‹ Le clergé à l'AcadémieChapitre 25 sur 30 · L'ABBÉ DE MONTESQUIOU. — M«^ FRAYSSINOUS · texte numérisé non relu

L'ABBÉ DE MONTESQUIOU. — M«^ FRAYSSINOUS

Msr DE QUÉLEN

Sous le règne de Napoléon, aucun ecclésiastique n'entra à l'Académie. Le cardinal Maury et l'abbé Sicard y représentèrent seuls l'Eglise pendant toute cette époque, la moins littéraire qui fût jamais ; car, devant les drames formidables qui se jouaient sur les champs de bataille de l'Europe, on avait vu pâlir toutes les manifestations purement intellectuelles et on a remarqué que Chateaubriand et M"° de Staël, les deux écrivains qui dominent cette période, avaient pris nettement position contre le gouvernement impérial qui, loin de les encourager, s'efforça d'étouffer leur voix.

Ce n'est qu'à la Restauration que les choses reprendront leur cours normal.

Si Louis XVIIl avait montré quelque hostilité à l'égard de l'Académie lorsqu'il n'était que comte de Provence, dès qu'il fut monté sur le trône, il n'en

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laissa plus rien paraître, aima les lettres et les protégea. Pendant son règne, l'Académie reprit peu à peu son ancien caractère, et les élections de ce temps sont nettement monarchistes et religieuses : outre les noms des quatre personnages dont nous allons parler ici, ceux de Sèze, de Royer, de Soumet, de Pastoret, en sont une preuve évidente.

Le père de Louis-François de Bausset occupait à Pondichéry un poste important lorsque celui-ci vint au monde en 1742. L'enfant fut envoyé en France à Page de douze ans, entra chez les jésuites où il fit ses études, et passa de leur collège au séminaire de Saint-Sulpice^

Député à l'Assemblée du clergé, n'étant encore que sous-diacre, il fut choisi, à peine ordonné prêtre, par M^"" de Boisgelin pour être son grand vicaire à Aix, et il occupa cette charge jusqu'à l'année 1778. Il eut alors l'occasion d'appliquer les leçons qu'il avait reçues de ce maître habile et éclairé ; car de tristes divisions ayant éclaté à Digne, où M*^"" de Caylus était évêque, celui-ci appela l'abbé de Bausset qui, par son esprit conciliant, sut bientôt les apaiser. Il administrait ce diocèse de-

* « La France le reçut dans son sein avec les richesses des deux Indes. » {Réponse de M, Auger, directeur de l'Académie à M«^ l'archevêque de Paris.)

puis quelques années, lorsqu'en 1784 il fut nommé évêque d'Alais. C'était moins alors un épiscopat qu'un apostolat : c'était presque une mission, car le Protestantisme s'y était réfugié « comme dans une dernière forteresse ». C'est là que la Révolution vint bientôt menacer l'existence de M^'' de Bausset : il émigra en 179 1. Mais ne pouvant, dans l'exil goûter le repos et songeant sans cesse à ses ouailles, qu'il ne se croyait pas le droit d'abandonner, il revint bientôt à Alais où il fut arrêté et emprisonné' jusqu'au 9 thermidor.

Rendu alors à la liberté, il ne retrouva point pour cela la paix et dut, sur la demande de Pie VII,I donner sa démission au moment du Concordat. Napoléon le fit alors chanoine de Saint-Denis et il occupa sa retraite en écrivant son Histoire de Fénelon qui fut couronnée par l'Institut ^ Puis, lors de la formation de l'Université, il en fut nommé conseiller titulaire.

La vie active de M^"" de Bausset semblait achevée: sa vieillesse se passerait paisiblement au chapitre de Saint-Denis, où tout ce qu'il pourrait faire, au milieu des douleurs graves qu'il ressentait déjà, serait de travaillera d'autres ouvrages où il s'efforcerait de bien servir TEglise dans la retraite.

' Quelques personnes ayant paru craindre que cette histoire de Fénelon ne tendît à diminuer la haute réputation de Bossuet, Ms"" de Bausset répondit à ces insinuations en publiant ensuite son Histoire de Bossuet, en quatre volumes. « Ces deux ouvrages, dit Michaud, sont des monuments pour l'Église de France plus encore que pour la littérature. »

:;omme il l'avait bien servie à l'époque de sa jeunesse et à celle de sa maturité \

Mais la Restauration survint, et dès lors la scène i;liangea. Coup sur coup, comme pour son collègue et ami Frayssinous et mieux encore, les plus rares dignités, les charges les plus brillantes vinrent chercher M^'' de Bausset, souligner sa fidélité, récompenser la droiture de son existence. Président du Conseil royal de l'instruction publique, pair de France en i8i5, académicien en 1816, cardinal en 1817, puis duc, commandeur du Saint- Esprit, ministre d'État, membre du Conseil privé, il ne manquait rien à sa gloire quand il mourut à Paris, le 21 juin 1824". Il n'est point de siècle où sa place n'eût été marquée parmi les personnages qui ont paru avec le plus d'éclat sur la scène du monde, et la parfaite aisance avec laquelle il occupa successivement toutes les places où on l'appela montre qu'il n'en est presque aucune qu'il n'eût su brillamment remplir.

L'abbé François-Xavier-Marc-Antoine, duc de Montesquiou, issu d'une très ancienne et illustre

* C'^st ainsi qu'il a écrit des notices historiques sur le cardinal de Boisgelin, sur le cardinal de Talleyrand et sur l'abbé Legris-Duval.

* « A peine si j'ose nommer celui auquel je m'étonne de succéder, disait plus tard M»' de Quélen en venant occuper à l'Académie le fauteuil du cardinal; à peine... si j'ose essayer son éloge, de peur que la faiblesse du panégyriste ne vous montre trop à découvert le vide que vous n'avez pu combler. »

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famille du comté d'Armagnac, était né au château de Marsan (Gers) en 1756*. Il se fit remarquer de bonne heure par la vivacité de son intelligence et obtint, dès qu'il fut prêtre, l'abbaye de Beaulieu, près de Langres. Bientôt agent général du clergé, il remplit ces fonctions avec grande habileté et se rendit agréable à tous par sa courtoisie. Aussi futil élu député aux Etats généraux par le clergé de Paris. Il présida à deux reprises l'Assemblée constituante et reçut même des remerciements publics pour Timpartialité dont il avait preuve dans ces délicates fonctions ^ Mais, après le 10 août, il émigra en Angleterre, et ne revint en France qu'après la chute de Robespierre.

Il devint, à ce moment, un des principaux agents de Louis XVIIÏ et se vit même exiler à Menton par le Premier Consul, pour avoir tenté de ramener les Bourbons sur le trône. Quoique autorisé bientôt à rentrer à Paris, il n'en travailla pas moins activement, en 1814, à la déchéance de Napoléon.

Nommé alors membre du gouvernement provisoire, il fut, dès le retour du Roi, conseiller d'État et ministre de l'intérieur^. C'est alors qu'il fit cette belle réponse à ceux qui se plaignaient d'être

* Il était petit-neveu du marquis de Montesquieu, avant lui académicien et dont les Mémoires secrets parlent ainsi :

« Montesquiou-Fezenzac est de l'Académie.

« Quel ouvrage a-t-il fait ? — Sa généalogie, v

* « Méfiez-vous de ce petit sei*pent, dit alors Mirabeau ; il vous séduira. »

3 Comme il avait prescrit à ses employés de faire chaquo matin

oubliés dans la répartition des places et des faveurs qu'ils voyaient octroyées à d'anciens révolutionnaires : « Le Roi ne connaît pas de révolutionnaires ; il ne vient pas pour punir la révolution, mais pour la faire oublier! » Il quitta le pouvoir aux Cent-Jours et, de nouveau, se retira en Angleterre.

Ministre d'Etat à la seconde Restauration, il fut imposé par le Roi à l'Académie française en remplacement du cardinal Maury. Il eut d'ailleurs le bon goût de ne jamais y paraître, car « il ne croyait pas réellement posséder un titre que seule l'élection des pairs rend valable ^ ». Un candidat s'étant un jour présenté chez lui pour solliciter son suffrage : « Est-ce que je suis de l'Académie ? » fut la réponse de cet immortel malgré lui^. On cite du reste d'autres mots de l'abbé, mots spirituels, mais qui ne manquent pas de profondeur. Gomme on lui reprochait un jour d'avoir pris un protestant (c'était M. Guizot) pour secrétaire-général : « Croyez-vous, répondit-il, que je veux le faire pape ? » Et dans une discussion avec le tout-puisune prière avant de se mettre au travail, on répandit celle-ci que les insoumis répétaient à l'envi :

« Opérez un miracle et faites, ô mon Dieu,

« Que l'abbé Montesquieu devienne un Montesquieu ! »

* Paul Mesnard. Histoire de PAcadémie française.

* Jay. Discours de réception. On raconte de Laîné une parole à peu près semblable. Il avait été nommé par le roi comme l'abbé de Montesquiou, et, comme lui, n'assistait jamais aux séances. L'Académie, devinant ses honorables scrupules, et voulant en quelque sorte légitimer son titre, le choisit à Tunanimité pour directeur : « Ah ! cette fois, s'écria-t-il, je suis de l'Académie. »

sant Blancas, il lui dit sèchement : « La France peut supporter dix maîtresses, mais pas un favori. »

Pair de France sous le gouvernement de Juillet, Fabbé de Montesquiou donna sa démission le 3 janvier i832 et mourut à Gircy-sur-Blaize (Haute- Marne) le 6 février suivant. M. Guizot a fait de lui un portrait très juste en disant qu*homine parfaitement honorable et d'un esprit distingué, il était « peu propre aux luttes âpres et longues, fait pour plaire et non pour dominer ».

Denis-Antoine-Luc Frayssinous naquit à La Vayssière, dans l'Aveyron, le 9 mai 1765. De bonne heure, il entra au séminaire de Saint-Sulpice et s'attacha même un moment à la Société des Sulpiciens. Il disparut pendant la Révolution et retourna dans le Rouergue où était une propriété de sa famille. Là, il aidait un vieux curé qui ne prisait guère son vicaire de circonstance, car il disait de lui : « Frayssinous n'est bon à rien, pas même à faire un baptême. » Mais entre temps il portait, au péril de sa vie, les secours religieux aux habitants du pays.

Il reparut en 1801 et créa bientôt deux œuvres admirables à Paris : il releva d'abord les cathéchismes de Saint-Sulpice, puis prêcha dans l'église des Carmes des conférences sur les vérités du chris^ tianismcy préludant ainsi à celles de Notre-Dame et

inaugurant parmi nous la prédication apologétique . Ces célèbres conférences firent un grand bruit, attirèrent à Féglise des Carmes la plus brillante assistance et causèrent de nombreuses polémiques, au point que le Premier Consul les fit suspendre.

Mais la réputation de l'orateur était faite : il s'en alla prêcher à Lyon, puis à Montpellier et, à son retour, s'étant attiré la bienveillance de M. de Fontanes, il ne tarda pas à rentrer en grâce au point d'être nommé inspecteur général de l'Académie de Paris, et, bientôt après, chanoine de Notre-Dame.

Il était dès lors en bonne posture pour avancer : aussi un panégyrique de saint Louis, qu'il prononça alors à Flnstitut, attira plus encore les yeux sur lui et le fît nommer prédicateur du Roi après la Restauration, puis vicaire général de Paris. Successivement proposé pour l'évêché de Nimes, puis pour celui de Belley, il refusa constamment et écrivait à l'un de ses protecteurs ; « De grâce, ne désirez pas de mitre à vos amis ; ce n'est qu'une pyramide d'épines bien pointues sur la tête. » Il disait à d'autres : « Les dignités de cette sorte sont plus faciles à refuser qu'à accepter. »

Enfin Louis XVIII le nomma son premier aumônier et évêque d'Hermopolis in partibus : il fut ensuite Grand Maître de TUniversité, ministre des Cultes, comte et Pair de France et usa de son autorité pour rappeler les jésuites. Enfin, en 1822, FAca-

demie française, jalouse de le posséder dans son sein, lui offrait le siège de l'abbé Sicard \

Il aimait le luxe et la pompe extérieure, les équipages et les nombreux valets. Il se rendait à l'Université avec un train de prince, ce qui fit dire :

L'héritier de Fontane

De licteurs à cheval entoure sa soutane.

Mais tout cela n'était que pour la forme et toutes ces dignités le laissèrent en réalité aussi simple et pieux qu'elles l'avaient trouvé.

Plus tard le Roi voulut demander pour lui au Pape le chapeau de cardinal. Mais M^*^ Frayssinous le pria de n'en rien faire, alléguant très modestement qu'il n'en était pas digne. Il eût pourtant figuré avec distinction dans le Sacré-Collège.

Après la révolution de i83o qui l'avait dépouillé de ses titres, fidèle à la mémoire du Roi, il ne voulut accepter aucune dignité et se retira à Rome. C'est de là que la famille royale le fit venir en Autriche pour diriger l'éducation du duc de Bordeaux. Il reparut plus tard à Paris, mais, vieilli et malade, il ne tarda pas à retourner dans son pays où il mourut paisiblement en i84i, après une vie brillante et troublée. M""® Swetchine en a bien résumé les phases en disant : « Je ne sais pas de

* C'est dans le discours de réception de Frayssinous que se trouve cette phrase souvent citée : « L'homme n'invente pas plus la vérité que Christophe Colomb n'a inventé l'Améi'ique : il la découvre. »

ORGANISATION DE 1816 SSg

plus belle carrière que la sienne, et dont la fin ait été plus digne de ses commencements. »

Hyacinthe-Louis, comte de Quélen, né en 1778, appartenait à une ancienne famille de Bretagne, alliée à la maison d'Aiguillon. Entré tôt dans les ordres, il ne tarda pas à s'y faire remarquer : «Voyez-vous cejeunehomme, dit un jour M. Emery. Je vous annonce que ce sera un jour un grand évêque dans Téglise de Dieu. » Il commença par être grand vicaire de Saint-Brieuc, puis secrétaire du cardinal Fesch qu'il suivit à Lyon ^ Le cardinal de Talleyrand-Périgord Tappella alors à Paris et le fit vicaire de la grande Aumônerie. Dès lors sa marche ascendante ne s'arrêta plus. Il était nommé, en 18 19, évêque de Samosate et coadjuteur de Paris : deux ans plus tard, il succédait au cardinal sur le siège de saint Denis, après avoir entendu son vénérable prédécesseur lui recommander tout particulièrement, en mourant, la conversion de Talleyrand. Aussi ne manqua-t-il pas de mettre tout en œuvre pour atteindre ce but. Il alla jusqu'à dire un jour : « Ah ! je donnerais bien ma vie pour lui M »

* Il demanda à ce moment à être envoyé à Sainte-Hélène, comme aumônier de l'empereur.

* Cette phrase fut aussitôt rapportée à l'intéressé : « Il a un bien plus bel usage à en faire », répondit Talleyrand. M»"" de Quélen avait précédemment tenté, mais en vain, la conversion de Grégoire. (Cf. Bellemare. m. de Quélen pendant diœ ans.)

34o LE CLERGÉ \ l'aCADÉMIE

On a dit de M^"^ de Harlay de Ghampvallon que « c'était un des plus beaux hommes de son diocèse ». La même phrase aurait pu être faite sur M^' de Quélen. Sa taille était élevée, sa physionomie expresive, son allure si distinguée qu' « il paraissait, quand il se mettait en marche, descendre d'un piédestal * ».

En 1822, M^'^ de Quélen fut nommé Pair de France : il obtint une grande popularité pour s'être opposé, malgré Tavis du ministère, à la conversion de la rente. Cette même année, l'Académie française l'appela à succéder au cardinal de Bausset. Il reporta sur la religion tout l'honneur de son élection, célébrant, dans son discours de réception, (( Talliance de la religion avec les lettres, les sciences et les arts ».

Mais la popularité de M^"" de Quélen devait bientôt disparaître, car, après les journées de Juillet, son attachement aux Bourbons de la branche aînée lui valut la haine du peuple. Cette haine se manifesta par le sac de l'archevêché, dont la bibliothèque et le mobilier furent jetés à la Seine, tandis que l'argenterie et les objets précieux étaient volés ou incendiés et que, par un malheur plus irréparable, on détruisait impitoyablement les anciennes archives qui avaient échappé au désastre de la révolution^.

* Vicomte d'Avenel. LfS Euêques et archevêques de Paris.

* La vie de l'archevêque fut même en péril et il trouva un asile sûr chez M, Geoffroy-Saint-Hilaire.

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La conduite de l'archevêque pendant le choléra de i832 fut admirable. 11 mit son château de Gonflans à la disposition des autorités pour servir d'asile aux malades, et s'installa lui-même à THôtel-Dieu pour les assister*. Il créa, ensuite, un établissement en faveur des enfants des victimes, les Orphelins du choléra : œuvre admirable, dit M. Mole, et qui dévoilait tout ce qu'il y avait de grandeur dans son caractère et de charité dans son cœur ^ Il prêcha à Saint-Roch et à Notre-Dame en faveur de cette œuvre, et recueillit, dans ces deux circonstances, soixante -trois mille francs. Ces deux sermons furent imprimés et vendus au profit de ses orphelins.

M^' de Quélen avait eu une grande joie pour adoucir ses amertumes : le Te Deum qui célébra la prise d'Alger. Il en eut une autre qui fut la conversion du prince de Talleyrand, dont les dernières paroles furent comme une action de grâces pour le prélat aux prières et aux pressantes sollicitations duquel il se reconnaissait redevable de son bonheur.

Après dix-huit années d'épiscopat, M^"" de Quélen sentit sa fin prochaine : il s'éteignit doucement ie 3i décembre 1889, en donnant à tous le spec-

* Comme il transportait un jour dans ses bras un cholérique, celuici s'écria : « Retirez-vous de moi, car je suis un des pillards de l'archevêché! » — « Raison de plu-s pour moi, mon frère, répondit Msr de Quélen, de me réconcilier avec vous et de vous réconcilier avec Dieu. » (Vicomte d'Avenel. Loc. cit.)

' Discours de réception. — « C'est ici peut-être l'époque la plus glorieuse de l'épiscopat de Quélen. » (Michaud.)

tacle d'une mort admirable ^ Son grand vicaire, M. Auge, récitant à genoux les prières des agonisants, il l'engagea à se mettre dans une position plus commode. Sa belle-sœur, la vicomtesse de Quélen, le fit sourire une dernière fois en lui prêtant son manchon pour réchauffer ses doigts déjà glacés par la mort. Se tournant enfin vers son frère, il lui dit ces suprêmes paroles : « Surtout, fais bien en sorte que l'on sache qu'en mourant, je n'emporte aucune amertume contre qui que ce soit, et que je pardonne de tout mon cœur à ceux qui m'ont fait quelque mal. »

C'est ainsi que mourut le cent vingt-deuxième successeur de saint Denis.

* Vicomte d'Avenel. Les Evéques et archei^êques de Paris. « Il fallait la mort admirable de Quélen pour faire taire les haines, mais jamais aussi la mort ne fut si prompte à faire luire la justice, jamais on ne la vit produire un si soudain apaisement. »

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