‹ Le clergé, ses droits, nos devoirs [microforme]Chapitre 3 sur 17 · RES · texte numérisé non relu

RES

elle inspire leurs codes; elle préside à leurs institutions ; elle bénit leur étendard ; elle plante la croix à leurs fron:tières, et, à travers les étapes d’une civilisation sans cesse ascendante, elle les mène à l’immortalité ; elle est la mère des patries. Quand elle remonte vers l'infini où elle habite, elle emporte les présents de l'humanité, le sang Je ses sacrifices, les hymnes de sa reconnaissance, ses supplications, son repentir et ses larmes ; c’est l’encens qui s'élève du foyer des esprits, et elle l’offre au Maître du monde, par qui règnent les rois et par qui prospèrent les peuples. L’autorité religieuse est une sublime médiation qui relie toutes les extrémités des choses, qui rend gloire à Dieu et donne la paix aux hommes ; elle est le nœud sacré et infrangible qui assure la vie des sociétés en les tenant unies au ciel.

“ Quand on n’a pas le cœur gâté par le sophisme, il est facile de voir Dieu der.

rière l’autorité. L'ensemble des phéno.

mènes naturels n’est qu'un voile qui nous cache Dieu. Ses attributs invisibles, dit saint Paul, deviennent sensibles à travers les créatures. Dieu est comme ces eaux qui circulent à des profondeurs plus ou moins considérables du sol et qu’un coup de pioche fait jaillir. Tracez un sillon dans le sable ; cassez un caillou ; déchirez le tissu d’une fleur; arrachez l'aile d’un papillon ; aussitôt Dieu se montre. Ainsi, quand on fait quatre pas dans l’histoire ; si l’on secoue quelque parchemin poudreux ; si l’on écoute le bruit lointain des âges ; si l’on assiste aux chutes et aux résurrections des empires, Dieu émerge des arcanes du passé ;

ds LA

il sort des entrailles du genre humain, et, bon gré, mal gré, nous nous écrions :

Nous l'avons entendu à Ephrata; nous l'avons rencontré au fond des forêts.

L'étude la plus superficielle de la société met à nu ga base nécessaire, ce quid inconcussum que les Latins appelaient le nescio quid divinum, et que le peuple, dans sa langue si simple et si iuste, appelle Dieu. Ceux qui pré: tendent que Dieu n’a rien à voir dans les problèmes sociaux, et qui envisagent l'autorité comme un fait brut et fatal, ne sont véritablement pas des philosophes très-remarquables. En plein christianisme, cette erreur est monstrueuse.

‘“ Au premier rang des princires que l'autorité a mission de protéger il faut placer la Religion. La Religion est plus qu'un principe ; elle est la mère des principes. son sein fécond Les produit, et ceux qu’on veut tirer d’autre part ne sont que des hypothèses ou des convenances. Elle est d’ailleurs la forme populare des principes. Par elle, ils pénètrent dans les plus humbles couches de l'humanité ; telle intelligence que le code ne aurait instruire, sera illuminée par le catéchisme, La Religion a une autre puissance pius précieuse encore, parce qu'elle est rare: c’est la persuasion.

Après avoir vulgarisé les principes, elle les fait aimer; elle en demeure la suprême sanction ; elle s'adresse à la conscience

lus qu’à la peur ; au-dessus de la loi qui rappe, elle montre la main de Dieu qui récompense. C'est ainsi qu’elle fait l’éducation des races et qu'elle alimente les sources de la vie sociale. Voilà pourquoi l'autorité bien inspirée l’honora toujours

ê ÿ ê à ’% ñ a Fe) ve “a th "| { “8 iQ

SR LE SR a ie CP

RÉRÉTE

PMU SUN ee chu ©

1 PMP ESESCE

n, D à l’égal de Dieu dont elle est l’image, et s : É: la regarda comme une partie essentielle us F des institutions nationales. ??

té L Keller, dans son ouvrage intitulé fe ü « L’Encyclique », fait ces remaile à ques :

si É | L ré- 4 # L'Eglise, forte de sa foi et de ses dixns À huit siècles de vie, proclame que, portés nt 4 au mal dès leur naissance, les hommes ne : et les peubles ont besoin de son secours Les 1. et de son autorité pour se soutenir et is: à pour progresser dans l’ordre temporel,

aussi bien que dans l’ordre spirituel.

Elle proteste contre le naturaliste politique et social, qui prétend organisor le gouvernement et la vie des sociétés en dehors de toute religion positive, d’a.rès les seules lumières de la raison, et qui conteste à l'Eglise le droit d'éclairer et de contrôler l’autorité politique, à l'Etat le devoir de protéger et de défendre la vérité catholique. Eile déclare que cette funeste séparation aboutit forcément au tricraphe de la force brutale, au déchaïnement des appétits matériels et à la perte, non-seulement de la foi, mais de toute civilisation et de toute liberté. A ses yeux, le socialisme et le communisme qui menacent la famille et la propriété, ne sont que la conséquence logique et nécessaire du naturalisme en politique et du rationalisme en théologie. La vérité catholique, dans la plénitude de ses droits et de sa liberté, peut seule arrêter les peuples sur cette pente rapide.

“Si l'Église catholique, apostolique et romaine est vraiment fondée par Dieu,

eines

et dirigée par Dieu vivant en elle, alors elle a été investie, comme elle l'affirme, d’une pleine puissance, non moins à l'égard des nations et des princes qu'à l'égard des individus, Flambeau de la justice et de la vérité, non-seulement elle ne saurait être en opposition ni avec les découvertes de la science, ni avec les conquêtes de la civilisation et de la liberté, mais elle est seule capable de les diriger, de les contrôler et de les faire servir réellement au bonheur de tous. Libre aux sociétés d'être scepti.

ques ou rationalistes, de même qu’elles ont pu être païennes ou hérétiques, L'Église n'enseigne pas la révolte aux catholiques vivants dans leur sein, Mais, du moment que peuples ou gouvernements cherchent, en dehors de son auto.

rité, le chemin du bien-être et de la liberté, elle ne peut laisser croire à ces peuples ou à ces gouvernements qu'ils soient encore catholiques ; elle ne peut pas davantage leur laisser croire qu'ils arrivent jamais à fonder ni autorité ni liberté véritable. Car elle sait que pour eux il n’y aura, tôt ou tard, que décadence morale, intellectuelle et maté.

rielle, obscurcissement des plus simples notions du droit et de la justice naturelle, déchaîinement et antagonisme des appétits matériels, sans autre frein que le règne de la force brutale. Ne pas le proclamer, surtout en un temps où la soif des richesses et de l'indépendance est si ardente, et où la penté générale est de les chercher en dehors de la vérité catholique, serait se rendre complice des illusions et des mystifications dont tant de nations et tant d’âmes sont les victimes ’’,

Lu ee à russie

ES DES RE DR ES ir a Am ae

vs Ai “ie RE ET M k PR D Cr LU NE

he TE

{l serait superflu de citer d’autres autorités pour prouver que la doctrine de la séparation de l'Eglise et de l’Etat est pernicieuse. Le Sylabus a expressément condamné cette proposition :

4 L'Église doit être séparée de l’état, et l’état séparé de l'Église ”.

Daus notre pays il en est peu qui ôsent nier carrément à l’ Eglise son autorité sur la société. On emploie les subterfuges, on procède par étapes, on s’embusque derrière de « bons motifs» : on ne veut pas exposer la ré.

ligion à la haine : on demande de le réserver pour les « grands dangers »

qui peuvent menacer la patrie et la nationalité, etc.

C'est par a'rour pour la religion qu’on cherche à la proscrire! Le dévouement le plus pur pour le cathalicisme inspire les efforts que l’on fait pour restreindre ses libertés!

Si l’on soumet aux cours civiles les actes épiscopaux, les instructions des PAASER de l'Eglise et même

RS

l'administration des sacrements, c’est simplement pour corriger les abus] Et on gémit d’être obligé d'en agir ainsi !

Au moyen de ces feintes hypocrites, le libéralisme à fait un large sillon dans notre sol, une tranchée profonde dans nos mûrs.

La position du ciergéet, conséquemment, la liberté religieuse sont mises en jeu et sérieusement mena cées. L'école libérale a conçu l’espoir et le dessein de fermer la bouche à la hiérarchie catholique, de la réduire à l'état de vassale, à une sorte de servage.

N'est il pas étonnant que dans ce siècle, dont on vante avec tant d’orgüeil la civilisation et les lumières, ou suive une ligne de conduite que le paganisme lui-même eût réprouvée ?

Citons encore le père At:

‘Le libéralisme est une véritable hérésie sociale, Ici nous n’invoquerons pas la tradition des peuples catholiques, toute démonstrative qu'elle est, Nous n’en avons pas besoin. Les païens suffisent : ils ont d’ailleurs l’avantage d'inspirer toute confiance à ceux auxquels

ra Ed

à ne ns

JUS ufnsels

SE | es

nous nous adressons. Laissons déposer ces derniers témoins : la vérité est bonne à reeueillir, d’où qu’elle vienne, Or les peuples païens les plus épris de la liberté politique n’ont jamais professé la doctrine du libéralisme, et ne l'ont jamais appliquée à leurs institutions, Sous ce rapport, les païens anciens et modernes se ressemblent. De là cette conclusion :

le libéralisme n'est pas seulement antichrétien, il est contre nature.

‘“ Les Orientaux sont connus. La race sémitique est religieuse ; les savants de l’Institut en conviennent, ls exagèrent même son tempéramment extatique, pour bannir le surnaturel de la Bible.

Sous la tente du désert, et plus tard dans les cités qu’il édifie, le Sémite ne fait rien sans Dieu. Fes législateurs n’eurent garde de blesser ses instincts. Da Mosse à Mahomet, tous en tinrent compte dans leurs institutions. La Judée est un temple autant qu’une nation. L'Egypte sort de ses hypogées hiératique comme son écriture, éduquée par ses prêtres, et soumise jusqu’au tout à leurs influences.

La Perse est inséparable de ses mages, et le feu sacré qu'elle adore est le symbole le plus complet de son génie. L’Assyrie ne présente pas un autre spectacle.

Tous les empires qui se succèdent sur le Tigre et l'Euphrate obéissent à la loi religieuse. L'Orient est le pays de Ia réglementation. Les dactrines,les mœurs, les conditions, les plaisirs, les fêtes, tout est contrôlé - le libéralisme ne s’accuse nulle part,

Les traditions de l'Orient furent importées chez les Occidentaux par les voyageurs, par les philosophes et par les

en

colonies qui, en suivant le soleil, vinrent peupler les espaces libres des îles de la mer Nous les voyons se conserver intacts au milieu des plus grands dével: ppements des libertés politiques et civiles, Il faut citer souvent les Grecs et les Romains ; et ce n’est pas notre faute s'ils s'imposent aux méditations du penseur, nous ne devons accuser que leur gloire.

Or c’est un fait notoire que ces peuples n’ont pas pratiqué le libéralisme. Vérifions cette assertion en détail.

D'abord, on ne trouve pas chez eux l’ombre du séparatisme, qui n’est que l’athéisme social. Pour eux, la société se composait d’un corps et d’une âme :

le corps s'appelait le pouvoir temporel, ou politique ; l'âme se nommait le pouvoir spirituel, ou la religion. L'État, résumé de la société, était à la fois un corps et une âme; il était une autorité politique, et il avait une religion. L’organisation sociale était telle à Athères, à Sparte et à Thèbes, Pour s’en convaincre, il suitit de remuer les monuments de la littérature Le ces peuples et de consulter leurs historiens.

À Rome le pontificat était une fonetion considérable dans la république, et une dignitée très recherchée. Le flamine deRomulus et de Numa avait grandi en importance avec les institutions nationales. Pendant longtemps il ne sortit que des rangs du patriciat, Le peuple se souleva plus d'une fois pour pouvoir prétendre à cette charge comme à toutes les autres, donnant par ses colères la mesure de l'estime qu’il professait pour les choses saintes. Le pontife était presque l’égal du consul. C'est lui qui inter-

—————— EN Ne PES ee 7 tds

SN Mr Pr er er ARTS fe

rogeait les orucles ; c’est lui qui observait les entrailles des victimes ou le vol des oiseaux avant les. grandes entreprises de la paix ou de la guerre. Le sénat ne décidait de rien sans avoir pris son avis.

Le pontife était partout et se mêlait à toutes les attaires : on le voyait au forum et dans les camps; siles dieux étaient irrités, il es culmait par des sacrifices ; si la république était en danger, ilélevait ses mains suppliantes ; après la victoire il rendait grâces au Ciel et il faisait des libations sur les {umuli des soldats orts pour leur pays. Il appendait dans les temples les drapeaux conquis sur l’ennemi; il dessinait les nouvelles frontières, 1l signuit les instruments de paix.

Le jour des calendes, le rontife appelait le peuple au Capitole pour lui anroncer les fêtes du mois, et lui désigner les ides et les nones. Il réglait l’année; il rédigeait les grandes annales dites livres pontificaux. Ces détails indiquent assez l'influence que le pontife exerçait ofiicie lement sur les choses poiitiques et civiles, 11 etait la patrie à g noux devant 1.8 autels.

‘“ La patrie paienne est mal ce nnue de nos modernesiationalistes. Ils ignorent qu'elle s’appuyait sur la religicn comme sur sa base principale. ?”

la lutte entreprise contre Pautorité religieuse se poursuit, au 6m de la légahité, devant les tribunaux.

Plusieurs élections ont déjà été con:

PAR.) ee testées pour influence indue cléricale.

Nous croyons que la première procédure de ce genre fut adopiée ea 1874, dans la pétition faite contre l'élection de M. Baby, aujourd’hui membre du gouvernement de la Puissance.

Voici en quels termes était coiçue la pétihon :

‘ Que la dite électior du dit L. F, G, Baby est en outre illégale, irrégulière et nulle parce que dans les paroisses de St- Thomas, £te-Elisabeth, St-Félix de Valois et St-Jean de Matha, dans le dit district électoral de Joliette, les électeurs ont été influencés d’une manière indue et illégale par les membres du clergé catholique, curés en charge des dites paroisses respectivement, savoir : par le Révd Joseph Octave Chicoine, curé de la paroisse de St-Thomas, par le Révd N. Dupuis, curé de la paroisse de Ste-Elisabeth, par le Révd Louis [Isaac Martel, curé de la paroisse de St-Félix de Valois, par le Révd David A. Gravel, cr'ré de la paroisse de St-Jean de Math:, qui ont abusé de leur autcrité religieuse pour tromper et intimider les dits électeurs, etc., etc. ?”

Méme allégation fut faite en 1875 dans les élections contestées de Montmagny, de Gaspé et de Bonaventure, L’accusation, dans le cas de Gaspé, allait jusqu’à incriminer

PRE C RME CE 2ARES Pet. --HNS SEE TÉZ DAME RS 7 NE € CO RE EE RUE SL En TRE SN. 0 SEEN

SR DUR it De Ex PRE RD PRES a Aus NA

Mgr l’évêque de Rimouski et son grand-vieaire.

Nous donnons ie texte de la requête :

“ Qu'un nombre considérable des révérends prêtres et curés de la dite division électorale de Gaspé, ont avec consentement et approbation du dit Pierre Fortin, pratiqué durant la dite élection un système d’intimidavion illégale et d'influence indre, au moyen desquelles un nombre considérable de personnes qui auraient autrement voté pour le dit James Edmond Flynn, en ont été empêchées ou induites à voter pour le dit P. Fortin.

“ Que durant tout le cours de la dite élection, et pour quelque temps auparavant, un nombre cousidérable des dits révérends prêtres et curés des diverses églises catholiques et romaines dans la division électorale, ont, à diverses reprises, prêché, dit et fait comprendre aux électeurs de la dite division électorale que c'était pour eux, dits électeurs, une obligation et un devoir religieux de voter pour le dit Pierre Fortin, et qu’au contraire, ils ne pourraient, sans péché, voter pour le dit Edmond James Flynn, et sans s’exposer à perdre leur salut éternel.

‘“ Que le dix août 1875, le révérend Edmond Langevin, vicaire-général du diocèse dans lequel se trouve situé la division électorale de Gaspé et résidant dir" Sarivit à plusieurs des dits révérends prêtres et curés du dit comté

LS

de Gaspé, et entr'autres au révérend messire J. O. Soucy, prêtre et curé de Ste-Anne des Monts, une lettre en rapport avec la dite élection, etc... à

Il faut observer que cette lettre était écrite par ordre de l’évêque du diocèse !

Les avocats dans ces deux contestations étaient MM. Langelier et Flynn.

De vigoureuses protestations s’élevérent de toutes parts, et il ne fut pas donné suite aux accusations portées contre le’ clergé dans ces deux con testations.

M. Beaughène, éln dans [le comté de Bonaventure, fut«disqualifié» pour n'avoir pas désavoué, à la porte de P Eglise, un sermon qu’il venait d’entendre en assistznt à la messe.

Le procès qui eut le plus de retentissement est celui de Charlevoix.

On sait qu’en première instance la cour maintint Ja validité de l’élection,

La cause fut portée à la cour suprême qui annula élection pour influence indue pratiquée en chaire.

Le tribunal alla jusqu’à déclarer que le mandement collectif des évêques, du 22 septembre 1875, constituait une manœuvre frauduleuse, et que l'Eglise n’a pas le druit de décider qu’il peut y avoir péché de voter pour tel ou tel candidat.

Dans la contestation de Charlevoix, l’école libérale s’en était tenue à faire la preuve des sermons. Le succès qui couronna ses coupables efforts l’encouragea pour l'avenir à pousser plus avant l’aitaque,

La contestation de Berthier a fourni l’occasion de livrer à la liberté religieuse un assaut plus audacieux que ceux auxquels nous avons assisté jusqu'ici. : es pétitionpaires ont réclamé le droit de pénétrer dans le secret du confessionai, de soumettre à l’appréciation de la cour civile la conduite du ministre de J.-C., administrant le sacrement de la miséricorde !

On a vu le juge décider quand commenc- et fiuit la confession |

Le d’fendeur, en bon catholique, ayant sollicité de l’évèque diocésain la permission de faire entendre les

curés comm2 témoins, le tribunal jugea que cette conduite était un outra :e à la loi, attendn que quand Sa Majesté commande,il n’est besoin d'aucun pouvoir étranger !

Nous ne saurions dire quel sera le jugement dans le procès de Berthier. L’enqu'te a été une longue série d'insultes à l’ Eglise, dont les droitsont été entièrement méconnus.

Nous avons fait, en peu de ‘mots, l'historique des procès pour influence indue, afin de démontrer qu’il y a parti pris, chez ies libéraux, de forcer, pe ‘ la terreur, le clergé catholi que à laisser le champ libre aux doctrines dont ils sont les apôtres, doctrines en tout semblables à celles de leurs ainés du vieux monde et syécialement de la France.

Les procédures prises devant les tribunaux relativement à l’intervenu tion du clergé dans les luttes électora!'es, soulèvent les plus sérieuses questions On a jemandé et obteuu liuvali-

us Sr SE AN AQU CU CE RS de PA PPS SRE :

D RDA ECTS SNBRE à RE EN ME NE dE a es AT

es D

dation de certaines élections, parce que des prètres, ayant charge de paroisses, ont, dans l'exercice de leur ministère, tenu un langage jugé répréhensible au point de vue des statuis des parlements de Sa Majesté, etsurtout des juges d’fcelle.

Il s’agit de savoir si la religion catholique a le droit d'annoncer sa doctrine et ses enseignements.

Si elle est la seule maîtresse de sa discipline, le seul interprète de ses lois, le seul juge de sa doctrine.

Si ses ministres jouissent de cer taines :mmunuités dans l'exercice de leur ministère.

Nous citons Tapa eili :

“ L'Eglise est une veritable société :

elle a une cause antérieure dont elle dérive ainsi q''e sa loi et sa constitution fondamentale ; cette cause, ce fait d’association, c'est l’enseignement d’un Dieu et ce fait produit une société obligatoire. Cet enseignement, Dieu veut qu'il soit transmis par la prédication de certains hOMMES.. secs vosssses |

‘ Dans son gouvernement intérieur, l'autorité de la société chrétienne ne peut subir aucune direction, aucune limitation de la part des fidèles ; eiie devra être seulement soumise aux lois divines et à la Providence qui l’a établie pour

être la maîtresse et la reine des peuples dans l’ordre spirituel; par conséquent, celui qui prôfesse les dogmes de cette société doit, avant tout, croire à ces lois et se fier à cette Providence ; sans cette confiance, l’association ne serait qu’une hypocrisie et une absurdité..................

Le pouvoir exécutif intérieur a quatre fonctions principales a remplir : d’abord, il doit guider les intelligences et les volontés, c’est ce qu’il fait par le moyen de ceux qui enseignent au peuple la vérité

et le devoir, par le ministère des prédi-

cateurs et des directeurs spirituels; institués pour diriger les âmes dans leurs communications avec Dieu, 1 st évident que, par la nature même de eurs fonctions et d’après tous les droits divins et humains, ces ministres doivent être indépendants du pouvoir temporel. Quand les protestants et les publicistes enseignent que la direction des âmes et la prédication de l'Evangile relèvent du gouvernement temporel, ils enseignent une erreur aussi ridicule et aussi absurde qu’elle est impie ; ils s'appuient uniquement sur cette fausse supposition que la prédication de l'Evangile est un ministère politique ; ils devraient faire attention que la prédication de l'Evangile a précédé l’etablissement nublic des chaires de vérités, et que des fidèles ont existé avant d’être réunis en société publique ; de là vient la compiète indépendance de l'autorité intérieure de l'Eglise, chargée d'annoncer au monde la bonne nouvelle du salut... .........….

RER DUT en RUES ARE QUE en SERRE

Le chanoït e Moulard dii :

‘# C’est pourquoi il ne peut appartenir qu’à elle (l’Fglise) de définir ses propres droits, de juger dans quelles limites elle peut les exercer. La doctrine contraire, tendant à reconnaître cette mission à l'Etat, a été positivement censurée par le Saint-Siége. . Pete anriaté

‘“ C’est un principe universel de droit et de jurisprudence aue tout législateur est l’interprête né de sa loi: ‘ Tam conditor quam interpres legqum, dit le droit romain, solus imperator juste existimatur."” Et le droit canon de son côté ajoute :

Ut igitur unde jus prodiit interpretatio quoque procedat ”. C’est donc à l'Eglise, à l'Eglise seule qu’il appartient de décider comment ses lois doivent être enten- ATOM 4 sous

& Si la crainte imaginaire d’un danger chimérique autori: ait la puissance séculière à irtervenir dans les affaires du culte, l'Eglise ne conserverait ni liberté ni autoncinie dans aucune partie de son gouvernement; car partout et toujours le danger est possible. Est-ce à dire que, sous prétexte de police, d'ordre public, de tranquillité générale, de nécessité sociale, que sais-je ? l'Etat puisse, contre la possibilité de ces dangers, s'armer à l'égard de l’Eglise de toutes sortes de mesures vex”toires et préventives ? Que deviendrait alors l'indépendance du pouvoir spirituel ?...............…

Partout où les immunités ont été établies, et elles l’ont été chez tous les peuples, même chez tous les paiens, c’est l'instinct de la religion, c’est le sentiment intime, profond et juste de la

JÙ

dignité sacerdotale ; c’est la persuation naturelle qu'il faut honorer la Divinité dans ses ministres, dans les obj:ts qui servent à son culte et dans les lieux qui lui sont consacrés ; c’est l’idée qu'il faut laisser à ceux qui se sont voués aux intérêts les plus sacrés de la s ciété une liberté pleine et entière dans l’exercise de leur saint ministère, loin des agitations de la multitude, du bruit des affaires, des sollicitations, des intérêts matériels ; —c'est tout cela réuni qui les a inspirées. Aussi sont elles entrées dans les mœurs comme d’ellesmêmes, spontanément, naturellement, souvent sur l'initiative du pouvoir spirituel, qui les a réglées et définies. ! ‘est pour ces motifs aussi qu'elles sont devenues une véritable prescription du droit des gens, comme le dit Bellarmin. Aussi l'Eglise s’en est-elle toujours montrée jalouse ; elle a toujours témoigné une grande sol.

licitude pour leur conversation et leur extension... ss

S’il est vrai que les immunités en géné.ral soient si justes, si équitables, si conformes aux sentiments religieux, et si utiles à la liberté sacerdotale, on comprend qu'elle ne peuvent pas être considérées comme de pures faveurs du pouvoir politique, ayant leur origine dans une simple raison d'Etat, dans une convenance sociale, et partant dans le seul droit civid. Cette con-équence, du reste, est admise par les théologiens euxmêmes; car, dans leur pensée, droit positif ne signifie pas droit civil seulement, mais encore droit pontifical. C’est donc avec raison que, dans sa lettre apostolique du 10 juin 1851, Mudtiplices inter

pra

le Souverain-Pontife Pie IX a condamné la proposition suivante: “ L’immunité de l’ Eglise et des personnes ecclésiastiques tire son origine du droit civil.” L'auguste pontife dit, au contraire, dans le document cité, qu’elle est établie Dei ordinatione et canonicis sanctionibus ; ce sont les termes mêmes du concile de Trente.’’

Nous mettons de pouveau sous les yeux de nos leelteurs les lignes suivantes des Aualrcla :

“ L'immunité des clercs, qui se montre déjà dans les constitutions et les canons apostoliques, est consacrée par la doctrine des saints pères et par la tradition constante de l'Eglise. Saint Anathase (histoire des Ariens n. 52) Saint Hilaire (epist. ad \ alentinian. 21), Saint Grégoire-le-grand (epist. 56 lib. 2 ad Jean.

episcop.) ont les textes les plus formels sur l’immunité, Les conciles d’Elvire, d’Antioche, 3e et 5e de Catharge, 3e de Tolède, s'accordent à les prescrire ; les décrétales la sanctionnent, et les bulles postérieures la sauvegardent, surtout la bulle Zn cæna Domiri par son 19e canon.

La coutume ne peut pas énerver cette discipline. Elle trouve obstacle, non seulement dans les saints canons, mais encore dans le droit divin, qui sert de fondement à l’immunité des clercs, pour ne rien dire de plus. Le temps, la longue pratique ne font jamais acquérir la moindre valeur, la moindre légitimité à la coutume de traduire les clers devant les tribunaux séculiers. Il n'est pas permis d’invoquer le consentement tacite

du Pape, s’il ne ronste de sa permission

expresse, à n’en pouvoir pas douter.

(Cap. Jamdudum de praebendis). Car le

jugement dec clercs appartient aux évêues. (Cap. Éxperientiæ. Cap. Pervenit e foro competenti). ”?

Nous avons démontré que la poli.

tique et la religion sont intimement liées l’une à l'autre. «Quand Dieu fonda les sociétés, il en demeura le premier roi», à dit un publiciste éminent,

Il nous a été facile aussi d'établir par des auteurs qui font loi en ces matières, que l'Eglise a un droit imprescriptible de propager sa doctrine et ses enseignements, et que ses ministres ne sont as soumis à la jurisdiction temporelle, en vertu du principe de droit naturel qu’une société supérieure ne saurait être sujette au contrôle d’une société inférieure. |

Nous allons constater maintenant que la hiérarchie c:tholique, dans cette province, maintient en vigueur ces droits qui sont le patrimoine de l'Eglise, et qui lui sont indispen-

.. d LL

à 9 er |} ÿ en

sables pour opérer le bien qu’elle a iuission de faire dans le moud+. Un jpurualiste dont l'astuce et la haine vantre le clergé sont connus depnis longtemps, s’est efforcé de prouver, dauus l'Opinion publique, que les ininistres du enlte peuvent être cités devant les tribunaux séculiers pour rendre com! te de leur conduite, soit dans la chaire soit dans l'exercice des autres fonctions de leur ministère. Et avec une malice stimulée par un aveugle dépit, il a osé soute.

nir que notre épiscopat a reconnu la compétence des cours civiles en ces g'estions. Il a poussé plus loin enco'e sa criminelle témérité, et, pour créer du scandale, il a invoqué le nom de Mgr Conroy à l'appui de ses prétentions abominables.

La tactique sont M. David s’est servi est l’une des armes favorites des libéraux catholiques et des ennemis de l'Eglise: jeter du malaise dans les esprits en cherchant à diviser, aux yeux du peuple, le clergé des évêques e: les évêques du Pape.

M. David n’en est pas à ses premières armes: c'est notre devoir

NÉ

d’éclairer l'opinion sur son compte, et avant de clore ce travail, nous mettrons sous les regards de ceux qui nous lisent une partie de la longue suite d’outrages, que depuis des années il déverse sur le clergé avec accompagnement d’hypocrites protestations de dévouement, etc. ..… Quand il écrit, c’est toujours au nom de la « nationalité et de la religiOn.»

Pour aujourd’hui, nous nous bornerons à prouver l’insigne mauvaise foi de M. David. Car il ne lui reste même pas, sous ce rapport, l'excuse de l’ignorance dont il donne des preuves si manifestes en d’autres circonstances. Il s’agit d’une ques tion de faits, de document: épiscopaux qu’il a en sa possession.

M. David justifie donc les pétitionnaires dans l’élection de Berthier et tous ceux de son école qui soumettent aux juges séculiers la conduite des curés, leurs sermons, elc,

Pour appuyer ses prétentions, il commence par citer quelques phra-

NEA —— (ju)

ses d'un discours de Mur Cortoy, qu'à notre {our nous eitons :

© Ne vous laissez done pas entraîner nt par ceux qui, ouvertement ou par des voies délournées, veutent vous éloigner de la doctrine que vos évêques vous enseignent, ni d’un autre côté par ceux qui, par trop de zèle religieux et politique, voudraient mettre en force contre des personn:s nu des partis des condamnations qui n’ont jamais été portées."

Rien dans ces lignes n’a trait aux immunités du clergé. Lesdélégué du St Siége conjurait les catholiques de ne pas prêter l'oreille à ceux qui veulent les éloigner de la doctrine des évêques. C’est la pensée principale qui se dégage de sa réponse aux citoyens de Montréal: soumis.

sion aux enseignements de l’Episcopat. Il déclare aussi que l'Eglise n'a pas condamné les partis et les personnes, Ce n’est pas ainsi qu’elle procède : elle condamne les doctrinés. SiM avid était moins ignare, il aurait saisi sans peine cette distinction, et ainsi eût été évité à la mémoire de Mgr Conroy Pinjure sanglante des éloges gratuits d’un lihé- | ral catholique obstiné et méchant. |

or

Quelle était l: doctrine enseignée par les évêques lorsque Mgr Conray prononcça les paroles que nous avons rapportées ? Le mandement collectif du 22 septembre avait résumé la doctrine relative à l'intervention du clergé dans la politique et aux im.

munités du prêtre, |

Page 1