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LE PRETENDU FUSILLEUR DE L ARCHETEQUE DE PARIS

I La meodiant de Versailles. — d'un tinoln. — Uun anledri nurt Ae Jecker.

L'exéculioD des olagn. — lUcït . ~ Ce qu*ils sont dtTeons. — L»

On croit avoir arrêté, à Marseille, un individu en I 4tat de vagabondage, appelé Gilbert, qui était capitaine d'état-major de Dombrowski, et qui aurait, en I cette qualité, sous ta Commune, fusillé les otages et donné le coup de grlce à l'archevêque.

Ce personnage, en haillons, nu-pieds, mendiait quand on l'arrêta. Il aurait dit avoir été traduit en conseil de guerre en 1871, condamné à mort; puis, sa peine commuée, envoyé à la Nouvelle-Calédonie ; amnistié, il revint et tratna la misère.

Si joliment que s'arrange cette anecdote, il nous fautla déclarer absurde. C'est une fable, et rien déplus. Le vagabond arrêté à Marseille en conte. A un de nos confrères marseillais qai l'interrogeait, il répondit :

{i)Éelair,K août 1891.

a Si je n'avais pas achevé Mgr Darboy, je recevais douze balles dans la tête. » C'est une vantardise.

Le peloton qui fusilla les dix otages, dont Tarchevêque, n'avait point d'ofiBcier du nom de Gilbert. Ni le nommé Gilbert, ni d'autres, n'eurent à redouter d'être fusillés s'ils refusaient de donner le coup de grâce, pour la bonne raison qu'il n'y eut point de coup de grâce de donné.

La vérité sur V exécution.

Les hommes qui présidèrent à l'exécution des principaux otages à la Roquette sont connus. C'étaient Genton,un forcené conspirateur, un émeutier éprouvé, qui avait failli lui-même être fusillé en 1848, et Sicard, un officier fédéré dont nous ne nous rappelons point le grade.

On n'a jamais pu savoir à qui faire remonter la responsabilité première de l'exécution des otages. Qui a donné l'ordre? Dans sa remarquable Histoire de la Commune (qui vient d'être traduite en allemand), M. Lissagaray écrit : « Ces exécutions eurent lieu sans aucune autorité, toujours en dehors de l'action de la Commune, d

Les derniers représentants olficiels de la CommanM apprirent incidemment l'exécution le mercredi 2't. pan un papier qui leur (ut passé à ia mairie du XI', oh (l'Hôtel de Ville étant en feu) ils s'étaient réfugié! pour tenir séance. Ce papier, sans en-tête, sanscachet,'* un véritable chiffon, portait, griffonnés à la hâte, ces mots : B Aujourd'hui, 24 mai, ont été passés par les.armes à la Roquette, les nommés Bonjean, DeguerryJ Clerc, Ducoudray, Aliard, Darboy. » Signé n Genton ». 3

Un des hommes qui assistaient à cette réunion nous a dit pariai tement se souvenir que peu d'instants après que ce projet eût été lu, le signataire Genton se présenta en personne. Il raconta comment à la Roquette les choses s'étaient passées. Sans ordre, ou simplement invité peut-être par des membres du Comité de Salut public, à user de représailles, il lui sembla e effet indispensable de fusiller quelques otages. Il Ta< qua lui-même au choix, non sans une certaine faa-1 taisie.

Ce qu'on ne sait point, c'est que Sicard, appelé à procéder ù l'exécution, eut une grande peine à réunir un peloton. Les gardes nationaux se refusaient à cette! besogne sinistre. Il lui fallut employer la menace pow obtenir le nombre d'hommes nécessaires. Le peloton

uns fois constitué, on alla chercher les prisonniers qui ne firent point de grandes phrases devant la mort ; l'archevêque, à cette heure suprême, fut un homme tout simplement. Le président Bonjean, faute a un bandage, marchait avec peine. Un otage montra une superbe crânerie, c'est le missionnaire Allard qui avait en sa vie aventureuse vu la mort de très près et en face.

Il y eut plusieurs décharges, mais point de coup de grâce.

Sicard trouva plaisant de faire un horrible mot : Désignant un oiseau qui prenait son vol, il dit à Genton : « Tiens, l'âme de l'archevêque qui s'envole ».

L^oublié

Lorsque Genton lut, à la mairie, la liste de ses choix : <c Croyez-vous, dit quelqu'un, que Jecker, que vous avez épargné, ne fit pas cent fois plus de mal que ces malheureux ecclésiastiques? — C'est vrai, répondit Genton, mais qu'à cela ne tienne,., on peut retourner. » On tempéra du mieux qu'on pût cette ardeur infatigable. Cependant il demeura convaincu que l'exécution de Jecker, décidément, s'imposait.

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Leurs Fins.

Genton fut condamné mort et exécuté. Il mourut très convenablement.

Sicard fut retrouvé dans un hôpital, blessé — il avait été blessé sur les barricades. On le transporta au conseil de guerre dans un fauteuil. Il mourut de ses blessures au cours du procès.

Le massacre des autres otages fut moins funeste à ses auteurs ou inspirateurs. Ce fut un appelé Gois qui estima cette exécution nécessaire et parvint à vaincre les répugnances d'Eudes. Révolutionnaire d'une correction féroce, il ne se rendit point aux raisons de pitié qu'on invoqua. Son insistance triompha d'hésitants scrupules.

Eudes, qui autorisa — en recliignant — un massacre qu'il eût pu éviter, finit à la tête d'une industrie prospère, et Gois acheva sa vie, paisiblement, commis ponctuel et bien rétribué d'une maison de vins en gros à Bercy.

Nous trouvons aussi dans le même journal un autre

passage intéressant sur les officiers de la Commune.

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