‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 4)Chapitre 16 sur 81 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

[Le 12 juin, le département prévient le district que Dupré, l'ex-vicaire de Hirel, s'est conformé aux dispositions de l'art. 5 de l'arrêté du 15 avril et qu'il a fait la déclaration de son domicile à Eennes le 9 mai.]

A Messieurs composant le Directoire (Pille- et- Vilaine (1),

Dupré, prêtre, originaire de la paroisse de La Chapelleaux-Filsmen, district de Dol, habitait en qualité de vicaire la paroisse de Hirel, même district, avant l'arrêté que vous avez pris contre les prêtres non conformistes; il s'est, conformément à cet arrêté, rendu en cette ville de Eennes et a fait à votre secrétariat la déclaration prescrite. La résidence à Eennes étant une mesure de police que vous avez cru nécessaire et non une peine infligée aux individus qui ne peuvent être condamnés qu'après une instruction faite contradictoirement avec eux, il est nécessairement des cas où la justice et l'humanité sollicitent des exceptions à la règle que vous avez établie. C'est ainsi que vous l'avez jugé, Messieurs, en statuant que les ecclésiastiques détenus à Eennes ne pourraient s'en éloigne]' sans une permission de votre part. Le suppliant vous demande cette permission comme une justice exacte fondée sur les motifs ci-après.

La succession de ses père et mère, etc Comme il n'a

jamais troublé l'ordre public d'aucune manière ni dans la paroisse de la Chapelle-aux-Filsmen où ses affaires l'appellent, qu'il a toujours été soumis à la loi et qu'il ne se trouve envelox)pé dans l'espèce de proscription à la-

(1) Arch. dép.,L, 2 V 5,

quelle le clergé non assermenté est assujetti que pour avoir obéi franchement à sa conscience et suivi ses opinions religieuses, il a droit d'attendre de votre justice, Messieurs, que vous lui permettiez d'aller dans la paroisse aux Filsmen pour les affaires qu'il vient de vous détailler et d'y passer le temps nécessaire (1).

François Dupré.

[Autorisation lui est donnée pour quatre jours seulement.]

Hirel, 12 août l'an IV de la Liberté.

Messieurs les Administrateurs du district (2),

Depuis très longtemps nous nous sommes plaints de la négligence de plusieurs de nos confrères qui fuient notre bureau; quoique nous fassions annoncer au prône le jour et l'heure à laquelle nous nous assemblerons, ces Messieurs n'en approchent pas plus et nous nous trouvons tout au plus deux ou trois, car depuis que M. le Curé est arrivé dans la paroisse, Joseph Turmel, procureur de la commune, Mathurin Sorre, Joseph Simon, officiers municipaux, ont affecté de paraître plus rarement et aujourd'hui que nous avons absolument besoin d'être réunis pour inscrire l'installation de M. le Curé, aucun ne s'est trouvé à l'issue des vêpres, heure indiquée pour cette opération.

Nous avions besoin aussi de nommer des commissaires

(1) Pas de date à l'original.

(2) Arch. dép., LV, 2 Et.

août 1792 125

pour procéder à la vente des foins et des blés appartenant aux émigrés, l'absence de nos confrères nous a empêché d'exécuter vos ordres à cet égard. Nous n'avons d'émigré que M. Desmot, notre ancien curé, si toutefois il est émigré, car nous n'en avons aucune certitude et nous vous prions de nous tracer la marche que nous devons tenir envers ses propriétés pour répondre à M. Asséré qui nous demande des réparations.

Nous espérons que vous voudrez bien, Messieurs, nous honorer d'une réponse qui nous instruise sur tous ces faits et qui fasse rentrer nos confrères dans leurs devoirs de citoyens et les rendre plus assidus à nos délibérations ; c'est ce qu'attendent de vous ceux qui ont l'honneur d'être avec respect, Messieurs, vos très humbles et obéissants serviteurs.

Viot, maire; Jacques Tezé, officier municipal.

Hirel, 13 août 1792, l'an IV de la Liberté.

Messieurs les Administrateurs du District.

Ayant reçu mon institution canonique pour la paroisse de Hirel de MM. les vicaires de M. notre évêque, je prévins hier le maire de la paroisse que je prêterais le serment exigé par la loi à l'issue de la grand'messe, qu'en conséquence je le juiais d'inviter les officiers municipaux de s'assembler après les vêpres pour en rapporter arrêté, ce que j'annonçais à la fin de ma messe, mais inutilement, car après vêpres le maire se trouva seul avec un membre de la municipalité, de sorte qu'ils ne purent rien faire.

Ce n'est pas la première fois que ces Messieurs man-

126 COMMUNE DE HIKEL

quent aux fonctions de la place dont la confiance de leurs concitoyens les a honorés. Les affaires souffrent beaucoup de leur négligence; le procureur de la commune entre autres se distingue par son esprit antipatriote; rarement il paraît aux assemblées qui cependant sont fort rares.

Comme je suis entré dans la cure en qualité de curé d'office, je ne jugeai pas à propos de faire rapporter acte de l'état dans lequel étaient les bâtiments et autres objets sujets à réparation, mais aujourd'hui que je suis en titre j'ai demandé à la municipalité qu'elle eut à constater cet état, le maire m'a répondu que seul il ne pouvait rien faire. Voyez, Messieurs, comme je suis à mon aise avec des paroissiens aussi ennemis de la chose publique ; après avoir rempli les formalités prescrites par la loi pour mon institution, je ne la puis faire insérer sur le registre de la paroisse, ni me mettre à l'abri des mauvaises chicanes dont on me menace pour n'avoir pas fait rapporter acte des réparations à faire lors de mon entrée.

L'espoir flatteur d'une contre-révolution semé et répandu dans la paroisse par les frères de mon prédécesseur contribue beaucoup à l'arrogance des officiers municipaux qui se font déjà une gloire de n'avoir pas pris part aux changements. Je vous prie donc, Messieurs, ou de les obliger de me donner acte de mon installation et des réparations à faire au presbytère ou bien de nommer des commissaires pour cette opération.

Je suis avec respect, Messieurs

Asséré, curé de Hirel (1)

(l)Arch. dép.,LV, 3 R.

[En septembre, M. Asséré ayant avisé le district de tous les objets dont son église était dépourvue, « aubes, ainiels. purificatoires, corporaux, ceintures, surplis, graduels, missels, rituels et processionnal à l'usage de l'église romaine, » celui-ci fait délivrer au maire et au curé sous leur reprise, sur le surplus des livres nécessaires au service divin de la paroisse de Dol, un graduel et un rituel romain à titre de prêt et de plus un surplis et une aube (1).]

Le 7 décembre, le directoire du district, vu la requête du citoyen Asséré, curé de Hirel, tendant à ce qu'il lui soit délivré par forme de prêt une croix et un encensoir de cuivre pour le service du culte, attendu qu'il a apporté au directoire les mêmes effets en argent, conformément à la loi du 10 septembre, accorde et délivre audit Asséré une croix de cuivre, mais pas d'encensoir, attendu qu'il ne s'en trouva pas en cuivre.

Hirel, (5 janvier 1793.

La Municipalité au citoyen Lecoz.

Nous avons l'honneur de vous représenter les difficultés que notre curé éprouve dans le service de son ministère en même temps de celles que nous essuyons pour remplir les devoirs de notre religion. La paroisse de Hirel est située sur le bord de la mer et au milieu d'un marais impraticable huit mois de l'année; les terres sont entrecoupées de larges fossés pour tirer les eaux et dessécher

(l)Arch. dép.,LV, 2 R.

les terres, c'est cependant au milieu de cet étang que nous habitons, toujours les pieds dans l'eau. Jugez combien il est difficile et pénible de nous apporter dans nos maladies la seule consolation qui reste à un chrétien, la sainte eucharistie et les autres sacrements.

Nous sommes onze cents habitants; les travaux durs et pénibles que la culture de nos terres exigent occasionnent souvent de nombreuses et grandes maladies, et comme nos maisons sont très dispersées, cela occasionne beaucoup de courses à nos prêtres; c'est pourquoi nous en avons toujours eu deux et souvent trois pour acquitter les fondations de l'église. Depuis la réunion et suppression des paroisses, on a réuni à celle de Hirel la paroisse du Vivier, composée de 625 habitants; celle de Vildé-la-Marine, de 471 habitants, ce qui, avec la population de Hirel, fait en tout 2,012 habitants; aussi jugez si un seul prêtre peut suffire pour un aussi grand nombre d'habitants.

Nous vous prions donc, citoyen évêque, de nous donner un vicaire; en vous rendant à notre demande, vous obligerez les habitants du Vivier qui doivent s'adresser à vous aux mêmes fins. La place sera fort agréable, le vicaire pourra prendre son logement dans le presbytère du Vivier dont il acquittera les fondations et par ce moyen, il sera au milieu des paroissiens et dans un endroit fort agréable. Nous désirons que vous puissiez nous procurer un bon sujet; ce sera un service dont nous vous aurons la plus grande obligation.

Nous sommes avec les sentiments du plus profond respect, citoyen évêqtte,

?, maire; Gilles Gueret, procureur; Mathurin Dupuy, etc. (1).

Liste de tous les ecclésiastiques qui ont résidé à notre connaissance dans retendue de cette municipalité dans le courant des années 1791-1792.

Joseph-Marie-Gilles Desmot, natif de Mont-Dol, âgé d'environ 40 ans, ci-devant curé de cette paroisse, absent depuis le 6 mai 1792 pour se rendre au département.

François Dupré, natif de la Chapelle-aux-Filsmen, âgé d'environ 40 ans, ci-devant vicaire de cette paroisse, absent depuis le 5 mai 1792 pour se rendre au département.

N'avons d'ailleurs aucune connaissance qu'aucun autre ecclésiastique habite ni ait habité l'étendue de ce territoire.

Fait au bureau de la municipalité le 19 janvier 1793, l'an 2e de la République française.

Leden? maire.

Le citoyen Asséré, curé de Hirel, se présente aujourd'hui pour la seconde fois en directoire et demande dans les termes les plus malhonnêtes et les plus inciviques que, sur trois frères, fils d'un père de famille de Hirel, désignés par la voie d'élection pour marcher sur les frontières deux soient dispensés de partir.

(1) Arch. dép., L.2V6.'

130 COMMUNE DE HIEEL

Sur les représentations que ledit eitoyen curé nous a faites ce matin, en ne s'écartant pas des règles de la bienséance et d'après la preuve acquise qu'un des fils était au moins nécessaire pour faire subsister son père, nous avons cru pouvoir, quoique la loi ne le prononce pas, accorder une partie de sa demande; en conséquence, nous lui avons promis que deux seulement marcheraient à la défense de la Patrie.

Ce soir, à cinq heures, le même curé est rentré au directoire et nous a sommé avec une indécence scandaleuse, s'emportant au point d'appeler un des membres du directoire mauvais administrateur, de ne conserver pour volontaire qu'un de ses fils; il nous a interpellé de lui donner notre refus par écrit et s'est flatté d'obtenir au département ce qu'il nous demandait inutilement. Nous avons invoqué la loi et nous lui avons prouvé qu'il n'était pas en notre pouvoir de faire ce qu'il exigeait avec insolence; inutilement lui avons-nous dit que peut-être avions-nous déjà eu tort de lui rendre un des hommes qu'il demandait puisque la loi ne prononçait rien dans l'hypothèse qui se présente; il a toujours persisté avec la même indécence en exigeant une réponse par écrit.

En directoire de Dol le 20 mars 1793, l'an 2e de la Ké-

publique française.

Plainfossé (1).

29 juillet 1793. — [Bien qu'ayant été nommé à la majorité des suffrages pour porter à la Convention Natio-

(1 ) Mairie de Dol, Brouillon d'une lettre destinée au directoire du département.

nale l'adhésion des habitants du canton du Vivier à l'acte constitutionnel, le sieur Asséré n'est pas admis à remplir ce mandat par le directoire, attendu ses qualités de curé et d'officier public de la commune de Hirel.]

4 prairial an III (23 mai 95). — [Pierre Turmel et Pierre Jouquan demandent et obtiennent du district l'usage de l'église de Hirel pour y exercer le culte catholique sous réserve d'en payer la location et de se soumettre aux lois de police.]

C0JIII1E DU IMER-SIR-IER

NOTICE

Population en 1702 580 h.

Recteur du Vivier depuis 1767, Joseph Gervy, originaire de Pleurtuit, refusa de prêter serment. Le 2 août 1792, il était à Rennes, logé chez MmG Allain, rue Châteaurenault-, il fut enfermé à Saint- M elaine le 14 et embarqué pour Jersey le 10 septembre, bien qu'âgé de 61 ans. Il y mourut le 14: décembre 1799, dit M. Guillotin de Cor son.

Jusqu'au 28 juillet 1792, M. Gervy avait tenu les registres paroissiaux de cette commune] après son départ, ce fut François Asséré, curé de Hirel, qui les tint jusqu'au 2 novembre, date à laquelle « nous maire et greffier soussignés nous sommes saisis et avons arrêté le présent registre, conformément au décret du 20 septembre, » signé : Certain et Aumont.

Malgré un arrêté du département du 21 juillet 1792, qui réunissait cette paroisse à celle de Hirel, elle n'en conserva pas moins un desservant, car Vévêque métropolitain la pourvut d'un vicaire assermenté le 16 janvier 1793; c'était un ex-bénédictin du nom de Thomas- Marie Barbier, qui dut y résider peu de temps, car le 7 germinal an II (25 mars 1794) il habitait Merdrignac et y résignait ses fonctions sacerdotales .

Les deux frères Josseaume, Jean-François, le diacre de la cathédrale de Dol, et Guillaume, le recteur de Vildé-la- Marine, ainsi qu'un troisième frère dont nous ignorons le prénom, vicaire à Lanvallay, tous insermentés, étaient nés en cette paroisse du Vivier.

Joseph- Marie Aumont, jeune prêtre aussi insermenté de cette même paroisse, parvint à se faire oublier pendant la Révolution en s'éloignant et cessant toute fonction sacerdotale. Mort curé à Boz-sur-Couesnon en 1826.

Le recteur concordataire fut Julien Nicole, V ex- chapelain de Langevinière, en la paroisse de Saints.

DOCUMENTS

Directoire du District.

20 juin 1702. — Sur le rapport qui a été fait à cette administration que le curé non conformiste du Vivier, de concert avec la municipalité de cette paroisse, se propose de vendre les ornements et vases sacrés destinés au culte qui dépendent de sa fabrique sous prétexte que cette paroisse est sous le coup de la suppression, les administrateurs susdits, voulant déjouer des projets aussi inconstitutionnels, ont arrêté que par un des membres de ce directoire il sera dans le jour rapporté un état et procès-verbal des ornements, argenteries et vases sacrés servant au culte de la paroisse du Vivier contradictoirement et en présence tant de son curé que des maire et officiers municipaux qui seront duement appelés à cet effet, pour laquelle opération ils ont nommé M. Plainfossé.

20 juin 1792. — Inventaire de l'argenterie et ornements de l'église du Vivier par Plainfossé, commissaire nommé par ses collègues du district, et en présence du curé Gervy et de la municipalité.

Deux calices d'argent, l'un vermeille, et avec leur patène, un ciboire d'argent, un encensoir d'argent, une moyenne croix d'argent, un encensoir d'argent avec sa

navette, six chandelliers de cuivre argenté avec un crucifix idem, une lampe de cuivre argenté, deux chapes, dont l'une noire et l'autre fond blanc galonné en faux, deux chasubles fond blanc, l'une galonnée en faux or, l'autre en argent, garnies d'étoiles, une autre verte, une autre violette, une autre rouge, le tout galonnées en faux argent, une chasuble noire galonnée en argent, devant d'autel noir galon idem, un dais garni de frange faux argent, l'écharpe idem, cinq aubes, quatre surplis, vingt-trois nappes d'autel (1).

1er août 1792. — [Le procureur syndic de Dol écrit au recteur du Vivier que sa paroisse pour le spirituel ayant été réunie à celle de Hirel par arrêté du département en date du 21 juillet, sur avis de M. Le Coz, il ait à se rendre à Rennes, conformément à l'arrêté du 14 avril, à moins qu'il ne prête le serment d'allégence, et alors, il n'aurait qu'à se retirer à trois lieues du Vivier.]

11 août. — [Dépôt au secrétariat du district, par Monsieur Plainfossé, des vases sacrés et ornements dépendant de l'église du Vivier à la fermeture de laquelle il a procédé.!

Aux citoyens administrateurs du département d'Ille-et-

Vilaine.

La municipalité du Vivier, au nom de la commune, vous supplie d'avoir pour agréable de nommer un prêtre

(1 ) Arch. dép., LV, circonscription des paroisses.

pour remplir les fonctions de ce lieu; notre église a été fermée provisoirement. Si on avait suivi le décret pour l'arrondissement, le Vivier eut été conservé, puisque Mont-Dol joint par les maisons à la ville de Dol et du côté du Nord au Vivier. Vous voyez, citoyens, que Mont- Dol ne pouvait éviter la suppression et non le Vivier; nous ne pouvons l'attribuer qu'à l'opiniâtreté et l'entêtement du curé réfractaire dont nous sommes heureusement défaits. Permettez, citoyens, de vous représenter que Hirel aurait dû être réuni au Vivier et Vildé-la-Marine à Saint-Benoist qui n'est écarté de ces deux dernières églises que de deux à trois pièces de terre. L'église du Vivier est solidement bâtie, grande et parfaitement ornée, notre position exige absolument un prêtre pour le culte public; tout le monde sait notre position, les voyageurs et commerçants y abondent de tous les côtés et l'hôtellerie en est toujours garnie. Hirel n'est qu'un cul-de-sac et point d'auberge. Il entre ordinairement dans ce port annuellement cent navires qui y séjournent les uns huit, douze et quinze jours; chaque navire est composé pour le moins de six personnes, ce qui fait par an six cents hommes privés de la messe par l'éloignement de l'église de Hirel. Notre population est de 625 personnes; Hirel de 982 et Vildé-la-Marine de 312, ce qui compte un total de 1,919. La commune du Vivier réclame auprès de vous la justice qui lui est due pour lui donner un prêtre en qualité de vicaire de Hirel pour desservir le Vivier jusqu'à ce que l'opération de la circonscription des paroisses soit opérée.

Il résulte donc de notre position et de l'intérêt public

qu'il y ait au Vivier un prêtre pour dire la messe et pour administrer les habitants et ceux des voyageurs qui tombent malades en route, ce qui arrive fréquemment; c'est donc avec la plus grande justice, citoyens administrateurs, que la nouvelle municipalité joint au procureur de la commune du Vivier réclame de votre autorité et équité ordinaire à ce qu'il vous plaise nommer un vicaire à la paroisse de Hirel pour desservir le Vivier, elle attend avec sécurité cette justice de vous.

Arrêté à la maison commune le cinq janvier 1793, deuxième de la Képublique française.

Gênée, maire; Garnier, Gesnier, Jean Lemarié, Ferron, greffier, etc. (1).

Directoire du District.

19 janvier 1793. — Sur l'exposé verbal fait par les citoyens maire, officiers municipaux et procureur de la commune du Vivier, les administrateurs, ouï le procureur syndic, autorisent sous le bon plaisir du département la municipalité du Vivier à faire l'ouverture de l'église de cette commune et à y faire célébrer provisoirement l'office divin par le citoyen Barbier, prêtre envoyé par le citoyen évêque du département de l'Ille-et- Vilaine, et ont remis à cet effet aux officiers municipaux du Vivier un calice d'argent doré avec sa patène d'argent, un

(1) Arch. dép., L, circonscriptions des paroisses.

janvier 1793 139

ciboire aussi d'argent ci-devant doré, six chandelliers, une croix, un bénitier et un encensoir de cuivre, deux chasubles avec leurs garnitures, deux chapes, une noire et l'autre de toutes couleurs, trois nappes d'autel, deux cordons, deux amicts et six corporaux, tous lesquels effets ils se sont obligés de rendre et rapporter à cette administration sur le premier réquisitoire légal qui en sera fait à la municipalité.

Le 20 janvier 1793, au lieu ordinaire des séances, le citoyen Thomas -Marie Barbier, prêtre, curé provisoire du Vivier, a prêté le serment devant nous maire, officiers municipaux et procureur de la commune, d'être fidèle à la nation et de maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir à son poste en les défendant, ce qu'il a signé avec nous lesdits jour et an que devant, second de la [République française.

Gênée, maire; Barbier, curé du Vivier; Lebreton, etc. (1).

Au Vivier, 20 janvier 1793.

Citoyen Evêque,*

Nous sommes très reconnaissants du service que vous nous avez rendu en nous envoyant le citoyen Barbier, prêtre; ce bon citoyen nous dit aujourd'hui la grand' messe, il y a eu beaucoup de monde et tous les bons citoyens seraient déjà fâchés de le perdre. En conséquence,

(1) Arch. dép., L, 2 Y 12.

comme notre petite église avait été fermée provisoirement par ordre du département, nous vous prions, citoyen évêque, de tâcher de faire casser cet arrêté provisoire afin que le citoyen Barbier jouisse du moins du titre de curé.

Citoyen désireux de secourir vos diocésains, nous vous remercions d'avance de ce service et de celui que vous nous avez déjà rendu.

J. Lemarié, K. Douet, P. Leroy, Garnier, Gênée, maire; Gémier, Anfray, procureur de la commune; Levron, greffier (1).

L'an 1793, le 11 février, second de la République française, environ les neuf heures du matin, au lieu des séances ordinaires, les officiers municipaux et procureur de la commune du Vivier soussignés, en exécution de la lettre du onze janvier dernier adressée par le citoyen procureur syndic du district de Dol adressée au procureur de la commune de ce lieu, reçue par ce dernier le trois de ce mois de février, lecture a été donnée le même jour par le citoyen curé au prône de la grand' messe paroissiale où le conseil général de la commune y était présent, en conséquence de ce que dessus avons mandé le citoyen Certain, ancien maire, lequel est entré au lieu des séances, en parlant à sa personne, l'avons interpellé de nous déclarer quel est le nom et surnom des prêtres et ecclésiastiques résidant et assistant dans cette paroisse pendant les années 1791, 1792, tant de la gestion, et quels sont les

( 1 ) Arch. dép., L, 2 V 6.

Page 1