‹ Le clos des féesChapitre 12 sur 24 · RAI NO U ART AU TIN EL · texte numérisé non relu

RAI NO U ART AU TIN EL

C'est jour de fête! On voit scintiller les armures. Jamais souffle si doux sur la mer n'a passe! Au chant des oiselets dans les vertes ramures La bataille effroyable a déjà commencé.

Déjà se sont croisés épée et cimeterre. Sur les champs et les flots plus d'un éclair a lui. Il souffle comme un vent de tremblement de terre, Et Rainouart est triste : on s'est battu sans lui !

Les païens à son nez vont-ils prendre la fuite? Mahom se rendra-t-il sans l'avoir attendu? Avec ses francs couards qui jappent à sa suite Il vole et dans le feu se jette à corps perdu.

Est-ce lui qui jadis a lavé la vaisselle? Lui qui, devant l'évier, buvait à s'étourdir? Une grâce divine en ses yeux étincelle, Son cœur au grand soleil a voulu reverdir.

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Le bon tinel fait son office, il frappe, il frappe; Le vent qui souffle de partout l'a mis en train! C'est le pressoir qui rit en écrasant la grappe, C'est le fléau joyeux qui bat le mauvais grain.

11 brise les écus et pétrit les cervelles. Mêle d'affreux lambeaux de chair au sang qui bout. C'est la faux sans pitié qui tranche les javelles, Et quand il a passé rien ne reste debout!

Margot de Bocident sur sa cavale blanche, Ivre d'avoir tué, tranche de l'arrogant. Un coup bien appliqué lui fracasse la hanche Et l'envoie à ses dieux Mahom et Tervagant.

Accourt alors Flohart d'outre l'Ile Perdue, Orde comme charogne, ignoble, un chien de mer. La vieille avec les dents s'est longtemps défendue. Son venin crève enfin : elle a revu l'enfer.

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Aérofle, Aeuré, Brulart prennent sa place. Mais il va leur en cuire avant qu'il soit midi : L'un tombe sur le dos et l'autre sur la face, Le troisième, debout, est déjà refroidi.

Rainouart va toujours. Il tue encor Galafre, L'enfant Murgant si fier d'avoir des cheveux blonds, Et le vieux Fauceberc et Grishart de Venafre; Il chante, il rit; il a du sang jusqu'aux talons.

Mais qui mène là-bas ce vacarme effroyable ? Eh! C'est le roi Baudus au corselet fleuri ! Jamais chez Lucifer ne se vit si beau diable, Des fils de Desramé c'est bien le plus chéri.

Il cherche Rainouart pour lui fendre la tête. Mais, à le voir si fier, il hésite un moment : — « Qu'as-tu, coq de village, à redresser la crête? Guillaume, ton seigneur, t'a traité chichement!

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« Vassal qui vas pieds nus comme un pêcheur d'anguilles, Tu nous as fait grand mal, mais ton regard me plaît! Je te donne mon or avec cent belles filles, Si tu veux renier Jésus pour Mahomet! »

— « Assez! Je crois en Dieu qui fit joie et soufi'rance! En son fils qui pour nous voulut mourir en croix; Garde ton or et tes putains : j"ai mieux en France! Je crache sur Mahom qui n'est qu'un peu de bois! »

— « En garde alors, goujat! » —Et, tinel contre lance. Tous deux ont pris le champ, ô moment solennel! La bataille anxieuse a soudain fait silence : Q^ui donc va l'emporter, la lance ou le tinel ?

Rainouart est plus fort et Baudus plus alerte. L'un se bat en faucheur et l'autre en chevalier. Dans la forêt profonde éternellement verte. C'est la lutte du cerf contre le sanglier.

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Rainouart est blessé par trois fois. Sa furie N'en est que plus mortelle et son bras plus pesant. Sur le pré du matin, devant la métairie, C'est le duel du noble avec le paysan.

Autour des enragés vole et vole une flamme. Baudus chancelle enfin et change de couleurs; Son heaume au cercle d'or a laisse fuir son âme, Sa tête adolescente a roulé dans les fleurs.

On court à Desramé qui dort devant sa table :

— « Seigneur! Seigneur! Il n'est que temps, éveillez-vous!

Guillaume nous amène un gas si redoutable

Q^ue, fùt-il fée ou roi, nul n'échappe à ses coups.

« Bien qu'il n'ait que vingt ans, il est parmi les autres Comme le léopard de l'Inde auprès d'un chien. Il a tué Baudus et vingt mille des nôtres. Bientôt, de votre armée il ne restera rien ! »

Celui qui fait trembler a blêmi de colère!... La déroute... Baudus, le meilleur de son sang! Il a pris son épée et son armure claire, Comme un soleil de guerre il sort éblouissant.

De sa voi.x de combat dominant le tapage,

Il pousse droit à Rainouart: - « Qui donc es-tu,

Toi qui fais tant le fier en si mince équipage? Vit-on noble jamais si piètrement vêtu? »

— « Qu'importent mes haillons, si je vaux un royaume ? On peut avoir du cœur sans monter palefroi! Ce franc tinel et moi nous sommes à Guillaume,

Mon nom est Rainouart et je suis fils de roi ! »

— « Le fils que j'ai cherché si longtemps ! Ah ! beau sire,

Hàte-toi de quitter ce braillard insolent!

Adore Mahomet : s'il me fallait t'occire

Ce serait grand'pitié! J'aurais le cœur dolent. »

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— « Tu mens, barbe de bouc, en te disant mon père! Jamais arbre galeux ne porta si beau fruit! »

— « Ton père était le diable et tous deux font la paire; Toi mon fils! Allons donc! C'est le iour et la nuit!

« Tu ne vaux pas, chétif, l'honneur d'un coup de lance ! Sans plus tarder, pourtant, je te veux dépêcher : Garde-toi, mendiant! » — Il se recule, et lance Un javelot si dur qu'il fendrait un rocher.

Mais Rainouart l'esquive. Aussi prompt que la foudre Le tinel flamboyant s'abat sur Desramé.

Cheval et cavalier ne sont plus à découdre, De la douleur qu'il sent le vieux roi s'est pâmé.

Dès qu'on l'a vu tomber, un hurlement de rage Éclate au loin. Mille et mille païens dorés, Comme corbeaux criards au milieu d'un orage, Autour du jouvenceau tournent, désespérés.

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Le tinel au grand cœur frappe encore et refrappe. 11 abat coup sur coup le féroce Agripant, Agrapard le hideux, le noble Valegrappe, Et Cruscados d'Egypte à la peau de serpent.

Enfin, Guillaume arrive avec sa claire épée. Comme un vol d'étourneaux dès que l'aube a surgi, La troupe des païens s'est bientôt dissipée, Et de nouveau le pré merveilleux s'est rougi.

Rainouart tout suant, harassé, mais superbe, Va s'asseoir à l'écart au pied d'un rosier blanc. Le cœur gonflé d'amour il s'est couché dans l'herbe, Il voit à son côté son tinel ruisselant.

Rainouart s'est couché, le cœur plein d'amertume. — « Qu*ai-je fait! Qu'ai-je fait! A quoi pcnsais-je donc ? Mes frères... mes cousins... et c'est leur sang qui fume! Jamais si grand péché n'obtiendra le pardon!

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« Ah! Tinel de malheur, Ganelon! c'est ta faute! Qui t'aurait supposé tant de méchanceté? Mon père vient à moi : tu lui brises les côtes! Que maudite soit l'heure où tu fus charpenté!

« Tu ne navreras plus personne, mauvais drôle! Assez de gens fourbus! Assez d'estropiés! » Et, preste, il a lancé par-dessus son épaule L'arbre qui dans le sol s'enfonce de trois pieds.

Sur son visage fier coulent de chaudes larmes. Mais, Dieu! Voici toute l'Afrique avec son roi! Le jeune homme frémit en se voyant sans armes; Il court à son tinel : — « Ami, pardonne-moi!

K Je t'ai fâché! J'étais stupide tout à l'heure! N'avons-nous pas toujours marché du même pas? Faisons la paix! Surtout, ne dis pas que je pleure! Montre-moi, compagnon, que tu ne m'en veux pas!

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Il retire du pré sanglant l'arme farouche, Plus ferme que le roc et toujours fleuronnant. Il le met sur son cœur, le baise à pleine bouche : — « Racaille de l'enfer, à nous deux maintenant! »

Apparaît Hunebier, le géant très illustre Près de qui Goliath a l'air d'un avorton. Il s'esclaffe de rire : — «Eh! facétieux rustre! Penses-tu m'effrayer avec ce grand bâton ?

« Sans doute qu'au moulin il fait marcher ton àne? Il pourra te servir pour abattre les noix ! » — « Les noix que j'abattrai, je les vois sur ton crâne! Mon âne te ressemble, il a tes yeux sournois. »

Ils fondent l'un sur l'autre, et le tinel se lève. Au premier coup le More à peine a chancelé! Un deuxième l'entame, un troisième l'achève. Il tombe, et le ciel même en est tout ébranlé 1

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Comme un torrent lâché, soudain se précipite Une foule grouillante, horrible, aux mille bras, Singes nus et poilus de la forêt maudite, Diables frais échappés du feu qu'on n'éteint pas.

Leur monstrueux visage est fait d'une grimace.

Ils ont la corne au front et la vipère en main,

Et le soleil, glacé d'horreur, voile sa face

Devant ces mufles noirs qui n'ont plus rien d'humain.

Épeurés et tremblants d'abord, ils s'enhardissent. Comme d'âpres vautours enflant leurs maigres cous, Autour de Rainouart ils hurlent et bondissent. C'est la flamme d'enfer qui danse en leurs yeux fous.

Et voici maintenant l'Arabe morne et sombre Avec sa longue échine et ses muscles saillants, Le Perse et l'Indien plus enfoncés dans l'ombre, Plus touchés de mystère, cncor plus effrayants.

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Voici tout ce qui vit de terrible et d'immonde, Tout ce qui fait frémir de peur ou de dégoût, L'écume de la terre et le rebut du monde, L'être rampant, féroce, abject : la fin de tout!

Rainouart a fait face à l'ignoble tempête. Sans regarder au nombre il frappe dans le tas. Tuer, tuer encore, est-il meilleure fête ? Pourtant, son bras se lasse et sa force est à bas.

En vain sur le vert pré qui saute d'épouvante Il entasse les morts pour s'en faire un appui. Plus hideuse, toujours la muraille vivante Avec ses hurlements se referme sur lui.

On croirait qu'un vol lourd d'énormes sauterelles Tourne et tourne sans fin auprès du franc garçon. Lui qu'on dirait le mois de Mai des pastourelles. Tout barbelé de fer, il semble un hérisson.

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A flots coule son sang par plus d'une blessure Dont la moindre abattrait le plus fier chevalier. Son tinel fatigué n'est plus cette arme sûre Que cent hommes de front n'auraient pas fait plier.

Il vacille en ses doigts, mais sans demander grâce. Va-t-elle retomber enfin, l'arme de feu ? Et, dans ses cheveux d'or sentant la mort qui passe, Le jeune Rainouart se recommande à Dieu.

— « O honte! Être mangé par si basse vermine! Aux morsures des chiens succomber désarmé, Sans même qu'un ra\on de gloire m'illumine! Que n'ai-je été, du moins, frappé par Desramé!

« Dieu redoutable et doux, qu'abhorra mon enfance, Vous ne savez que trop si j'ai peu de vertu! En ce jour cependant j'ai vengé votre offense : Vous avez vu. Seigneur, comme j'ai combattu ?

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« Ai-je assez expié l'horreur de mon blasphème? Dois-je brûler mon cœur aux flammes des maudits? Seigneur mon Dieu! Seigneur, écoutez qui vous aime; Je suis las : ouvrez-moi votre clair Paradis. »

Un ouragan de fer s'abat sur le jeune homme. Mais, l'âme au ciel, et sûr de s'être racheté. Il sourit de mépris à ce coup qui l'assomme. Son visage revêt une étrange beauté.

Il rassure d'un mot sa bonne arme qui tremble — « Ami, merci! Tu m'as loyalement servi! Pour la cité des forts, nous partirons ensemble. Le chemin était bon que nous avons suivi! »

Et voici qu'ô merveille ! A cette heure suprême. Une aime vision charme ses yeux mourants : Tout le printemps. La plaine immense. Et la nuit sème Ses mille étoiles d'or sur le pays des Francs.

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Dans sa tour blanche au bord de l'eau, sur la prairie,

Aélis lentement dévide son fuseau.

Une lueur mystérieuse l'a fleurie.

En ses cheveux, au vent léger vole un oiseau.

Parfois, rêveuse, à sa fenêtre elle se penche : Elle a l'air de chercher et d'appeler son cœur. Et la lune folâtre entre dans la tour blanche; Aux yeux de cette rose elle met sa langueur.

Bientôt la pure image en la nuit printanière S'efface; à l'infini s'ouvre le ciel profond. Rainouart voit s'étendre une mer de lumière Que fend, d'une aile rouge, un ange furibond.

La troupe des Heureux défile, courroucée. Et chacun d'eux lui jette une plainte en passant. Dans sa majesté sombre et sa sombre pensée. Au milieu des éclairs surgit le Tout-Puissant.

Ce n'est pas le vieillard inefFablement calme Dont la terre à genoux acclame la bonté! Ce n'est pas un rosier, ce n'est pas une palme C^ui fleurit à son poing, mais le glaive irrité.

D'un geste souverain il montre l'étendue Toute fumante encor du crime des païens. Il lance l'anathème à la race perdue Qui blasphème son nom et géhenne les siens.

Rainouart a compris. Sa fureur se réveille; Un flot de jeune sang lui remonte au cerveau. Pour la tache inouïe et l'œuvre sans pareille Il sent bondir en sa poitrine un cœur nouveau.

Et la bataille, rouge, horrible, recommence. Avec ses désespoirs et ses bonds de damnés! A l'horizon s'éveille une rumeur immense, Pareille au bruit du vent sur les flots déchaînés.

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Le bon tinel a repris force. Il fume, il fume.

Il est ivre, il sourit, il ne se connaît plus.

C'est le marteau d'argent que Dieu met sur l'enclume,

La verge d'or qui tremble à la main des élus.

A chaque coup qu'il porte, un des fils de la Bête Sent craquer tous ses os et se crever son fiel. En un instant les yeux lui volent de la tête : Un de plus au tas effrayant qui monte au ciel.

Et la rumeur grandit, s'approche, ivre de joie. Pareille au chant du jour sur les flots nouveau-nés. Sur la montagne en fleur où le soleil se noie Apparaît, triomphant, le grand comte au court-nez.

Il a sauvé la Croix, supplicié l'Infâme, Et partout va régner la paix du Seigneur Dieu! Avec ses morts promis à l'éternelle flamme, La plaine d'Aliscans n'est qu'une mer de feu.

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Sur une barque de pêche Le roi des rois s'est enfui; A son dos il en a oui, La blessure est cncor fraîche!

Quand sonnera l'olifant Il braira comme une femme.

Gloire, gloire à Notre-Dame!

Gloire à Jésus triomphant!

Et sous la verte ramée Que le couchant crible d'or, Toute rouge, et chaude encor, S'en revient la sainte armée.

RAINOUART AU TINEL lOf

Les drapeaux claquent au vent Et cliquètent les armures.

C'est partout sous les ramures Un cri, le même : En avant!

Trempés par le grand orage Et tailladés jusqu'aux yeux, Tous nos braves sont joyeux D'avoir fait si bon ouvrage.

Survient quelque frais moutier :

Ah! Dieu! La plaisante auberge!

Vite à l'autel un beau cierge, Deux doigts dans le bénitier.

Puis on court à la cuisine Où se dore un dindonneau; On perce le fin tonneau A la mode sarrasine!

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Quoi de mieux? Le chien fourbu A soif après la curée.

Servez la meute altérée :

On est fort quand on a bu!

Ainsi s'abrège la route.

Et voici qu'au ciel en feu Resplendit le château bleu Du très bon roi qu'on redoute.

C'est Laon, la Cité de fer, Impériale et tranquille.

Aujourd'hui la bonne ville Jette sa couronne en l'air.

Que de gens sur la grand'place!

Que de cris! Quel grouillement!

Comme on s'aborde gaîment!

Jeunes, vieux, comme on s'embrasse!

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Rainouart et son tinel Marchent, fiers, à l'avant-garde :

De quel œil on les regarde Ces deux bras de l'Eternel!

— « C'est lui ! — Quoi ? Si jeune encore! »

— « Qu'il est grand! — Et beau garçon! »

— « Le bon plat de sa façon Qu'il vient de servir au More! »

Et le tinel croit rêver, Sa surprise parait grande :

On le pare, on l'enguirlande.

Nul ne peut le soulever.

Aélis, à la fenêtre.

Tremble devant son miroir :

Du plus loin qu'elle a pu voir Elle a reconnu son maître.

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— ((Ah! que va-t-il advenir?

Aidez-moi, douce madone!

Pitié! Mon cœur m'abandonne, Je n'ai pu le retenir.

« Il voyage en grand mystère Avec les oiseaux du ciel; Il est au pays du miel :

Va-t-il retomber sur terre ? »

Quel vacarme étourdissant!

La foule est encor plus drue!

Le vin coule à pleine rue, Il reluit comme du sang!

Partout un bruit de tonnerre — « Noël! Noël! au baron!

Au plus haut de son perron Apparaît le Débonnaire!

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