LES ÉCOLES ECCLÉSIASTIQUES
mffS
Nous n'avons pas à faire l'histoire des ëcoles ecclésiastiques en Russie; nous en dirons cependant quelques mots.
Il n'est pas douteux que, sous Jaroslaf et ses successeurs, les sciences sacrées n'aient été cultivées avec succès à Kief. On ne peut nier que^^ l'Église russe, aux premiers jours de sa fonda- , tion, ait été semblable à ce flambeau dont parle , l'Écriture, lucens et ardens, répandant autour i d'elle la lumière et la chaleur. Peu à peu les lumières s'éteignent,' la chaleur se retire, les ténèbres envahissent les intelligences, les cœurs se refroidissent. Ceux qui savent que, lors de ses commencements, l'Église russe n'avait pas brisé les liens qui la rattachaient à l'Église universelle, n'ont pas heu d'en être surpris. Les régions du nord-est, qu'on a appelées la Mos-
covie, et qui portent encore aujourd'hui le nom de Grande Russie, ont moins participé que le sud-ouest, que la Petite Russie, à cette expansion de la vie chrétienne, sans en avoir été complètement dépourvues.
[ Au xvf siècle, les ténèbres étaient devenues ( singulièrement épaisses : nous n'en voulons d'autre preuve que le concile célébré à Moscou en 1551 et connu dans l'histoire sous le nom de stoglaf, ou concile des cent chapitres.
Le flambeau de la science sacrée se raUuma à Kief, au contact de l'Éghse russe avec l'Église catholique, du rite grec et du rite latin. La première place parmi les écoles ecclésiastiques de Russie appartient sans contredit à l'académie de Kief, fondée en 1631 par Pierre Mogila. Cet homme remarquable était fils d'un hospodar de Valachie, nommé Siméon Ivanovitch. Après avoir étudié la philosophie et la théologie à Paris, il servit avec distinction dans l'armée polonaise et se signala particulièrement à la bataille de Kliotin (1621). Quatre ans après, il embrassa la vie monastique dans le couvent des Cryptes à Kief; en 1628, il était archimandrite de cette célèbre laure, et peu après il fut appelé au siège de liief. En quahté de métropolitain, il a gouverné l'Église non unie dans les États de
ïïïï
^a République de Pologne, depuis 1632 jusqu'en ^646, date de sa mort. Un de ses premiers ^oins avait été de fonder une imprimerie et une ^cole. Cette académie, comme on l'appelait, possédait, outre les classes de grammaire, des •Suaires de philosopMe et de théologie. L'ensei- Sûenient se donnait principalement en latin, ûiais on employait aussi le polonais et le petitî'Ussien ; l'étude du grec était fort négligée. On envoyait les meilleurs élèves se perfectionner ^u collège de Lemberg et dans d'autres écoles ^a-tholiques. Mogila est l'auteur d'un catéchisme, °1 exposition de la foi orthodoxe solennellement approuvé par l'Église grecque au concde de Jassy en 1643 et à celui de Jérusalem en 1672, ^t reçu également par Adrien , patriarche de ^Aoscou. On peut dire que la doctrine de ce Catéchisme, sauf la question du Pape et celle ^'■^^ Filioque, est catholique. On expliquait à •^ef la Somme de S. Thomas. Toute l'organisation des classes était calquée sur celle des collèges cathohques : on croit y reconnaître à chaque pas le Ratio studiorum de la Compa- Sme de Jésus ; on y retrouve même la congrégation de la sainte Vierge (1).
(1) Cf. Etudes, 1« série, T. I., p. 39.
ilM
iiiiliiiiliiiiliiiiliiiiiiiii
iiiiliiiiliiiiliiiiliiiiiiiii
-■mam