‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 4)Chapitre 15 sur 81 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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Ottavien^i

lation do la chapelle de Sévédavy à Langevinière, à la suite de laquelle se voit un permis pour tout autant de temps que la chapelle de Sevedavy sera hors d'état de pouvoir célébrer la sainte messe, le tout sans préjudice des droits d'autrui. Fait aux Ormes le 12 décembre 1741, Jean-Louis, évêque de Dpi;

4° Vu aussi la présentation faite au sieur Julien Nicole par M. Nicolas-Joseph-Marie Hue de Montaigne, de la chapelle de Langevinière, par laquelle il présente le sieur Nicole à l'évêque de Dol et le prie d'agréer sa nomination et présentation, et sur icelle accorder audit sieur Nicole jes lettres et collation et provisions sur le nécessaire, sauf en tout son droit et celui d'autrui, en foi de quoi il a signé et contresigné par son secrétaire à Langevinière;

5° Vu de même la collation et provision, en latin, signé l'abbé de Maillé, vicaire général ;

6° Il nous a encore été remis ce qui suit : « en conséquence de la permission me donnée de la part de Monsieur le grand vicaire de Dol, je déclare avoir béni la chapelle de Langevinière située dans la paroisse de Saints, le mardi 15 avril 1721, laquelle déclaration a donné pour servir ou être devra le 12 novembre 1723 : Legendre? recteur de Saints. »

Vu les six pièces ci-dessus et le désir de MM. les administrateurs du district de Dol, demandant à la municipalité ses observations et même son avis sur la demande de 602 livres faite par le sieur Nicole, prêtre, pour cause de la chapelle de Langevinière,

A ce sujet, la municipalité déclare que le titre de 1504 énoncé dans la demande du sieur Nicole, comme pièce à

son avantage, ne peut être considérée vu que ce n'est qu'un extrait, non approuvé de qui que ce soit; et où manquent les fondements, s'écroule l'édifice.

Les pièces 2, 3, 4, 5, 6 font connaître que deux évoques de Dol ont permis de transporter la chapelle de Sévédavy à Lange vinière, en réservant toujours les droits de qui il appartiendra; ces droits étaient ceux des paroissiens qui n'ont jamais été consultés et le transport s'est fait sans avoir été homologué au Parlement.

De plus, c'est avec douleur que la municipalité se voit obligée de dévoiler une vérité, mais faire son devoir est sa boussole, rien ne peut l'en écarter. Comment le sieur Nicole peut-il demander aujourd'hui 602 livres à raison de la chapelle de Langevinière? qu'on lise la déclaration ci-après tirée du registre de l'impôt patriotique, n° 34, où il est écrit ce qui suit :

« Je soussigné Julien Nicole, prêtre, chapelain de Langevinière, déclare (avec vérité) que mon revenu est éloigné de quatre cents livres et que je contribuerai aux besoins de l'Etat de la somme de 15 livres, et je m'engage à acquitter ladite somme de 15 livres dans un seul payement.

A la maison commune de Saints, le 27 mars 1790.

Signé : Nicole, prêtre. »

Nous vous prions, Messieurs, de faire attention que le sieur Nicole a de lui plus de 40 livres de rentes ; selon sa déclaration ci-dessus, sa chapelle n'avait donc de valeur qu'à peu près 300 livres.

Ce qui pourrait encore nous étonner, c'est de voir le sieur Nicole parler d'une contre-lettre tant en argent qu'en beurre (enfin il l'a fait).

De tout ci-dessus, la municipalité conclut à renvoyer la demande du sieur Nicole, jusqu'au moment qu'il présentera le titre original de 1504 qu'il énonce, ou tout autre titre équivalent, ou si Messieurs les administrateurs se portent à lui faire un sort, qu'il soit conforme à sa déclaration pour l'impôt patriotique, c'est-à-dire d'à peu près 300 livres, mais aussi qu'il remette entre les mains de la Nation le herbregement, les deux pièces de terre, les 24 sols et les 10 sols de rentes portés dans son titre de

A la maison commune de Saints, le jour et an ci-dessus.

A cet endroit a comparu le sieur Julien Daron, curé de Saints, qui déclare, conformément aux canons de l'Eglise, s'opposer à ce que le sieur Nicole dise la messe dans la paroisse en autre lieu qu'à l'église de Saints, en cas qu'il soit préconisé, suivant le premier usage, conforme à l'esprit du fondateur et d'un titre qui est dérjosé aux archives et a signé Daron, curé de Saints; Lepoitevin de la Crochardière, maire; François Filleul, Pierre Alliot.

Directoire du District

21 novembre 1791. — Considérant que le sieur Nicole, prêtre, n'a produit à la municipalité de Saints qu'une pièce informe qu'on ne peut regarder comme le titre de 1504 ni comme son équivalent 2e, que sa demande de

mai 1792 103

602 livres par an à laquelle il évalue le produit de cette chapellenie est une évaluation exagérée et de mauvaise foi, puisque dans sa déclaration pour la contribution patriotique il a déclaré avec vérité d'après sa conscience et en bon prêtre le 29 mars 1790 que son revenu était éloigné de 400 livres, sont d'avis qu'il n'y a lieu à délibérer sur ladite pétition dont la requête ne mérite d'autre accueil et réponse qu'un donat et dans le cas où le sieur Nicole parviendrait à faire la preuve requise au soutien de sa requête, alors ses maintiens impliqueraient une contradiction si frappante avec sa déclaration patriotique qu'elle déchirerait le voile dont il s'enveloppe par l'abus de la loi, sont encore d'avis que la municipalité de Saints recharge le sieur Mcole dans le rôle de la contribution patriotique de la somme de 35 livres dix sols qui, joints aux 15 livres qu'il se contenta de déclarer, etc.

Saints, 17 mai 1792.

Liste des prêtres de notre paroisse.

Nous n'avons que le nommé Julien Daron qui est notre curé et Charles Egault, qui est vicaire aussi à notre paroisse, qui sont tous les deux assermentés des premiers, desquels on n'a que des louanges à donner. Nous avons aussi un nommé Julien Nicole, qui est réfractaire, mais nous espérons qu'il s'est rendu à Bennes. Nous n'avons pas d'autres prêtres dans notre paroisse, nous n'avons aussi aucune connaissance qu'il

se soit retiré des prêtres remplacés dans notre paroisse, et si il y en avait, nous ne les souffririons pas.

Pierre Alliot, faisant fonction de maire (1).

Rennes, le 10 août 1792, l'an 4e de la liberté.

A Messieurs du Directoire et Procureur Syndic du district de Bol.

Nous vous avons envoyé, Messieurs, dès le 6 juin dernier, la requête du sieur Nicole, tendant à la fixation du trimestre qui lui est dû en sa qualité d'ex-titulaire de la charjellenie de Sévédavy. Le 30 juillet, nous vous avons prié de nous renvoyer avec votre avis sa pétition et les pièces qu'il y a jointes. Cet ecclésiastique, qui demeure à Eennes en vertu de l'arrêté du conseil général du département, est sans cesse dans nos bureaux. Il représente qu'il n'avait d'autres ressources que son bénéfice, que depuis longtemps il n'en touche pas le revenu et qu'il est fort emballasse sur les moyens de pourvoir à sa subsistance. Nous vous prions, Messieurs, de nous mettre à lieu de statuer sur sa réclamation.

Les administrateurs composant le directoire et procureur syndic du département d'Ille-et-Villaine,

Bertin, président; P.-V. Varin, Gaucher Jacques-Jan.

(1) Arch. dép., LR, 3e liasse.

mars 1793 105

Le dimanche 30 septembre 1792, Tan 4e de la liberté et premier de l'égalité, à l'issue de la grand'messe paroissiale, en présence du conseil général de la commune de Saints, M. Julien Daron, conformiste de ladite paroisse, s'est présenté pour prêter le serment prescrit par la loi du 14 août de la présente année, établi par le conseil exécutif provisoire et publié à la grand' messe du dimanche 23 septembre 1792.

Et, de fait, le sieur curé, après avoir exprimé ses sentiments d'attachement et de fidélité à la nation, a prononcé le serment suivant :

Je jure d'être fidèle à la Nation et de maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir en la défendant, ce que ledit sieur curé a signé avec nous.

Julien Daron, curé de Saints .

Ensuite s'est présenté Charles Egault, vicaire conformiste de Saints, qui, en présence de la commune de ladite paroisse, a aussi fait et prêté le même serment.

Charles Egault, vicaire de Saints.

Le 2 novembre 1792. — [Inventaire des objets en argent de l'église.]

10 mars 1793. — Ouï le citoyen procureur de la commune dans ses conclusions, le conseil général de la commune a arrêté que toutes les lectures qui devront être faites à la commune de Saints seront faites en la chaire de l'église après l'office par le citoyen Clair Guiot, secrétaire de la municipalité, les dimanches et fêtes, et

quand il en sera besoin, et défense est faite à qui que ce soit de troubler ledit Guiot dans ses lectures sous peine d'être traité comme perturbateur du repos public.

14 ventôse an II (4 mars 1794). — Soussigné Julien Daron, âgé de 63 ans, goutteux et infirme, curé de la paroisse de Saints, district de Dol, depuis 18 ans, sans avoir abandonné ma paroisse, que les brigands m'ont porté perte au moins de 400 livres, déclare me déporter des fonctions curiales de ladite paroisse et ai déposé les lettres d'ordres que j'ai pu trouver après le pillage des brigands, désirant que la paix y règne toujours comme je l'y ai entretenue.

A Saints, le 14 ventôse an II.

Le citoyen Daron.

Soussigné citoyen Charles Egault, vicaire conformiste de la commune de Saints depuis 7 ans 8 mois environ, âgé de 54 ans du 11 du mois dernier et infirme depuis plus de douze ans, déclare déposer mes lettres de prêtrise au registre de la municipalité de la commune de Saints et abdiquer mes fonctions en conséquence. A la municipalité de Saints, ce 14 ventôse 1794, an II de la Eépublique Française une et indivisible.

Charles Egault, habitant de Saints et natif de Saint-Carné, département des Côtes-du-Nord, district de Dinan.

août 1795 107

16 ventôse an II. — [Ordre est donné par la municipalité de descendre la plus grosse cloche pour l'envoyer à Dol].

30 floréal an II (19 mai 1794). — Le conseil général de la commune assemblé dans le temple de la Raison, considérant qu'il est de notre devoir de ne souffrir aucune marque de royauté et de fanatisme et que le nom de Saints que porte notre commune est encore un mot de fanatisme de l'ancien régime, etc., le conseil général, en présence de tous les citoyens, ouï l'agent national, arrête que la commune de Saints portera désormais le nom de l'Union du Rocher et que les statues, images et croix seront enlevées.

[Le 27 floréal an III (16 mai 1795), Charles Egault, cidevant vicaire de Saints, âgé de 56 ans, a déclaré en municipalité de Dol que son intention est de ne plus habiter la commune de Saints et d'aller demeurer dans celle de Saint-Carné, district de Dinan.]

Le 4e jour du mois de fructidor an 3 (21 août 1795) a comparu au greffe de Saints le citoyen Julien Daron, curé de ladite commune, lequel a déclaré qu'il se propose par le consentement de la municipalité d'exercer le ministère d'un culte connu sous le nom de culte catholique dans l'étendue de ladite commune, conformément aux lois décrétées à ce sujet et a requis qu'il lui soit décerné acte de sa déclaration, ce qu'il a signé

Le citoyen Julien Daron, curé de Saints.

Le 25 frimaire an IV (16 décembre 1795), devant nous maire et officiers municipaux de la commune de Saints est comparu le citoyen Julien Daron, habitant à Saints, lequel a fait la déclaration dont la teneur suit :

« Je reconnais que l'universalité des citoyens est le souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République. »

Nous lui avons donné acte de cette déclaration qu'il a

signée avec nous,

Daron, curé de Saints.

Registre des décès du presbytère de Pleine-Fougères.

« Messire Julien Daron, âgé de 77 ans, prêtre, fils de Gillette Peltier, décédé dans ce bourg le jour d'hier, a été inhumé par moi soussigné le dix-sept mars mil huit cent neuf en présence du clergé, Julien Richard et autres qui se sont retirés sans signer. »

Jus, vicaire.

[Sur le registre de la mairie, il est dit « prêtre, décédé dans la maison de sa sœur au bourg de Pleine- Fougères. )> La déclaration de décès fut faite par François Daron, neveu .du défunt, et Julien Richard, laboureur.]

COMMUNE DE CIIERRUEIX

NOTICE

Population en 171)2 1,509 h.

en 1902 1,780 h.

La paroisse de Cherrucix, d'un revenu net de 1,028 liv. 2 s., était administrée en 1790 par M. François- Olivier Langevin, prêtre de Dol, pourvu en 1784, et Guillaume Ridé, son vicaire, âgé de 41 ans.

Le premier préféra s"1 exiler plutôt que de prêter serment-, sa dernière signature sur les registres paroissiaux est du 2 juillet 1791. Son vicaire s'étant soumis à la loi avait été élu le 30 mai pour le remplacer. Le 13 vent, an II (3 mars 94), il abdiqua ses fonctions sacerdotales entre les mains de la municipalité et figure sur la liste des pensionnés de septembre, même année, comme continuant à résider à Cherrueix. En 1795, il dut reprendre ses fonctions, mais en avril 1796, sHl disait encore la messe dans V église, c'était sous la protection d'un détachement de soldats.

Le titulaire de la chapellenie de Saint- Julien de la Metterie était Joseph Gervy, recteur insermenté du Vivier-sur- Mer.

Michel Lemarîé, vicaire insermenté de Baguer- Morvan, était originaire de Cherrueix.

110 COMMUNE DE CHERRUEIX

Le recteur concordataire fut un M. Egault, dont nous ignorons le prénom.

Messieurs, Nous certifions avoir reçu l'arrêté du département du 15 avril dernier, lequel a été lu le dimanche 29 même mois au prône de la grand'messe. Pour ce qui concerne le clergé, il n'existe dans notre paroisse, à notre connaissance, que le sieur Guillaume Eidé, curé, prêtre assermenté.

En foi de quoi nous avons signé le présent à la chambre commune de notre municipalité, à Cherrueix, le 20 mai

Loisel, officier ministériel; Provost, maire; Louvrier, officier municipal (1).

(1 ) Arch. dép., LR, 3e liasse.

DE St-Wtr,ES-l)E-C.REIIAIGl

NOTICE

Population en 1792 700 h.

Un prêtre de Saint-Brieuc, François Penault, recteur de cette paroisse depuis 1772, et son vicaire Deserisay, « tous les deux excellents patriotes » (1), prêtèrent serment le 20 février 1791. M. Penault ayant été élu curé de Dol le 1er avril 1792 (2), son vicaire fut élu à sa place le lendemain. Ce dernier mourut Vannée suivante, le 25 décembre, âgé de 51 ans, dans la maison de M. Joseph Bénard, laboureur.

Cette paroisse fut alors desservie par le vicaire de Rozsur-Couesnon, le citoyen Pierre- Louis Chardot (3). Le 3 prairial an III (22 mai 1795), il déclare au district qu'il est dans V intention de se retirer dans la commune d? Annevïlle, district de Coutances.

M. Brune, vicaire insermenté de Plerguer, était originaire de Saint- Georges.

Les biens du prieuré, dépendances de Vabbaye de Saint- Georges de Rennes, estimés 24,631 liv., furent vendus le 15 janvier 1791 29,400 livres-, ceux de la fabrique com-

(1 ) Lettre du district au département du 25 janvier 1791 .

(2) Voir sur ce prêtre le tome II.

(3) Voir ci-dessus Roz-sur-Couesnon.

112 COMMUNE DE KAINT-GEORGES-DE-GKEHAJGNE

prenant six petits lopins de terre d'un revenu total annuel

estimé 101 /. 10 sols et prisés 812 l. furent rendus

Fut curé concordataire en 1803, V ex-chanoine de Dol Joseph Toullier de la Villemarie.

Arrêté du département du 30 janvier 1792. — Vu la requête présentée par le sieur Penault, curé assermenté de Saint-Georges-de-G., à l'effet d'être payé des obits et fondations qu'il a desservis pendant l'année 1791 et qui étaient affectés sur deux pièces de terre vendues le 18 août dernier pour la somme de 1,225 livres.

Vu de plus l'avis du directoire du district de Dol, les administrateurs arrêtent que conformément à la loi du 10 février 1791, l'intérêt quatre pour cent du prix du contrat de la vente des deux pièces de terre susdites sera payé par la caisse du district de Dol à la fabrique de la paroisse de Saint-Georges qui, sur cette somme, acquittera le desservice de sa fondation.

COMMUNE DE HIRBL

NOTICE

Population en 1792 985 h.

Joseph- Marie- Gilles Desmot, le recteur de Hirel, originaire du Mont-Bol, fils de Gilles et de Jacquemine Belépine, et son vicaire François Dupré refusèrent de prêter serment et se rendirent à Rennes le 8 mai 1792 chez Mme Séné, rue Tronjolly. M. Desmot demanda un passeport pour passer à V étranger, puis le 6 juillet il déclare qu'il renonce au projet de s'expatrier; de nouveau, le 18 juillet, il redemande un passeport. En usa-t-ïl% Nous V ignorons. Le 25 janvier 1798, il est dit caché dans la commune du Mont-Bol et fanatique dangereux.

M. Dupré fut enfermé à Saint-Melaine le 14 août 1792 et embarqué pour Jersey le 10 septembre. La vente de ses objets mobiliers les 27 nivôse, 11 et 12 ventôse an II produisit 935 livres 11 s. Rentré en France, il fut vicaire à Roz-Landrieux ou il mourut, âgé de 50 ans, en 1807 et fut inhumé à la Chapeïïe-aux-Filsmcn, lieu de sa naissance. Quant à M. Desmot, réinstallé dans sa cure en 1803, il y mourut le 19 février 1826 à Vâge de 78 ans.

Un nommé Norjot, vicaire à Miniac-Morvan, avait été élu curé de Hirel le 3 avril 1792, mais il n'accepta pas et ce

fut François Asséré, moine de la Vieuœville (1); vicaire de Trans, qui administra cette paroisse d'abord comme curé d'office (21 avril 1792), puis comme élu par V Assemblée du district (15 juillet). Rendit ses lettres de prêtrise au dis trict de Dot le L9 ventôse an II et disparut.

(1 ) Voir tome III, commune d'Epiniac.

DOCUMENTS

Directoire du District.

21 avril 1792. — Les administrateurs du directoire du district de Dol, réunis dans la salle ordinaire de leurs séances, instruits que le sieur Noi jot, prêtre assermenté, n'a pas accepté la cure de Hirel à laquelle il a été nommé lors de la dernière assemblée des électeurs tenue en cette ville les 1er, 2e et 3e de ce mois, attendu que le sieur Desmot, ancien curé, n'a pas prêté le serment prescrit par la loi du 26 décembre 1790, considérant que cette cure est vacante par le défaut du sieur Desmot de s'être présenté pour prêter le serment lors de l'assemblée des électeurs et qu'il est urgent de le remplacer tant pour le maintien du bon ordre à Hirel que dans toutes les municipalités du canton, outre que c'est le seul moyen de parvenir à la réunion qui doit avoir lieu des paroisses du Vivier et Vildé-la-Marine à celle de Hirel, toutes trois desservies par des prêtres non assermentés et intolérants envers les curés constitutionnels, leurs voisins,

Les administrateurs, ouï le procureur syndic, ont nommé et nomment provisoirement sous le bon plaisir du département le sieur Asséré, prêtre assermenté, vicaire de Trans, curé d'office de la paroisse de Hirel pour en faire les fonctions jusqu'à la prochaine assemblée élec-

118 COMMUNE DE HIEEL

torale du district, chargent en conséquence le procureur syndic de lui donner avis de la présente et d'instruire le directoire de sa réponse.

24 avril 1792.

A Messieurs les Administrateurs et Procureur général syndic du département drille -et- Vilaine.

Nous avons l'honneur, Messieurs, de vous adresser copie de la nomination que nous avons faite, sous votre bon plaisir, de M. Asséré, assermenté, vicaire à Trans, pour curé d'office de la paroisse de Hirel. Nous en adressons à MM. les vicaires de l'évêque une expédition pour obtenir leur approbation. Par sa conduite, le curé de Hirel nécessitait son remplacement et, de plus, ce remplacement lèvera l'obstacle qu'il aurait apporté à la réunion qu'il convient de faire des paroisses de Vildé-la- Marine et du Vivier à celle de Hirel.

Les Administrateurs et Procureur syndic du district de Dol.

Le Directoire de Dol à Messieurs les vicaires épiscopaux. 24 avril 1792. — Nous avons l'honneur de vous adresser une expédition de la nomination provisoire que nous avons faite de M. Asséré pour curé d'office de la paroisse de Hirel; ci-inclus son acceptation. Nous vous prions instamment, Messieurs, de l'approuver et de nous renvoyer le tout par le plus prochain courrier pour que M. Asséré puisse entrer en fonction dès dimanche prochain; les circonstances commandent et deviennent de

jour en jour plus impérieuses. Sur ce que M. Asséré nous a dit ne pouvoir s'absenter de Trans dans cette semaine, nous avons cru pouvoir l'assurer que vous le dispenseriez d'aller à Bennes pour obtenir votre approbation.

Rennes, 26 avril 1792.

A Messieurs les administrateurs du district de Bol.

Le conseil épiscopal d'IUe-et- Vilaine a reçu hier l'expédition du 21 et la lettre du 24 présent mois que vous avez fait l'honneur de lui adresser.

Votre sollicitude, Messieurs, à chercher les moyens d'établir dans les paroisses de votre arrondissement des prêtres constitutionnels et amis de l'ordre et à les y faire jouir de la sûreté et tranquillité, a été vue avec le plus vif attendrissement. Nous confirmons avec plaisir le choix provisoire que vous avez fait de M. Asséré, vicaire de Trans, pour être curé d'office de la paroisse de Hirel. Nous vous adressons en conséquence et en diligence nos lettres de curé d'office pour ledit sieur Asséré auquel il vous plaira de les faire remettre (1).

Je suis avec respect votre humble et obéissant serviteur,

Guillemoys, vicaire épiscopal.

Le Directoire de Bol à la Municipalité de Hirel. 28 avril 1792. — Les électeurs du district, dernièrement assemblés ici, nommèrent M. Norjot, votre curé, il

(1) Arch. dép., dossier Robidou.

n'a pas accepté. Convaincus, Messieurs, de la nécessité de remplacer ces prêtres coalisés avec les ci-devant nobles, comme eux nos oppresseurs et les tyrans des campagnes, nous avons prié M. Asséré, ci-devant religieux et depuis vicaire de Trans, qui était nommé à la cure de Vignoc, district de Bennes, et prié d'accepter celle d'Evran, proche Dinan, de préférer la vôtre. Dévoué au succès de la Constitution, de cette loi sainte qui a détruit tous les fléaux des campagnes et que nous avons tous juré de maintenir de tout notre pouvoir, M. Asséré, d'ailleurs, assuré de votre civisme et de votre esprit, s'est rendu à notre invitation, il a accepté la cure d'office de Hirel et nous en avons en conséquence fait confirmer la nomination par le conseil de notre évêque. Dimanche prochain, c'est-à-dire de demain en huit, il se propose de se faire installer. Nous vous invitons, Messieurs, de vous assembler à cette occasion et d'engager vos concitoyens à se réunir avec vous pour répondre à son dévouement à la chose publique et de nous faire passer le procès-verbal que vous en rapporterez.

P. S. — Voulant obvier à tous les inconvénients que pourraient susciter les malveillants, nous vous prévenons que pour accélérer la résidence de M. Asséré dans votre paroisse, il est nécessaire que Monsieur votre ancien curé vide le presbytère de ses effets pour mardi prochain.

Directoire du District.

5 mai 1792. — Sur un rapport qui vient d'être fait au directoire que les officiels municipaux de la paroisse de

mai 1792 121

Hirel regardent comme illégale la nomination du sieur Asséré, prêtre assermenté, ci-devant vicaire de la paroisse de Trans, à la place de curé d'office de leur paroisse, sous le spécieux prétexte que M. Pinson, procureur syndic de ce district, n'a point signé la minute qui leur a été adressée par cette administration, du 28 du mois dernier, pour les informer de cette nomination provisoire, les administrateurs ont arrêté que sans désemparer M. Fristel, l'un d'eux, écrirait à la municipalité de Hirel pour la rappeler à son devoir et lui faire connaître plus amplement les motifs qui les ont déterminés à lui envoyer un curé conformiste.

Dol, 5 mai 1792.

A la Municipalité de Hirel.

Le directoire du district de Dol vient d'être informé, Messieurs, que vous regardiez comme illégale la nomination de M. Asseré pour curé d'office de votre paroisse, sous le spécieux prétexte que M. Pinçon, procureur syndic du district, n'avait pas signé la missive que l'administration vous a adressée; nous vous observerons d'abord que si cette nomination était susceptible d'infirmement, vous seriez radicalement incompétents pour vous opposer à son exécution, la division des pouvoirs établie par la Constitution et des lois réglementaires vous pla-^ çant dans un état de subordination qui vous interdit absolument toute opposition aux arrêtés des autorités constituées qui vous sont supérieures par la loi. Nous vous apprendrons, quoique M. Pinçon n'ait pas signé le

résultat de la délibération du directoire, il n'en est pas moins vrai qu'il avait pris part à la délibération, qu'il en avait une parfaite connaissance et qu'un moment de sommeil auquel son état le réduisit l'empêcha de signer l'expédition d'une minute qui est déposée dans notre secrétariat et qu'il avoue. Nous entrons dans ces détails pour vous prémunir, Messieurs, contre les embûches perfides que ne cessent de vous tendre des gens guidés par l'aveuglement, par l'égoïsme ou des regrets qui n'ont que l'orgueil et la coalition pour base.

Persuadés de votre parfaite soumission à nos sages lois, nous vous envoyons M. Plainfossé, l'un de nous, pour commissaire, à l'effet de concourir avec vous à leur exécution. Eeconnaissez-le comme tel et nous donnez une nouvelle preuve que la patrie n'a pas d'enfants qui lui soient attaches plus que vous.

Hirel, 13 mai 1792.

A Messieurs du district.

Nous avons reçu l'arrêté du département du 15 avril dernier, dont la publication a été faite à l'issue de notre grand'messe le 22 suivant, en conséquence duquel MM. Desmot, curé, et Dupré, vicaire, sont partis pour se rendre à Rennes; il ne reste en cette municipalité aucun prêtre que M. Asséré, curé, qui les a renrplacés(l).

Le Maire et Officiers municipaux de Hirel,

Viot, maire; Jacques Tezé, Joseph Simon, Bouteiller, secrétaire.

(1) Arch.dép., IV. 2 \\.

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