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La quantité de pluie tombant par année-saison est très variable. Ainsi, pour Banana. 1889-1890 donne 620—; 1890-1891, 386™; 1893-1894, 955—.
En 1893-1894, Congo da Leroba, qui se trouve sensiblement sous la même latitude que Banana, ne donne que 466"'", soit moins de la moitié de Banana.
Quant au mois de précipitation totale maximum, il varie beaucoup. Cinq années d*observalions à Banana le montrent deux fois en novembre, une fois en décembre, une fois en mars et une fois en avril, avec une différence de 70"" entre le plus haut et le plus bas maximum.
En 1890-1891, avril présente 240— de pluie sur un total annuel de 386—, soit près des deux tiers de la précipitation totale, tandis qu*en 1893-1894, le maximum mensuel est de 262""" en novembre, pour 955""' de hauteur totale.
Bahana.
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La saison sèche qui succède à la saison des pluies est la mieux caractérisée. Point de pluie, rarement une légère bruine ou « cacimbo », de 5 à 10 minutes de durée, entre 5 et 9 heures, et donnant tout au plus quelques dixièmes de millimètre au pluviomètre ; en revanche, un temps gris&tre, une brise qui fait sur les colons l'effet de nos froides bises d'hiver. La végétation, exubérante de vie
et (le force, lutte longtemps, cherchant à se soutenir malgré la privation d*eau ; mais la sécheresse finit par régner en maître. Tout sVtiole, tout se fane et lorsque, d'un pas lent mais sur, le temps sec a accompli son œuvre, de tous les points de Thorizon s*élèvent des colonnes de fumée annonçant le commencement des incendies annuels des herbes. La date de leur arrivée varie un peu : elle dépend de Tintensité de la saison qui vient de unir; en général cependant, il faut atteindre le l" juillet pour voir les premiers feux, et gagner la période du 20 au 30 juillet pour les contempler dans toute leur intensité.
Les plaines dénudées, portant encore la trace du passage de Télément destructeur, laissent alors une triste impression au spectateur, et cet état perdure jusqu'aux premières pluies, qui, par un effet magique, transforment tout en peu de temps, et rendent au pays son aspect riant dans sa luxuriante végétation et ramènent Texubérance de vie qui ranime habituellement.
La différence si marquée des deux grandt'S saisons se maintient dans tout le bas Congo; à Léopold ville, elle existe encore; toutefois il nVst pas rare de constater déjà une ou deux pluies ordinaires en pleine saison sèche, pluies assez semblables à nos giboulées de mars et survenant le matin. Le D' Mense y signale en effet deux fortes averses en juin, deux légères averses en juillet, une légère pluie en août et 71""" d'eau en septembre (i).
Plus à l'intérieur, la différence, quoique bien visible encore, est moins tranchée. C'est ainsi qu'à Bolobo, mai est encore très pluvieux et aoijt montre déjà phisieurs jours de pluie copieuse. On y a observé :
En août 4891 30«« d'eaa.
En août 1884 96""> d'eau en 7 jours, avec maximum diurne de 35**4.
En août 1895 70*» d'eau en 4 jours, avec maximum diurne de 45«»7.
Il ne reste donc plus que juin et juillet que Ton peut considérer comme mois secs.
Plus au sud, dans la région de Luluabourg, le IV Wolf dit : < Quant aux pluies, le bassin central du Congo jusque 6^ lat. S. diffère à son avantage de la région maritime. II n'y a pas de saison sèche caractérisée. A Luluabourg, où nous avons fait des observations météorologiques pendant deux ans (188K-1886), il n*y a pas eu de mois sans pluie. Juin, juillet et aoijt sont les mois où la pluie est la plus rare, mais ils ont un lourd brouillard matinal (a) ».
Le commandant de Macar (s), de son côté, signale que la période de sécheresse
(i) • Nulle pan Tirruption de la pluie ii*esl si brusque que vers le littoral, par exemple à Vivi. En général, au Stanley-Pool, la transition de la saison sèche à la saison pluvieuse se produit plus insensiblement qu'à la côte. — Pendant mon séjour à Léopoldville, pas un seul mois ne s'est écoulé sans ploie •. (D' Mense, Rapport de l'état sanitaire de Léopoldville de novembre 1885 à mars 1887, p. il)
(s) L. WoLF, Exploration du Kassal et du Sankuru. (Bull, de la Soc. belge de Géographie, année 1888, p. 38.)
(s) Cap. DE Macar, Station de Luluabourg. (Op. cit., année 1888, p. S55.)
relative dure du {•' juin au 18 août. En juin^ juillet et août 188tf, il recueillit respectivement i""; 0"7; 53""*.
Lussambo nous offre le même fait : dix mois d^observations (août 1896 à mai 1897) nous montrent des pluies pendant toute leur durée, avec cette particnlarité semblable à celle de Bolobo, que août et septembre, d'un côté, mai de Tauire, montrent la gradation dans Tintensité et paraissent constituer le début et la On de la vraie saison des pluies.
Si, en s'enfonçant dans les terres, on se rapproche de Téquateur, la différence s*efface graduellement, au point d*amener une telle fusion des deux maisons que c'est à peine si Ton arri\e à avoir un ou deux mois moins pluvieux, se représentant a\ec régularité.
A Équateurville, le lieutenant Lemaire rapporte qu'il pleut le plus vers novembre et décembre, et le moins vers juillet; or, si ses \ingt mois d'observations confirment cette opinion pour 1892, ils Pinfirment pour 1891. Il est vrai que nous n'avons pour nous guider que le nombre de jours de pluie, et que Tintensité de celle-ci justifierait seule cette manière de voir. H est cependant singulier de constater que d'un côté, pendant que le Soleil est au tropique nord, les pluies diminuent et que la saison la plus pluvieuse se trouve en novembre et décembre, c'est-à-dire lorsque le Soleil est sur le point d'atteindre le tropique sud. 11 y a là un phénomène intéressant à constater.
Pour iMobeka et Nouvelle-Anvers, les mois de janvier et fé\rier constituent la saison la moins pluvieuse (i). Pour Dasoko, de 1889 à 1891 , le D' Dupont trouve deux fois la période sèche allant de la seconde quinzaine de novembre à la lin de janvier ou au commencement de février (s); or, en décembre 1895, il tombe 158'°°*4, eest-à'dire plus du douzième de la précipitation totale annuelle, qui est de 1694°"". Janvier 1894 est moins pluvieux. A côté de novembre 1893, qui a le maximum de précipitation de toute la période (256°""5), novembre 1894 ne donne que 51*"", c'est-à-dire le cinquième, et vient comme minimum secondaire de toute la période. Il y a là une irrégularité manifeste, et rien jusqu'ici, pour l'ensemble de ces stations du haut Congo, ne justifie la fixation d'une date exacte à fa saison des moindres pluies.
(i) Stauley constatait en 1877, lors de sa navigation dans la partie du Congo entre les Stanley-Falls et le Sianley-Pool, une période de sécheresse continue du 12 janvier au 13 mars. (H. M. Stanlet, Through Ihe dark continent, U II, p. 503.)
(s) • A partir de la mi-novembre, les pluies deviennent rares et ne se présentent qu*à deux et trois semaines d*intervalle. Jusqu'à la mi-février, ce sont plutôt des réductions de gros brouillards que des pluies. Le ciel est presque toujours gris. » (Commandant Roget, Le district de VAruwimi et Quelle, Bull. Soc. belgb de Géogr., année 1891, p. 108.)