AU NES
l'école libérale-catholique crut, en 1877 et 1878, avoir réussi à baillonner le clergé.
M Letellier fit son coup d’état.
D’un bout du pays à l’autre, les anglais s’unirent pour l’appuyer. Il avait donné le pouvoir à M. Joly!
L’acte du lieutenant-sgouverneur était désapprouvé, mais on s’'attachait au résultat, avec frénésie !
Quel est l’homme politique qui élé vera la voix pour nous contredire ?
Aux élections de mai, on vit nos alliés de vingt ans se séparer es con.
servateurs, pour soutenir l’homme qui avait, de leur aveu, violé la constitution.
Mais grâce à cet attentat, M. Joly était le premier-ministre ! Et tant qu’il occupa cette position, la minorité anglaise lui fut fidèle. Il trouva du dévouement—nous l’affirmons, parceque personne ne le sait mieux que nous— même chez ceux qui étaient forcés de lui paraître hostiles. Et ce pacte eût duré aussi longtemps que M. Joly eût pu se cramponner au pouvoir.
Si nous dûmes déployer tant d’ef-
AN
forts avant d'obtenir le châtiment de M. Letellier, l’unique raison était la sympathie de croyance que M.
Joly possédait dans la majorité du peuple de la Puissance, et en haut lieu.
M. Letellier et les auteurs du complot du deux mars n’eussent jamais risqué la partie qu'ils ont jouée, s'ils n’eussent cru s'être débarrassés de l'influence du clergé.
Cette conviction nous à valu le coup d’état et la profonde agitation qui s’enest suivi—sans parler des pertes matérielles qu'il a occasionnées,
Et nou- nous en sommes tirés à ‘bon marché. Sans le succès remporté dans la province aux élections générales pour les communes, sans l'union intime de toutes les forces conservatrices et du clergé dans l'œuvre de revendication qui s’est terminée par la destitution de M.
Letellier, la majorité catholique du Bas-Canada tombait pour longtemps
peut-être sous la domination de la minorité. | Au moyen de la corruption on
triomphait à St. Hyacinthe, à Rouville. à Chambly, à Verchères. Et aussi, là où il y avait cent anglais, c'étaient cent voteurs pour M. Joly.
Nous comprenons le sentiment qui dicta à nos concitoyens d’origine anglaise leur conduite à l'égard de M. Joly. lis ont, bien naturellement, Pambition de dominer, de gouver— ner le plus possible à leur profit. Ils mettent en pratique le vieux pro verbe, qui veut que «charité bien ordonnée commence par soi-même.»
1ls ont cru qu’ils pouvaient com-— mander en vainqueurs, grâce aux circonstances : et ils en ont profité.
Notre langage péchera par la franchise, aux yeux d’un certain nombre; mais nous sommes convaincu qu il importe de faire voir claire-
ment où nous conduisent ceux qui demandent que le clergé cesse d’être le guide du peuple, son inspirateur, la tête de notre nationalité.
Les ennemis du clergé nous disent que personne n’est au-dessus des