‹ Le cloîtreChapitre 5 sur 14 · IK)M MARC · texte numérisé non relu

IK)M MARC

Je crois sentir je ne sais quel mystère Autour de toi ; les plus parfaits d'entre nous tous Manquent parfois à nos règles austères, Mais ta faute fut-elle éclatante, les coups De tout l'enfer ne pourront faire Que je ne t'aime encor plus fervemment ; Regarde-moi : mes yeux sont pleins de ton ardeur Et de ta volonté; tu es l'aimant Qui soulève vers le ciel d'or et le bonheur, Immensément, mon cœur; Tu es la joie inassouvie Qui incendie et épuise ma vie ; Après le Christ, je ne sais rien Qui, plus que toi, me soit l'évidence du bien. Frère, tu es marqué pour les actions grandes; Resurgis donc de ta tristesse et m'apparais Comme autrefois, vainqueur, ô toi, qui n'es jamais Plus beau ni plus puissant que lorsque tu commandes.

DOM RALTHA7AR

O doux être naïf et spontané 1 Comme je t'aime et te chéris quand même. Malgré ma peine et mes remords débaillonnés ! J'appris par toi la confiance nue, La bonté simple et l'artollement tendre, Les voix les plus simples, 'tu me les fis entendre; Je les cueillis sur ta bouche ingénue Et j'y joignis la mienne, âpre et passionnée ; Tu me changeas un peu mon àme hallucinée, Si bien qu'à tout ce que l'instinct te chante Au cœur, je crois. Je crois que tu devines, Sans te tromper jamais, l'intention divine; Je te sais pur de toute ardeur méchante Je te sais clair, de devoir strict, de piété grande Et chaste, et vierge, et beau comme une otlrandc.

DO.M MARC ,avec exaltation)

Balthazar ! . . . Balthazar '.

1)()M BAI. rilA/AK

Ame fragile !

Si je n'eusse eu la peur de fendiller l'argile De ta si fraîche et timide innocence, J'aurais jeté vers toi ma rouge conscience Je t'aurais dit ce que je vais crier à tous : Ma honte — et mon péché terrible, absous Certes, depuis longtemps, mais qui renaît. Mais qui surgit, ongles ouverts, Regards sanglants, de mon passé mauvais Et qui revient rùder et rugir dans ma chair 1

DOM MAKC

Ne me dis rien, j'ai peur, je ne veux pas Que devant moi, tout seul, ici, tu t'humilies.

DOM BAI.THAZAK

Tu m'entendras me confesser, après complies, Là-haut. Tu me diras ce qu'il me reste à faire Pour m'afFranchir du mal tumultuaire Et pour n'y plus penser jamais.

IJU.M MARC

Toute mon àme Se fera flamme Pour veiller ta douleur; Tout mon amour entourera ton cœur Comme des linges blancs qui sécheront tes larmes J'ai dans mes mains les plus claires des armes Le jeûne ardent, la prière éperdue Qui lutteront, pour que la paix te soit rendue; Si la \^ierge dans l'extase embrasée, Désire encore comme autrefois, pour l'exhausser. Savoir ma plus intime et profonde pensée, .le lui crierai : Mère incomparable et plus claire Que les roses et les rayons.

Guéris de son remords et de son mal, mon frère! Sois-lui le vêtement de joie et de pardon ()u'il faut porter sur terre Pour que les yeux de Dieu Fixent, sans déplaisir, sur l'humaine misère. Leur majesté.

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