalité de Saint-Broladre porte encore dans les processions religieuses une bannière garnie de fleurs de lys et d'étoiles, les administrateurs, ouï l'agent national, considérant que ces emblèmes du fanatisme et du royalisme sont proscrits parla loi et qu'ils doivent être en horreur à tous les Français, arrêtent que deux gendarmes se transporteront de suite à Saint-Broladre pour s'emparer de cette bannière et la déposer à cette administration pour être brûlée ou en être fait ce qu'il sera vu appartenir conformément à la loi.
Le Directoire de Bol à la Municipalité de Broladre.
25 ventôse an II (15 mars 1794) — Vous nous écrivez, citoyens, que les officiers volontaires en garnison à Baguer-Pican se proposent d'aller dans votre commune y renverser les croix, vous nous dîtes que vous ne connaissez pas de lois qui vous obligent à les enlever. Vous avez sûrement reçu, ainsi que le reste de la Bépublique,la loi
(1) Rennes, arch. du Palais .fonds district de Dol, dossier Hamon.
qui oblige d'enlever de dessus les chemins tous signes de fanatisme, vous auriez doue dû déjà la mettre à exécution; songez, citoyens, que vous répondez des maux que vos retards pourraient occasionner.
De plus, il reste dans votre église de l'argenterie de cuivre, que nous vous invitons d'apporter à l'administration.
Extrait du registre de la commune de Saint-Broladre où est écrit ce qui suit :
L'an deuxième de la Eépublique française une et indivisible, le trois germinal (23 mars 1794), a comparu en la chambre le citoyen Louis Lechantoux, aide du citoyen Hamon, ci-devant curé de cette commune, nous ayant donné connaissance que le citoyen Pissis, cidevant vicaire de la susdite commune, faisait ses paquets pour vouloir sortir de la maison du citoyen Hamon qu'il habitait depuis plus d'un an, mais que ne se méfiant point de la probité du citoyen Pissis, qu'il serait cependant bien charmé de savoir ce que le citoyen Pissis enlevait du presbytère; vu qu'en l'absence du citoyen Hamon, il était chargé de tous les effets qui existaient dans le susdit presbytère et qu'il doit en répondre; en conséquence nous a requis de nous transporter chez Jean Coudrai, habitant de notre commune, où ledit Pissis a déposé les susdits paquets, nous nous sommes de suite transportés chez ledit Coudrai où y étant arrivés environ les trois heures de l'après-midi, y étant entrés, nous avons trouvé ledit Pissis, auquel nous avons demandé où étaient les effets qu'il venait d'enlever de la maison du citoyen
Hamon, qu'il habitait depuis quelques jours, a répondu qu'il allait les présenter et satisfaire à notre demande et de suite, nous a présenté deux sacs remplis d'effets, sur quoi nous avons demandé audit Pissis l'ouverture pour vérifier ce qu'ils contenaient et, après en avoir fait l'ouverture, il s'y est trouvé les effets détaillés ci-après : scavoir :
Un grand calice avec sa patène et deux petits ciboires, le tout en argent, et deux boui ses dans lesquelles étaient plies les deux ciboires, excepté un qui était dans sa poche, de plus deux bourses avec plusieurs linges dedans, dont une garnie en argent et l'autre en or, deux surplis, deux aubes, une étoile et une couveiture de ciboire garnie d'une frange en argent et en or, une petite bouëte en étain, une paire de bas en soie noire marquée S-9, plus une écharpe garnie en argent, une aube, un cordon et un surplis de différentes couleurs, dont l'un est marqué L. (suit l'énumération de différents effets), plus une cuillière d'argent marquée des armes ci-devant a baillis Saint- Michel, plus un havresac de peau fesant le reste des effets enlevés par ledit Pissis du presbytère, de plus un portefeuille fermant à clef contenant différents papiers et 430 livres dont nous avons remis ladite somme audit Pissis.
Après une exacte vérification des susdits objets, la municipalité a reconnu plusieurs articles appartenant à la ci-devant église paroissiale de la susdite commune et l'autre partie au citoyen Hamon, ce que le citoyen Pissis a avoué lui-même et l'avons sommé de signer sa déclaration, ce qu'il a accepté. La municipalité, ne pouvant en
connaître, étant hors de sa compétence et ayant matière de vol, l'a renvoyé par devant le juge de paix de ce canton; de tout quoi, etc..
Suivent les signatures.]
[En marge le nota suivant] : cette pièce a été remise au directeur du juré, depuis l'Assemblée.
: Lemonnier.
[Dès le lendemain, Pissis paraît devant le tribunal de police correctionnelle du canton de Eoz-sur-Couesnon. Interrogé et ayant répondu qu'il avait enlevé ces objets pour les préserver du pillage des brigands], on lui fit observer que depuis que les brigands avaient évacué la commune, il aurait eu le temps de les rendre à ceux à qui ils étaient. — A répondu qu'il attendait le retour du citoyen Hamon pour lui remettre le tout. — On lui observe que c'était à la municipalité qu'il devait remettre les ornements de l'église pour qu'elle pût les envoyer au district.
Premier témoin Ladite Chevalier déclare que ledit
Pissis lui a dit plusieurs fois qu'il comptait s'en aller et qu'il lui a demandé une poche pour mettre ses effets et qu'elle n'était pas chez elle lorsqu'on y apporta les effets et qu'à son retour elle dit qu'elle allait les jeter dehors et qu'elle n'en voulait pas chez elle, sans savoir ce que contenait les deux sacs et a dit n'avoir d'autre connaissance.
Deuxième et dernier témoin Ledit Coudray, sacristain, dépose que ledit Pissis le pria de prendre deux paquets qui étaient au ju'esbytère et de les porter chez lui
ou chez Jean Jeanne, mais sans lui dire ce que lesdits sacs contenaient; que ledit Pissis était à l'église lorsque l'inventaire des effets de l'église fut fait et que c'était luimême qui l'écrivit.
[Le tribunal a condamné ledit Pissis à être conduit dans la prison de Dol avec les deux sacs d'effets pour être servis au juré d'accusation.]
[Le 5 germinal, Lemonnier, directeur du juré d'accusation du district de Dol, interroge Pissis qui reconnaît avoir soustrait une mauvaise soutane, deux mauvais habits noirs, trois paires de bas et une paire de fausses manches appartenant à Hamon, mais avec l'intention de dire au sacristain de les reporter dans l'église. Il déclare que l'inventaire fut fait après le passage des brigands, qu'il en fut l'écrivain et que partie des effets qu'on venait de lui représenter y étaient compris.
Le lendemain 6 germinal fut dressé l'acte d'accusation
et le 16 (5 avril) le juré déclara que oui, il y avait lieu ]
En conséquence, le directeur du juré, J.-B. Lemonnier, ordonna que ledit Pissis sera transféré en la maison de justice du tribunal criminel dans le délai de 24 heures à partir de la notification du jugement.
[Cette notification fut faite le 24. Le juré d'accusation était composé de :
Lair, officier ministériel de Dol; Day, huissier à Dol; Jean, maire de Broladre; Robiou, officier municipal de Combourg; Greffier, officier de santé à Dol; Blemus, maire de Mont-Dol; Guillier, cultivateur à Broladre; Dupuy père, cultivateur à Baguer-Morvan.]
Le 28 germinal (17 avril 94), interrogé par le président
du tribunal criminel du département, Pissis dit qu'il n'a jamais eu l'intention de s'emparer de ces objets, qu'il avait au contraire le dessein de les conserver et s'il les transporta de la sacristie où ils étaient dans le presbytère où il les a mis en dépôt, ce fut pour les soustraire à la rapacité des brigands dont il craignait une troisième invasion dans la commune.
Le 17 floréal (6 mai), le chef du juré de Rennes a dit : Sur mon honneur et ma conscience, la décision du juré est qu'il a été soustrait des possessions de la République dans la commune de Broladre un calice d'argent avec sa patène, deux custodes d'argent et quelquesuns des effets présentés, que le fait est constant.
Que Louis-Augustin Pissis, ex-vicaire de Broladre, est auteur du fait, qu'il en est convaincu et que la soustraction n'est pas un vol.
S.-B. Pigeon, premier juré.
[A la suite de cette décision, il est reconduit en prison à Dol.]
Heçjistre d'eerou de la prison de Dol.
4 germinal 2e année (24 mars 1794). — Gardien de la prison de cette ville, tu es par moi Jean-Marie Dupage,
caporal des grenadiers du 4e bataillon du % chargé de
la garde de Louis Pissis, ci-devant vicaire de Saint-Broladre, en vertu d'ordre du juge de paix du canton de Eoz.
Le 25 germinal (14 avril). — Gardien, tu es déchargé du dénommé ci-contre qui est conduit à Rennes aux fins
de réquisition du commissaire national de Dol ledit jour que dessus.
Le maréchal des logis Lemonnier.
20 floréal 2e année (9 mai 1794). — Gardien de la prison de cette ville, tu es chargé du dénommé Augustin Pissis, ci-devant vicaire de Saint-Broladre.
Déchargé dudit Pissis, porté à l'hôpital, ce 13 prairial an 2 (1er juin).
14 messidor an II (2 juillet 1794). — Le procureursyndic de Dol, à l'agent national de Saint-Broladre [qui lui demandait si on devait encore fêter les jours ci- devant appelés dimanches] :
« Il m'est facile de te répondre que non et que ceux qui seraient attachés à cette vieille habitude ne mériteraient pas être regardés comme de vrais citoyens et de bons républicains. La Convention a décrété le 18 floréal dernier des fêtes décadaires, mais loin de décréter qu'on fêterait les anciens dimanches, elle l'a, au contraire, défendu au moins explicitement, en décrétant qu'on célébrerait des fêtes les jours de décadi. »
Ce 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799).
Le Commissaire du gouvernement près V administrateur cantonal de Roz-snr-Couesnon au Département.
«...Qu'il y a dans la commune deKoz-sur-Couesnonet Saint-Marcan plusieurs déserteurs et ex-chouans rentrés depuis peu de jours, qui sont sans cesse avec les deux
prêtres insoumis, qui sont cachés dans ces deux communes et regardés comme très dangereux. »
Le Commissaire du Gouvernement du canton de Roz-sur- Couesnon transféré à Saint-Broladre (1).
Je vous donne avis que la proclamation du 7 et les arrêtés des consuls qui sont à la suite fut affichée et lue et publiée le 26 (2) en ma présence au chef -lieu de ce canton J'invitai les agents municipaux d'en faire autant
dans chaque de leur commune, ce qu'ils firent tous le lendemain. J'ai été instruit que dans les communes de Saints, Cherrueix et Georges-de-Grehaigne elle y avait produit un bon effet et que les habitants en avaient entendu la lecture avec toute l'attention et la satisfaction possibles. Je vis avec peine que les habitants de Saint- Broladre n'y portèrent pas tant d'attention et l'on m'a dit que ceux de Eoz-sur-Couesnon et de Saint-Marcan en avaient fait autant, ce que j'attribue à l'influence qu'ont sur eux les prêtres émigrés.
Malgré l'indifférence que ces habitants montrent pour tous les actes du gouvernement, ils n'ont pris aucune pa' t aux rébellions et depuis fort longtemps il ne s'y est, à ma connaissance, commis aucun délit.
Vous observerez que depuis cette publication les prêtres insoumis qui exerçaient publiquement ont cessé de le faire et qu'ils n'exercent plus que la nuit. Les sentiments républicains du gouvernement ont déchu leurs
(1) Arch. dép., L, 311.
(2) Nivôse an VIII (10 janvier 1800).
espérances, ils avaient répandu le bruit que les journées des 18 et 19 brumaire étaient la destruction de la Képublique et des républicains.
Les prêtres soumis des trois autres communes continuent d'exercer paisiblement; l'esprit public y est toujours bon; tel est, citoyen commissaire, la situation de ce canton.
Salut et fraternité.
Gilles Lafontaine.
[Le 6 pluviôse an VIII (26 janvier 1800), Gilles Lafontaine, commissaire du pouvoir exécutif près l'administration municipale du canton de Eoz-sur-Couesnon, à celui du département : « Si nous pouvions nous débarrasser des prêtres insermentés qui existent dans le canton, il serait tranquille. »
Le 15pluviôse de nouveau :« Tant qu'aux prêtres,
ils exercent par continuation et presque publiquement dans les communes de Eoz et de Saint-Marcan; je ne connais aucun moyen de les en empêcher sans force armée. »
Enfin le 30, il annonce qu'après avoir organisé la garde nationale à Saint-Broladre, il est arrivé que personne n'a voulu être chef : « L'on m'a dit que le x^rêtre qui était dans cette commune, ajoute- t-il, a défendu de faire la déclaration d'être fidèle à la Constitution, qui est, dit-il, pire que tous les serments; d'après cela, il est facile d'apprécier l'influence de cette classe d'hommes si nuisible à la société»] (1).
(1) Arch. dép., L, 311.
NOTICE
Population en 1792 700 h.
en 1902 807 h.
Le revenu net de la cure de Saint-Marcan était de 2,000 livres. La formule employée par le recteur, M. François Houart, dans sa prestation de serment, ne satisfit pas les autorités du district. Il dut s'exiler avec M. Auffray, son neveu et vicaire (1). Rentré en France, après la tourmente révolutionnaire, M. Houart se retira à Saint-Quay (Gôtesdu-Nord), son pays natal, oie il mourut. M. Auffray fit partie de V expédition de Quiberon, échappa au massacre qui suivit la défaite des émigrés et vint vivre caché à Saint- Marcan, où on montre encore, dans cette paroisse, au village du Tertre- Allain, la cachette où il se réfugiait (2). Il passa en 1803 dans le diocèse de Saint-Brieuc.
M. Gilles Marie, vicaire insermenté de La Boussac, était de Saint-Marcan.
Ce fut M. François- Bertrand Pinel qui fut nommé recteur en 1803.
(1 ) Les dernières signatures de ces prêtres sur les registres paroissiaux sont du 22 juillet 1792.
(2) Guillotin de Corsos : Les Confesseurs de la Foi, page 305.
DOCUMENTS
Requête à Messieurs du District par la Municipalité et les paroissiens de Saint- 31 arcan.
Messieurs, Frappés ainsi que le clergé du décret qui l'assujettit à la prestation du serment civique, sous peine d'être privé de son traitement et de sa place, notre recteur et notre curé n'ayant pu le prêter sans restrictions, pour les raisons qu'ils nous ont expliquées dimanche dernier, 30 de janvier, nous vous demandons et requérons qu'ils nous soient conservés et déclarons n'en pouvoir recevoir d'autres sans mission légitime de l'Eglise, nous demandons de plus que notre paroisse soit conservée sans être réunie à d'autres et que messieurs nos recteur et curé soient au plus tôt payés du traitement décrété par l'Assemblée Nationale pour 1790 et des trois premiers mois de 1791, ce que nous avons signé à Saint-Marcan, ce 2 février
Joseph Marie, Jean Pichon, Jean
Guillois , An tir me Delépine , Claude Moubèche, Jean Moubèche, Eené Marie, Vincent Eouxel, Claude Moubèche, Louis Chiennard, François Eouxel Pierre, Pierre Marie, secrétaire (1).
(1) Areh. dép., LR, 3e liasse
mai 1792
Directoire du District.
5 février 1791. — A l'endroit, viron midi, Claude Moubèche, l'un des notables de la paroisse de Saint-Marcan, ayant remis un extrait de la délibération prise par la municipalité de cette paroisse le deux de ce mois, tendant à demander le payement du traitement de ses prêtres, ainsi que leur conservation, et contenant la déclaration formelle de ne pouvoir recevoir d'autres ecclésiastiques sans mission légitime de l'Eglise, le directoire, ouï le procureur syndic, est d'avis qu'il soit fait sur-le-champ une expédition du susdit procès ve bal, pour être envoyé au département par le courrier de ce jour.
26 mai 1792. — Il est d'usage aux jours des Eogations que les paroisses fassent des stations l'une chez l'autre. Aux Rogations dernières, le curé constitutionnel de Saint-Broladre se rendit avec ses paroissiens à Saint- Marcan, paroisse dont le curé n'est pas assermenté. La municipalité en écharpe s'y rendit; les cloches carillonnèrent, les deux curés se donnèrent l'accolade, se virent, se quittèrent avec la plus vive cordialité au grand contentement des paroissiens. Le vicaire de Saint-Marcan, neveu du curé, s'était retiré à la venue de la procession, mais il se détermina cependant à accompagner le curé, son oncle, lorsque celui-ci, le lendemain, se rendit processionnellement avec ses paroissiens à Saint-Broladre, où ils furent accueillis (1).
(1) Bibl. pub. de Rennes, Journal des Départements.
1er août 1792. — [Le procureur syndic de Dol écrit aux recteur et vicaire de Saint-Marcan que cette paroisse pour le spirituel ayant été réunie à celle de Saint-Broladre, par arrêté du directoire du département en date du 21 juillet, conformément à l'avis de M. Le Coz, ils avaient à se rendre à Kennes, conformément à l'arrêté du département du 14 avril, et cela d'ici trois jours, à moins qu'ils ne prêtent le serment d'allégeance et alors ils u1 auraient qu'à s'éloigner de trois lieues de leur paroisse.
Le 9 août, dépôt au district par M. Fristel du procèsverbal de clôture de l'église.]
Fructidor an II. — Inventaire et prisage des effets au cy-devant presbytère de l'ex-curé F. Houard, montant à 2,663 1. 7 s.
Le 4 frimaire an III (24 novembre 1794). — Un bataillon de 12 sapeurs est cantonné à Marcan, pour permettre d'effectuer la vente de ces effets (1).
Directoire du District.
6 ventôse an IV (25 février 1796). — Vu la lettre adressée à cette administration par le citoyen Maréchal, commandant de la place de Dol, par laquelle il annonce qu'il existe une cloche dans la ci-devant commune de Marcan, au son de laquelle se ressemblent les chouans ou les instruits de la marche des troupes républicaines, les administrateurs du ci-devant district de Dol, après avoir
(1) Arch. dép., 2 L, 28.
ouï le procureur syndic, considérant que la sûreté exige impérieusement que la cloche qui existe à Marcan soit portée à Dol, afin d'ôter aux ennemis de la chose publique un signal de ralliement, considérant en outre que la ci- devant commune de Marcan a été réunie à celle de Broladre et que la loi ne veut qu'il n'existe qu'une cloche par commune,
Arrêtent d'inviter le commandant de cette place de donner des ordres au commandant de la force armée qui est en cantonnement à Broladre, pour qu'il fasse descendre la cloche qui existe encore à Marcan, et qu'il la fasse apporter à Dol, que pour cet effet, il sera adressé une copie du présent au citoyen Maréchal.
Le 22 ventôse an V (12 mars 97). — [L'agent national et Moubèche, adjoint de Saint-Marcan, réclament au département leur dernière cloche qu'un capitaine du 83e bataillon leur avait enlevée à force armée à l'instigation d'une commune voisine et qui fut conduite dans la cour du ci-devant district, cloche qui leur est de toute nécessité pour la chose publique, les assemblées, les incendies, etc..
Le 11 ventôse an XI (2 mars 1803). — Le sous-préfet de Saint-Malo invite le maire de Dol de donner l'ordre au concierge des bâtiments du génie où se trouve la cloche réclamée par les habitants de Saint-Marcan de remettre cette cloche aux habitants de cette commune.]
Eeçu la cloche, 14 ventôse an XI.
Goblé, maire (1).
( 1 ) Mairie de Dol.
NOTICE
Population en 1790 707 h.
en 1902 806 h.
La paroisse de Saints avait une existence toute particulière; « elle n'appartenait à aucun diocèse quoi qu'enclavée en celui de Dol, le chapitre nommait le recteur et lui conférait son bénéfice pleno jure sans que Vévêque eut droit d' * intervenir» (1). Est- ce là la cause qui fit qu'aucun prêtre insermenté ne vint ni en cachette ni ouvertement sur le territoire de cette commune, pendantle cours de la Révolution, troubler les prêtres assermentés dans V exercice de leur schisme, et que les chouans n'y commirent ni assassinats ni pillages, tandis qu'ils affligeaient de leurs méfaits les communes riveraines^
M. Julien Daron, né à Pleine-Fougères le 23 juillet 1731, était sous-chantre à Dot quand il fut pourvu à ce bénéfice le 10 mars 1776 et en prenait possession le 1er mai.
Il avait comme vicaire depuis 1786 Charles Egault, de Saint-Carné, près de Dinan. Tous les deux prêtèrent le serment civique en mai 1790 et le serment à la constitution civile du clergé le 23 janvier 1791, puis celui de liberté et
(1) PouiUé de M. Guillotin de Corson.
cf égalité le 30 septembre 1792. Le 14 ventôse an II (4 mars 1791), ils déposèrent leurs lettres de prêtrises à la municipalité, « désirant, ajoute mélancoliquement M. Daron, que la paix règne toujours dans la commune comme je Vai eut rétame. »
Le 16 mai 1795, M. Egault déclare aller habiter Saint- Carné et le 21 août son curé rouvre V église et rétablit V exercice public du culte qu'il pratiqua jusqu'en lS04=,époque à laquelle ses infirmités V obligèrent à se retirer du ministère. Mort à Pleine-Fougères chez sa sœur le 16 mars 1809.
Julien Nicole, originaire de Saints, titulaire de la chapcllenie de Langevinière, élu procureur de la commune, prêta en mai 1790 le serment civique et fêta V anniversaire de la prise de la Bastille au 14 juillet, puis s'arrêta là. Le 17 février 1791, il donnait sa démission de procureur et comme il célébrait ses messes dans la chapelle de Langevinière, lesquelles attiraient beaucoup de monde, la municipalité d'abord, en invoquant une ordonnance de Le Coz du 12 septembre, puis M. Daron en invoquant les canons de l'Eglise, lui signifièrent le 8 novembre d'avoir à abandonner sa chapelle pour l'église paroissiale.
Le 3 mai 1792, se conformant à l'arrêté du département du 14 avril, il se rendit à Rennes où il logea à la Corne-de- Cerf. Le 14 août, il est dit enfermé à Saint- M elaine et âgé de 47 ans et le 8 septembre conduit à Saint-Malo pour être déporté à Jersey, décédé en 1809 curé du Vivier -sur -Mer.
Le successeur de M. Daron en 1804 fut M. Augustin Lecarlatte, l'ancien vicaire insermenté de Roz-sur-Couesnon.
DOCUMENTS
Registre des délibérations de la Municipalité de Saints.
[En mai 1790, les deux drapeaux achetés pour proclamer la loi martiale sont apportés à l'église, placés auprès du maître-autel et bénits par M. Julien Daron, recteur, Charles Egault, curé, et Nicole, prêtre, et ces troi s ecclésiastiques prêtent le serment d'être fidèles à la Nation, à la loi et au roi et de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume décrétée rjar l'AssembléeNationale et approuvée par le roi.
La signature de Nicole est ainsi libellée : « Nicole, prêtre et procureur. »
14 juillet 1790. — [Le clergé et la municipalité procèdent à la fête commémora tive de la prise de la Bastille].
Saints, 15 novembre 1790.
Messieurs [les administrateurs du district],
Voi i la déclaration la plus fidèle que je peux vous faire dans l'état d'infirmité où je suis depuis deux mois.
Vous savez que mon bénéfice est à portion congrue de 700 livres pour cette année eulement. Vous avez reçu une des fermes qui était la dernière que j'avais faite avec le chapitre des anciennes novalles et des terres de mon bénéfice qui consistent en 7 journaux quelques cordes dont voici les noms
Le chapitre possédait toutes les dixmes, à l'exception de deux petits traits dont l'un appartenait au prieur de Saint -Broladre que j'avais affermé d'avec M. Vadet pour lors fe mier, la somme de 60 livres, le sixième qu'avaient les ecteurs; en outre, M. Flouville qui succéda, ayant vu quelques nouveaux défrichements, émit 15 livres de plus et la ferme finit il y eut un an à la Saint-Michel dernière; voyant la dixme abolie, nous n'avons pas fait de nouvelle ferme.
Le chapelain de Lange vinière ramassait tout et me donnait ma part qui pouvait se monter à dix livres, la dixme n'est qu'à la 16e.
L'obiterie ne vaut que sa desserte, on ne peut se faire payer, la plupart des titres sont perdus ; elle peut valoir 36 livres à chacun.
Pauvres paroissiens, pauvre recteur.
Je certifie la présente déclaration fidèle, etc.
Daron, curé de Saints, très infirme par la goutte (1).
Etat du payement de la portion congrue de 500 livres par an dues à M. le recteur de Saints et de 250 livres dues également à M. son curé. Eéglées pour les années 1787 et 1788 (2).
1° Les terres et novalles abandonnnées par M. Leban, recteur de Saints en 1768, sont affermées à M. le recteur actuel à commencer du jour Saint-Michel 1783 pour les terres et à finir à pareil jour 1789, et pour les novalles à finir par la récolte de 1789, pour en payer annuellement
(1) Arch. dép., LR, 3e liasse.
(2) Arch. dép., LV, circonscription des paroisses.
à la décharge do tous les contribuables à cette portion congrue, la somme de 210 1. 9 d.
2° Le prieuré de Sl- Broladre pour le trait de dixmes lui appartenant contribue à ces portions congrues de.. 15 1. 12 s. 4 d.
3° Le même prieuré pour la sixième gerbe dans le trait abandonné également en 1768 et confondu avec le surplus des dixmes du trait, paye annuellement de contribution... 13. 16. 5. 29. 8. 9.
4° M. Nicole comme titulaire de la chapelle de Langevinière paye pour son trait de dixmes en contributions aux portions congrues 10. 6. 8. !
5° Et pour la sixième g-?rbe abandonnée en 1768 confondue dans le trait dont le sieur abbé Nicole jouit par ses mains 9. 19. 6.8.
6° Les titulaires des Total 258.
canonicats auxquels Report 258. 23. 26.
sont annexés les foranités, la scholastique pour son sixième et la fabrique de la cathédrale pour son trait de dix mes contribuent à ces portions congrues pour 491. 4. 7.
Total 750 liv.
Registre de la Municipalité.
Dimanche 16 janvier 1791 nous soussignés avons déclare au prôno de la grand' messe que dimanche prochain 23 du présent mois nous renouvellerions le serment civique du 14 juillet que nous avons déjà prêté et ce en conséquence de celui du 27 novembre dernier 1790 sanctionné par le roi le 26 décembre 1790 pour être prêté par les évêques, ci-devant archevêques et autres ecclésiastiques fonct'onnaires publics, en conséquence, nous jurons d'être fidèles à remplir et faire les fonctions de notre ministère, d'être également fidèles à la Nation, à la loi et au roy et de maintenir de tout notre pouvoir la constitution décétée par l'Assemblée Nationale et sanctionnée par le
roi.
Daron, curé de Saints.
Egault, vicaire de Saints.
Procès-verbal de prestation du serment civique par M. Julien Daron, curé, et Charles Egault, vicaire de la
paroisse de Saints, on exécution du décret du 27 novem. bre 1790.
Le dimanche 23 janvier 1791, environ les onze heures et demie du matin, à l'église de la commune et paroisse de Saints, à l'issue de la grand'messe et en présence du conseil général de la commune et des fidèles assemblés? M. Julien Daron, curé de ladite paroisse, s'est présenté pour prêter le serment civique en exécution [etc...]
Et à cet effet ledit sieur curé, après avoir fait sa déclaration de prestation par écrit du serment, le dimanche précédent, quoique le décret ne fut pas encore parvenu à notre dite municipalité, et après avoir exprimé à son peuple ses sentiments d'attachement à la nouvelle constitution comme il a toujours fait, a prononcé à haute et intelligible voix et la main levée et non sur la poitrine, le serment solennel de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse confiés à ses soins, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roy et de maintenir [etc...].
Ensuite s'est présenté M. Charles Egault, vicaire, qui, en présence de l'assemblée et ap es avoir fait également sa déclaration de prestation dudit serment par écrit le dimanche précédent, la main levée, a pareillement fait et prêté le serment de remplir avec exactitude [etc.] ce fait, et aucun autre ecclésiastique ne se présentant plus pour faire le même serment, l'assemblée s'est séparée.
25 janvier 1791.
Le Directoire de Dol à celui du département. î^ous avons l'honneur de vous faire passer deux man-
dats pour les curé et vicaire de la paroisse de Saints, savoir pour le premier de 800 livres et pour le second de 525 livres, la population de cette paroisse montant à 707 aines.
A s'en tenir à la lettre ci- jointe de M. Daron, curé de Saints, nous aurions adopté à son égard une ultra petita et à celui de son vicaire une non petita, mais nous avons cru devoir suppléer leur demande. Ce sont deux ecclésiastiques dociles à la loi et qui méritent toute l'étendue de sa protection. Instruits que le décret du 27 novembre leur parviendrait le 23 de ce mois, ils donnèrent avis à leur municipalité de leur intention de prêter le serment le môme jour; le procès- verbal qui nous a été remis ne laisse aucun doute à cet égard. Nous désirons, Messieurs, que vous puissiez nous expédier par le courrier prochain ces deux mandats, nous les avons séparés de notre envoi pour qu'ils ne vous échappent pas.
Registres de la Municipalité.
17 février 1791. — Vu l'éloignement et l'incompatibilité qui se trouve dans mon état de prêtre et la place de procureur de la commune, je prie Messieurs les officiers municipaux de s'assembler pour en élire un autre, leur déclarant par ce présent me démettre à compter de ce jour.
Nicole, prêtre.
Vu la délibération de Messieurs les administrateurs du département d'Ille-et- Vilaine du 7 mars 1791 par
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laquelle il est enjoint aux procureurs des communes d'inviter Messieurs les curés et vicaires à chanter le Te Deîim pour rendre grâce à Dieu d'un choix si propre (sic) à justifier les espérances que la religion a fondées sur l'heureux retour aux formes anciennes de l'Eglise (1); pour nous conformer à cette délibération, il n'a point été nécessaire que le procureur de la commune ait invité nos prêtres à ce faire; il a été décidé dès le jour de la réception de la délibération ci- dessus de la leur communiquer, bien plus, vu que nous sommes investis de toutes parts des ennemis de la Révolution, nous avons à cet effet convoqué la garde nationale, craignant d'être troublés dans une pareille cérémonie aussi louable et aussi digne d'amour que celle-là; la municipalité ayant donc été en corps à la grand'messe, la garde nationale s' étant donc campée en garde en différents endroits, et après avoir donné la bénédiction de la messe, le prêtre officiant commença à chanter le Te Deum, soutenu de tout le peuple rassemblé et au son du tambour et des autres instruments de musique de la garde nationale.
A Saints, ce 13 mars 1791.
26 avril. — Un membre a représenté qu'ayant fait avertir le sieur Julien Nicole, prêtre et chapelain de l'Angevinière, de venir célébrer une messe de fête de Pâques, et même par commissaire nommé à cet effet, le sujet en était qu'il y avait et est encore malade un de nos
(1) Il s'agit de l'élection de Le Coz.
ecclésiastiques Vint le rapport du commissaire arrivant à sept heures du soir dimanche 24 du présent, ledit sieur Nicole répondit qu'il préférerait dire sa messe à l'église de la paroisse, mais qu'il avait tous les dimanches charge d'âmes à sa chapelle, de plus qu'il n'y a pas de dimanche et fête qu'il n'ait assistant à sa messe, depuis quatre à cinq cents fidèles, ainsi de deux maux il doit choisir le moindre, « sachant que je pourrais faire en allant à l'église perdre la messe à plus de personnes qui pourraient se trouver à ma chapelle tandis que je serais à l'église, voilà ce qui m'engage à rester. » La municipalité et le général de la paroisse se sont trouvés indignés de cette réponse disant qu'un chapelain et un prêtre de la paroisse était plus redevable à sa paroisse qu'à une infinité de personnes des confins des paroisses voisines... décident d'envoyer deux commissaires près du prêtre Nicole.
A Messieurs les Directeurs du district de Dol (1). Messieurs, les soussignés ont l'honneur de vous représenter que les trois prêtres fonctionnaires de Pleine-Fougères, le vicaire de Eoz-sur-Cousenon et celui de La Boussac nommé Marie, avec le chapelain de Langevinière, ennemis jurés de la Constitution, ne cessent de publier à leurs paroissiens et même aux nôtres qu'ayant fait le serment civique, nous sommes excommuniés, et que le8 sacrements que nous administrons sont autant de sacrilèges et pour nous et pour eux, ils poussaient même l'iniquité jusqu'à leur défendre de venir à nos offices, surtout à nos messes, et par là mettent le trouble partout,
(1) Cotte requête non datée doit être évidemment du mois de juin.
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principalement dans les consciences timorées, tellement que nous avons deux jeunes paroissiennes qui sont comme toutes désespérées par les discours du sieur Marie et ne cessent d'allumer le feu de la discorde en supposant autant qu'ils peuvent à tout le bien que nous cherchons à faire.
Ledit chapelain n'assiste plus les fêtes et les dimanches à aucun de nos offices; il s'est réuni aux ennemis de la paix et va de maisons en maisons où il y a de bon cidre. Sa chapelle doit être interdite de droit, étant contre tous les canons de l'Eglise dans un pavillon attaché aux écuries et retraites des valets et il s'y rend un grand nombre de gens qui sont obligés pour la plupart de rester dans la cour et cependant passent avec cela, comme lui, n'approchant pas de nos offices et des instructions que nous pouvons y faire. Sendavit était le lieu où était autrefois cette chapelle et avant qu'elle fût tombée, elle se desservait à l'église paroissiale selon un titre que nous avons et dont on vous a envoyé une copie. On nous a aussi dit que le sieur Nicole, craignant apparemment de n'être plus payé, ne cessait de nous calomnier de plus en plus et travaillait de toutes ses forces à faire venir (1) la paroisse de Saints à celle de Pleine-Fougères afin de mieux jouer son rôle et se soustraire plus facilement à toute subordination et à toute loi et nous mépriser plus sensiblement.
La paroisse de Saints ne doit pas être réunie à celle de Pleine-Fougères pour plusieurs raisons; la première à cause d'une désunion qui règne entre lesdites deux pari) Hennir.
roisses pour notre serment civique, et en voici une preuve que Mme Gaudrion en a donné elle-même la semaine dernière en disant à un homme de Pleine-Fougères qui est venu à Saints s'établir et qui lui témoigna prendre le parti de ceux qui ont fait le serment parce qu'on était tranquille à Saints, qu'elle ne les aimait pas elle, et qu'elle lui avait rendu plusieurs services le temps passé, mais qu'elle ne lui en rendrait plus puisqu'il prenait notre parti ; et toutes les semaines, pour ne pas dire tous les jours, on n'entend que des impiétés, des sottises, des injures et même des blasphèmes que Les prêtres fonctionnaires de Pleine-Fougères et plusieurs de leurs paroissiens vomissent à ceux de
Saints
Le sieur Egault, vicaire de Pleine-Fougères, traite d'impiété tous les motifs qu'on a voulu lui alléguer pour justifier le serment civique et s'engager à le faire luimême, et même est-il tellement impie et calomniateur qu'il en va jusqu'à dire non seulement, mais aussi écrire que c'est la crasse du clergé de France qui a fait le serment, qu'il n'y a eu qu'elle, et que tous ceux qui l'ont fait sont ou ignorants ou ivrognes ou impudiques ou, etc. Nous l'avons averti il y a longtemps de mettre un frein à sa langue et à sa plume et voyant que tout est inutile, nous croyons être obligés de vous en donner avis et de vous envoyer même ses écrits et ses lettres insolentes et calomniatrices, car nous avons aussi des preuves certaines que ce fut lui qui fit donner jeudi dernier les deux derniers à un de nos paroissiens par le fils d'Ernoul Secretain de Dol, qui se trouvait chez le curé de Pleine-
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Fougères actuel, ce qui prouve bien que c'est lui qui les a aussi écrites ou fait écrire.
C'est, Messieurs, pour réclamer le secours de votre autorité que nous prenons la liberté de vous adresser la présente, vous suppliant très instamment et très humblement de vouloir bien nous aider pour procurer le bien public spirituel et temporel selon les desseins de Dieu et le vœu de l'Assemblée Nationale non seulement, mais de tous ses amis et être en même temps persuadés que rien n'égale le respect profond et le dévouement sincère avec lesquels nous sommes vos très humbles et très obéissants serviteurs,
Daron, curé de Saints; Egault, vicaire de Saints; François Filleul, faisant fonction de maire; E. Guion, Julien Juhel, Toussaint Chambron, Julien Chambron, François Maufray, Jacques Couespel, procureur.
[Suit la lettre injurieuse du vicaire de Pleine- Fougères.]
Dol, assemblée électorale, 1er juin 1791.
Amis et frères,
Nous sommes bien touchés de n'avoir pu penser à vous dans l'élection que nous venons de faire : on nous a dit, et nous le savions d'ailleurs, que vous étiez deux pauvres bêtes lassées et que vous n'étiez plus propres à rien; en conséquence, nous vous laissons, comme on fait des vieux chevaux, sur votre foi; et pour votre bien et le soulage-
ment de vos paroissiens nous comptons supprimer votre paroisse, le vicaire de Saint-Georges, comme vous, mis au rebut; le curé est, dit-on, fourbu, il ne guérira que difficilement. Si par hasard il se recommande, on pensera à lui. Votre patriotisme doit vous tenir lieu de tout. Adieu, nos amis et frères.
ïïillais, procureur; Champas, secrétaire; Gautier, procureur syndic.
Avec adresse : A Monsieur, Monsieur le Curé de Saints ou au Vicaire (1).
A Messieurs les Administrateurs composant le Directoire du district de Dol, département dUlle- et- Vilaine.
Supplie humblement le sieur Julien Nicole, prêtre, originaire et domicilié de la paroisse de Saints, district de Dol,
Disant que par présentation et nomination faite au suppliant de la chapellenie de Langevinière fondée sous l'invocation du grand saint Antoine par le sieur Nicolas- Joseph-Marie Hue de Montaigu, présentateur de ladite chapelle, il est bien fondé en sa qualité de chapelain titulaire à en toucher les revenus, si les décrets de l'Assemblée Nationale vous semblent l'y autoriser.
La fondation, Messieurs, de la chapellenie de Lange vinière érigée dès 1504 en bénéfice, fondation laïcale, au terme du décret de l'Assemblée Nationale du 2 juillet
(1) Arch. dép., V, circonscriptions de paroisses.