‹ Le cléricalisme et l'école: la loi Falloux, mars, 1900Chapitre 2 sur 47 · LES DEUX FRANCS · texte numérisé non relu

LES DEUX FRANCS

Hélas ! oui. il y a en France deux i^rance, ou dii moins deux générations grandissant côte à côte, qui demain, n'auront ni le même cœur, ni le même cerveau, ni les mômes passions, ni le même idéal. Celle-ci, façonnée par le prêtre, élevée à l'ombre de l'Eglise, épousant ses regrets, ses rancuiies et ses prétentions ; celle-là, l'esprit ouvert à toutes les libres pensées, se souvenant du mal qu'a fait l'Eglise, ayant l'horreur de ce sépulcre blanchi qui s'appelle le dogme, et fermement dévouée au culto de la raison. Dans un camp, il y aura le peuple qui travaille et qui peine, et dont les fils acceptent sans rougir leur roture ; dans l'autre camp, il y aura les fils des anciens croisés, qui n'ont guère de croisés ue les bras, comme disait un des leurs et aussi les fils de cette bourgeoisie, égoïste, oublieuse de ses origines, qui confisquait à son profit la Révolution et qui la refusait au Peuple.

D'un côté, il y aura la France de l'avenir, celle qui est issue des entrailles mêmes de la démocratie, la France des penseurs, la France de Tégalité politique et sociale, réclamant pour chacun ses droits. D'un autre côté, il y aura la France du passé et de l'obscurantisme ; la France des classes soi-disant dirigeantes, des satisfaits, glorieux de leur naissance ou de leurs sacs d'écus ; la France des grandes familles qui se réfugient dans FEglise pour y pleurer sur le malheur des temps ; la France des hobereaux qui se croisent volontiers en l'honneur de Gesu.

14 lu; CLERICALISME FT l'kCOLE

leurs aïeux n'ayant été aux ci'oi-ados de ivdiis qvQ comme simijles soldats ; la France des bourgeois qui demandent à se frotler à coUe arisîorratie vraie OLî fausse, pour y prendre quelque lu.-îre, et qui cherchent dans la dévotion leur i-:avonnclle à vilain.

Voilà le monde bien pensant qui, sous rai^iiillon des préjugés, sous l'empire d'un c-^.îcnl, par vanité ou par sottise, se promet insolemment de nous refouler c:'* deçà de la Révolniion, en deçà mémo du diA-hriiticrno siècle. — L"Egli^:e conduit rr.ssaul.

C'est une chose triste à dir.'\ mais ces prétendues classes dirigeantes n'ont mcLv* plus la largeur d'esprit des classes de l'ancien récrime. Elles donnent dans la bigoterie. Ah ! que nous sommes loin des Voltaire, des marquis de Conrlorcct, Ces d'Holbach et des de Jaucourt. C'étaient des hommes de race ; ils travaillaient pourtant à l'Encyclopédie et ils donnaient i\ l'esprit humain des chefs-d'œuvre. Nos gentilshommes, eux ! travaillent dans la bondieuserie et se réduisent, pour la iilus grande erloire des sacristains, à la foi du charbonnier.

Ecoutez ce cri de triomphe que pousse l 'Uu^cifpiC" m:n.t chritien par la plume de l'abbé Moue i-rd :

Durant cette sec'^nne parti? (\n dix-nenvit'nie s'u Iin cVrit rab])v'» Moucliard, l'pspit i)ii])li(; a (Ui ivrnfon.-U'm 'nt ui îdifi'î (l;.\u-i ce ((u'on noiniiK' rncnro (iUflfiiH^fois les clr^.^s ':i ùiri- {îeanî^s. JaiHs, prostim tous \o.^ Iioiiimi'j-; nui aniiîUlicîîiiL'iit à c: innii'lo étaient des sroptiques. tnranjLXi'rs à touto ';bscyrvanoo rL'ULTioiis;?. AujDurd'lmi, la nioitii» d'cnlrc onx y>iati- " que oiiveiU'iiu'nt la ri^i'-rioii. Oui a opérr ce revirement admiiali'ie ? Qui a transformé ainsi la SDciôtr» fi';i!u;aiso ? 11 n'y a p-xs de doute possible; ce sont nus c()llc:-.t'> ; c'est ceUe Uberii^ d'enseignement pour latiuelle nos pères ont travaillé sans relâche, qui s'est imidant-'e d;uis les lois :ii 1850 et dont voilà les fruits ma.trni ..{ues !

Voulez-vous vous en rendre coh.nUe ? Consid»''rez 0.'ca\9> ww}. paroisse ceux qui observent l'^.s lois de rK;;I;se. Ouvnv, la liste des œuvres catholiques et l'expérience vous paiaitra décisive.

Telle est la France d'aujourd'hui. Que sera-ce do la France de demain? Oç .voit ce. que l'Eglise a fait

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' de la société actuelle ; ,ôn va voir ce qu'elle ferait des générations à venir. Pour s'en instruire, il n'y a qu'à ouvrir les rapports adressés l'année dernière u ministre de l'instruction publique par les recteurs de l'Université et les inspecteurs d'académie. Leur plainle est unanime.

Je citerai au hasard les rapports de ç[uelques recteurs :

Académie de Lille. — Il est certain, dit le recteur, qu'une Jartie de la iDOiirgeoisie, par mode, par intérêt cians certaiii.s commerces ou Industries, par des considérations polititiuos ou rdi.qieiises, va de préférence aux institutions seconda: vos ]:));-('s II y a L\ un courant d'opinion qui ne peut se niotlilior brusquement.

Aràiiéniie de Heune^. — La chance do 92 créer des rela- • tiens et des amitiés profltabies pour l'avenir détermine souvent la préjéreuce donnée à tells ou telle institution relJ.Mieuse lil:»re .sur les établissements de l'Etat, quand ce ne sont pas dos considérations de mode, de bon ton, de vauité. Je n'insiste pas.

Aradéihio d'Àix. — Dans l'académio, écrit le recteur, ^a haiitù et la moyenne bOLir^ooisie, tiavaillées par je ne nais quel bes.iin d'iné.i^falité sociale, manifestent peu de sympatl^'e à Té/Tard de nos établissements d'enseignemimt secon- ■ daire; pom* so distiuc^-uer à leur tour, des fonctionnaires civils, parfois même des professeurs d'enseignement siipé- " rieur et un gi.and nombre d'ofliciers de terre et de mer imitent ce que fait la bourgeoisie.

Veut-on mesurer l'étendue du mal ? Il suffiri ' de remarquer que ce-m-ouvement clérical prend, par ccrlains endroits, la tournure d'une révolte.

Académie de Besançon. — Les familles systématiquement

hostiles à TTuiversité sont nombreuses-. Les hauts fonction-

nairos, la grande industrie, le haut commerce, les grades

•' supérieurs de Tarmée font, en général, élever leurs enfants dans les Inaisons religieuses. La vanité n'est pas. à cet ogar(î, le moindre mobile des familles. Il est certain que

' de pareils faits nous portent le pins grave préjudice. Qu'est- . ce, en elTct, que l'Université? C'est l'Ktat enseignant; si? (\o,s f.onctlonnrnres civils ou militaires, désavouant l'Uni-' versité, nujitcnt leurs enfants dans des maisons notoirement hostiles fi la RépTiblique, quel doit être l'effet produit sur les populations? L'Fltat, pour elles, ce sont le:-» liommes qui le re"présentent d'une manière concrète. Si la.-i fonctionnaires. dtV. l'Etat, se détournent. de, l'Université, ils donnent

' aux maisons 'rivales le prestige qu'eux-mêmes tiennent do

10 LÉ CLÉRICALISME ET L^ÉCOLtf

TEtat. Comment après cela les simples particuliers, com^ ment surtout les subordonnés de tels cliefs ne se croiraientils pas autorisés à les imiter ?

Académie de Bordeaux. — Dans tous les services de TEtat, lorôts, douanes, flnances, et surtout armée et marine, les principaux fonctionnaires nous abandonnent. Lorsqu'un chef de corps refuse de nous donner ses enfants, il est suivi par la plupart de ses subordonnés. Je sais tel département où un nouveau commandant de gendarmerie, choisissant pour son fils la maiscm congréKaniste, a causé l9 départ du lycée de presque tous les enfants appartenant à la gendarmerie. Et que leur dire, quand on voit les hauts universitaires eux-mêmes, aonartenant ii l'enseignement supérieur, des professeurs de facultés pt des doyens, faire au lycée l'injure de mettre leurs enfants dans la maison congréganiste rivale I

C'est en vain qu'on nous présenterait comme l'explication d'une telle anarchie la supériorité de l'enseignement donné dans les établissements cléricaux. La constatation que voici est pour édifier :

Académie de Lyon. — Non seulement, écrit le recteur, un grand nombre de familles bourgeoises, mais aussi des familles de fonctionnaires civils ou militaires ont déserté nos lycées : cela est inexplicable, particulièrement à Lyon, alors que le lycée, admirablement outillé pour la préparation aux écoles spéciales, a fait recevoir cette année vingksept élèves à l'Ecole de Saint-Cyr, sept à l'Ecole polytechnique, quinze à l'Ecole centrale, sans parler de ses succès, soit aux divers baccalauréats, soit au concours général des lycées des départements.

Le mobile de certains parents est ailleurs que dans la préférence accordée à tel mode d'enseignement sur tel autre. Quel que soit ce mobile, les effets sont les mêmes :

Académie de Dijon. — Les établissements ecclésiastiques, écrit le recteur, enlèvent à nos établissements une partie des élèves qui devaient naturellement nous revenir: je veux dire les fils dp pères qui, presque tous jadis, ont été lycéens. Ainsi, dans bien des familles où les parents continuent de se fréquenter, de se tutoyer môme, en souvenir de leur enfance ou de leur jeunesse passée coude à coude sur les mômes bancs des mêmes classes, les enfants, aujourd'hui, ne se connaissent plus ; ils grandissent séparés les uns des autres et soigneusement maintenus dans cette séparation, les jours de congé n'étant pas les mrmos, .si hiexi oue to"t«* réunio^^ o«* inpossible • " o division s^

L\ CRISE n

creuse de plus en plus profonde dans des villes naguère encore renommées pour l'agrément de leurs relations de société. A cet égard., la fondation des établissements nouveaux a été et sera, de plus en plus, un malheur public.

Un malheur public, en effet, et plus déplorablo que la pire des révolutions ! La morgue d'une noblesse qui, souvent, n'a redoré ses blasons qu'avec l'or de la juiverie ; l'étroitesse d'esprit d'une haute armée qui se prend pour une caste et qui tourne à la congrégation ; enfin, cette horreur de l'égalité qui distingue la bourgeoisie actuelle, tout cela nou3 ramène simplement aux trois ordres de l'ancien régime. La distance qui sépare les deux moitiés de la société française est maintenant large de plus d'un siècle...

Je m'en veux d'accumuler ces attristants témoignages. Mais il faut que les Républicains, il convient que tous les patriotes mesurent la largeur do cette déchirure. Il est indispensable que l'on connaisse bien le caractère antisocial des tendances que l'Eglise a fait naître et encourage au nom de la liberté.

Voici, cueillis dans le tas, quelques rapports d'inspecteurs d'académie. Ils nous viennent do différents points et des départements les plus éloignés ; leur concordance, néanmoins, est frappante et démontre à quel point le mal est endémique.

Aveyron. — Dans sa croisade contre l'enseignement universitair.^, écrit l'inspecteur d'académie, le clergé a d'abord eu pour lui le parti de la réaction qui forme le noyau de la clientèle congréganiste. Ce parti s'est bientôt vu renforcé par l'appoint d'une portion notable de la bourgeoisie.

Les classes dirigeantes, comme on les appelait autrefois, ont par engouement et parti pris, par recherche d'une fausse distinction, déserté le chrîmin de nos maisons d'éducation et pris de plus en plus goût pour les maisons religieuses. Ce qu'il y a da triste k constater, au point de vue moral, c'^st que maints fonctionnaires ont été les premiers à donner ce funeste exemple.

Charente. — L'inspecteur signale : L'état d'esprit d'un© partie de la bourgeoisie qui trouve de « bon ton » d'envoyer ses enfants dans une maison dirigée par des congréganiàtes où iio rencontreront, dit-on, des camarades appartenant a

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l'Etat. Comment après cela les simples particuliers, com< ment surtout les subordonnés de tels chefs ne se croiraientils pas autorisés à les imiter ?

Académie de Bordeaux. — Dans tous les services de TEtat, forêts, douanes, finances, et surtout armée et marine, les principaux fonctionnaires nous abandonnent. Lorsqu'un chef de corps refuse de nous donner ses enfants, il est suivi par la plupart de ses subordonnés. Je sais tel département où un nouveau commandant de gendarmerie, choisissant pour son fils la maison congréganiste, a causé l9 départ du lycée de presque tous les enfants appartenant à la gendarmerie. Et que leur dire, quand on voit les hauts universitaires eux-mêmes, aonartenant à l'enseignement supérieur, des professeurs de facultés et des doyens, faire au lycée Tinjure de mettre leurs enfants dans la maison congréganiste rivale I

C'est en vain qu'on nous présenterait comme Texplication d'une telle anarchie la supériorité de l'enseignement donné dans les établissements cléricaux. La constatation que voici est pour édifier :

Académie de Lyon. — Non seulement, écrit le recteur, un grand nombre de familles bourgeoises, mais aussi des familles de fonctionnaires civils ou militaires ont déserté nos lycées : cela est inexplicable, particulièrement à Lyon, alors que le lycée, admirablement outiflé pour la préparation aux écoles spéciales, a fait recevoir cette année vinglsept élèves à l'Ecole de Saint-Cyr, sept à l'Ecole polytechnique, quinze à l'Ecole centrale, sans parler de ses succès, soit aux divers baccalauréats, soit au concours général des lycées des départements.

Le mobile de certains parents est ailleurs que dans la préférence accordée à tel mode d'enseignement sur tel autre. Quel que soit ce mobile, les effets sont les mêmes :

Académie de Dijon. — Les établissements ecclésiastiques, écrit le recteur, enlèvent à nos établissements une partie .des élèves qui devaient naturellement nous revenir: je veux dire les fils dp pères qui, presque tous jadis, ont été lycéens. Ainsi, dans bien des familles où les parents continuent de se fréquenter, de se tutoyer même, en souvenir de leur enfance ou de leur jeunesse passée coude à coude sur les mêmes bancs des mêmes classes, les enfants, aujourd'hui, ne se connaissent plus ; ils grandissent séparés les uns des autres et soigneusement maintenus dans cette séparation, les jours de congé n'étant pas les mêmes, .si kipn oue to"t<» ré:inioï> <»«* impossible • " e division s^

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creuse de plus en plus profonde dans des villes naguère encore renommées pour l'agrément de leurs relations de société. A cet égard., la fondation des établissements nouveaux a été et sera, de plus en plus, un malheur public.

Un malheur public, en effet, et plus déplorablo que la pire des révolutions ! La morgue d'une noblesse qui, souvent, n\a redoré ses blasons qu'avec For de la juiverie •; l'étroitesse d'esprit d'une haute armée qui se prend pour une caste et qui tourne à la congrégation ; enfin, cette horreur de Tégalitô qui distingue la bourgeoisie actuelle, tout cela nou3 ramène simplement aux trois ordres de l'ancien régime. La distance qui sépare les deux moitiés de la société française est maintenant large de plus d'un siècle...

Je men veux d'accumuler ces attristants témoignages. Mais il faut que les Républicains, il convient que tous les patriotes mesurent la largeur do cette déchirure. Il est indispensable que l'on connaisse bien le caractère antisocial des tendances que l'Eglise a fait naître et encourage au nom de la liberté.

Voici, cueillis dans le tas, quelques rapports d'inspecteurs d'académie. Ils nous viennent do difïérents points et des départements les plus éloignés ; leur concordance, néanmoins, est frappante et démontre à quel point le mal est endémique.

Aveyrou. — Dans sa croisade contre l'enseignement universitaire^, écrit l'inspecteur d'académie, le clergé a d'abord eu pour lui le parti de la réaction qui forme le noyau de la clientèle congréganiste. Ce parti s'est bientôt vu renforcé par l'appoint d'une portion notable de la bourgeoisie.

Les classes dirigeantes, comme on les appelait autrefois, ont par engouement et parti pris, par recherche d'une fausse distinction, déserté le chemin de nos maisons d'éducation et pris de plus en plus goût pour les maisons religieuses. Ce qu'il y a de triste à constater, au point de vue moral, c'v^st que maints fonctionnaires ont été les premiers à donner ce funeste exemple.

Charente. — L'inspecteur signale : L'état d'esprit d'un© partie de la bourgeoisie qui trouve de « bon ton » d'envoyer ses enfants dans une maison dirigée par des congréganiôtes où ii.3 rencontreront, dit-on, des camarades appartenant à

18 LE CLERirALÎSME KT T/lirOLlïî

cîc «l)6nn?s familles» et où iN prt'in-f.aji l'habltufle des «belles manières »•; Il est ceiî:iin. i-îi eià-i. ajuiitL' l'insiiec-

• tour, quo trop de pareil ts se pirortui-eiii .^lîri-.'iit (rime t'ilucatioii toul?. supeiliciei!':; et n.? s-'U-i-nt pa.^ tine Ton peiU rerevoir dans nos iyô'.'S la vi''ri:al.)l.} édiK,iîi«.jn. cell:^ de la consrienre, du c-nô-'Oie et de la v-.)l' iiî-. Ce malentendu est eiitretei:a hr<i.- r'.eii.-fMn','iit par les (U-rracteurs Intéressés de no^ iii'.'iii!)dc -■. et d.' n.<;re esi)rit i;riiversitalre. U est re/reîlahle aussi df c. li^t-.:-:- (]•!}' plnsi.M.rs persr.nndlitos iiilluenie^ et d.ii: l.s i-iil»- i :; .ai;- s ci-.ient di^voir niijter rtxemplo ne confi.-iil ]'.••.■■ \i"r,< ..:::;.!it . <à n--s (îabllsseinents laïques. C'est ain-i qii-j le «îii'<'-: -ai- dv Técide ^aint-Paul expli(iue la vari;i(i(;n de sai i iiect-f. par « la population llnitanti? des ollieieis (lui s-îU' là eettj année ei iiui, Taii prochain, seront envoyés ailleurs. »

Charente-Iuffrioure. — Ph!.-.;o::is des fonc'.ionnaires de l'Etat, et non d(îs ni'oîi.-; liaur l'î-i-'és, dit 1.; pruviscur du lyeée, doinicnt. à liiiiiiaLi'.-ii ùj r;ir:ii>'e. Lur P'iéféroiice à la maison riv.-ile et s<ajL pa;' <!ii:.'. i--ielnits ;ï n'îus clLni- Krer. Les rei^r.v.'li-s ua'on u -i;s adi.'-s' S":it tolîjours les mèin.'îs : éducaiinn trup iii\c:i:.';.-..'. ui'ie.l' triii) déîi;-"*hé:) des idées relifrieusrs. pi\>niis(:i;;'.' 'ir<a-: . :■■•!" des ('■::aiits Lis toutes les ela^^^es ; v\'r\, en î>'aL-.', ce di'iiiii-r n ):i![ qui touche le plus, et c'est au for.d !■..■ disir (!.• sl' îviet- (iiii puu^sî vers l'école eoiv-rré.icanisi:: la l)-."r.;.-:\-.:i^L\ rarm-'-e et quelqiies fonctionnaires .Ce qui le pi-'uve bi-.'U, e'vst que plusieurs de ceux qui croiL-ui devoi/- s u:-î:aire leurs lils au libéralij.ime de l'ens^q^jrnein.îut ofiiei.d lieu vent très bou d'y exposer leurs filles dans les maisons de la Légion d'iiou neur.

Doubs. — Un grand nombre de fonctionnaires et surtout de militaires ne contient pjis Ijurs lijs au:*' éle.Missenient.s de l'F.taî. Un système rie (i.-niLri e'.nent, irpaudu dixn^ lîi. l)oiu'.i?eoisie, excite la défiance c.')ntie les lyccc.î et iCo collè^^es.

Le proviseur du lycée da Pelfort se plaint que Fv-nselî^nGment. secondaire ne renc<:uti*rî pas au dt^liors t'>ntes les sympathies qui ilevraient vejur vers lui. c \U-}i lemibre de fonctionnaires, civil:} (-u iiiiiitai]\;.-, dit-il. placent leurs enfants dans les émblissom^ntî cou.!;'ré':.;uii>t:\-; et témoi-

- gnant à l'égaid de l'Htat une" inexpliceJjle déCian -e. »

Le principal du collè.iJre de Poniailier exposi^ 1 «s niêmps motifs en ces termes : « .vctuellem'">ut. dans la be.;] i:{»oi.sie,

■ il semble être de mode et de b )n t;iu de- j;re:tie >e^ Ois Cians 1 les écoles lil^res ; on croit se d.mner ain-i un cao-iec (r.arii- j

' tocraîie et clés apparences de ftn'îuue. On a laiv de rcpr >- i cher à nos é*ablissim?nts d'eiisei.Lrne.n -nr. s;-, nl.'iivr? da

. s'être trop démocratisés. Le mouveinjui (.'ii fav.'i:.- des ôcr.-les rivales a mOm:» reçu bon accueil chez (li^s fi.,n:ti nnairos.

Haute-Garonne. — Ce qui rest? de n(;bles-e, la haute

• bourgeoisie, 'la haute magistrature et un^i grau<i«; p=irtie de

"tA.cgJlISS

l'armée échjappant à- l'Université. II. est de mode, depni<i plusieurs années, 11 estde bon ton d^ confier ses enfants à ries pères jésuites, sous le prétexte que chez eux on est moins exposé aux contacts humi^ants avoc des enfaiits de Toute provenance et de tout3 éducation. Et, à mesure que la société française se développera, ros lycées et collèse.s s'alimenteront de plus en pluâ Mans la petite bourc*eoisie et dans le peuple, qui contiennent après tout les meilleures réserves de la nation et ses meilleur^îs espérances .

Isère. — Il est une cause morale qui a. eu une répercussion considérable sur l'éloignemant de certaines familles de nos établissements universitaires, c'est l'attitude de cerlains m.embres de corps élus, de fonctionnaires civils ou :nilitaircs qui, plaçant l2urs enfants dans des maisons rivalas, affirmaient ainsi publiquement leur suspicion à l'égard de l'Université et encourageaient la désertion. La question de modo y est aussi pour beaucoup, et à Vienne, par exemple, aucune famille ds la bourgeoisie locale n'a son fils au collège. Médecins, avocats, avoués, et, en général, toutes les familles de profession libérale, font suivre à leurs enfants les cours de l'institution ecclésiastique SaiiiirJaurice qui, fondée en 1882, compte aujourd'hui cent dix clèves.

«Si l'on examine la qualité de la population scolaire: dit le principal du collège de Viennj, on constat? — ici du M -ius — qu3, dans ces dernières années notamment, la ,])artio de la boui'.Jre'jisie qui comprend les proferssion > ditt^J

ibt'ral'js, avocats, inôdecins, avoués, notaires, (.fiiriers, i:;vo.^ industriels, s'éloignj de plus en plus, du collèga et i.i;)ntro un 3 préférsnce marquée pour Ijs institutions reiigiousi^s.

î.Sont-ce l?s vieilles méthodes d'en^-eignem'jnt ou les procédés particuliars d'éducatioiî qui attirent la bourgeoisie vers ces maisons? Peut-être. Mais- n'est-ce pas plutôt pour ty rencontrer entre gens du mèm? rang qui S3 connaissent <;î se frôquentont, qui partagent les mêmis opinions? Et, hulon d'autres, pour échapper au contact de la classe labojieuse, auirement pensante, de la petite industrie, du petit * commerce, qui forms le gros de notre clientèle?»

Jura. — La vogue des établissemants congréganistes est • faite d'un engouement souvent irraisonné : c'est pour bee.u- <^oup une question de mode. Il est de bon ton, dans certaines c;lasses de la société, da confier l'éducation des enfants à 'des ecclésiastiques. Le haut commerce, la grande" propriété . s'y décident par goût ou par opinion ; les autres, par imitation ou par intérêt.

Pourquoi, d'ailleurs, hésiteraiept-ils, puisque l'éducation religieuse ménage à leurs enfants l'accès de toutes les carrières et leur assure^ en outre,- un ceftain nombre de . privilèges sociaux ou tout au moins mondains ?

Marne. — Le Jêcruteraejit.^u collège dé^ :J.^^suites.,§'iiDàrvi ,

2P LE CLÉRICALISME ET l'ÈCOLK

dans la bougeoisie riche, et presque tous les officiers supérieurs de la région envoient dans cette maison leurs enfants. Une pression très vigoureuse est exercée sur les officiers, très rares d'aille'urs, qui confient leurs enfants à l'Université.

Rhôna. — L'attitude de certains fonctionnaires de la Répu])lique est aussi uns des causas du discrédit jeté sur nos lycée.^. Plusieurs ne craignent pas d'aflicher leur dédain pour l'éducation de l'Etat en plaçviiit leurs enfants dans les maisons religieuses. L'exemple donné par ces fonctionnai ivS amène d'autres défections: on ne manque pas, d'ailleurs, de le citer à l'occasion pour montrer le peu de confianc3 que nos étciblissoments inspirent aux lamillos.

Les écoles congréganistes se sont également partagé leur clientèle d'après les degrés de la furtuno ou de la liièrarcliie sociale. Les unes ne s'adressent qu'aux familles riches, les autro;^ fi la bourgeoisie aisée ; d'autres, enfin, au pstit commerce et à la partie la plus intelligente et la plus i levée de la cla-s9 ouvrière, et leurs frais de pension, comme leu'S frais d'études, varient d'après la nature de la clientèle.

Savoie. — Il est de bon ton de dire dans un ' crtain monde que l'éducation est négligée dans nos élal)ii.'isenients et que nos élèves manquent de distinction ; la l)nurgeoisie vaniteuse, les officiers et les fonctionnaires, flattés de fréqusuter la haute société, se croient tenn.s d'envoyer leurs çnfcmts dans des établissements dits aristocratiques.

Seine-Inférieure. — L'idée que nos internats sont mal composés, qu'ils ne se recrutent que parmi des enfants Je condition S()cial3 m')ins élevée, tend de plus en plus à se répandre dans les familles de la haute bourgeoisie ; de l.-î, leur répugnance à nous confier leurs enfants, et leur empressement à les envoyer chez les congréganistes, où ils oe flattent de retrouver, mieux que chez nous, I2 bon ton, les manières et les habitudes de leur monde ».

Il ricanait, M. de Falloux, lorsqu'en 1848, les Républicains dénonçaient le péril d'un double enseignement, signalaient les divisions prochaines, la lutte du passé contre l'avenir et la guerre fratricide des classes I

Il ricanait !

Une société ancienne et une société moderne ! s'écriait M. de Falloux. Mais où sont donc les éléments autour de nous, en 1848, dans le milieu du dix-neuvième siècle ! Quoi! la lutte acharnée entre la philosophie et la foi, ce serait encore là les c^uerres de notre époque ? Quant aux sociétés

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nouvelles qui sMrhpfôvisent et qui se posent en face ée sociétés qui demeurent dans leurs vieilles et immuables traditions, cela existe encore moins... Dieu, la nature et l'histoire ne le permettront jamais ainsi, jamais. .

Ce que Dieu, la nature et l'histoire ne permettent * jamais, a été l'œuvre de l'Eglise. M. de Falioux n'est plus là pour répondre de son crime, de son erreur ou de ses mensonges. Mais les événements accusent sa mémoire !

Les prophéties sont en train de s'accomplir. La France se désagrège.. Elle se désagrège et sur les ruines morales de ce qui fut un grand pays, TEglise qui a toujours vécu de la décadence des peuples, l'Eglise toujours orgueilleuse, se flatio de restaurer son antique suprématie.

Ecoutez la clameur triomphante de l'épiscopat. C'est l'évoque de Nîmes qui réclame déjà la rançon de cette œuvre :

J'irai, dit-il, j'irai, dans mas importunitôs saintes, frapper à la porte de tous les nouveaux collèges où croissent et grandissent, à l'ombre du drapeau de la Croix, les fils de la i noblesse et de la bourgeoisie. Cent collc.c'js, fondés cn.f vingt-cinq ans dans toute l'étendue du territoire français, ont jeté des racines profondes dans le sol du pays; et les élèves qui en sont sortis gardent envers leurs maîtres les sentiments d'une reconnaissance qui suffit à reloge de cettd éducation à la fois si paternelle et si chrétienne.

Mais ces magnifiques maisons n'ont pas été établies pour recruter seulement la magistrature, le barreau, l'armée. ' les administrations publiques ; elles doivent leur tribut à VEglise qui les a bâties de ses mains et fécondées de sa grâce.

Ainsi, c'est pour la plus grande gloire d'une théocratie insolente que la nation aura perdu son unité ! C'est pour le triomphe de Rome que se pré-, parerait une lutte fratricide ! C'est au nom de la Liberté jadis proclamée contre elle que l'Eglise retrouverait sa domination oppressive ! C'est au nom de 89 que ressusciteraient les classes effacées par 89 !

Qu'est-ce donc que cette liberté au nom de laquelle se pourraient commettre de tels crimes, et quelle est- cette imposture?

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Les Sophssmes

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