‹ Le clergé périgourdin pendant la persécution révolutionnaireChapitre 9 sur 17 · LES PERSÉCUTEURS · texte numérisé non relu

LES PERSÉCUTEURS

grand rôle dans la révolution : Philippe d'Orléans, La Fayette, Mirabeau, Bailly, Siéyès, Fauchet, Volney, etc.

A dater de ce jour, la Franc-Maçonnerie fit dans toutes les provinces du royaume les plus surprenants progrès. L'un des conspirateurs. Le Roy, lieutenant des chasses de Louis XVI, a fait avant de mourir l'aveu suivant :

(( Cette Société était une espèce de club, que nous » avions formé entre nous. Philosophes, et dans )) lequel nous n'admettions que ceux dont nous )) étions bien sûrs. Nos assemblées se tenaient régu- *)) lièrement a l'hôtel d'Holbach. De peur que l'on )) en soupçonnât l'objet, nous nous donnions le » nom d'Economistes. Nous créâmes Voltaire, » quoique absent, président honoraire et perpétuel » de la Société. Nos principaux membres étaient : » d'Alembert, Turgot, Condorcet, Diderot, La » Harpe et Lamoignon, garde des sceaux, qui, lors )) de sa disgrâce, s'est tué dans son parc » (i).

Voltaire. Diderot et d'Alembert moururent sans avoir eu la satisfaction d'assister a la déchéance de Louis XVI et a la dispersion de l'Eglise de France; mais ils avaient pu très justement pressentir, après trente années d'elïorts et d'intrigues, que leur rêve

(1) Abbé BaiTucl, Histoire du Jacobinisme y l. i, p. 178.

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brillante assemblée un mémoire dans lequel il dit :

(( J'acquis la ferme conviction que le drame

)) commencé en 1788 et 1789, la Révolution fran- )) çaise, le régicide avec toutes ses horreurs, avait )) été, non seulement résolu alors dans les loges, )) mais qu'il était aussi le résultat des associations » et des serments. »

Un jésuite autrichien, le P. Abel, qui jouit de la plus grande notoriété dans son pays, a fait à Vienne, en mars 1898, une conférence publique, dans laquelle il a prononcé, d'un ton singulièrement ému, les paroles suivantes :

(( En 1786, il y eut a Francfort une réunion » extraordinaire de la grande Loge éclectique ; un )) des membres mit aux voix la condamnation à )) mort de Louis XVI, roi de France, et de Gustave, )) roi de Suède. Cet homme s'appelait Abel ; c'était )) mon grand-père ». Un journal juif, La Nouvelle Presse libre, crut pouvoir attaquer violemment l'orateur, en faisant ressortir toute la honte que cet aveu faisait rejaillir sur la famille du P. Abel.

En ouvrant la conférence suivante, l'éloquent jésuite expliqua sa conduite dans ces termes :

(( Mon père, en mourant, m'a marqué comme sa

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Le testament de Vabhé Merlier, Le Christianisme dévoilé,

Cette persévérante diffusion de livres et de brochures avait exercé sur l'esprit des nobles, des bourgeois et du peuple une influence très considérable ; il n'est pas exagéré de dire qu'au moment où fut décidée la convocation des Etats généraux, le cœur de la France n'appartenait plus a l'Eglise et au Roi; déjà « la Franc-Maçonnerie, devenue maîtresse » absolue de l'opinion publique, dispensait seule » la popularité suivant ses calculs » (i).

Convaincu de sa toute puissance dans le gouvernement de ses forces, très habilement organisées, le Crand Maître des loges maçonniques put, sans crainte, envoyer dans toutes les loges, peu de temps avant le 1 4 juillet 1789, la circulaire suivante :

((Aussitôt que vous aurez reçu le paquet ci-joint, )) vous en accuserez la réception. Vous y joindrez ;) le serment d'exécuter formellement et ponc- » tuellement tous les ordres qui vous arriveront )) sous la même forme, sans vous mettre en peine )) de savoir de quelles mains ils partent, ni comment )) ils vous arrivent. Si vous refusez ce serment, )) ou si vous y manquez, vous serez regardé comme » ayant violé celui que vous avez fait à votre entrée

(i) Baron de Vitrolles, Mémoirefi, l. 1, p. 34.

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Les Etats généraux seraient convoqués tous les cinq ans ou tous les trois ans ;

Les douanes* interprovinciales disparaîtraient; Etc., etc

Les trente-trois provinces avaient été d'accord pour formuler ces vœux, et Louis XVI désirait vivement les accomplir. 11 était donc permis d'espérer que la transformation politique de la France s'accomplirait aisément et sans tourmente révolutionnaire. Mais le Conseil central du Grand-Orient avait pris des dispositions pour que son programme fût immédiatement exécuté, malgré la volonté bien manifeste du royaume et du roi.

Lorsque les députés arrivèrent k Versailles, ils y trouvèrent, comme centre de réunion, un vaste cercle organisé spécialement à leur intention par la Loge de Versailles, avec le concours de Lanjuinais, député par le tiers-état de la sénéchaussée de Rennes. C'était le Club breton, qui choisit pour son président Armand Duplessis Richelieu, duc d'Aiguillon, député de la sénéchaussée d'Agen, philosophe et franc-maçon/comme Lanjuinais.

Des orateurs, désignés et préparés a l'avance, avaient reçu du Conseil central mission d'inspirer aux députés de province le culte de l'égalité parfaite et de la liberté. Leurs discours, prononcés avec une habile éloquence, prenaient de jour en

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)) ment des ouvriers de la lie du peuple. Alors, » les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau se » remplirent de porte-faix, de crocheteurs francs- » maçons ; alors, les adeptes répandus dans les » bourgs et les villages, se mirent a établir des )) loges où les derniers des artisans, des paysans, » venaient entendre parler d'égalité, de liberté, et » s'échauffer la tête sur les droits de l'homme. » Alors même d'Orléans appela aux mystères et fît )) recevoir francs-maçons ces légions de gardes- )) françaises destinées aux sièges de la Bastille et de » Versailles » (i).

Le Conseil central a fait pénétrer son énergique audace dans les provinces aussi bien que dans les faubourgs de Paris : les premiers groupements d'ouvriers révolutionnaires sont organisés et prêts à marcher. Il est temps de faire un bruyant essai de la mystérieuse puissance des loges ; il est temps de • montrer a la France entière que, dorénavant, les ordres ne partiront plus du palais où réside le Roi, mais du cabinet secret où siège le Grand-Orient.

Ce premier essai va démontrer si le drame préparé par la Franc- Maçonnerie, et dévoilé, en 178G, dans l'assemblée extraordinaire de Francfort, s'exécutera conformément aux décisions du Conseil central.

(1) Abbé Barruel, Histoire du Jacobinisme, t. v, p. 46.

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Clubs ; la plus grande anarchie régnait dans toutes les provinces. Les persécuteurs pourront accomplir leurs projets, sans que personne les trouble; ils ne s'arrêteront qu'après avoir vu retourner contre eux les armes qu'ils avaient préparées pour écraser le Christ et les rois.

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