‹ Le Clergé russeChapitre 2 sur 18 · PI · texte numérisé non relu

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plusieurs maisons, placées sous l'autorité d'un même supérieur général, chaque maison ayant un supérieur local. Le but particulier que la congrégation se propose, les moyens les plus propres à' l'atteindre et les conseils pratiques que suggérera l'expérience, feront la matière des constitutions spéciales à chaque congrégation, et serviront de complément à la règle de saint Basile, qui sera religieusement observée.

C'est complètement à tort que la formation de congrégations composées de plusieurs maisons rattachées à un centre commun, est représentée par quelques auteurs russes comme une innovation empruntée à l'Église latine. Nous avons vu plus haut que le fait existait en Russie autrefois, et que ce n'est pas dans l'intérêt des monastères ni dans celui de l'Église qu'il a été aboli.

Voilà en quelques mots le plan des mesures à prendre pour réformer les monastères, si l'on parvient à trouver les éléments nécessaires dans les couvents où la vie commune est pratiquée.' Nous aimerions mieux que, laissant de côté tout ce qui existe, on permît aux hommes de bonne volonté de fonder des communautés nouvelles. Nous le disions tout à l'heure : ce ne sont pas les hommes qui font défaut, ce sont les

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^^titutions; ce qui a perdu les monastères,

^st l'intervention de la bureaucratie, ce sont ^s règlements, c'est le manque d'indépendance.

^ liberté fera-t-elle surgir des communautés 'louvelles ? Y verra-t-on plus d'ordre, plus de j^^gularité, plus de zèle ? Ce qui fait la vie, la

^^^ des orda^es religieux, c'est l'esprit qui les

iiinie, et cet esprit, où ira-t-on le prendre?

'^us n'en savons rien, mais nous voudrions *ï^e l'expérience fût faite.

^a Russie s'est glorieusement aiïrancliie de a lèpre du servage ; elle est en train aujour-

ûui de s'aifranchir du joug d'une bureaucratie ^^.cassière, vénale et corrompue. Les monas- ^res réclament les mêmes réformes, ils deman-

^ût à être émancipés, à vivre de leur vie pro- P'^s. Enlevez les entraves multipliées qui pèsent ^f les vocations, sur les fondations, sur toute

^^ï'ganisation de la vie religieuse, vous ver-

^^^ disparaître une grande partie des abus

I ont vous vous plaignez aujourd'hui. Laissez

*^ peuple libre de donner des aumônes aux cou-

ents, si bon lui semble. Vous vous plaignez

^ ce que les moines ont quelquefois recours à

es moyens que la morale n'avoue pas pour

attirer des aumônes plus abondantes. La

P.'^esse et les tribunaux suffisent pour réprimer

les écarts qui pourraient exister ; ne sortez pas du droit commun.

A côté des monastères de l'Église officielle, laissez aux starovères, laissez aux catholiques la liberté d'établir aussi des couvents, affranchissez-les d'une tutelle oppressive. La justice l'exige, votre intérêt est d'accord avec elle : vous ne savez pas toute l'utilité que vos couvents peuvent retirer d'une libre concurrence. Je ne veux pas le nier : parmi les couvents catholiques, il y en a eu, il y en a encore, dan? lesquels des abus se sont glissés, que le relâchement a envahis. Mais remontez aux causes, vous reconnaîtrez que, presque toujours, pour ne pas dire toujours, la racine du mal est dans une tutelle excessive de la part de l'État. C'est le public qui fait vivre les communautés, c'est lui qui leur fournit des sujets, qui leur donne ces ressources matérielles sans lesquelles elles ne pourraient pas subsister. Le public ne s'y trompe pas : il soutiendra les communautés qui sont utiles, il retirera son appui à celles qui ont cessé de l'être. Si'vous trouvez des excep' tiens à cette loi, elles s'expliquent toutes par une seule cause, le monopole; avec la libre concurrence, on n'a rien de semblable à craindre.

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