‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de DolChapitre 7 sur 91 · Arch. dép. : L · texte numérisé non relu

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% Voir t. II, p. 40.

trop qu'ils ne sont pas partisans de la révolution, leur supérieur est sous le coup d'un décret pour en avoir très indécemment parlé.

Consultés par le procureur syndic sur leur renvoi, vous lui répondîtes le 2 février dernier qu'ils étaient en possession dune maison séculière et que vous alliez demander à l'Assemblée nationale soit le renvoi des membres, soit à être autorisés à prendre des mesures pour qu il n'existât dans cette maison que les sujets qui sont membres de la congrégation.

Nous avons lieu de croire, Messieurs, que vous n'avez reçu de l'Assemblée aucune décision sur cet objet. Elle peut devenir instante par le remplacement prochain des curés réfractaires... Si on les renvoie quel sera leur traitement?

[Un arrêté du département du 2 mai accorde un mandat de 1,800 livres au sieur Delaunay à valoir au traitement qui sera accordé aux prêtres et frères du séminaire.]

Directoire du district.

9 juin 1191. — Et avant de lever la séance, des députés de la société, des amis de la constitution établie à Dol, ont témoigné leur surprise de ce qu'on souffrait exister au ci-devant séminaire de Dol la corporation des Eudistes dont un Sr Launay, supérieur, était sous le coup d'un décret pour désobéissance à la loi et ont ajouté que ces prêtres prêchaient hautement l'insurrection et l'insubordination et qu'il était instant de disperser des sujets aussi dangereux ; à ces représentations le directoire a observé qu'il a différentes fois sollicité le département pour qu'il fît des démarches à l'effet d'obtenir de l'Assemblée nationale la réunion de la paroisse de l'Abbaye à celle de Notre-Dame de Dol et qu'il attendait de jour en jour cette réunion pour faire déguerpir les Eudistes du séminaire dont le supérieur est curé de l'Abbaye, et qu'il allait prendre en considération les motifs de la démarche des amis de la

constitution pour iceux réitérer, a le directoire, ouï le procureur syndic, considérant qu'il importe de ne pas laisser à la tète d'une paroisse des prêtres qui se font un mérite de semer des discordes incendiaires et de prêcher la désobéissance à la loi, a arrêté de se transporter sur le champ au séminaire du cidevant évêché de Dol, pour sommer les Eudistes qui y sont encore réunis de désemparer, ce qu'ayant exécuté et le sieur Delaunay ayant manifesté son refus formel de désemparer, le directoire a décidé de s'y transporter de nouveau demain, 7 heures du matin, pour faire mettre ses ordres à exécution et fermer les portes du séminaire et a même arrêté à cet effet de convoquer la municipalité de l'Abbaye et un détachement de la garde nationale de cette ville pour veiller tant à la sûreté des personnes des Eudistes qu'à la conservation des effets que renferme leur maison.

Delabigne, Pinson. Plainfossé, Chevetel.

10 juin, 3 heures de relevée.

[Messieurs Pinson, vice-président, Delabigne, Fristel, administrateurs du directoire, et Gautier, procureur syndic de ce district, de retour du séminaire, assemblés dans la salle des séances, il a été fait dépôt du procès-verbal de clôture du ci-devant séminaire de Dol rapporté lejour d'hier, et décide qu'une copie sera adressée au département par le courrier de ce jour avee une lettre explicative des motifs qui l'ont déterminé à opérer la dissolution du séminaire, laquelle lettre sera transcrite au long sur le registre de la correspondance à la date de ce jour.

« Nous avons l'honneur, Messieurs, de vous adresser une expédition du procès-verbal que nous rapportâmes hier au cidevant séminaire de Dol ; le vœu public et le bon ordre sollicitaient depuis longtemps cette opération ; dans ces instants de crise il faut un certain courage et si 1 excès du patriotisme

pouvait quelquefois être excusable c'est sans doute dans les moments où la chose publique paraît en danger.

« Pour arriver plus sûrement à la dissolution de ce séminaire nous pensâmes qu'il convenait de demander la suppression de la paroisse de l'Abbaye qui y était annexée. Le quatre février nous vous en adressâmes lavis que nous avions pris sur cet objet que vous adoptâtes par votre délibération du 25 du même mois. Votre silence et peut-être votre inaction pour obtenir le décret approbatif de cette suppression nous étonnèrent. De toutes parts des murmures s'élevaient et le souvenir de l'ordination du mois de décembre 1790 le rendait plus légitime.

« Notre étonnement s'est accru à la lecture de la lettre de M. Petiet au procureur syndic du district, il lui dit de lui marquer ce qui arrête le départ des prêtres du séminaire ; à l'en croire, il semble qu'il n'a dépendu que de nous et que vous nous avez transmis des ordres à cet égard. Cela est devenu d'autant plus singulier que suivant votre réponse à une députation très récente des amis de la constitution de Rennes, que ceux de Dol viennent de nous faire connaître, la clôture du séminaire était arrêtée depuis plus de trois mois ; si les ordres que vous avez donnés en conséquence n'ont pas eu leur effet, c'est la dissolution de notre directoire qui en a seule retardé l'exécution.

« Nous sommes très jaloux de l'opinion publique et de la vôtre, Messieurs, parce que nous y attachons un grand prix, mais nous devons dire que nous n'avons reçu aucun ordre de vous pour la clôture du séminaire de Dol. Quoique peu nombreux le directoire n'a jamais suspendu ses fonctions, il était complet à l'époque ou vous dites avoir délibéré la clôture du séminaire ; nous avions si peu ces ordres que le premier moment de notre nouvelle formation a été consacré à vous rappeler cet objet comme l'un des plus importants de notre administration. Vous ne nous avez pas encore répondu et désormais vous n'avez plus qu'à approuver ou à blâmer notre

opération. Nous ne devons plus craindre que vous l'improuviez d'après votre réponse aux Amis de la constitution de Rennes et la lettre de M. Petiet au procureur syndic de ce district, nous avons fait le bien et le seul reproche que nous puissions nous faire c'est de lavoir différé.

« Si les nouvellistes nous défèrent à la censure publique ce sera sans avoir approfondi notre position, nous serions autorisés à la faire connaître en donnant quelque publicité à notre correspondance ; ce serait pour nous un grand malheur puisque nous ne pourrions justifier notre conduite qu'aux dépens de la vôtre, c'est pour nous un puissant motif de garder le silence ou du moins de ne nous entretenir qu'avec vous. »

Dol. 11 juin 1191. — Avant-hier le nouveau directoire de cette ville, au quatrième jour de ses travaux, a développé l'énergie la plus nécessaire. Fatigué d'entendre le peuplecitoyen se plaindre des sourds travaux de cinq Eudistes qui empoisonnaient et la paroisse de l'Abbaye près de Dol et Dol lui-même, qui répandaient l'alarme dans les consciences, et détachaient journellement des émissaires dans les paroisses du district de Dol pour allumer la torche du fanatisme et de la guerre civile, solliciter les prêtres assermentés à se rétracter et à empêcher les autres d'obéir à la loi, le directoire se transporta à sept heures du soir chez MM. les Eudistes, et leur intima l'ordre de partir dans les vingt-quatre heures. Le sieur Launay. supérieur, connu pour son incivisme et son fanatisme, répondit qu'il ne sortirait pas, qu'il avait du vin bien patriote et qu'il était prêt à en verser, etc.... ses fades plaisanteries n'eurent aucun succès. Le lendemain. 10. le directoire accompagné d'un picquet de gardes nationales se transporta au séminaire et leur intima l'ordre de faire leurs paquets, consistant dans le vestiaire, et de déloger. Sun assurance delà veille se démentit un peu, mais il fallut cependant obéir, et de suite on posa les scellés et l'on ressaisit le maire de la clef de l'église. Les complots de ces prêtres séditieux tendaient à

diviser les citoyens de Dol, et les citoyens de Dol ont diminué leur force en les divisant eux-mêmes et en les dispersant. Il est très assuré que si M. de Hercé a fait beaucoup d'actes illégaux, on doit les attribuer en grande partie à ce supérieur Launay dont les lâches conseils ont toujours tendu à troubler l'ordre public. Ce M. Launay est sous le coup d'un décret pour sa bonne conduite particulière Nous invitons les municipalités dans le territoire desquelles il voudrait répandre son venin, de le surveiller de près et de prévenir le mal qu'il cherchera à faire partout où il passera i.

Dol, 14 juin 1791.

Le directoire de Dol à la municipalité de V Abbaye.

Par sa lettre du 11 courant, en réponse à la vôtre du 10, M. Coz, évêque du département de l'Isle et Vilaine, nous marque qu'il délègue à M. Guillot, curé de Dol, les fonctions curiales de l'Abbaye; vous voudrez bien le faire connaître au public et procurer à M. Guillot toutes les commodités convenables pour le libre exercice de ses fonctions. Ce sera à lui que vous vous adresserez pour l'administration des sacrements, en un mot il fera ou fera faire ce que le curé faisait avant lui.

Dol, 18 juin 1791.

Le directoire de Dol à celui du département.

Votre silence, messieurs, sur le procès-verbal que nous avons rapporté au séminaire de Dol le 10 cl et que nous avons eu l'honneur de vous adresser le lendemain nous laisse dans quclqu'embarras. Voila une requête du ci-devant supérieur du

1. Bibliothèque Publique de Rennes. — Journal des départements, districts, etc ... N° du 18 juin 1791.

séminaire qui était absent. Il nous atteste des procédés de la part du district de Rennes dont nous devons douter. En examinant notre procès-verbal vous verrez que nous n'avons délivré aux trois Eudistes présents que les vestiaires et quelques autres petits objets. Le sieur Delaunay demande aujourd'hui bien davantage et s'appuie de ce qui a été pratiqué à l'égard de leurs confrères de Rennes. Il demande en un mot à être traité comme des religieux; quoiqu'ils ne soient point ce qu'ils disent être, doux et paisibles, nous désirerions que la loi eut parlé pour eux comme elle a parlé pour les religieux. Dites nous, s'il vous plaît, ce qu'il faut leur accorder au-delà de ce qu'on leur a donné.

Le sr Delaunay parle de dépôt, nous avons connaissance d'un, quand il nous l'aura indiqué, nous aurons grand soin de ne pas en intervertir la destination. C'est un legs fait à des pauvres de paroisses voisines à qui on avait voulu faire croire que nous nous en étions emparé.

Nous n'entrâmes pas dans la chambre des absents, les frères déclarant n'en pas avoir les clefs. Vous devez sentir, Mrs, combien il est instant d'expédier ces messieurs afin qu'ils n'aient pas de prétextes de rester ici. Nous attendons votre réponse par le premier courrier.

A Messieurs les administrateurs du département.

La commune de la paroisse de l'Abbaye, généralement assemblée au son de la cloche, a l'honneur de représenter que. vendredi dix juin de la présente année. MM. les administrateurs du district de Dol, accompagnés de la garde nationale de ladite ville, ayant expulsé du séminaire les recteur et prêtres de ladite paroisse, les habitants de l'Abbaye se trouvent maintenant sans pasteur, quoique leur paroisse ne soit pas supprimée ; c'est pourquoi ils demandent que. conformément à la loi qui défend à tout fonctionnaire public de cesser ses fonctions avant qu il soit remplacé, M. Delaunay. leur recteur,

soit autorisé à continuer à administrer à ladite paroisse les secours spirituels quelle a droit, comme toutes les autres, d'en attendre, demandent aussi les citoyens de ladite paroisse que leur recteur n'ayant plus de maison pour le loger du moment où les scellés ont été apposés sur les appartements du séminaire où il logeait, il lui soit fourni un logement convenable, ainsi que les vases sacrés, ornements, linge, etc., nécessaires au culte; la commune a considéré qu'il n'est pas possible de la priver de son pasteur pour faire les baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse, et administrer les sacrements et faire toutes les cérémonies de l'église tant que la paroisse n'est point réunie ou supprimée, autrement c'est aller directement contre les décrets de l'Assemblée nationale ; en conséquence, elle prie MM. les administrateurs d'autoriser le sieur Delaunay. curé ou recteur de ladite paroisse, de continuer ses fonctions jusqu'à ce que ladite paroisse soit pourvue suivant la loi. et elle attend avec confiance une réponse satisfaisante par le courrier extraordinaire qu'elle prend le parti d'envoyer à MM. les administrateurs du département.

L'Abbaye, 20 juin 17911.

[Suivent environ quarante-cinq signatures, parmi lesquelles celles de François Lamotte et Jean Gautier, qui ont refusé de signer la supplique de leurs collègues de la municipalité, en date du 22].

22 juin. — Réception [par le directoire de Dol] d'un arrêté du département du 18 courant portant réunion de la paroisse de l'Abbaye à celle de Notre-Dame de la ville de Dol, avec une lettre relative à cet arrêté et à la manière dont les Eudistes doivent être traités dans le délivrement des effets à leur usage.

Le directoire arrête de se transporter le 27 de ce mois au séminaire pour y procéder au délivrement des effets mobiliers à leur usage personnel.

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