‹ Le clergé, ses droits, nos devoirsChapitre 5 sur 23 · LE RÔLE DU CLERGÉ DANS LA POLITIQUE · texte numérisé non relu

LE RÔLE DU CLERGÉ DANS LA POLITIQUE

Des hommes qui veulent vous tromper, Nos Très Chers Frères, vous repètent que la religion n’a rien à voir dans la politique ; qu’il ne faut tenir aucun compte des principes religieux dans la discussion des aftaires publiques ; que le clergé n'a de fonctions à remplir qu’à l'Eglise et à la sacristie, et que le peuple doit, en politique, pratiquer l’indépendance morale |

Erreurs monstrueuses, Nos Très Chers Frères, et malheur au pays où elles viendraient à prendre racine! En excluant le clergé, on exclut l'Eglise, et en mettant de côté l'Eglise, on se prive de tout ce qu'elle renferme de salutaire et d’immuable, Dieu, la morale, la justice, la vérité, et quand on a fait ainsi main basse sur tout le reste, on n’a plus à compter qu'avec la force !

“ Tout homme qui a son salut à cœur, doit régler ses actes selon la loi divine, dont la religion est l'expression et la gardienne. Qui ne comprendra quelle justice et quelle rectitude règneraient partout, si les gouvernants et les peuples

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avaient toujours devant les yeux cette loi divine qui est l'équité même, et ce jugement formidable qu'ils auront : subir un jour devant celui au regard et au bras de qui personne ne saurait échapper ?

Les plus grauds ennemis du peuple sout donc ceux qui veulent bannir la religion de la politique ; ca: sous prétexte d’af.

franchir le peuple de ce qu'ils appellent la ‘*{yrannie du prêtre, influence indue du prétre,’ ils préparent à ce même peuple les chaînes les plus pesantes et les plus difficiles à secouer : ils mettent la force au dessus du droit et Ôtent à la puissance civile le seul frein morale qui puisse l'empêcher de dég:nérer en despotisme et en tyrannie |

‘On veut reléguer le prêtre dans la sacristie |

“ Pourquoi? Est-ce parce qu’il a puisé dans ses études des notions saines et certaines sur les droits et les devoirs de chacun des fidèles confiés à ses soins ?

Est-ce parce qu'il sacrifie ses ressources, son temps, sa santé, sa vie même pour le bien de ses semblables ?

“* N’est-il pas citoyen au même titre que les autres ? Eh quoi ! le premier venu peut écrire,parler et agir ! on voit quelque fois afHluer vers un cointé, ou une paroisse, des étrangers qui viennent pour y faire prévaloir leur opinions politiques . seul le prêtre ne pourra parler et écrire!

Il sera permis à quiconque le veut de venir dans une paroisse débiter toutes sortes de principes, et le prêtre, qui est au milieu de ses paroissiens comme un père au milieu de ses enfants, n'aura aucun droit de protester contre les énormités qu’on leur apporte |

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u Tel qui aujourd'hui crie très fort que le prêtre n’a rien à voir dans la politique, trouvait naguère cette influence salutaire ; tel qui nie aujourd’hui la compétence du clergé dans ces questions, exaltait jadis la sûreté de principes que donne à un homme l'étude de la morale chrétienne ! D'où vient ce changement, sinon de ce que l’on sent agir contre soi cette influence que l'on a la conscience de ne

lus mériter |

ü“ Sans doute, N. T. C. F., l'exercice de tous les droits de citoyen par un prêtre n’est pas toujours opportun, il peut même avoir ses inconvénients et ses dangers ; mais il ne faut pas oublier que c’est à l'Eglise seule qu'il appartient de ac ner à ses ministres les instructions qu’elle juge convenables,et à reprendre ceux qui s'en écartent, et les évêques de cette.

Province n’ont pas manqué à leur devoir sur ce point.

“ Jusqu'ici nous avons considéré le prêtre comme citoyen et parlant politique en son propre et privé nom, comme tout autre membre de la société civile.

Y a t-ildes questions où l’Evêque et le prêtre puissent, et même quelquefois doivent, intervenir au nom de la religion ?

Nous répondons saus hésitation : Oui, il y a des questions politiques où le clergé peut et même doit intervenir au nom de la re'igion. La règle de ce droit et de ce devoir se trouve dans la distinction même que nous avons déjà signalée, entre l'Eglise et l'Etat.

“J1 y a en effet des questions poliques qui touchent aux intérêts spirituels des âmes, soit parce qu’elles ont rapport

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à la foi ou à la morale, soit parcequ’elles peuvent aftecter la liberté, l’indépendance ou l'existence de l'Eglise, même sous le rapport temporel.

“Il peut se présenter un candidat dont lé programme soit hostile à l'Eglise, ou bien dont les antécédents soient tels que sa candidature soit une menace pour ces mêmes intérêts.

‘“ De même un parti politique peut être jugé dangereux, non seulement par son programme et par ses antécédents, mais encore par les programmes et les antécédents particuliers de ses chefs, de ses principaux membres et de sa presse, si ce parti ne les désavoue point, et ne se sépare point définitivement d’eu:, dans les cas où ils persistent dans leur erreur après en avoir été avertis.

‘4 Dans ces cas, un catholique peut:il, sans renier sa foi, sans se montrer ho:tile à l'Eglise dont il est membre, un catholique peut-il, disons nous, refuser à l'Eglise le droit de se défendre, ou plutôt de défendre les intérêts spirituels des âmes qui lui sont confiées ! Mais l'Eglise parle, agit et combat par son clergé, et refuser ces droits au clergé, c’est les refuser à l’Eglise !

“ Alors le prêtre et l’'Evêque peuvent en toute justice, et doivent en toute conscience élever la voix, signaler le danger, déclarer avec autorité que voter en tel sens est un péché, que faire tel acte expose aux censures de l'Eglise. Ils peuvent et doivent parler non seulement aux électeurs et aux candidats, mais même aux autorités constituées, car le devoir de tout homme, qui veut sauver so: âme, est tract par la loi divine; et

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l’Eglise, comme une bonne mère, doït à tous ses enfants, de quelque rang qu'ils soient, l'amour, et, par conséquent, la vigilance pirituelle. Ce n’est donc point convertir la chaire en tribune ‘holitique que d'éclairer la conscience des fidèles sur toutes ces questions où le salut se trouve intéressé.

“ Sans doute, N.T.C.F., de semblables questions ne se présentent pas tous les jours ; mais le droit n’en est pas moins certain.

‘ ILest évident, par la nature même de la question, qu’à l'Eglise seule doit appartenir l'appréciation des circonstances où il faut ainsi élever la voix en faveur de la foi et de la morale chré.

tienne.

“ L'on objectera peut-être que le prêtre est exposé comme tout homme à dépasser la limite qui lui est assignée et qu'alors c’est à l’Etat à le faire rentrer dans le devoir. :

‘#4 cela nous repondrons d'abord que c’est faire gratuitement injure à l'Eglise entière de supposer qu'il n’y à pas dans sa hiérarchie, un remède à l'injustice ou à l’erreur d’un de ses ministres. En eltet, l’Eglise à ses tribunaux régulièrement constitués, et si quelqu'un eroit devoir se plaindre d’un ministre de l'Eglise, ce n’est pas au tribunal e vil qu'il doit le citer, mais tien au tribunal ecclésiastique, seul compétent à juger la doctrine et les actes du Prêtre.

Voilà pourquoi Pie IX, dans sa bulle Apostolicæ Sedis, octobre 1869, déclare frapnés d’une excommunication majeure ceux qui obligent directement ou indirectement les juges laïques à citer devant

leur tribunal les personnes ecclésiasti.

ques, contre les dispositions du droit canonique. ?

Le 18 septembre 1876 Pie IX ratifiait, dans un bref adressé à Mgr l’évêque des Trois-Rivières, l’enseignement contenu dans la p2storale du 22 septembre 1875.

Nous conseillons à M. David de lire les nombreuses allocutions dans lesquelles Pie IX a condamné ceux qui nient les immunités de l'Eglise et du clergé. Et surtout qu’il devienne un peu plus familier avec le Syllabus.auquel il est obligé de croire et qu’il déchire tous les jours à belles dents. |

Les propositions suivantes sont condamnées.

‘ T1 appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l'Eglise et les limites dans lesquelles elle peut les exercer.

La puissance ecclésiastique ne doit pas exercer son autorité sans la permission et l’assenti nent du pouvoir civil.

L’immunité de l'Eglise et des personnes ecclésiastiques a tiré son origine du droit civil.

“# L'autorité civile peut s’immiscer dans les choses qui regardent la religion, les mœurs et la direction des âmes. D'où

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