‹ Le cléricalisme et l'école: la loi Falloux, mars, 1900Chapitre 23 sur 47 · PAR LA PERSÉCUTION · texte numérisé non relu

PAR LA PERSÉCUTION

Ce n'était pas assez de la complicité césarienne* Ce n'était pas assez des trahisons de J'orléanisir j. L'Eglise a dans son arsenal des armes plus redoutables. Falloux et de Parieu y décrochèrent la persécution, en attendant que Moiitalembert y décrochât 'la calomnie et la savante exploitation de la peur.

Ce fut M. de Parieu qui supporta, ^'^ qualité de ministre, le triste honneur de cette odieuse besogne. Sa lourdeur auvergnate avait succédé à la cautèle angevine de M. de Falloux. Les deux hommes, également sectaires, se valaient par le fanatisme. L'Eglise n'avait pas perdu au change. L*ancien orateur des clubs révolutionnaires d'Auriliac endossa •brutalement le projet que M. de Falloux avait préparé en son astuce « sur la nominalion et la révocation des instituteurs communaux ». C est ce qu'on nommait la petite loi. Ce devait être, en effet, ia cynique préface de Vautre: le piège précédant le crime.

Tout d'un coup, vers la fin de 1849, ie? plaintes affluèrent dans les divers ministères sur latlitudd Ides instituteurs communaux. Les recteurs se plaignaient. Les préfets aussi. Les procureurs généraux également. Comment se faisait-il que Jes parquets qui tenaient de la loi Guizot le droit de poursuivre à^office les instituteurs pris en faute et qui n'avaient nullement éprouvé, jusqu'à Tavènement de Falloux, le besoin de sévir, éprouvaient subitement le besoin

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ae se répandre en doléances? La chose était 4rès simple : les fonctionnaires faisaient son dossier au ministre.

« Quand on veut tuer son chien, affirme le pro* verbe, on dit qu'il est enragé. » Les fonctionnaires de M, de Falloux et de M. de Parieu déccuvrirent que la plupart des instituteurs de France S'étaient trouvés atteints d'hydrophobie ai^uë, sous les morsures du socialisme. On leur fais€tit, entre autres choses, un grief d'avoir été mêlés aux dernières élections. Il paraît que ce qui est détestabie chez, le magister de village est excellent chez les évêques et même chez les simples curés \ Montalembert; avait jeté ceux-ci dans la mêlée élector«ile, ; pour jr' avoir mis seulement le bout de leur petit doigt^ les instituteurs allaient être frappés.

La loi de 1833 avait eu le mérite de donner à Tins* tituteur communal certaines garanties d'indépendance et de sécurité. « Nul maître, disait la loi, né :peut être interdit de l'exercice de sa profession, à temps et à toujours, que sur l'avis du Comité d'ar^ Tondisse ment, après un procès spécial comme le délit lui-même et par une sentence du tribunal civil ordinaire. »

C'était vraiment trop d'injustice ! La « petite loi » du 8 janvier 1850 arriva fort à propos pour couper court à ce fâcheux scandale de l'instituteur relevant, pour ses délits, de la juridiction ordinaire : on le plaça « spécialement ^> sous la surveillance des préfets. Cet adverbe s'explique. Les préfets, présidents de droit des Comités d'arrondissement, paiticipaient' •à la surveillance des écoles. M. de Paneu ne voulut pas qu'ils partageassent avec d'autres, par exemple avec le maire, le procureur ou le juge de paix, cette prérogative. Il leur fît sur mesure une surveillance « spéciale » qui mettait les pauvres instituteurs sous la coulpe de ces fonctionnaires politiques.

Il va sans dire que les instituteurs « privés », les .bons congréganistes, échappaient à cette « surveil* lance ». Le ministre expliqua très fsérieusement à la Chambre qu'il fallait distinguer ; que les conçrég*-'

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nistes étaient couverts par le principe de la liberté d'enseignement, au lieu que les instituteurs publics, simples fonctionnaires, étaient astreints à Tobéissance, à la discipline et que la liberté ne s'interposait pas entr'eux et les rigueurs gouvernementales.

Le cynisme était complet. Il faut relire dans le Moniteur les débats de cette époque. Le langage impudent de ces hommes apparaît, à cinquante ans de distance, comme le plus cruel réquisitoire qui puisse êfre dressé contre eux.

Je laisse la parole au rapporteur Beuéx'iiot :

Avons-nous tort. disaU-il, d'attribuer ^lux cviroDstanfea présentes, à l'esprit qui anime en ce moment Ja majorité du corps des instituteurs prjmajres, une si grande part dan» nos méditations?

Pour ma part, je ne le crois pas. Ne pensez pafs que je vienne présenter ici contre les instituteurs primaires des. accusations dictées par Ja prévention, par la haine, par ia passion politique. Nullement. (Murmures à pauchej

Voix à gauche. — C'est une loi d'amour.

M. Beugnot. — Savez-vous contre qui, dans ce moment, je dirige mes reproches ? Je les djrige d'abord contre Je Jégis* lateur imprudent qui, s'abandonnant à ses illusions, n'a pas calculé, en 1833, la portée des mesures uu j1 adoptait* (Interruptions.)

Une voix. — C'est M. Guizot.

M le rapporteur. — Je dis la vérité h tout le monde.

J'accuse ensuite l'éducation que ces maineurcox jeunes gens reçoivent, éducation disproportionnée avec le sort qui leur e?t réservé. (Mimnnres à gauche) éducation qui le? condamne, malgré eux. ;\ être des mpcontcnls. des malheureux, et à devenir A leur insu des instruments dans la main des factions. (Mouvements en sens divers )

Voilà contre qui se dirigent mes reproches.

Je le dirai aussi, il faut le répéter, contre 1 esprit révolutionnaire (Exclamations à gauche) qui s'est attaché avec une perfidie inouïe à s'emparer de l'esprit de ces jeunes gens inexpérimentés pour les pousser dans ia voie funeste où ils ont eu la faiblesse d'entrer. (Murmures à gauche.)

Oui. messieurs, si on faisait l'histoire de tout ce qui a été tenté contre les inslituteuïs primaires, on reconnaîtrait bien là l'astuce, la perfidie d'une faction qui ne respecte rien,, pas même les fonctions les plus simples (Réclamations à gauche. — Très vive approbation à droite) ; pas même les fonctions qui. de Taveu de tous les gens-sensé» et raisonnables, sont un véritable sacerdoce, une dette contractée envers les lamilleâ, fonctions en queJuue soit^

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les plus sacrées après celles dont la religion impose le de* voir. (Très bien ! très bien I)

Eh bien ! messieurs, savez-vous ce qu'on a fait ? Et ici» je le répète, je n'accuse pas les instituteurs prnnaires ; j& mets de côté leurs torts, nous en reparlerons plus tard, et je désire, pour ma part, les voiler : j'accuse dans ce moment-ci la faction qui s'est efforcée d'en faire l'insirument de ses passions. (Rumeurs à gauche.)

Voix à gauche. — Quelle est cette faction ?

M. le rapporteur. — Je vais le dire.

M. le président Dupin. — Si vous ne la connaissez pas* i ne la défendez pas. (Agitation à gauche.)

M. le rapporteur. — Permettez-moi, messieurs, de revenir un peu en arrière et de faire, en peu de mois, une histoire que vous connaissez mieux que moi. La Révolution de Février éclate le 24 de ce mois : Eh bien, ie 27, le 27 ! (voyea quelle sagacité, quelle intelligence I) savez-vous ce que l'on lait ?

Jl paraît une circulaire du ministre de l'insiruction publi* que et des cultes aux recteurs des académies, alin, dit-on, d'améliorer le sort des instituteurs primaires. Savez-vous comment, h ceiie époque, on rêvait damélîorer le sort des instituteurs primaires? En faisant descendre jus-qu'au fond de leur âme la passion la plus danperçut^e pour eux, l'ara-! bition. (Rires et murmures d gauche.) 1

Messieurs, nous nous api)liquons, dans les conseils que nous donnons aux instituteurs, h les accoutumer h une vie d'abnégation, à une vie de dévouemeni. (Rumeurs à gau^. che.)

line voix a gauche. — Et de souffrance !

M. le rapporteur. — Non pas de souffrmce, mais de patience, parce que, je le répète, ils ont à accomplir un sacerdoce qu'on ne peut remplir sans dévouement, sans amour, pour l'enfance, sans pitié pour ce sublime devoir. (Très vive approbation A droite )

Savez-vous ce qu'on leur disait fi cette époque, ie 27 février? On leur disait qu'ils ne devaient pas se contenter des modestes fonctions que la pairie leur dérernaiî, qu'ils de- f vaient aspirer h monter jusqu'aux plus nauls dogrôs de la hiérarchie universitaire. (Réciainalions el ruhitujs à gauche >

Une voix à gauche. — Où éiail le mal ?

M. le rapporteur. — Vous applaudisse? fj ces p/ovocations à l'ambition ? Mais pouvait-on Ipnir ces proinesf-es? Non, on ne le pouvait pas. (Rumeurs cl inlerrnpljons confuses à. gauche.)

Il y avait, je ne crains pas de le dire, de la cruauté à venir répéter à des instituteurs primaires qu*»ls pourraient devenir recteurs, inspecteurs généraux, meinijreb du Conseil de l'Université, alors qu'on savait fort bien que cela n'était pas possible.

A gauche — Et pourquoi pas?

S22 LE CLÉRICALISME ET •B*ECOLfî

M. le rapporteur. — Cela a été dit, et cela ^ne se pouvait pas. Que faisait-on ? On voulait les animer d- une ambitioa qui ne pouvait pas être satisfaite, par conséQuent en faire des mécontents.

M. Charras. — Est-ce que les soldats ne .leviennent pas généraux? (Rires et exclamations à droite.)

Une voix. — Pourquoi êtes-vous allé à l'Ecole polytechnique ?

M. le rapporteur. — Ce n'était pas tout davoir fait péné-. trer une ambition irréalisable dans le cœur de ce§ fonctionnaires ; il fallait ensuite chercher à en tirer parti. En effet, parut peu de temps après une circulaire du ministre provi-i soire de l'instruction publique et des cultes aux Recteurs' d'académies, afin d'engager les instituteurs primaires à enseigner aux populations rurales les Droits de 1 Homme et du Citoyen. (Exclamations ironiques à trauche.)

Ainsi voilà ces instituteurs auxquels est livré le sort de» entants du peuple, auxquels nous recommanaons d'enseigner à ces enfants les vertus nécessaires pour exercer les professions qu'ils sont appelés à remplir, qui, de l'aveu du» gouvernement, sont transformés en chefs de clubs, et qui,. sur la place publique, enseignent aux citoyens leurs devoirai et leurs droits !

Une voix à droite. — Non, pas leurs devoirs î M. le rapporteur. — Je me trompe : leurs droits, mais nol,. pas leurs devoirs...

Est-ce là ce quo vous avez voulu, ce que le législateur; de 1833 voulait? Voulait-il transformer les instituteurs pri-/ maires en chefs de clubs? Si c'est ainsi q'Ton l'entend,! qu'on le déclare ; alors nous prendrons d'autres hommes» pour remplir les ifonctions des instituteurs pr .maires.. ,

Eh bien ! il s'était établi dans les camoagnes un usage, usage très avantageux, que la législation et l'administra-' lion avaient, d'un accord commun, cherché à propager :/ c'étaient des conférences qui s'établissaient entre les instituteurs primaires d'un même canton tous les oimanches;! quelquefois à d'autres intervalles, ils se réunissaient pour s'entretenir de matières d'enseignement, Je la manière da perfectionner la méthode pour arriver plus directement aa but. ,

C'est un usage qui existe dans des pays étrangers, en Bel-» gique. Les conférences hebdomadaires devinrent des centres, des foyers d'agitation tels que tous le§ oons citoyens dans les provinces, que les conseils généraux eux-mêmes^ n ont cessé de demander à l'administration rinterdiction de ces foyers d'agitation et de trouble.

•'agit de porter remède...

Il s'est passé, messieurs, dans le parti dont nous combat^ tons les tendances et les doctrines, un changement de tac-

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fïqiïe asseir grave depuis atiélque temps. A la* sorte des événements du 13 juin dernier, quand l'ordre a été rétabli et à Paris et à Lyon, ces deux grands foyers d'agitation, le parti démagogique a tourné à l'instant même lous ses eôorts vers les campagnes. (jMouvement.)

Cela n'est pas contestable. 11 est certain qu'aujourd'hui la propagande ne cherche plus à faire des prosélytes ou des victimes dans les villes; c'est dans les campagnes qu'elle agit. vRnmeurs à gauche.)

Cela est certain. Si quelqu'un voulait contester cette assertion, je lui demanderais de me donner 1 explication de ces publications de tout genre .à l'adresse de.i habitants de la campagne, qui sont répandues maintenant en si grande abondance et à si bas prix (Rumeurs à gauche) ; je lui demanderais de m'expliquer d'où vient cette publication si répétée de TAlmanach populaire, à l'adresse de qui?

Une voix h gauche. — Nous ne nions pas cela !

M. le rapporteur. — Quelles sont les idées, les sentiments, les passions, les haines qui ont dicté ces écrits destinés uniquement aux habitants de la campagne? Point de doute, le parti que nous combattons dans ce moment-ci ne tourne tous ses efforts que vers les habitants des campagnes. Jl lui faut pour cette propagande ardente, qu'il exécute en ce moment, des agents, des agents nombre jx. 11 est évident que s'il peut trouver dans chaque commune un propagateur de ces écrits si dangereux, que la justice est impuissante à saisir et à frapper, il aura obtenu une grande chance de succès. Eh bien I dans ce moment-ci les efforts du parti que nous combattons ont pour but, précisément, comme le disait , 3e 13 avril 1849, l'honorable M. de Falloux, de transformer les instituteurs primaires en propagateurs de ces écrits détestables Voilà un fait qu'il n'est pas possible de contester. (Interruptions diverses à gauche.)

M. Chapot. — Ils les font porter par les élèves. Ce sont des fadeurs ruraux, que ces petits enfants.

M. le rapporteur. — Eh bien! que voulons nous T Vou-' Jons-nous frapper les instituteurs primaires?...

A gauche. — Oui I Oui ! C'est cela que \ou5 voulez!

M. le rapporteur. — Voulons-nous les destituer en masse? Non I Non !

A gauche. — Oui ! Oui !

M le rapporteur. — Nous voulons les anacher à l'influence pernicieuse, aux séductions, aux caresses du parti que nous combattons: nous ne voulons pas qu'ils deviennent un jour les victimes de leur faiblesse et de leur inexpérience. Voilà tout ce que nous demandons. Nous demandons/ que ceux qui ont failli de façon à ne pouvoir pas rentrer dans la ligne du devoir, ceux qui se sont compromis outre me.sure, qui, étant traduits devant des -comités d'arrondissements seraient évidemment destitués nous demandons que le gouvernement sévisse contre ceux-là.

Quant aux autres, quant à ceux qui n'ont cotnmis que des

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Impnidences, nous denifindons seulement iiu'ils soient garantis contre les séductions du parti dont j*di parié. Nous voulons qu'ils conservent leur liberté et 'jue leur inexpérience et leur faiblesse ue tournent pas contre eux.

C'était bien une « loi d'amour » !

Des rapports comme celui de Beugnot ne sauraient être lus en une seule fois. Il y faut le temps de les savourer et surtout de faire : ouf I

Dans ces circonstances, messieurs, disait le lapporteur, l'honorable ministre de l'instruction publique proposa à rAssemblée le projet de loi qui est en discussion, et il demanda la prise en considération de lurgence. La prise en considération de l'urgence fut accordée par * Assemblée à une très grande majorité, vous le savez. La commission, lorsqu'elle eut â examiner ce projet de loi. dut prendre en sérieuse considération la grande majorité qui s était montrée le jour où la prise en considération atait ;f»t« demanilée.

Nous avons examiné ce projet, messieurs, non comme uno mesure qui puisse rester un certain temps dans nos Codes, mais comme une mesure qui ne fera en juelque sorte qu'y passer, que les traverser. Ce n'est pas une mesure qui poisse Jaisser même à nos yeux, je le répète, des tiares pour toujours ; c'est une mesure de rigueur, de. r.irccmsîance. quo malheureusement les circonstances ne justilient que trop. Mous avons donc donné à ce projet de loi, tel qu'il a été présenté par le gouvernement, notre assentiment.

M. le minisire a déclaré à l'Assemblée et a r.ji»été dans le sein de la commission que ce projet de loi était nécessaire au maintien de la paix publique. Tl a déclaré de plu.s qu'il laisserait la responsabilité d'un retard ou de l'intrtie à qui voudrait l'accepter. Nous n'avons pas m, messieurs, la prendre sur nous; nous croyons que les propoi.itions que nous vous faisons dans la loi organique — lorsque le moment sera venu de la discuter, nous l'établirons — ces propositions sont certainement préférables, mais elles sont faites pour des temps calmes, pour des temps comme ceux vers lesquels nous marchons, et que nous obtiendrons, je l'espère.

Tl faut, dans des moments si difficiles, 11 faut que, pendant un certain temps, le Gouvernement soit armé de moyena <le répression; nous le sentons et nous le déclarons. Voilà cotre pensée.

Si. dans le courant de la discussion, quelques modiflca* tions sont proposées au projet du Gouvernement, et que la Gouvernement soit disposé h les accepter, la commission n'y portera certainement pas obstacle. Mais je dois dire que la commission ne croirait pas devoir accepter toul amendement qui aurait pour résultat de transformer uni loi temporaire en une loi qui« par sa perfection mêm«^

lÊ âÛET-ÀPENâ ^ 2ZS

pournrft ^avoîf des caractères de durée.,. (Exclamation» ironiques).

Voix à gauche. — Ainsi, vous vous étudiez à la faire mau- .Vaise tout exprès.

M le rapporteur. — Nous voulons que cette loi soit une crme efficace entre les mains du Gouvernement, ^i cette loi perdait de son efficacité, elle ne remplirait pas le but Quc nous nous sommes proposé, et nous ne conseillerions pas à l'Assemblée de l'accepter .

Dans ces limites, toutes les modifications, toutes les améliorations qui pourront lui être apportées obtiendront l'as- Bentiment de la commission .

Je le répète en terminant, messieurs, la commission et la majorité de TAssemblée ne sont pas animées d'un sentiment de répression violente, de haine, en quelque .sorte," comme tout à l'heure on le disait, contre les instituteurs irimaires ; non ! Nous voulons seulement, je le répète encore une fois, des garanties contre les excitations funestes dont ils sont l'objet; quand ils seront arrachés à ces incitations perpétuelles, dont ils sont en ce moment les victimes, nous n'aulons pas de peine à leur témoigner notre satisfaction, notre reconnaissance, s'ils sont rentrés dans Iç devoir, dans la Jigne dont ils n'auraient Jamais dû s'écarter. (Mouvement prolongé en sens divers),

Celait avant la lettre, comme une variante de la formule fameuse « Que les méchanls tremblent. et que les bons se rassurent ?:. — Déjà I eûl dit Hei'vé.

Le rapporteur avait dit : Tue 1 Le ministre cria : Assomme ! .

La parole est à M. de Parieu : ^

Mais pourquoi, disait le mlnistr*»., le Gouvernement demande-t-il des rigueurs qu'il n'a jamais demandées? Pourquoi ? Parce que notre société est dans une position où elle n'a jamais été. (Vive approbation à droite).

Ce n'est pas nous qui l'avons faite cette position; ce n'est pas nous qui avons fait naître les circonstances dont elle est sortie ; ce n'est pas nous qui avons produit sur le personnel des instituteurs primaires ces excitations particulières dont les conséquences subsistent encore. Tout cela, nous l'avons subi, nous l'acceptons, mais nous voulons en arrêter les funestes conséquences. (Nouvelle approbation à droite).

Si le principe démocratique soudainement introduit dans le pays l'année dernière y a produit dans des esprits qui y étaient peut-être insuffisamment préparés ces sophismes, ces exagérations, ces tendances démagogiques qui ont placé le désir de l'égalité, du bien-être matériel, de la jouissance et delà propriété, à côté do'principe de l'égalité des droits..^

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iniprtidences, nous deniandons seulement qu'ils soient garantis contre les st»dut:tions du parti dont j'ai parlé. Nous vouions qu'ils conservent leur liberté et 'juc leur inexpérience et leur faiblesse ue tournent pas contre eux.

C'était bien une « loi d'amour » !

Des rapports comme celui de Beugnot ne sauraient être lus en une seule fois. Il y faut le temps de les savourer et surtout de faire : ouf I

Dans ces circonstances, messieurs, disait le lapporteur, l'honorable ministre de l'instruction publique proposa à l'Assemblée le projet de loi qui esi en discussion, et il demanda la prise en considération de l'urgence. La prise en considération de l'urgence fut accordée par 'Assemblée à une très grande majorité, vous le savez. La commission, lorsqu'elle eut à examiner ce projet de loi. dut prendre en sérieuse considération la grande majorité qui s était montrée le jour où la prise en considération atait ;;>tï< demandée.

Nous avons examiné ce projet, messieurs, non ctimme una mesure qui puisse rester un certain temps dans nos Codes, mais comme une mesure qui ne fera en juekiue sorte qu'y passer, que les traverser. Ce n'est pas une mesure qui puisse iaisser même à nos yeux, je le répète, des tiares pour toujours : c'est une mesure de rigueur, de r.irc(;nsiance. quu malheureusement les circonstances ne justilleni que trop. Mous avons donc donné à. ce projet de loi, tel qu'iJ a été présenté par le gouvernement, notre assentiment.

M. le ministre a déclaré à l'Assemblée et a r.jpété dans le sein de la commission que ce projet de loi était nécessaire au maintien de la paix publique. Tl a déclaré de plus qu'il laisserait la responsabilité dun retard ou de l'intrtie h qui voudrait l'accepter. Nous n'avons pas ju. messieurs, la prendre sur nous; nous croyons que les propoi>itions que nous vous faisons dans la loi organique — lorsque le moment sera venu de la discuter, nous l'établirons — ces pro-' positions sont certainement préférables, mais elles sont faites pour des temps calmes, pour des temps comme ceux vers lesquels nous marchons, et que nous obtiendrons, je l'espère.

Tl faut, dans des moments si difficiles. 11 faut que, pendant un certain temps, le Gouvernement soit armé de moyens <le répression; nous le sentons et nous le déclarons. Voilà cotre pensée.

Si. dans le courant de la discussion, quelques modiflcatiens sont proposées au projet du Gouvernement, et que lo Gouvernement soit disposé h les accepter, la commission i n'y portera certainement pas obstacle. Mais je dois dire que la commission ne croirait pas devoir accepter tout amendement qui aurait pour résultat de transformer unt loi temporaire en une loi qui« par sa perfection mèm€^

IB OUKt^^APiml

^danB les eûtnmunes limitrophe.» », Quelque Cbo$;e comme rinterdiction de sU^jour appliquée aux çri« minels qui reviennent des galères 1 La Sor était conv*

Elèle. On devine le parti que M. de Tarieu en tira, es coupes sombres succédèrent aux coupes som< brcs. La grande loi pouvait venir et les congrcganisles entrer ; la « i>elite loi » d'amour leur avait fait place netta.*«

Ce n'est pas notre faute si, dans cette situation d'esprits auxquels on a jeté des espérances si profondément exagérées, pour lesquels on est allé chercher dans Je fonds de la pensée humaine tous les motifs d'ambition.. (Très bieni Interruption à pauche) Ce n'est pas notre faute si, en faussant ainsi l'esprit du peuple qu'on veut égarer, si, en employant à cette œuvre quelques-uns des instituteurs dont nous parlons ici, qui, soumis à notre autorité, ont droit à toute notre bienveillance, et à J'épard desquels nous avons à demander aujourd'hui à regret des mesures qui les maintiennent dans de justes limites. (Très bien I Très bien I) M. Canet. — Je demande la parole.

M. le ministre. — Ce n'est pas notre faute si» dans le sein

du peuple, en cherchant tous les intermédiaires qui, --ar

leur situation, pouvaient se faire les excitateurs de cette

i;iiGrfii par laquelle on a cherché h soulever une partie de

la socioié contre l'autre ; ce n'est pas notre faute s'il a surgi

f divs syfnptômes alarmants dune df'.moralisation qui a mon-

i tré rarlout réunies ces trois choses : l'esprit de réxplte, la

I soif ardiTile de jouissances matérielles, et. en ml^jna temps,

\ le mcîpris dtis clioses sà.intes. (Vives marques d'adhésion à,

' droite et au centre; exclamations et rires ironiques à gau-

ClHi)

Ce n'est pas notre faute si nous avons dû constater de tels maux , mais c'était notre devoir de vous proposer les moyens d'y porter remède. C'est ce que nous avons fait r:ir un 1 loi qui. après les amendements qui ont été adoptés, dans le texte où ella est maintenant conçue, ne mérite plus guère p(îut élre le nom de loi de circonstance qu'on lui a un instant donne .. (Héclamations diverses).

La petite loi fut volée haut la main. Mais les destins et les flots sont changeants. Les préfets, qui ékiicnt à ce moment-là sous les ordres de M. Rouher, pouvaient se Irouver le lendemain sous un maître moins catholique. Très tranquillement on décida que /a pUdf lot n'aurait que six mois de durée, le iemps de cuisiner laufre. On ne sait ni qui vit ni qui meurt.

Souî=: le ministère onctueux de M. e Falloux, 1.800 inslituteurs avaient été appelés devant les conseils supérieurs de TEnseigrnement. .100 avaient été frappés, les uns par la réprimande, les aulres par la suspension, un grand nombre par la mise à p:ed. La •• pelile loi »» stipulait, souveraine prudence! que n rinshluleur révoqué r, avait plus le droit d'euvrir une école dans la commune où i\ exerçait ni

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^dans les communes limif.ropJies ». Quelque choso comme rinterdiction de séjour appliquée aux criminels qui reviennent des galères I La loi était complète. On devine le parti que M. de Parieu en tira. Les coupes sombres succédèrent aux coupes sombres. La grande loi pouvait venir et les congréganisles entrer; la a petite loi » d'amour leur avait fait place netie..^

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