‹ Le cléricalisme et l'école: la loi Falloux, mars, 1900Chapitre 6 sur 47 · S LE CLL-arATJSME KT L L^OLE · texte numérisé non relu

S LE CLL-arATJSME KT L L^OLE

] î ?k» et (V î^t 'N fL.îvrjif f'^ro I. ' C'n*i:i'':iîeurs, tnlle e?^t,

M. IiJ.îiî'i^ TaïKlière, ?u rlornior CongTtfi de la .Ti-i:.î-.:->' i :L"r.Lî=:'.ine. ^■. .uile >'ùhv iiÀi Tôchu dos ".■.'.::r.. ■>: {'•..' \'i.!C:r ■:(.usin. li pr-jclarm* îo droit f?!i v.'-ro, mais au.iuùt il accepte « rintérct » de rEiat :

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l':t poiiniiioi s''.'::il-ollo fair^"? dit-il. .\ rfiif^'.n ri--» l'int.'r^t â ' r fit à la 1) iî 1' ii-.iiirîi -11 liii''!:-?' •. >.':;':- I •- c.-n-^é- (.:.■•;. j- (Pli:' • .iii»l".!»..' rt; ■Miiaii ii r-' ni riii''yt«Jiii r> : i' '.:• -• -li:ilîil I ^t <i..ii ;= rnhi.'ii -l. .1" .' ; • liiillc*. il la <]t'ili- <::.•( Il (lu î) îiV'ir :•• '{•:;»!. I/:-'.îar . t in: 'i'^>m'' à PaLTirnl- '> t!ii'.'. à rin'ii;-tii ». an r ..ni •;. j. à \:\ i:. >:■ n mn soulern-îiit Ij.-i.i'^'t* -li-'i •. l:ai.-i-j fi.'- •■■iiiii..s |.ai i 1. '.■ ;«'i --s. \"a-r-jl (.rnc ■ (■■; . -n'i' 11* i.riî.K' .-mv^'i.'iin <!■; l--: î « ^ .-ni PhihU'Sr^o, Oira • s ■:;! a-,Ticull 'ir, s>'!il indu liiL-i, r.-il in -ri;;!»!, ^cnJ ^tMîint de tous Icô patviiiiuine.5 privés, scuJ pininiLiaire inCine.

! Il faut ôtre juste envers fo> advr"?oires : cela c.-t ■ o:rc.'.llo:nment dit. Mais il fau^'-rait an::?i être logi- : eue : r-i l'on n'admet point que lMlc:t, en matière ", d^vieeignement, exproprie pour caiii:e d'utilité pu- i I)]inue, il ne faudrait point fonder sur Tulilité publique son droit d'intervention.

Pour ma part, je ne l'y fonde pas, et je vois dans la théorie de « Tintérut public » juxtaposée à la

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thèse der la « liberté d'enseigner » une erreur juxta- l ^".* posée à une autre erreur. i '

Vous admettez, d'une part, que le droit de donner ' renseignement n'est qu'un mode de la liberté de penser. Vous admettez, d'autre part, que « l'intérêt -. public » autorise l'Etat à intervenir dans l'enseigne* gnement. Mais, alors, il faut admettre que le même « intérêt public » vous donne le droit d'intervenir dans les autres manifestations de la liberté de conscience?

Si votre argument est juste en matière d'éducation, il doit être aussi juste en matière de presse. Vous devriez, pour être conséquents « adapter » la liberté d'écrire aux besoins de l'unité nationale. Vous devriez obliger tous les journaux à professer « quelque communauté de vues sur certains prin-ii «^ ^î^^ cipes essentiels », et vous devriez obliger toutes les" ;

polémiques à respecter les doctrines, les idées adoptées par l'Etat. C'est absurde ! Une thèse comme celle de l'utilité publique ne peut être que spécieuse ; elle se réfute par ses conséquences.

Certes, l'unité nationale est un bien précieux, indispensable même. Certes, il est excellent, dans l'intérêt de la bonne harmonie et de la paix publique, que tous les citoyens d'une grande nation soient élevés dans l'esprit de la société où ils vivent. Certes, il est non moins juste que tous ceux qui servent l'Etat soient imbus de sa doctrine, pénétrés de sa pensée.

Mais si tous ces bienfaits sont ardemment désirables, il ne s'ensuit pas que l'intérêt public puisse i servir d'argument contre une liberté quelconque, I quand cette liberté s'exerce dans le domaine des | croyances et des opinions. Il ne peut y avoir d'expro- ......

priations en matière d'idées. L'unité nationale peut '^ sortir d'un système d'éducation, par voie de consé-, g^t- • quence ; mais il ne faut pas la placer au point de ' départ d'un système d'éducation pour refuser aux Te.:individus le droit de propager telle ou telle doctrine, pour réserver à l'Etat le droit exclusif de iormer la jeunesse.

Si nous dénions à l'industrie privée la liberté d'enseignement, ce doit être à un point de vue différent. Si nous réservons à TEtat le monopole de l'éducation,, ce doit être pour d'autres motifs.

Le droit de l'Etat, quand on veut le fonder sur des raisons « d'ordre public », est aussi peu justifié que le droit du père de famille. Gela n'empêche point qu'ils aient été presque toujours opposés l'un à l'autre.

A ceux qui invoquaient les prérogatives de la famille, les autres répondaient : « Que faites-vous des prérogatives de l'Etat ?» A ceux qui invoquaient la raison « d'ordre public » et les droits de l'Etat, les autres répondaient : « Que faites-vous de la puissance paternelle ? »

1 Les uns comme les autres usaient d'un argument faux ; ayant également tort, ils avaient également raison. JDe là un long malentendu qui dure depuis un siècle et qui fait que le problème de l'éducation est toujours resté en suspens et qu'il pourrait être discuté sans trêve et sans fin.

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