‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de DolChapitre 8 sur 91 · Arch. départ. L. Circonscriptions de paroisses · texte numérisé non relu

Arch. départ. L. Circonscriptions de paroisses

juin 17m 27

Dol, 22 juin 1791.

Les administrateurs composant le directoire et procureur syndic die district de Dol, à Mvs les membres de la municipalité de l'Abbaye.

Messieurs,

Nous avons l'honneur de vous adresser une ampliation de l'arrêté du département du 18 de ce mois par lequel il supprime dès à présent votre paroisse et la réunit à celle de Notre-Dame de Dol. Vous voudrez bien nous en accuser la réception et nous remettre sur-le-champ les clefs de l'église. Nous nous occuperons incessamment de la suite et de la consommation de cette affaire; vous voudrez bien aussi, Messieurs, faire publier à l'Abbaye, sur la fin de ce jour, c'est-à-dire au moment où tous les citoyens sont chez eux, 1 arrêté du département avec le nôtre qui le suit. Nous vous autorisons à le faire faire par le tambour de Dol, qui le publiera également dans les lieux ordinaires de cette ville.

Le département nous a renvoyé la requête que les habitants de l'Abbaye lui avaient adressée à l'effet de lui conserver son pasteur jusqu'à la suppression de cette paroisse. La loi et les circonstances ne lui ont pas permis d'accueillir votre réclamation: il vaut mieux n'avoir point de pasteur que d'en avoir un qui soit l'ennemi de la Constitution. Connaissant votre patriotisme et votre soumission aux lois, nous aimons à croire que vous vous empresserez d'exécuter sans trouble ni résistance l'arrêté du département, au moment même où il vous sera

connu.

Delabigne, L. Gautier, proc. synd.,

Pinson. Plainfossé.

Registre de la Municipalité.

Du 22 juin 1791. — La municipalité, etc.... a sur-le-champ fait fermer l'église par le secrétaire du greffier pour être les clefs remises par la municipalité au directoire du district de Dol, et voulant de plus, la municipalité, donner une preuve évidente de son patriotisme et de sa soumission aux lois, a ordonné que lesdits arrêtés seront transcrits tout au long sur le registre à la suite de la présente, se réservant cependant de supplier les administrateurs du département et du district et avec l'évêque métropolitain, que sous le bon plaisir de l'Assemblée Nationale et du roi. il soit conservé un simple prêtre ou à son defïaut un vicaire de la ville de Dol, pour la commodité des infirmes, femmes enceintes et autres habitants de l'Abbaye pour dire une messe basse les jours de dimanche et fêtes de l'année; en conséquence, elle se propose à bref délai de présenter sa requête de supplique à cet effet pour la commodité de l'humanité souffrante; et a observée que dans tous les orages et dérivaisons des eaux le chemin de l'Abbaye à Dol est souvent submergé de deux et trois pieds d'eau, ce qui rend dans ces temps ce chemin impraticable pour toutes sortes de personnes, arrêté la municipalité assemblée ce jour

et an que devant.

Pierre Ogé, etc.

A M. Pinçon, commissaire, procureur syndic, à son hôtel à Dol.

J'ai été surpris on ne peut plus en recevant une lettre de votre part où vous me demandez aujourd'hui compte des livres du séminaire de Dol, j'en étais il est vrai établi le gardien par la municipalité de l'Abbaye, lorsqu'elle en fit l'inventaire; mais vous savez combien il y a de temps que j'ai été banni de cette maison et pourquoi j'en ai été banni; quand on exige la responsabilité d'un gardien pour quelques effets que ce soit, on ne

l'envoie pas au loin, et après huit mois d'éloignement il n'est pas naturel de lui demander des comptes. Lorsque Messieurs les Administrateurs sont venus, escortés de gardes nationalles et d'une infinité d'autres personnes pour nous faire abandonner notre maison, c était le moment d'exiger de moi le contenu de l'inventaire, j'étais dans le cas de le faire représenter, et je puis cautionner que rien alors n'avait été détruit de la bibliothèque, ni du reste de la maison; mais depuis notre sortie il est sûr que la bibliothèque a été confiée à des mains étrangères. Pendant la vente même on assure qu'elle était ouverte à ceux qui voulaient y entrer. J'ai gémi moi-même en secret de ce qu'une collection de livres qui avait tant coûté à mes prédécesseurs et à moi, fusse exposée ainsi à être mutilée, je pensais qu'à mon âge je n'étais plus dans le cas d'en tirer grand parti, mais je me représentais la jeunesse future qui devait être privée de ce précieux secours, ou qui ne devait plus l'avoir que par lambeaux.

Mais pour revenir à la spoliation dont vous voulez m'accuser, je suis prêt à vous assurer par serment (quoi que je ne sois pas habitué à en faire, malgré les avantages temporels qui en sont la suite) ' que je n'ai rien distrait des livres de notre cidevant bibliothèque, et ne connais aucun de mes confrères les Eudistes, qui l'ait fait. Nous avons même poussé la délicatesse à l'égard de la bibliothèque et des autres meubles au delà de ce que l'on peut dire, et je défierais de trouver aucune communauté où il y ait eu moins de dilapidation que dans la nôtre, l'obligation seule présumée de vous rendre compte avant notre sortie, aurait été capable de nous retenir, quand même n'aurions nous pas d'autre motif. J'oubliais l'article de Bayle, dont vous me faîtes l'honneur de me parler dans votre lettre. Je vous proteste que je n'ai pas plus soustrait cet ouvrage que les autres.

Mais puisqu il est question de la bibliothèque du séminaire. ma conscience me dicte de vous rappeler ce que la multitude

1. Allusion au serment exigé des prêtres fonctionnaires publics.

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de vos occupations pourrait vous faire perdre de vue, qu'il y a dans l'appartement où elle est placée une histoire ecclésiastique de M. Fleury, brochée, laquelle appartient à M. Le Roi. imprimeur-libraire à Caen, qui nous l'avait envoyée pour la vendre et dont nous n'avons pas trouvé le débit. Quand je dis qu'elle est dans la bibliothèque, je parlerais plus juste si je disais qu'elle y était quand nous sommes sortis, car je ne voudrais pas cautionner qu'elle y fut aujourd'hui. Je vous prie de vouloir bien excuser la prolixité de ma lettre. Vous y voyez que je ne pouvais guère mettre ma justification en moins de paroles. J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, Monsieur, Votre très humble, très obéissant serviteur

Delaunay, prêtre, ex-supérieur du ci-devant séminaire de Dol.

La Chapelle-Blanche, près Broon, le 16 mars 1792 ï.

(Répondu le 20 mars.)

[Le 2 décembre 1791, dépôt avait été fait à la municipalité de Dol d'un procès-verbal constatant que les scellés des portes de la bibliothèque du Séminaire avaient été enlevés, mais que les portes n'avaient pas été ouvertes, qu'également à la maison des Carmes les scellés étaient enlevés, la porte de la bibliothèque ouverte et partie des livres épars sur le plancher et déchirés.

Le 18 mai 1792, dépôt à la municipalité de Dol de 1,754 cartes indicatives des volumes composant la bibliothèque du Séminaire],

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