‹ Le cléricalisme, questions d'éducation nationale;Chapitre 3 sur 28 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

croyant, à qui la Révolution française a promis, à qui la République doit la liberté de conscience, le libre exercice de son culte, le droit de se réunir à ses coreligionnaires dans un temple, le droit de professer sa croyance ; il a très bien distingué, dis-je, le catholique qui pratique sa foi d'avec cette vaste association politique et sociale qui s'appelle l'Église romaine et qui aspire à substituer ses principes mystiques et son autorité infaillible et capricieuse aux principes rationnels sur lesquels repose notre société française, et à gouverner cette société, comme elle voudrait gouverner toutes les autres sociétés humaines, et comme elle en gouverne en effet quelques-unes. Cette prétention, c'est le cléricalisme. Cette prétention n'est pas de ce siècle ou de ce moment : elle a toujours formé le dessein essentiel de l'Église romaine. Comme la Révolution française est la plus hardie tentative qui ait été osée pour contrarier ce dessein, c'est à la Révolution française que de nos jours s'attaque surtout cette Église. La lutte contre le cléricalisme a donc pour objet la défense des principes de la Révolution.

Ces principes, on ne peut les maintenir ouïes ruiner qu'en persuadant au peuple qu'ils sont bons ou qu'ils sont mauvais. C'est donc par l'enseignement que combattent les deux partis en présence. La lutte est entre l'université laïque et les congrégations religieuses.

Dans cette lutte, bientôt séculaire, Paul Bert a contribué à procurer au parti de la Révolution une de ses victoires les plus importantes. Il a combattu

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