‹ Le cléricalisme et l'école: la loi Falloux, mars, 1900Chapitre 42 sur 47 · LE CLERGÉ HORS L*ÊCOLB · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ HORS L*ÊCOLB

linissîon est de lutter toujours. Il n'y a pas de puissance / jQui prête au pouvoir civil un appui, un concours plus I "désintéressé et plus efficace. L'Histoire entière est là pour l le prouver ; mais il n'en est pas non plus qui lui oppose de ) ■ résistance plus énergique et plus tenace, quand ses droits j jet ses devoirs l'exigent. Elle l'a fait bien avant qu'il n'y eût des Jésuites dans le monde. Je ne viens pas vous faire ici un cours d'histoire, mais je vous rappellerai ses luttes AU sortir des catacombes, avec les empereurs païens et aryens ; puis, pendant le cours du moyen âge, ces luttes avec les empereurs chrétiens qu'on lui a tant reprochées. Alors il n'y avait pas de Jésuites ; mais il y avait cet esprit jésuite qu'on dénonce aujourd'hui, c'est-à-dire l'indépen-i dance souveraine et éternelle de l'Eglise, aux prises avec ; l'usurpation de la conscience par la force. Depuis que les Jésuites ont été supprimés, l'Eglise a résisté à la Révolution, è, l'Empereur. Vous voyez donc que ce ne sont pas les Jésuites seuls qui résistent et que c'est l'Eglise, l'Eglise , tout entière qui est militante. Sa vie, c'est le combat ; lui f reprocher, cela, c'est reprocher au soleil de luire.

On les accuse ensuite d'être antinationaux, soumis à un chef étranger. Mais cela est encore applicable à l'Eglise elle-même. La religion n'est pas plus nationale que la .■ science, la lumière ou la vertu. L'Eglise qui la représente est étrangère comme la religion eiie-mènie ; ello est de tous les pays ; elle n'appartient exclusiveni;4it à aucun.

L'honorable comte l'orlalis reprochait ïaa dernier, aux • Jésuites, davoir pour patrie le monde. Mais c'est là précisément le triomphe et la gloire de l'Eglise catiiolique ! 4:*est là précistment ce qui fait sa grandeur et son existence même, ce qui la distiiigue de toutes les sectes; et cela ne l'empêche pas de donner au putriotismo national une vertu et une énergie qu'il n'avait eu nulle part.

. comme l'ont si bien niiintré, dans ce siècle même, i l'Espagne, la Belgi(iue et la Pologne.

Quant au serment spécial qu'on roproclie aux Jésuites de prêter au pape, je suppose que les auteurs de ce reproclie n'ont jamais lu dans un livre qu'on appelle le Pontifical

, le serment de fidélité au pape, prêté par les évèiiues, par tous les évêques du monde avant d'être sacrés. Et cependant on ne les appelle pas des étrangers, n'ayant pour patrie <iue le monde.

^ Je dis que les évoques n'admettront pas la distinction <ïu'on veut établir entre la cause de l'Eglise et celle des Jésuites. Ils savent trop bien que détruire comme on veut

■ le faire une institution solennellement approuvée par rEglise, que dissoudre et disperser des prêtres, des reliçieux voués aux fonctions du Saint-Ministère, sous la Juridiction des évêques, • c'est attenter à leurs droits inecoiinaître leurs attributions et violer dans son plus légitime exercice là liberté de leur pouvoir spirituel^

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feu le Gallicanisme. C'était sous Louis-Philîppè^ dans la discussion sur un projet de loi relatif au chapitre de Saint-Denis. Voici comment- Montalembert parlait d^ gallicanisme :

Le Gallicanisme, à vrai dire pour moi, n'est plus qu'une" • yponne (Mouvement) ; cela ne l'empêche pas d'avoir encore des adorateurs, car, comme vous le savez, les Egyptiens embaumaient les animaux qui leur servaient de dieux, et puis ils les adoraient encore après les avoir embaumés I (Nouvelles hilarités.) Ces adorateurs, en petit nombre, ne sont pas très dangereux, mais ils sont quelquefois incommodes et hargneux ; et il est bon qu'ils soient éclairés ou humiliés.

...Je dis que le Gallicanisme n'existe pas au sein de TEglise de France. Or, c'était là que, pour le faire vivre, il faN lait avant tout l'entretenir. Qu'importe, en effet, que des magistrats, des jurisconsultes, des laïques qui n'ont pas une ombre d'autorité dans l'Eglise, fassent profession de gallicanisme ! Là, où il est fort redoutable, c'était parmi les évêques, dans le langage et les actes de ceux qui sont' chargés de gouverner l'Eglise.

Eh bien ! là — je n'hésite pas à le déclarer, et vous devez le voir aussi bien que moi — il a été de jour en jour s' affaiblissant, s'amoindrissant au point qu'on peut dire qu'il n'existe plus. Aucun écrivain, aucun auteur accrédité parmi les catholiques n'oseraient aujourd'hui le professer. Aujourd'hui, je le déclare, le gallicanisme même mitigé du célèbre évêque d'Hermopolis ^et du cardinal de La Luzerne ne serait plus accepté par les catholiques d« France.

Voyez plutôt l'écrit d'un prélat que je n'appellerai pas le plus gallican de nos évêques — ce serait lui manquer de respect, après ce que je viens de dire — mais le moins ultramontain ou le moins romain : Mgr l'archevêque de Paris. Il a traité, avec son talent accoutumé, ces- questions dans un opuscule intitulé : De VAbus et de VU sage des opinions ultramont aine s et gallicanes. Et personne ne s'est , moqué plus spirituellement que lui du petit nombre des •gallicans politiques qui restent parmi nous; ces gallicans, comme il le dit, qui ne sont pas catholiques ni même peut-être chrétiens, et qui sont tantôt plus ultramontains que le pape, tantôt plus gallicans que Bossuet et l'Assemblée de 1862 ! On n'en était pas là il y a vingt ans, il y a dix ans, et certes on ne reculera pas.

> Eh bien I tel a été le résultat des Concordats, tel il devait" ^ être. Le clergé français a Uni par voir que le Gallicanisme ancien, le Gallicanisme ecclésiastique n'était plus bon qu'à être sacrifié, immolé sur l'autel de la politique par l'autorité temporelle, qu'il se réduisait à n'être plus qu'une, sorte

LE CLEROÊ HORS l'ÊCOLB

iSe prétexte théologique pour romnipotence de l'Etat, , exercée par des hommes purement politiques. Tout la monde, alors. Ta abandonné peu à peu, et il en est résulté ce que je vais vous dire.

A aucune époque de l'histoire de l'Eglise — vous pouvez m'en croire, je la connais un p2>.i et je l'ai étudiée de mon mieux — k aucune époque de noire histoire ecclésiastique, à aucune époque du moyen-ai^e, de ces temps qu'on a représentés si faussement comme dominés par l'absolutisme de Rome, à aucune époque, le clergé de France, les fidèles de France n'ont été plus complètement unis et plus docilement soumis au Saint-Siège qu'aujourd'hui. C'est là ' notre gloire, notre orgueil et notre sécurité.

Le Gallicanisme est mort et enterré. Le Gesu vît encore. Ceci a tué cela. Aujourd'hui, l'Eglise tout entière tient aux Jésuites et les Jésuites la tiennent. Us sont unis d'ailleurs par un lien étroit : le lien, ; du Syllahus^

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